VERS LA FIN DE L’IMPOSTURE (2)

Publié le par N.L. Taram

VERS LA FIN DE L’IMPOSTURE (2)

Jéricho

ou : vers la fin de l’imposture

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par Agnos  -  01/03/2007

Voir le début de l'article : Jéricho ou : vers la fin de l’imposture
 

La dernière hérésie

L’honneur du christianisme ne peut donc guère se trouver que chez ces hérétiques qui au fil des siècles cherchèrent, se référant à la doctrine primitive, à combattre les errements de l’Église, à la ramener à des pratiques saines et conformes aux Écritures, en bref à en faire quelque chose de digne, de propre et de présentable.

Peine perdue. L’histoire de cette institution n’est qu’une répétition accablante, lassante, interminable de crimes, de cruautés, de barbarie, de spoliations, de viols et de pillages.

Coté clergé, ce n’est pas plus brillant. De tout temps les religieux, du haut en bas de la hiérarchie, se sont distingués par le non-respect de "leurs" propres principes. Et partout, au Vatican, dans les monastères, dans les paroisses, s’égrène le chapelet interminable des actes de débauche, des vies dissolues des plus hauts dignitaires de l’Église, des couvents et monastères transformés en bordels, des cérémonies licencieuses jusque dans des lieux de culte, d’innombrables bâtards (dont un nombre incalculable œuvres de papes), issus de ces pratiques, des cardinaux morts dans les bras de prostituées, des pratiques homosexuelles presque banalisées et, bien entendu, de la pandémie de l’Église : la pédophilie.

Autrement dit, lorsqu’on fait le bilan effarent du passé et qu’on examine l’état dans lequel se trouve encore cette organisation aujourd’hui, on ne peut que constater que ces hérétiques qui voulaient remettre de l’ordre afin que leur institution devienne digne de sa doctrine, ont totalement échoué. Ils ont échoué, mais, malheureusement pour eux, ils ont payé le prix fort. Qu’on songe à Hus, à Savonarole, aux réformés, aux 20.000 habitants de Béziers massacrés après leur reddition, et à tant, tant, tant d’autres.

Bien entendu les partisans du système plaideront qu’à toutes les époques et dans toutes les sociétés, des horreurs et des atrocités ont été commises. A quoi on peut répondre que c’est tout à fait exact, mais qu’il n’était nul besoin qu’une religion en rajoute à ce point, et encore moins une religion qui prône l’amour du prochain, la charité et le :
 "Tu ne tueras point !…"

Ces mêmes bons apôtres ajouteront certainement que toutes ces histoires sont anciennes et que les choses ont bien changé. Malheureusement faut-il leur rappeler que dans les temps contemporains d’autres infamies ont été perpétrées ?

Par exemple le silence impardonnable de Pie XII, compagnon de route indéfectible d’Hitler dès 1934, qui ne lèvera pas le petit doigt pour empêcher les génocides et autres crimes des nazis, mais mettra après la guerre toutes les ressources de sa multinationale à la disposition des criminels allemands pour les aider à échapper aux tribunaux jugeant les crimes contre l’humanité. Ou encore, il n’y a pas si longtemps, ce "bon" Jean-Paul II (3)
, fidèle disciple en cela de Pie XII, qui resta les bras obstinément croisés pendant l’année où les Hutus chrétiens et des prêtres catholiques rwandais massacrèrent un million de tutsis (4).

Pour ce qui est des mœurs de la noble institution, on ne voit pas non plus de réelle amélioration. La fiction du célibat des prêtres est maintenue avec un bel entêtement. Mais tout le monde sait qu’à une majorité écrasante les intéressés ne le respectent pas. On sait aussi que malgré la condamnation véhémente et répétée de l’homosexualité par la hiérarchie, il y a, selon les informations dont on dispose, une proportion bien plus élevée de gays dans le clergé que partout ailleurs. On n’ignore pas non plus que non contents de ne pas respecter leurs vœux les plus solennels, le nombre de ceux qui vont jusqu’aux crimes sexuels (pédophilie), est effrayant (5).

On constate aussi que les abus sexuels commis par le clergé dont étaient victimes autrefois dans le monde occidental les gens du petit peuple et les religieuses des couvents, se produisent aujourd’hui dans le peuple et les couvents des pays sous développés, par exemple aux Philippines ou en Amérique du sud. En atteste l’e-mail d'excuses que Jean-Paul II a dû envoyer, en décembre 2001, aux conférences épiscopales d'Australie, de Tahiti, Samoa et Tonga pour de multiples abus sexuels commis par des prêtres, notamment dans les couvents…

Nous nous trouvons donc, aujourd’hui comme toujours, devant un clergé indigne, parjure, incapable de respecter ses propres règles morales, beaucoup trop souvent criminel, mais qui, malgré toutes ses tares semble se croire parfaitement qualifié pour donner aux autres des leçons de morale et de comportement…

Tout cela bien considéré nous incite à penser qu’il serait parfaitement utopique d’essayer de rénover et d’améliorer cette institution. D’ailleurs une entreprise de ce type aurait dû (ou devrait) être menée par d’autres, car en ce qui nous concerne : athées, agnostiques, libre-penseurs, etc., nous sommes également anticléricaux et ne voyons aucun intérêt à remettre en état de marche ce vieux rafiot qui fait eau de toute part !

La "dernière hérésie", sera donc la dernière parce qu’elle a pour objectif déclaré de précipiter la fin d’une organisation qui craque, se fissure et est en train de s’effondrer. Un navire fantôme qui n’est plus propulsé que par son inertie, comme ces tankers qui continuent pendant des miles après qu’on ait ordonné : "Machine arrière, toute…".

Ce combat ne vise donc que l’Institution pernicieuse, létale, en perdition mais nuisible encore qui, par la durée durant laquelle s’exercèrent ses forfaits et l’immensité des malheurs qu’elle a provoqués, représente la pire calamité que l’humanité ait connue.

Pour le reste, les croyants continueront à croire et les non-croyants à nier. Aucune de nos actions ne vise en effet à restreindre, de quelque façon que ce soit, le droit élémentaire de chacun à choisir le système spirituel, la philosophie ou l’idéologie qui lui convient.

Mais avant tout, commençons par faire l’inventaire des tares qui conduisent inéluctablement cette institution à sa disparition.

 

Suite   >>>  L’Église : Pourquoi est-elle condamnée (3/7)


Notes

[3] Qui n’aura pas volé sa canonisation, ne serait-ce que pour cela…

[4] Il ne fut pas le seul à être passif, mais une fois encore, qu’est-il besoin de cette institution, aux prétentions par ailleurs si élevées, pour ne pas faire mieux que les laïques, et souvent pire ? En outre il s’agissait alors de chrétiens directement impliqués dans un génocide !

[5] Plusieurs milliers d’ecclésiastiques inculpés en Amérique, soit plus de dix mille victimes recensées. On peut penser que de très nombreux cas ont été cachés par la hiérarchie selon les instructions de Rome, et que beaucoup de victimes ont renoncé à affronter une publicité difficile à supporter. Le mal, déjà épouvantable, est donc à l’évidence bien pire que ce que nous en savons. Rien en outre ne nous permet de supposer que le clergé d’Europe serait plus vertueux que celui d’outre-Atlantique, même si nos systèmes médiatiques et juridiques ont tendance à occulter ces déviations…

Publié dans LIBRE PENSÉE

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