LES MÉTIERS

Publié le par N.L. Taram

Il y a quelques temps, un ami, Alain, proposait un nouveau sujet sur un forum de discussion ("Les cobayes de la république") :

LES MÉTIERS - Bon bin j'ouvre le sujet...

Il s'agit de tous les métiers que l'on connait de par les parents, les amis, de soi même ce qui laisse le champ libre aux comptables , aux mères de famille, aux ecclésiastiques, aux fonctionnaires de tous bords.

Soyons techniques mais pas trop, il faut rester accessible au plus grand nombre.
Les images et commentaires sont un plus pour la qualité des interventions....

Je me suis dit "les métiers, quelle drôle d'idée ? en plus rien à voir avec le sujet principal de ce forum". Mais la lecture des premiers commentaires d'autres forumiens me fit changer d'idée. Ils étaient assez techniques et concernaient surtout des emplois dans l'industrie, le bâtiment, les travaux publics et, même, l'agriculture ; c'était des secteurs que je connaissais peu.  Pourtant dans l'appel, notre ami faisait une allusion à ma profession que j'avais prise pour une moquerie : "comptables "

Voici donc mon apport à ce sujet et quelques extraits des commentaires.

Pierre -
LES MÉTIERS, quelle drôle d’idée ???
Mais depuis, j’y pense..…  C’est vrai, quand on fait le compte, on pourrait écrire un livre, ça pourrait servir de leçon à ceux qui nous suivent.
Ayant été viré du lycée en première avec juste le BEPC et avoir réussi péniblement un CAP, employé de bureau (échec au BEP), je ne pouvais pas terminer régisseur-administrateur d’un centre de recherche scientifique sans quelques « aventures ».
Alors j’ai essayé de retrouver tous les boulots où j’ai été rémunéré (merci à  Serge * d’avoir ouvert la voie et de m’avoir enlevé mes complexes).
 
Avant le service militaire :
 
- Vendanges et ramassage de pommes à Castelnau-le-Lez (les vendanges, trop dur pour moi, mais les pommes, quel pied !),
 
- Laveur de voitures et pompiste, avenue de Toulouse à Montpellier (le patron voulait me garder),
 
- Employé de banque (eh, oui !) à la BNCI de Montpellier (une horreur !),
 
- Livreur de pièces auto en triporteur à Montpellier (comme dans le film "Le triporteur" avec  Darry Cool, la rigolade),
 
- Machiniste au théâtre municipal de Montpellier (mon boulot préféré, faire visiter les coulisses aux petites danseuses ;  j’ai raté ma vocation, j’aurai dû être un artiste).
 
- L’armée…  là , on est  bon pour tout faire :
. Pousse-cailloux au camp des Oliviers, cher à GG, et petit boulot au secrétariat du commandant du camp quand les copains allaient pousser les cailloux trop loin à mon goût, 
. Bien-entendu, pontage, déminage, dynamitage et autres galanteries dans ce genre, 
. Secrétaire-dactylo à l’état-major du 7ème RG, Avignon (la planque),
 
- Départ Tahiti
. Régulateur de chantier à Arue, construction du camp ; entre Quinn’s, La Fayette et le boulot, je n'ai pas beaucoup dormi dans cette période…(voir la suite >> LE_SERVICE_MILITAIRE ).
 
- Il était temps que j’aille me reposer au club med de Moruroa,
. Les GO avaient prévu les loisirs : déchargement de ciment de la goélette Orohena, construction de fare niau à la zone-vie et de hangar au site de la future piste d’avion… mais aussi des parties de pêche la nuit et le week-end "ETONNANTES !!!",
 
- Retour Papeete,
. employé au bureau de solde du CEP au Grand-Hôtel.
La suite demain….. Si je ne vous ennuie pas ??
 
* Serge (commentaire précédent le mien) 
-J’ai sévi avec plus ou moins moins moins de talent dans quelques métiers hors la marine nationale.
Novice pont dans la marine marchande (messageries maritimes)
Marine nationale
Vente de poulet découpé sur les marchés
Monteur en antennes télé
Monteur échafaudeur (chantiers de la seine)
Manutentionnaire
Cariste
Vendeur en bois
puis mon activité actuelle...
Pierre - (suite)
Pendant mes 4 mois au bureau de solde, je n’ai pas beaucoup dormi et l’on ne m’a pas vu souvent au camp d’Arue où j’avais pourtant une chambre…
Approchant de la fin de mon contrat avec l’armée, j’ai demandé à être libéré sur place. Mais étant l’un des premiers à repartir, l’état-major n’a pu  donner suite à ma demande  et m’a réexpédié à Paris. Après quinze jours de repos  bien mérité (en fait,  j’avais des vertiges quand je faisais le tour du pâté de maisons), j’en ai repris pour 2 ans au 5ème RMP, amour quand tu nous tiens ! Rassurez-vous ce n’était pas par amour du 5ème RMP ! 
 
- Le temps de mon nouveau départ, j’ai fait de la peinture avec la mère d’un ami (Jean-Pierre Rigail, journaliste à Midi-Libre, dont j’ai publié une série de photos de Papeete en 1975).
 
- L’armée à nouveau, début janvier 1965 :
. Comptable matière au service du matériel, d’abord à Fare-ute, ensuite à Arue, bureau au fond sur la place d’arme pendant 2 ans, boulot sympa et service cool grâce à mon ami l’adjudant de compagnie D..... qui  étant la plupart du temps aux arrêts, assurait toutes les permanences,
 
- Fin 1966, j’ai demandé ma libération sur place dans les délais et j’ai eu un contrat de travail au CEP et au même poste que j’occupais comme militaire. Dés que j’ai été civil les relations avec certains (et surtout certaines) se sont détériorées et j’ai demandé mon changement de poste à l’entrepôt du matériel, toujours à Arue. Je me suis donc retrouvé, pratiquement « petit-chef », avec des légionnaires, des « génie », des « matériel » et, surtout, une bonne équipe de polynésiens.
 
- Ces nouvelles relations et le début des expérimentations, ont confirmé mes convictions et m’ont fait prendre conscience que je n’étais pas sur la bonne voie. Donc, démission en Août 1969.
 
- J’ai pris la gérance avec ma compagne du snack du marché de Pirae qui venait d’ouvrir.  Là encore, échec dans les relations avec mon associé (un pâtissier),
 
- Encore 4 mois au CEP pour former mon successeur et en Mars 1970, j’ai tout plaqué, tout liquidé et je suis parti avec ma compagne à Nouméa.
Nouvelle aventure….
A suivre….
Pierre - (suite)
Bon, promis, je vais essayer d’être bref… sinon Alain va me tirer les oreilles (à juste titre, non mais !!! )
 
D’autant que 16 mois en Nouvelle-Calédonie en 1970, en plein boum du nickel, il y aurait de quoi écrire un livre.
Mon boulot va plaire à nos amis industriels :
 
- j’étais sensé m’occuper de la paperasse, mais en fait vu le manque de main d’œuvre, ma  principale occupation c’était la charpente métallique et les enseignes lumineuses.
 
- Charpente métallique… dur, crevant, dangereux et salissant (surtout pour un comptable) mais tellement enrichissant. J’ai appris à souder, percer, tarauder (eh, oui ! ne pas confondre avec le taro de Polynésie qui se mange), tronçonner, trancher des tôles (je me suis ouvert un poignet avec le fil d’une tôle,  je voyais l’artère mais elle était intacte). Mais aussi des chantiers en "brousse" et la découverte d'un monde que je ne connaissais pas : les usines métallurgiques et surtout les tribus canaques et leur chaleureux accueil  ….
 
- Enseignes lumineuses… passionnant. Ce n’était pas du néon mais des tubes fluo montés dans des caissons en plexiglas coloré, moulé ou découpé, avec des lettres à plat ou en relief. Tout cela fait maison par le patron et moi-même et avec une partie de l’outillage self-fabriqué (moule chauffant avec aspiration d’air pour faire le vide, train de ponçage sur table,…), ensuite, aller les installer sur des façades ou des toits d’immeuble. Ceux qui sont passés à Nouméa en 1970/71 seront que les enseignes illuminées le soir…. C’était moi ! (pas fier le mec ).
 
Nouvelle-Calédonie, beau pays plein d’avenir…. Seulement voilà, j’ai découvert quelque chose que je croyais disparu…. L’apartheid ! D’autant que les amis que je m’étais choisi, n’était pas du bon côté et, tôt ou tard, je me serais fait « flingué » comme quelques petits blancs qui avait fait le même choix que moi…. J’ai fui  et retour à Tahiti !
 
Mon fils est né à Nouméa, sous une toile de tente, et ma fille à Tahiti, un mois après notre retour.
Encore un épisode bref et je termine.
 
Pierre - (suite)
 
Cette suite et fin, sera plus régulière que le début, ce sera principalement du travail comptable mais dans des secteurs très variés, secteurs qui vont aussi me passionner.
 
- D'abord la librairie Ping Pong, la comptabilité jusqu'au bilan, j'hésite mais tout se passe bien et j'en profite pour reprendre mes lectures que j'avais abandonnées ces dernières années,
 
 
- Le Journal de Tahiti, la comptabilité (difficile car il faut redresser une situation catastrophique), mais aussi l'imprimerie, la publicité, la rédaction d'un journal,
- Les Nouvelles de Tahiti, même chose,
 
- Enfin régisseur (payeur) et administrateur d'un centre de recherche scientifique (ORSTOM devenu IRD). Et là, grâce à mes bonnes relations avec les scientifiques, des montagnes de savoir à apprendre....
 
Apprendre, apprendre et ce n'est pas fini, je suis devenu un éternel étudiant...
Commentaires :
 
Bernard - Vue en coupe de l'opéra Garnier
La partie la plus basse est une rivière souterraine, voyez sous le dôme la taille du lustre qui se déplace en hauteur, quelle taille le stockage des décors.
Ma fille cadette y est scénographe
.
LES MÉTIERS
Pierre - Bonjour à tous,
Les coupes de l'opéra Garnier me rappellent de bons souvenirs.
L'un de mes premiers métiers (une saison) a été machiniste à l'opéra de Montpellier. Ma spécialité était "cintrier", c'est à dire sur les passerelles au dessus de la scène...
Le théâtre de Montpellier est une copie, en plus petit, de l'opéra Garnier.
 
JNJ - Il en fallait des qualités, !!!!!
 
Pierre - En effet, un peu comme au temps de la marine à voile, avec des cordes* partout et des rambardes avec des bois fixés dessus en biais tout les mètres environ, si mes souvenirs sont exacts. Nous hissions les décors à deux, comme dans les films de la marine ancienne...
* je crois que le mot "corde" était tabou dans les théâtres, nous disions "fil" ou "ficelle" ou ???
Au fait, j'ai perdu mon complexe de vertige en travaillant dans les cintres.
 
Bernard - Si ce métier vous intéresse je peux sûrement vous avoir d'autres photos et histoires ? C'est vrai que ma fille assiste a presque toutes les premières quelle s'occupe aussi de l'opéra bastille. nous avons des places de temps en temps mais moi je n'y suis jamais allé, ce n'est pas mon truc. A par Carmen et la flûte enchantée le reste ou les ballets....
 
Pierre - Tu as raison, Bernard, de parler des ballets....
J'ai aussi perdu un complexe .... avec les ballets de Toulon lors des 7 représentations de l'opérette "Pacifico" (Georges Guétary et Bourvil).... que de bons souvenirs !!!
J'ajoute : et Johnny Haliday débutant... cela t'aurait plu ?
 
FIN

Publié dans Société, Souvenirs

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Gérard JOYON 07/08/2014 22:31

Merci mon cher PIERRE de passer quelques uns de nos échanges du forum de cobayes.
GG

N.L. Taram 07/08/2014 23:23

Bonjour Gérard,
j'espère que les responsables du forum des cobayes ne m'en veulent pas de leur piquer de temps en temps quelques commentaires. Je le fais dans l'esprit de partager la connaissance. Je regrette parfois que les internautes non-inscrits ne peuvent pas accéder à nos textes.

Jojo 05/08/2014 12:28

Bonjour Pierre,
C' est une vraie épopée que tu nous évoques ! Le titre pourrait être :
" It ' s a long way to Papenoo " ?
La suite avec le prochain prao ?

Cordialement.
Jojo

N.L. Taram 05/08/2014 12:33

Bonjour Jojo,
en effet un "long way to Papenoo" mais tellement de choses apprises en chemin et tellement de plaisirs... les mauvais moments sont vites oubliés s'ils n'ont pas laissé de traces. La mémoire est sélective....