LE MÉLODRAME POLYNÉSIEN

Publié le par N.L. Taram

Pas grand chose à raconter en ce moment.
Au niveau du territoire : économie en attente, dossiers divers en suspens, grèves dont on ne comprend pas très bien les motivations, débat politique incompréhensible,...
Pas mieux au niveau national où nous avons un grand débat sur un  projet de loi concernant "les renseignements", mais n'ayant pas réussi à trouver le texte de ce projet (gratuitement),  je ne vois pas comment émettre un avis.
 
Reste la "tragi-comédie"  d'un parti politique local dont l'origine de ce mélodrame* serait une histoire de candidatures aux sénatoriales ; sénatoriales dont la plupart des gens n'ont rien à faire...
Voici l'un des derniers épisodes de cette pièce de théâtre que je n'ai pas eu le courage de lire jusqu'au bout :
 
Edouard Fritch : "Je ne me reconnais plus dans la direction du parti" 
* mélodrame : Le mélodrame est, à proprement parler, une des variétés d’ordre mineur du drame. Le mélodrame s’est formé, ainsi que la comédie satirique, le vaudeville, etc., au XIXème siècle à partir de ces trois grands genres que sont la tragédie, la comédie et le drame. Héritier du théâtre de la foire et du drame bourgeois, ce genre développe des effets spectaculaires provoquant des sensations fortes. (source Wikipedia)
 
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Mon article étant un peu succinct,  j'en profite pour republier un extrait des "Chaînes de l'esclavage" de Jean-Paul Marat. Bien sur, ce texte n'a aucun rapport  avec la première partie de mon article.
 
Jean-Paul Marat, les Chaînes de l'esclavage
 
Se faire des créatures.
(page 86 à 88)
 
Dans tout gouvernement où le prince dispose des bénéfices, des charges, des dignités, il s'en fait bien toujours des amis ; cependant il ne les accorde d'abord qu'au mérite ; mais une fois parvenu à avilir & à corrompre ses sujets, il travaille à s'en faire des créatures.
Maîtres des petits, les grands le sont en quelque sorte de l’État, & c'est avec eux qu'il commence à partager l'autorité : il séduit celui-ci par l'appas d'un emploi, celui-là par l'éclat d'un ruban ; & bientôt les têtes viennent d'elles-mêmes se présenter au joug.
Indépendamment de la multitude de fonctionnaires qui occupent les différentes places de l’État, il tient par l'espoir ces nobles fainéants, ces petits ambitieux, qui courent sans cesse après la faveur & les dignités.
Ceux qu'il ne peut gagner par des effets, il les gagne par des promesses, des égards, des cajoleries. Flattés de ces marques de distinction, ils font tout pour les conserver. A ces créatures du prince ajoutés la foule des intrigants, que les hommes en place enchaînent par leur crédit.
Ainsi sans rien faire pour le devoir, ceux qui sont à la tête de quelque département ne songent qu'à flagorner le prince dans la vue de partager son autorité ; ils se chargent de fers pour en faire porter à d'autres ; tous recherchent la faveur avec empressement, & visent à s'élever ; les gens même de la plus basse condition ne s'efforcent d'en sortir que pour dominer à leur tour.
 
Lorsque le prince est riche en domaines ou qu'il a le maniement des deniers publics, il se sert des richesses pour augmenter le nombre de ses créatures (1). L'amour de l'or qui est entré dans tous les cœurs avec le goût du luxe, lui soumet tous les rangs ; & le riche comme le pauvre, préférant ce métal à la liberté, est toujours prêt à mettre son honneur à prix (2).
 
Que les choses ont changé ! L'amour de l'égalité unissait les enfants de la patrie, en confondant l'intérêt particulier dans l'intérêt général : maintenant l'amour du faste, de l'or, des dignités brise ces liens, & isole chaque individu.
À voir la discorde, l'avarice & la vénalité des citoyens, on croirait la liberté aux abois : mais de tant d'hommes disposés à se vendre, le prince n'a que ceux qu'il peut acheter ; les autres restent à regret fidèles à la patrie.
 
(1) Depuis Charles-Quint jusqu'à Philippe V, il sortait annuellement du trésor Public 90,000,000 de livres pour le paiement des pensions accordées aux grands d'Espagne.
En France, le trésor public payait depuis Louis XIV plus de quarante millions de livres aux pensionnaires du prince.
(2) Tandis que la pauvreté était honorée à Rome, on donnait les magistratures à ceux qui en étaient les plus dignes, à ceux qui savaient le mieux gouverner l'Etat ou battre l'ennemi : mais quand les richesses eurent corrompu les cœurs, on nomma aux charges ceux qui savaient le mieux fêter le peuple.
 
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Publié dans Politique, Littérature

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