KHALIL GIBRAN – LE PROPHETE

Publié le par N.L. Taram

Paul Gauguin

Paul Gauguin

L’achat et la vente (chapitre 10)
 
Et un marchand dit, Parle-nous d'Acheter et de Vendre.
Et il répondit et dit :
Pour vous la terre produit ses fruits, et vous ne serez jamais dans le besoin si vous savez comment emplir vos mains.
C'est dans l'échange des dons de la terre que vous trouverez l'abondance et serez satisfaits.
Pourtant, s'il n'est fait avec amour et aimable justice, l'échange peut conduire les uns à l'avidité et les autres à la famine.
Quand, sur la place du marché, vous travailleurs de la mer, des champs et des vignes, rencontrez les tisserands, les potiers et les cueilleurs d'épices -
Invoquez alors le maître esprit de la terre, qu'il vienne au milieu de vous et sanctifie les poids et les mesures qui comparent valeur contre valeur.
Et ne tolérez pas que ceux dont les mains sont stériles prennent part à vos transactions, eux qui vendent leurs mots contre votre travail.
A ceux-là vous pourriez dire :
"Viens avec nous dans le champ, ou va avec nos frères à la mer et jette ton filet ;
Car la terre et la mer seront généreux avec toi comme avec nous."
Et s'il vient des chanteurs, des chanteuses et des joueurs de flûte - achetez de leurs offres aussi.
Car eux aussi recueillent les fruits et l'encens et ce qu'ils vous apportent, bien que façonné de rêves, sont des vêtements et de la nourriture pour votre âme.
Et avant de quitter la place du marché, veillez à ce que personne ne parte les mains vides.
Car le maître esprit de la terre ne dormira pas en paix au gré du vent, jusqu'à ce que les besoins du moindre d'entre vous ne soient satisfaits.
 
 
Khalil Gibran

Khalil Gibran

Les vêtements (chapitre 9)
 
Et le tisserand dit, Parlez-nous des Vêtements.
Et il répondit :
Vos vêtements dissimulent une grande part de votre beauté, mais ne cachent pas ce qui est laid.
Et bien que vous cherchiez dans les habits la liberté de votre intimité, vous pouvez y trouver un harnais et une chaîne.
Puisse votre être rencontrer le soleil et le vent avec plus de votre chair, et moins de vos effets.
Car la souffle de la vie est dans la lumière du soleil, et la main de la vie est dans le vent.
Certains d'entre vous disent : "C'est le vent du nord qui a tissé les habits que nous portons".
Et je dis, Oui, ce fut le vent du nord,
Mais la honte fut son métier, et l'amollissement du corps son fil.
Et quand son ouvrage fut terminé, il rit dans la forêt.
N'oubliez jamais que la pudeur est un bouclier contre le regard impur.
Et que lorsque l'impur ne sera plus, que deviendra la pudeur, si ce n'est une entrave et une souillure de l'esprit ?
Et n'oubliez pas que la terre se délecte de sentir vos pieds nus et que les vents n'attendent que de jouer avec votre chevelure.
 

Publié dans Littérature, Khalil Gibran

Commenter cet article