Catastrophe nucléaire de Kychtym

Publié le par N.L. Taram

Jan Rieke, maps-for-free.com; Minimap: NordNordWest, Historicair, Bourrichon, Insider, Kneiphof —Travail personnel, background image from maps-for-free.com, File:Russia conic location map.svg - Carte de la trace radioactive de l'Est de l'Oural : zone contaminée par la catastrophe de Kychtym

Jan Rieke, maps-for-free.com; Minimap: NordNordWest, Historicair, Bourrichon, Insider, Kneiphof —Travail personnel, background image from maps-for-free.com, File:Russia conic location map.svg - Carte de la trace radioactive de l'Est de l'Oural : zone contaminée par la catastrophe de Kychtym

La catastrophe de Kychtym est une contamination radioactive qui s'est produite le 29 septembre 1957 au complexe nucléaire Maïak, une usine de retraitement de combustible nucléaire située près de la ville d'Oziorsk en Union soviétique, dans l'actuelle Russie.

 

Mesurée comme niveau 6 sur l'échelle internationale des événements nucléaires, c'est, avec la catastrophe de Tchernobyl et celle de Fukushima, l'un des plus graves accidents nucléaires jamais connus.

 

La catastrophe a été nommée d'après la ville de Kychtym, seule ville proche connue à cause du secret maintenu par les Soviétiques sur cet accident.

 

 

Contexte

 

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Union des républiques socialistes soviétiques a un retard technologique sur les États-Unis dans le développement et la mise au point d'armes nucléaires. Elle se lance alors dans l'urgence dans un programme de recherche et développement dans le but d'obtenir une quantité suffisante d'uranium et de plutonium de qualité militaire. Le complexe nucléaire Maîak est très rapidement construit entre 1945 et 1948. Les physiciens soviétiques chargés du projet, ayant plusieurs lacunes en matière de physique nucléaire, prennent des décisions peu judicieuses en matière de sécurité. Également, l'impact écologique n'est pas pris en compte au début de la construction du site. Par exemple, les premières années le complexe ne stocke pas les déchets liquides hautement radioactifs générés, mais les rejette dans un cours d'eau à proximité, lequel se déverse dans le fleuve Ob, qui se jette à son tour dans l'océan Arctique. Plus tard, le lac Karachaî sera utilisé comme lieu d'entreposage à l'air libre.

 

Un site d'entreposage pour déchets nucléaires liquides est construit vers 1953. Il comprend des réservoirs en acier enveloppés de béton, le tout enterré à 8,2 mètres de profondeur. À cause du taux élevé de radiations, les déchets ont une température élevée qui est provoquée par la chaleur de désintégration (même si une réaction en chaîne n'est pas possible). Pour cette raison, un système de refroidissement est construit autour de chaque banque de 20 réservoirs. Les systèmes de surveillance et de contrôle des systèmes de refroidissement sont insuffisants.

Explosion

 

En septembre 1957, le système de refroidissement de l'un des réservoirs, qui contenait entre 70 et 80 tonnes de déchets nucléaires, tombe en panne. La température du réservoir s'élève, ce qui provoque une explosion chimique des déchets secs (principalement du nitrate d’ammonium et des acétates). L'explosion, dont la puissance estimée équivaut à celle de l'explosion de 70 à 100 tonnes de TNT, projette le couvercle en béton, d'une masse de 160 tonnes, dans les airs. La radioactivité résultant de l'explosion est estimée entre 2 et 50 MCi (entre 74 et 1850 pétaBq).

 

Dans les 10 à 11 heures suivantes, un nuage radioactif se déplace vers le nord-est jusqu'à une distance de 300 à 350 kilomètres du lieu de l'explosion. Les retombées radioactives provoquent une contamination à long terme d'une région dont la superficie est de 800 km2. Les retombées radioactives étaient surtout constituées de césium 137 et de strontium 9011. Cette région est souvent appelée « VOuRS » (ВУРС, Vostotchno-Ouralskiï Radioactivnyï Sled, soit « Empreinte radioactive de l'Oural oriental »).

 

Conséquences

 

Dans les jours qui suivent

À cause du secret entourant le site, les populations des zones touchées ne furent pas averties de l'explosion et de ses conséquences. Une semaine plus tard, le 6 octobre, une opération d'évacuation commença pour 10 000 personnes de la région touchée, mais aucune raison officielle ne fut émise. Les personnes « devinrent de plus en plus hystériques à propos des conséquences d'un mal mystérieux qui les frappait. Les victimes perdaient la peau de leur visage, de leurs mains et d'autres parties exposées ». En 1980, Jaurés Medveder révéla la nature et l'étendue du désastre.

 

Même si le gouvernement soviétique supprima des informations à propos de l'étendue du désastre, certaines personnes parvinrent à estimer que 200 personnes moururent de cancer à cause de l'exposition directe aux radiations. Pour réduire la propagation de la contamination radioactive consécutive à l'explosion, le sol contaminé fut excavé et stocké dans des sites clôturés qui furent appelés « cimetières de la Terre ».

 

Kirova Street, the central pedestrian street in Chelyabinsk, Russia

Les années suivantes

En 1968, le gouvernement soviétique créa la réserve naturelle de l'Oural Est, région inaccessible sans autorisation, qui comprenait la totalité du VOuRS.

 

Des rumeurs d'un problème nucléaire près de Tcheliabinsk circulaient depuis plusieurs années en Occident. Après plusieurs recherches sur l'impact de la radioactivité sur les plantes, les animaux et les écosystèmes, le professeur Leo Tumerman, ancien chef du laboratoire de biophysique à l'Institut de biologie moléculaire à Moscou, parvint à démontrer qu'il y avait eu un sérieux accident nucléaire à l'est de l'Oural.

 

Selon Gyorgy, qui a invoqué la Freedom of Information Act américaine pour obtenir des informations de la CIA, cette dernière était au courant depuis 1957 de l'explosion, mais avait tenu secrètes ces informations dans le but de prévenir des conséquences fâcheuses à l'industrie nucléaire américaine naissante. C'est en 1990 que le gouvernement soviétique a déclassifié les documents relatifs au désastre.

 

Au début du XXIe siècle, le VOuRS a encore un niveau élevé de radioactivité, même si officiellement la région est sûre pour les humains.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_nucl%C3%A9aire_de_Kychtym

 

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Je remercie André qui m’a informé de cette catastrophe nucléaire par un commentaire publié à la suite de l’article « TCHERNOBYL ».

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