La Controverse de Valladolid

Publié le par N.L. Taram

Un document exceptionnel !!
 
La Controverse de Valladolid est un roman dramatique de Jean-Claude Carrière paru en 1993 et adapté à la télévision, se fondant sur des faits historiques situés vers 1550.
 
L'histoire
Au XVIème siècle, le roi Charles Quint demande qu'on organise une controverse pour décider du sort des Indiens. Elle opposera à Valladolid le frère Bartolomé de Las Casas, qui plaidera tout au long du livre en faveur des Indiens, à Juan Ginés de Sepúlveda, le philosophe, qui argumente et explique en quoi ce peuple doit être colonisé. Ils auront pour juges le légat (représentant) du pape et le supérieur du monastère où se tiennent les débats. Tout au long du livre sera tenue cette dispute qui sera bien défendue des deux côtés…
 
Le débat
Le roman présente le débat entre le moine dominicain Bartolomé de Las Casas et le philosophe, homme d'études, Juan Ginés de Sepúlveda (francisé en Sépulvéda). Le prétexte officiel du débat (le commentaire de l'auteur ironisant sur l'utilisation de prétextes pour cacher les débats majeurs) est la mise ou non à l'Index, c'est-à-dire l'interdiction, du livre Democrates alter, sives de justis belli causisDes Justes Causes de la guerre de Sépulvéda. Vu que le livre de Sépulvéda fait largement débat, ne pas le mettre à l'Index reviendrait presque à l'approuver pour l'Église.
Q ue l'enjeu réel est bien plus large : il s'agit de répondre à la question « Les Indiens (d'Amérique) ont-ils une âme ? » Concrètement, une réponse positive conduirait à interdire leur esclavage, alors qu'une réponse négative reviendrait à l'approuver. La thèse de Sepúlveda est que les Indiens sont des créatures que les chrétiens ont pour droit et devoir de soumettre par la force. Las Casas, qui a vécu parmi les Indiens, défend qu'ils sont des humains qui ont les mêmes droits que les Européens.
LE LIVRE
7 commentaires sur 10 avec 5 étoiles
Un commentaire intéressant :
 
Avec ce texte on peut aborder les thèmes du racisme, de la colonisation, de l'utilisation politique de la religion... Cependant il nécessite un accompagnement, des explications peut-être préalables à la lecture. Quelques informations sur l'histoire et parfois il convient de préciser le sens de certains mots. Par exemple, un j jeune issu de l'immigration croyait que le dominicain en question était un habitant de la Dominique... Je recommande avant la lecture le visionnage de l'excellent téléfilm.
 
LE FILM
 
Adaptation télévisée
En 1992, un téléfilm homonyme réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe d'après l'œuvre de Jean-Claude Carrière qui en écrit le scénario et rassemblait des acteurs : Jean-Pierre Marielle, Jean-Louis Trintignant et Jean Carmet.
25 commentaires sur 27 avec 5 étoiles
Un commentaire :
 
Le scénariste, Jean-Claude Carrière, s'est inspiré de textes réels pour écrire le scénario et les dialogues. Ceux-ci sont servis par des acteurs excellents, certains très connus (Jean-Pierre Marielle, qui emporte l'adhésion en Las Casas, Jean-Louis Trintignant, impitoyable en Sepulveda et Jean Carmet, étonnant en légat du Pape), d'autres (quasi) inconnus. La réalisation est habile. Le film est organisé comme une dissertation, avec une introduction, un développement (et l'opposition de deux thèses) et une conclusion. C'est à la fois une belle leçon d'histoire et un film maîtrisé.

Sur You Tube le film entier sous titré en espagnol

Un avis de notre ami Claude, amateur éclairé :

Lors des découvertes, les premières occupations territoriales opposent déjà les théologiens.

Le pape de l'époque, celui de l'année suivant la découverte de Colomb, fera une bulle  à ce sujet, tout y est dit :

- le partage des mondes entre Espagnols et Portugais l'a été à Tortesillias un peu avant

- et cette nouvelle bulle reflétera la volonté papale, car sa motivation catholique y est définie ce jour là ; il y dit, "à seule fin que  la loi catholique et la religion soient exaltées et partout développées, que les pays sauvages soient réduits à la foi".
Il est clair que dés le tout début des découvertes, ce pape légitimait ainsi les exactions passées et à venir.

Il est certain que cinquante ans plus tard, les choses ayant évolué, une commission s'est réunie à Valladolid pour aborder certains sujets concernant la conquête. On ne sait pas ce qui s'est dit, on sait seulement que des questions sur le sort des sauvages y ont été abordées, que devant l'emportement et l'impartialité des protagonistes acquis chacun à sa cause, Sepúlveda trop près des colons et Las Casas invalidant quasiment la légitimité de toute la conquête, ont conduit le souverain à ne prendre aucune décision.
Cette commission est plus restée célèbre de par la dispute engendrée qu'à cause de son sujet dont le sort des indiens n'était en fait qu'un petit volet.  
Se basant sur ces faits réels, rien n'interdit cinq siècles plus tard à un écrivain talentueux d'amener son propre contexte, ses personnages, d'écrire un roman, pas plus qu'a un metteur en scène d'en faire une fiction. 

L'église l'a fait avec le procès de Jeanne d'arc au détriment des vrais documents d'époque et existants ceux là, il fallait réhabiliter cette ex ennemie faite sainte entre temps, et ce, à tout prix.

JEANNE D'ARC, mythe ou réalité ? (en 3 épisodes)

Publié dans Littérature, Cinéma

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Claude 29/09/2014 09:09

Bonjour Taram,
Je pense que l'on se masturbe l'esprit après coup avec de jolies phrases et effets de manches, ce n'est qu'un roman qui fait une parodie de justice après coup et selon la volonté de l'auteur
Les faits eux sont connus et l'on s'aperçoit sur le terrain de la motivation, pour ne pas dire la rage des conquistadors, quand Cortez fit assassiné en une nuit 4 000 incas ce n'était pas pour décimé des mécréants mais bien pour piqué l'or.
On a plusieurs livres sur des affaires similaires, dont un dîner entre Danton et Robespierre.
Je ne lirai pas ça, car pour éviter ce genre de déconvenue, je n'ouvre que des bouquins approuvés par historama et celui-ci ne l'est pas.
Mais Taram tout cela tu le sais déjà.
Excuse moi si je t'ai choqué mais je n'aime pas que l'on interprète l'histoire ou pire la falsifie.

N.L. Taram 29/09/2014 09:40

Bonjour Claude,
c'est vrai qu'un roman... est un roman. J'ai déjà parlé de mon goût pour des "romans" qui ont fait débat sur la presse, initié par les historiens. Toutefois, si ce roman et ce film incitent les lecteurs à en connaître un peu plus long sur ce détail de l'Histoire, c'est le principal. Détail de l'Histoire qui a bien été occulté par les livres sérieux et que je n'ai connu que par ce film.
Reste que le jeu des 3 principaux acteurs vaut la peine de le visionner.