ÉLOGE DE LA DIFFÉRENCE

Publié le par N.L. Taram

« Je souhaite que le lecteur retienne de la biologie cette leçon : notre richesse collective est faite de notre diversité. L’autre, individu ou société, nous est précieux dans la mesure où il nous est dissemblable » (Albert Jacquard – Éloge de la différence)
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Les progrès de la génétique ont généré autant de fantasmes démiurgiques que d'espoirs bien fondés. L'eugénisme est au nombre de ces utopies mortifères qu'entretient à son insu la science. Pourtant, l'imprévisible diversité des individus qui la composent constitue la caractéristique essentielle de l'espèce humaine, et le devenir de chaque être est par nature incertain. Cette contingence irréductible tient aux rapports qu'entretiennent en l'homme l'inné et l'acquis. L'un ne peut se définir sans l'autre : l'inné est la faculté d'acquérir ; l'acquis est le développement indéterminé de cette faculté. Aussi, la volonté d'expliquer l'histoire d'un individu par le déterminisme génétique est-elle vouée à l'échec.
Le chapitre où l'auteur démontre le caractère idéologique et non scientifique des tests destinés à révéler les déterminations génétiques de l'intelligence humaine est une vraie leçon de clairvoyance. La lecture de ce passage - "Intelligence et génétique" - justifie à elle seule qu'on se procure cet ouvrage éclairé du plus philosophe des généticiens contemporains. --Paul Klein
 
Quelques commentaires :
 
- C'est probablement mon tout 1er ouvrage de vulgarisation lu sur la génétique. Albert Jacquard nous initie à l'évolution darwinienne via la sélection naturelle et aux raisonnements sur la génétique via les statistiques. Il s'en prend avec raison à l'eugénisme et ses dangers. Il nous explique en quoi nos gènes sont une richesse pour nous et le collectif et non pas une fatalité.
- un livre particulièrement intéressant, à absolument lire pour comprendre ce qui fait la richesse de l'être humain, sa différence.
ÉLOGE DE LA DIFFÉRENCE
Quelques extraits remarquables :
 
6. L'amélioration des espèces : quelle amélioration?
 
« Vous prétendez qu'il n'est pas possible d'améliorer l'espèce humaine; pourtant l'Homme a été capable d'améliorer de nombreuses espèces animales ou végétales ; vous ne pouvez mettre en doute, par exemple, l'amélioration des races chevalines.
- Si vous étiez un cheval, penseriez-vous qu'il s'agit vraiment d'une amélioration ? »
 
Sous un aspect sans doute excessif, ce dialogue récent avec un journaliste, me semble bien poser le problème.
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7. Intelligence et patrimoine génétique
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La première question à poser, bien sûr, est : que veut dire « meilleur »? Ce terme peut fort bien avoir un sens précis, mais un sens nécessairement variable selon les sociétés ou selon les pressions exercées sur le groupe par le monde extérieur. Dans une tribu de chasseurs, les « meilleurs » sont ceux qui ont la vue la plus perçante, l'agilité la plus grande, les réflexes les plus prompts ; dans une tribu de cultivateurs, ceux qui sont les plus persévérants, qui savent le mieux organiser leur travail, le mieux s'adapter au rythme lent des saisons, préparer les récoltes à venir. Dans nos sociétés dites « évoluées » certaines qualités physiques  sont valorisées ; en témoigne l'engouement pour les champions toutes disciplines ; mais une "qualité" semble l'emporter sur toutes les autres, l'intelligence.
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Recherche de la vérité ou manipulation de l'opinion ?
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Les philosophes du XVIIIème siècle n'affirmaient pas que les hommes sont égaux, ce qui n'aurait rien signifié, mais qu'ils sont « égaux en droits », ce qui exprime une volonté politique. Nous pouvons dire que les hommes d'aujourd'hui sont « inégaux dans leur accès aux richesses ou à l'éducation », ce qui exprime une constatation ; mais dire qu'ils sont « égaux » ou « inégaux » dans l'absolu est totalement dépourvu de sens.
Il faut condamner ces simplifications abusives qui ne peuvent servir qu'à manipuler l'opinion et s'efforcer de poser les problèmes en termes clairs.
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Publié dans Société, Littérature

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