LE NOUVEAU COLONIALISME ?

Publié le par N.L. Taram

J'avais écrit cet article de suite après la publication de Tahiti-infos, mais à la réflexion j'ai préféré attendre le vote de l'assemblée.

Cela va faire bientôt un mois que le communiqué de la présidence a été publié. Ou en sommes-nous ?

Déjà nos ami(e)s spécialistes en économie s'inquiètent :

Chantage :

Lu dans la presse sur l'article concernant ce projet de zone franche « Si nous ne parvenons pas à lancer ce projet Tahiti Mahana Beach et les autres, faute d’investisseurs, nous sommes foutus...". Mais ce projet de loi est-il indispensable ? Quel est le rapport entre les frais de personnel concernant la construction du site avec la rentabilité  du site lui-même dont le but est uniquement touristique ?

Bluff :

1 - le gouvernement a décidé de lancer un grand projet en faveur du tourisme, nous sommes d'accord car actuellement seul le secteur du tourisme peut relancer notre économie.

2 - le gouvernement fait appel à des promoteurs et les spécialistes (enfin j'espère) choisissent le projet hawaïen estimé à 251 milliards FCFP. Je suppose que ces promoteurs n'ont pas estimé le coût au "pifomètre"  et que leurs chiffres tiennent compte des réalités spécifiquement polynésiennes y compris les salaires.

3 - recherche des investisseurs : déjà un bluff, car j'avais cru comprendre que, hors le projet chinois qui prévoyait les investisseurs, ceux-ci n'étaient pas prévus mais déjà connus.

4 -  en quoi ces investisseurs pourraient être concernés par les salaires des manœuvres et ouvriers qui vont œuvrer aux travaux de construction ? Eux, ce qui les intéresse, c'est la rentabilité de leur investissement, c'est à dire au moins 82% de taux de remplissage.

5 - ces investisseurs feront appel à des entreprises qui fourniront des devis. Bien sur, ces devis comprendront les frais de personnel liés aux différents chantiers et cela avec précision et même une marge de sécurité pour les imprévus. C'est au niveau de ces entreprises que des discussions et arrangements pourront avoir lieu entre les salariés et les dirigeants de chaque entreprise. Il est certain que ces entreprises chercheront toutes les possibilités limitant la charge salariale et améliorant leur profit (stagiaires, apprentis, sous traitants,...), mais cela est de "bonne guerre" et ne regarde pas le pouvoir dans la mesure où la loi est respectée.

Nouveau genre de colonisation :

Alors si ce n'est ni un chantage, ni un bluff, ce que je pense car ce n'est pas dans l'intérêt de la majorité actuelle, pourquoi ?

Serait-ce les nouveaux colonisateurs-investisseurs qui imposeraient de nouvelles lois ?

C'est de cette façon qu'ils agissent dans d'autres pays en voie de développement.

Nous pourrions aussi parler du SMIG qui est imposé par le pouvoir : faut-il le maintenir ou le supprimer ? Cela est un autre débat et des sites sont plus spécialisés pour ce sujet >>>

http://hirofarepote.wordpress.com/2014/08/05/a-propos-du-smig-a-120-000-f-cfp/

J'avais supprimé ce précédent paragraphe car il me paraissait hors sujet, mais une  nouvelle parution de ce jour m'incite à en parler dans un prochain article...

http://hirofarepote.wordpress.com/2014/08/31/smig-lheure-de-verite/

----------o----------

Quelques articles à lire avec toutefois les réserves d'usage (qui dit la vérité ?) :

Pour ceux qui n'auraient toujours pas compris que quand on envoie des troupes faire la guerre, ce n'est JAMAIS dans un but humanitaire. La notion de " guerre humanitaire " est totalement surréaliste !!!

----------o----------

Mais au fait, a-t-on le choix ?

La misère, se nourrir de taro et de uru, si nous arrivons à le faire pousser dans nos HLM et bidonvilles, ressortir nos vieux vélos pour nos déplacements en ville, ..............

 ou

 

avoir de nouveaux colonisateurs-investisseurs qui nous permettront (peut-être) de vivre décemment.

 

 

Enfin, rappel d'un petit article sur ce blog >>>

Publié dans Economie PF

Commenter cet article

Alain68 03/09/2014 10:51

Salut Pierre
Nous y voila, voici une reprise un peu plus littéraire de mes élucubrations émises lors de la période euphorique de la présentation des projets. Cela n'a pas été long, c'est même surprenant cette lucidité retrouvée. L'euphorie aura été de courte durée, le réalisme est beaucoup plus préoccupant, que Dieu aide la Polynésie car je ne vois que lui pour résoudre vos problèmes, mais comme on dit ici, "aide toi le ciel t'aidera".

Je suis très choqué par la pollution qui frappe, j'allais écrire Tahiti mais surement que toute la Polynésie est concernée. Sur une autre île paradisiaque encore plus pauvre que Tahiti, L'Île Maurice, pour obtenir des prestations sociales il faut effectuer des travaux d'intérêt général. il y a donc entr'autres des équipes de nettoyage qui contribuent à rendre l'environnement un peu plus acceptable et moins choquant pour les touristes. A Tahiti si vous appliquiez ce système les débuts seraient difficiles vu le degré de pollution. Autre point important c'est un petit retour à la dignité pour ceux qui œuvrent réellement à l'image de leur pays.
On pourrait dialoguer plus longtemps sur ce sujet mais ça prendrait du temps et ce ne sont que les élucubrations d'un vieil ami de la Polynésie..

N.L. Taram 03/09/2014 19:23

Bonjour Alain68 (de Wittenheim ?),
j'avais écrit ce texte le 5 août dernier mais je l'avais gardé sous le coude en attendant de voir la suite des événements. Je t'invite à lire mes commentaires sur le site, très spécialisé en économie >>
http://hirofarepote.wordpress.com/2014/08/31/smig-lheure-de-verite/#comment-2080
J'y conclu mon dernier commentaire par : "Alors une réduction du coût de la main d’œuvre "OUI" à condition que ce ne soit pas toujours les plus bas salaires qui soient l’âne de la fable."
Je trouve dans ta proposition, décrite au 2ème paragraphe, très intéressant. Je vais étudier cela et diffuser ton texte, si tu n'y vois pas d'inconvénients.
Enfin, je t'encourage à continuer le dialogue, ce qui est toujours constructif ; Ne pas faire comme nos élus d'opposition (locaux) qui répondent systématiquement NIET à tous les projets présentés par la majorité élue démocratiquement.