POURQUOI ÉCRIT-ON ?

Publié le par N.L. Taram

Il y a quelques temps, j’ai publié un article « Pourquoi lit-on ? ». Mais j’aurais dû titrer « Pourquoi je lis ? » car dans mon texte, finalement je ne parle que de mon cas. Après discussion, j’en avais conclu que je lisais pour pallier mon manque d'assurance et m'imposer auprès de mes amis (explication proposée par une amie). Je pense que c’est tout à fait cela et aussi la curiosité.
Mon amie vient de publier « "N'écris pas !!!"... ou l'écriture et moi », où elle explique très bien son goût pour l’écriture.
Et moi alors, pourquoi j’écris ?
 
Dés mon service militaire et surtout dés mon départ à Tahiti, j’ai dû écrire régulièrement (pas toujours régulier d’ailleurs) à ma mère. Difficile de commencer, je suis toujours bloqué devant la feuille blanche ; enfin, un effort et c’est parti pour 4 pages comme celle-ci…
POURQUOI ÉCRIT-ON ?
Pour le boulot, c’est plus simple que ce soit à l’armée comme dans les entreprises où j’ai travaillé : des lettres commerciales, administratives, des rapports… Facile, on prend les précédents, on change les dates, quelques noms, quelques chiffres et c’est bon à expédier.
 
J’ai participé activement à des associations, parents d’élèves, syndicats…Là aussi, c’est la routine.
 
En 1997, je « dois » écrire régulièrement à une amie retournée en France après un long séjour à Tahiti. D’abord j’écrirai un peu n’importe quoi, en m’inspirant des romans, vieux contes et même bandes dessinées. Petit à petit je vais reprendre mes lectures et l’écriture va être plus simple pour moi. Je me suis même remis à l’étude de la langue espagnole, celle où je m’en sortais le mieux pendant mes études.
Un exemple de mes « délires »…
POURQUOI ÉCRIT-ON ?
Ensuite, la politique locale.
J’ai été militant d’un parti depuis 1981 et pendant 30 ans, mais ma participation se limitera aux élections, à quelques réunions et à quelques travaux comptables.
En 2004, c’est le taui (changement) en Polynésie, ma participation sera plus active : rédaction des comptes-rendus de réunion, rapports financiers et, surtout, pendant trois ans « responsable de la communication ». Alors là, un régal ! Je vais me donner à fond.
Un exemple, l’un des derniers communiqué que j’ai écrit et qui a été rejeté car je m’en prenais à un allié du parti…
POURQUOI ÉCRIT-ON ?
Tous ces écrits sont tapés au clavier, à l'exception des lettres à ma mère et à mes amis, d’abord de machine à écrire, ensuite d’ordinateur dés 1982.
 
Cela ne m’empêche pas de remplir une corbeille par semaine avec mes brouillons manuscrits ; mais ce sont généralement des chiffres (comptabilité, budget, statistique, élection) ou des titres et liens d’articles, de musique, etc…
 
Enfin, internet et la messagerie qui permettent le dialogue et aussi de nombreux messages à mes différents correspondants.
 
Bien sur des commentaires sur les sites d’information locaux et sur certains blogs et forums : Tahiti Radio Cocotier, Tahiti Punu News, Les cobayes de la république, Charlie’ Blog, entre autres…
 
Malheureusement, les déclarations, les discours, les explications des différentes personnalités sont de plus en plus remplacés par des vidéos ou des enregistrements de radio. Je préfère de loin les textes à lire car je peux relire un passage mal compris, revenir en arrière, faire une vérification à partir de ma documentation, faire une copie pour la relire plus tard…
 
Le choix de lecture est immense : chez Amazon.fr, plus de 15 millions de titres proposés, sur internet accès à une grande quantité de livres anciens, de documents historiques, scientifiques et autres.
Extrait de « Avant et Après » de Paul Gauguin
…….
Voilà toute ma préface ; je n'ai pas voulu faire un livre qui ait la plus petite apparence d'œuvre d'art (je ne saurais) : mais en homme très informé de beaucoup de choses qu'il a vues, lues et entendues dans tous les mondes, monde civilisé et monde barbare, j'ai voulu en pleine nudité, sans crainte et sans honte, écrire... tout cela.
C'est mon droit. Et la critique ne saura empêcher que cela soit, même si c'est infâme.
 
Fin
Marquises. Atuana janvier, février 1903.

Publié dans Souvenirs, Littérature

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JacquesAdi 20/06/2016 07:03

Je suis dans l'ensemble OK avec ta réponse, sauf que ATN déclare hier soir sur Polynésie 1ere un bénéfice de 4.8 milliards et un versement de dividende de 1.5 milliard au Pays son actionnaire principal, comme si c'était gagné et dans la poche. Un peu le comportement du nouveau riche alors que le gain obtenu n'est pas l'accroissement du nombre de passagers, mais des tarifs de billets très élevés et un coût de carburant divisé par plus que deux. Il n'y a rien de plus fragile que les profits des compagnies aériennes alors par précaution ils feraient mieux de ne pas faire cocorico trop tôt car le prix du baril de pétrole pourrait revenir à la hausse et avec les conséquences sur le carburant avion. Aujourd'hui ils font croire que les profits relèvent de la bonne gestion et quand ils feront un déficit ils n'hésiteront pas à se réfugier derrière le coût du carburant. La répercussion à la baisse de la charge carburant sur le billet est minime du coup ils font l'impasse sur ce critère essentiel de la baisse du coût carburant dans les bénéfices dégagés en 2015. Toujours le même enfumage !
Je vais sans doute te faire de la peine mais je ne crois pas aux investissement chinois, d'autant que l'on a une administration trop tatillonne et des règles environnementales trop contraignantes, sans compter les éventuelles demandes de rétro-commissions de décideurs excités et gourmands !!! Sur l'avenir du tourisme, si le potentiel du tourisme chinois était réel Louis WAN ne céderait pas ses hôtels à Moorea et Bora-Bora. Il est bien trop malin pour ça. La Polynésie restera toujours un tourisme de niche, trop loin, trop cher ! Mais c'est peut-être mieux ainsi. Il ne faut pas oublier qu'à l'heure d'internet et de Youtube, Facebook et autres réseaux sociaux les gens sont parfaitement informés des réalités locales, et c'est pas aussi merveilleux que les blabla du GIE Tourisme. Les destinations exotiques ne manquent pas et autrement mieux organisées que la Polynésie.

N.L. Taram 20/06/2016 08:00

D'accord avec toi concernant ATN, d'ailleurs je restais réservé en attendant de voir le bilan. J'ai oublié de dire que fin 2011, pour sauver le soldat ATN, de la faillite, les actionnaires ont divisé le capital par 8 ; c'est à dire que l'action qui était à 8.000 cfp est passé à 1.000 cfp. Cela ne leur a pas posé de problème puisque ce n'est pas leur fric mais celui des contribuables. Quand aux 6,5% de privés, ils n'ont pu rien dire étant très minoritaire. Actuellement le capital est de 1,622 milliard et s'ils distribuent le bénéfice actuel, il suffira d'un cumul de pertes de .850 millions pour être mis en redressement, à moins qu'ils ne re-augmentent le capital avec l'argent des contribuables.
Je te rassure, tu ne me fais pas de la peine au sujet des investissements chinois, d'ailleurs je posais la question "toujours un projet???"

http://www.tehoanotenunaa.com/2014/07/tahiti-mahana-beach.html

http://www.tehoanotenunaa.com/2014/07/notre-choix-beton-ou-taro.html

http://www.tehoanotenunaa.com/2014/08/tahiti-mahana-beach-2.html

JacquesAdi 20/06/2016 01:42

Salut Taram, voilà une bonne raison de lire et d'écrire. Je cherchais une bonne blague à t'envoyer, histoire de rigoler un coup, et j'ai trouvé celle là ! Fantastique !!!! ( le lien est en fin de post)
Ils nous la refont dans le style "qui est à l'origine, la poule ou l’œuf ? " L'essor du tourisme est-il lié à la capacité d'hébergement ou au nombre de lignes aériennes ?
On touche à la quadrature du cercle !
Et pourtant l'Islande, île perdue au milieu de l'atlantique Nord, va accueillir 1,73 million de touristes dans une île encore largement sauvage, qui compte normalement 330 000 résidants. C'est le défi colossal qui attend l'Islande cette année, alors que le pays s'apprête à fracasser de nouveaux records de visiteurs étrangers sur son territoire.
Les chiffres sont aussi démesurés que les paysages islandais: le nombre de touristes a bondi de 245 % entre 2005 et 2015, selon l'Office de tourisme d'Islande. En 2016, 34 % plus de visiteurs sont attendus.
Déjà, pour les quatre premiers mois de l'année, Reykjavík a accueilli 35 % plus de touristes qu'à la même période l'an dernier. La multiplication des vols au rabais, notamment de Montréal, a grandement favorisé cette popularité.
Au delà de l'attrait pour la destination (originalité et démesure des paysages sauvages islandais), on voit bien que le critère décisif reste le prix du billet, avant la qualité de l'hébergement ou le coût de la vie qui sont aussi élevés qu'en Polynésie française.

http://www.ladepeche.pf/ag-air-tahiti-nui-polynesie-vouee-a-developpement-touristique-extraordinaire/

N.L. Taram 20/06/2016 05:02

Bonjour Jacques, je viens de lire l'article de la Dépêche. Il est malgré tout intéressant dans la mesure où, enfin, ATN ne coûte rien aux contribuables. J'attends quand même de voir le bilan 2015, car pour 2003 messieurs Vernaudon et Levy nous annonçaient enfin des bénéfices mais oubliaient de mentionner les subventions et autres reports d'un exercice sur l'autre, le résultat d’exploitation était de – 1 milliard cfp.
Le journaliste a cru bon de noter « ses actionnaires peu nombreux à s’être déplacés », mais les actionnaires c’est le pays et ses annexes à 92%.
Pour le reste du texte, c’est discutable ; j’ai participé à plusieurs réunions au sujet du tourisme (notre seule ressource importante en devises) et nous n’avons pas trouvé de solution « miracle ». En effet, ce n’est pas l’hébergement qui fait les touristes, mais l’inverse ; encore faut-il que l’hébergement ne tarde pas à prendre l’initiative de s’augmenter. Pour les lignes aériennes nous devons faire un effort, mais là encore c’est les clients qui décident. Une agence de Los Angeles qui a 350 candidats en attente, trouvera toujours un charter pour les amener. Il y a quelques années, les passagers du MS Gauguin arrivaient le vendredi soir par vol charter ; étant un fidèle des roulottes de Vaiate, je voyais les bus arriver et les passagers embarquer sur le bateau. Pour le projet (toujours un projet ?) Mahana Beach, bien sur, cela ne me plait pas… mais il n’est pas fait pour moi, alors pourquoi pas s’il doit nous amener quelques centaines de milliers de touristes par an….