TAHITI MAHANA BEACH (2)

Publié le par N.L. Taram

 

La première chose à relever dans ce

"PROJET DE LOI DU PAYS

Portant mesures diverses en vue du retour à l’emploi, de l’amélioration de la compétitivité des entreprises polynésiennes, et de la promotion d’investissements en Polynésie française dans la zone franche de développement économique prioritaire de Tahiti Mahana Beach",

c'est la minoration des salaires de 20% du personnel de "gros œuvre", limitée dans le temps selon la durée du chantier (?) et ne s'appliquant qu'à une partie du personnel :

Article LP2 - ...La présente loi du pays ne s’applique que pour les nouveaux emplois créés par les entreprises, dans la zone franche...

En supposant que le chantier dure 2 ans et que le nombre des personnels embauchés s'élève à 4.300, on peut estimer l'économie à 3 milliards CFP soit 1,2% du coût total prévu 251 milliards CFP.

De plus ces 3 milliards viendront en déduction du pouvoir d'achat et donc du chiffre d'affaire des commerces et des petits prestataires.

N'y a-t-il pas un autre moyen pour favoriser l'embauche locale auprès des entreprises attributaires des marchés liés à ce chantier ?

Rappel des rémunérations brutes mensuelles du président du gouvernement, des ministres et des représentants à l'assemblée de Polynésie :

- Président................... 378.000 cfp ...... nombre 1

- Ministres................... 680.000 cfp ...... nombre 9

- Représentants........... 633.000 cfp ...... nombre 57

 

EXTRAIT DU JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNÉSIE FRANÇAISE

JOPF : Délibérations  n° 2013-36 APF du 11 juin 2013 et n° 2013-37 APF du 11 juin 2013

Revenons sur ce projet de loi du Pays. En particulier l'article LP 3 qui fait débat sur les différents sites (26 commentaires sur Tahiti-infos ce matin)

Article LP 3. - Le salaire horaire minimum de développement est fixé à 694 F CFP. La rémunération minimale pour 173 heures de travail s’établit à la somme de 120 062 F CFP.

Sous réserve des dispositions prévues par l’alinéa premier du présent article et sauf dispositions contraires d’un accord d’entreprise, le salarié perçoit le salaire déterminé par la convention collective applicable au secteur d’activité dont il relève, auquel il est appliqué une minoration de 20 %.

Quelques commentaires relevés :

- ... Cette histoire de zone franche, avec des baisses de salaires et de cotisations, est intéressante dans la mesure où elle nous permettra de trouver des investisseurs. Toutefois, il est à craindre des dérives comme cela est déjà arrivé souvent ; j'imagine déjà quelques méthodes pour détourner ces règles....  J'espère qu'il y aura des contrôles sérieux auprès des entreprises avant, pendant et après la durée du contrat.

"...envisager des charges sociales minorées spécial zone franche", compte tenu de la situation de la CPS cela ne me parait pas souhaitable car les charges sociales de ces travailleurs seraient en partie supportées par les autres travailleurs...

- .... Désolé, mais aux grands maux, les grands remèdes

- ... c'est vrai, des grands maux, mais...

Voilà la nouvelle colonisation, sur laquelle j'avais écrit il y a quelques temps et qui est déjà en place ici (comme en France d'ailleurs). C'est la colonisation de la haute finance, des banques, des multinationales, elle commence à sévir.

Ce qu'ils proposent, s'appelle du racket : un chômeur qui veut bosser devra payer 20% par mois pour avoir la place, par exemple un smigard (150.000 francs cfp/mois officiel) devra laisser 30.000 à son patron....  Pourquoi seuls ceux qui ont la malchance d'être sans travail (pas "chômage" car l'allocation chômage n'existe pas en Polynésie) devraient être sous-payés par rapport aux autres salariés ? Des grands maux, alors diminuons toutes les rémunérations de 20% de la plus haute à la plus basse. Cela est d'ailleurs facile et personne n'y échappera : dévaluation du francs cfp de 20% !

- ... Non, tu te trompes, ce n'est pas du racket puisqu'en principe c'est légal. Cela s'appelle  L'EXPLOITATION DE LA MISÈRE ...

... Quant à répondre "nous ne touchons pas au SMIG puisqu'il s'agit d'un SMD (Salaire Minimum de Dévellopement)"  cela s'appelle "se foutre de la gueule des gens"...

Publié dans Economie PF

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Pierre Carabasse 07/08/2014 10:19

Un commentateur sur Tahiti-infos a écrit : ".... Désolé, mais aux grands maux, les grands remèdes..."
Bonjour,
c'est vrai, des grands maux, mais...
Voilà la nouvelle colonisation, sur laquelle j'avais écrit il y a quelques temps et qui est déjà en place ici (comme en France d'ailleurs). C'est la colonisation de la haute finance, des banques, des multinationales, elle commence à sévir.
Ce qu'ils proposent, s'appelle du racket : un chômeur qui veut bosser devra payer 20% par mois pour avoir la place, par exemple un smigard (150.000 francs cfp/mois officiel) devra laisser 30.000 à son patron.... Pourquoi seuls ceux qui ont la malchance d'être sans travail (pas "chômage" car l'allocation chômage n'existe pas en Polynésie) devraient être sous-payés par rapport aux autres salariés ? Des grands maux, alors diminuons toutes les rémunérations de 20% de la plus haute à la plus basse. Cela est d'ailleurs facile et personne n'y échappera : dévaluation de fracs cfp de 20% !
Il y a 3 jours c'était l'anniversaire de l'abolition des privilèges (4 août 1789), retour vers le passé...

N.L. Taram 07/08/2014 23:16

Merci GG de ta remarque. Je viens de compléter l'article avec le nombre d'élus et quelques commentaires relevés sur les sites.
A noter que notre nouveau président a diminué sa rémunération de 50% dés le début, BRAVO (enfin j'espère qu'il s'en sort malgré l'incendie de sa résidence).
Pour les neuf ministres, on peut s'en passer, voir mon article "Ministres inutiles" >>>
http://www.tehoanotenunaa.com/article-ministres-inutiles-73255338.html
Pour les représentants, j'avais étudié pour un projet de loi électorale, le nombre idéal : le minimum pour conserver une majorité durable était de 41, j'avais proposé 47... Enfin, leur rémunération aurait pu être diminué de 50% aussi... sans compter les autres indemnités annexes.

Gérard JOYON 07/08/2014 22:51

Nous avions compris cette faute mon cher Pierre.
Sinon cela voulait dire dévaluation de l'habit.(sourire).
Ou encore du fric- frac: dévaluation du cambriolage...cfp......
GG

Pierre Carabasse 07/08/2014 10:46

Faute de frappe, lire : dévaluation du francs cfp de 20%...