LE SILENCE

Publié le par N.L. Taram

Dans un article sur le "Modern Jazz Quartet", j'écrivais que grâce à ces musiciens et à leur musique : "Je comprends que la musique ce n'est pas seulement des sons, c'est aussi des silences... et des espaces... En fait, je découvrais la musique dite "classique" que je trouvais jusque là ennuyeuse".
 
Modern Jazz Quartet - Vendome - 1952
En effet, des silences...
 
Pourtant il y avait un précédent qui avait fait jaser la critique, c'est le "Trou de Monk" (sic).
 
L'entente entre Miles Davis et Thelonious Monk est compliquée. Leurs approches sont très différentes : la recherche du « beau son » de Miles est difficilement compatible avec les accords et la mise en place bizarres de Monk. Lors de la deuxième prise de The Man I Love, Miles demande à Monk de ne pas l'accompagner et de laisser la place à Milt Jackson, plus « confortable » pour Miles, ce qui tend l'atmosphère.
La prise se passe convenablement, jusqu'au solo de Monk (à 04:50). Celui-ci commence, comme il aimait faire, par paraphraser le thème. Puis, arrivé au milieu du deuxième « A », Monk s'arrête de jouer. Il y a un blanc considérable de 10 secondes (12 mesures !), interrompu par Miles Davis, qui rappelle Monk à l'ordre (« On en est là, qu'est-ce que tu fabriques, tu joues ? ») suivi par un Monk qui reprend de plus belle comme si de rien n'était (« Mais je sais parfaitement où on en est »).
Ce « trou de Monk », bien qu’inexplicable, a suscité de nombreux commentaires. On a supposé que Monk, vexé, n'avait plus trop envie de jouer. Monk a par la suite été coutumier du fait : quand la musique lui plaisait, que le « swing » était puissant et bien installé, il se levait de son piano et se mettait à danser, sous le regard parfois étonné des spectateurs.
 
Miles Davis - The Man I Love - Session du 24 décembre 1954 :
Miles Davis : trompette
Milt Jackson : vibraphone
Percy Heath : contrebasse
Kenny Clarke : batterie
Les silences de Keith Jarrett...
.......
Jarrett appartient également au monde du classique en tant que compositeur et surtout qu’interprète. Sa musique en est imprégnée : influences de Claude Debussy (principalement dans ses prestations en solo) et de la musique baroque.
 
Dommage, "Heartland", enregistré à Munich le 2 juin 1981, a été supprimé sur You Tube.
 
Keith Jarrett - Concerts Bregenz , May 28,1981- Part 1 et Part 4 "Heartland"
L’album Changeless en est l’exemple parfait : construction de compositions et improvisations sur un climat créé par un ostinato.
 
Keith Jarrett - Changeless "Endless"
avec Gary Peacock, basse et Jack DeJohnette, drums
"Repose-toi du son dans le silence, et, du silence, daigne revenir au son. Seul, si tu sais être seul, déverse-toi parfois jusqu'à la foule." Victor SEGALEN
Le calme après la tempête - Source : site NYMPHEAS

Le calme après la tempête - Source : site NYMPHEAS

Publié dans Musique, Keith Jarrett

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article