AUTONOMIE ou INDÉPENDANCE

Publié le par N.L. Taram

Autonomie ou indépendance ? Leur définition selon…

Wikipedia

Autonomie

 

L'autonomie désigne la capacité d'un objet, individu ou système à se gouverner soi-même, selon ses propres règles. Dans d'autres cas, elle fait référence aux propriétés d'une entité qui est capable de fonctionner de manière indépendante, sans être contrôlée de l'extérieur ou sans des apports (matériels, énergétiques, etc) en provenance de l'extérieur.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Autonomie

Autonomie territoriale

De nombreux États ont attribué à des entités territoriales subétatiques en leur sein une autonomie territoriale, c'est-à-dire des compétences plus larges que ce qui est habituellement considéré comme du domaine de la décentralisation administrative. Cela peut aller de statuts spécifiques pour des territoires peuplés de minorité ethniques à des systèmes de type fédéral. Un autre type d'autonomie, éventuellement cumulable avec le premier, est l'autonomie nationale-culturelle, ou autonomie non-territoriale, une option généralement défendue par les partis ethniques.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Autonomie_territoriale

Pays intégrant au moins une région autonome. Turkish Flame — Travail personnel

Pays intégrant au moins une région autonome. Turkish Flame — Travail personnel

Indépendance

 

L'indépendance est l’absence de relation (de sujétion, de cause à effet, de coordination) entre différentes entités.

  • En politique, l'indépendance est, pour un pays, une organisation politique ou une branche de gouvernement, l’acquisition de son autonomie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance

 

Indépendance politique

L'indépendance est une condition pour une nation, un pays, un État dans lequel les résidents et la population exercent l'autogouvernance, et habituellement une souveraineté totale sur le territoire. L'opposition de l'indépendance est le fait d'être totalement régenté par une autorité suzeraine ou coloniale. Cette indépendance est essentiellement politique. Elle se décline aussi sous différentes formes :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_(politique)

AUTONOMIE ou INDÉPENDANCE

Autonomie ou indépendance ? Leur définition selon…

l'Encyclopédie anarchiste

de Sébastien Faure

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Ce remarquable ouvrage de 2893 pages reste à ce jour la plus importante contribution écrite au mouvement anarchiste en France. Initialement prévue en cinq volumes, seul le premier volume (lui-même composé de 4 tomes) fut achevé (lire la préface pour plus de détails).

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AUTONOMIE (du préf. auto, et du grec nomos, loi)

Droit de s’administrer ou de se gouverner librement, dit le dictionnaire. Socialement, ce mot a une signification moins étendue. Cette signification a d’ailleurs besoin de précisions sérieuses, si on veut arriver à s’entendre sur la valeur exacte de ce terme social particulièrement usité et discuté en ce moment.

Depuis que les partis politiques et particulièrement le parti communiste ont tenté leur dernière et puissante offensive contre le mouvement syndical de tous les pays, offensive qui a d’ailleurs presque partout atteint son but, le mot « autonomie » a donné lieu à d’interminables controverses. - Selon qu’il est employé par les syndicalistes ou par les communistes, il a une signification ou une autre signification.

Fidèles à leur doctrine, interprétant dans son sens le plus complet et le plus large la charte constitutive de leur mouvement, les syndicalistes déclaraient et continuent à affirmer plus fortement que jamais, que le « Syndicat, aujourd’hui groupement de résistance et, demain, groupement de production, base de réorganisation sociale » doit être autonome et indépendant.

Si les syndicalistes ont constamment accouplé ces deux termes, c’est, indiscutablement, parce que, dans leur esprit, ils n’ont pas la même signification, parce que l’un a certainement une portée plus considérable que l’autre. Et c’est vrai.

En effet, « autonomie » signifie, pour les syndicalistes : droit, pour le syndicat, de s’administrer à son gré, tandis qu’indépendance veut dire : droit d’agir librement en toutes circonstances.

Ceci revient à dire qu’un groupement peut être autonome, tout en étant dépendant d’un autre. Il en est d’ailleurs de même d’un pays. Les Franco-Espagnols veulent bien, par exemple, reconnaître l’autonomie du Riff, mais se refusent à lui accorder l’indépendance.

Le Riff, autonome, continue à faire partie de l’empira marocain, tandis qu’indépendant, il devient un État qui ne doit plus au Sultan ni obéissance spirituelle, ni obéissance temporelle.

Il en est de même pour le syndicat et la C. G. T. Autonomes : les syndicats, la C. G. T., s’administrent librement, mais leurs actes n’en sont pas moins inspirés par le parti politique dont ils dépendent, dont ils doivent appliquer les décisions.

De tout temps, les partis politiques ont été disposés, pour sauver la face, à reconnaître l’autonomie des syndicats, mais ils firent toujours l’impossible pour rendre vaine leur indépendance.

De 1873 à 1906, les partis politiques, en France, n’eurent pour unique préoccupation, que de placer sous leur tutelle les syndicats, tandis que ceux-ci surtout sous l’influence de Pelloutier, de Merrheim, de Griffuelhes, mirent tout en œuvre pour affirmer leur indépendance et la conserver.

On pouvait croire que cette question était tranchée depuis le Congrès d’Amiens, en 1906, où les guesdistes, marxistes de l’époque, furent écrasés par les partisans de l’indépendance du syndicalisme. Il n’en fut rien. Il convient d’ailleurs de dire que le mouvement syndicaliste international, sauf l’Union syndicale italienne, la Confédération Nationale d’Espagne et l’Union des Travailleurs libres d’Allemagne, était partout lié étroitement avec le Parti Social-démocrate dont il dépendait réellement.

L’affaiblissement du mouvement syndical, la naissance d’un fort mouvement politique marxiste remirent tout en question, en 1919. - Les premières tentatives prirent un caractère sérieux, offensif, au Premier de l’Internationale syndicale rouge, à Moscou, en 1921. La majorité, acquise aux vues de Lénine, Boukharine, Trotski, Zinoviev et Lozovsky, vota une résolution dite : Tom Mann-Rosmer, qui indiquait que les syndicats, dans chaque pays et l’Internationale, sur son plan, étaient placés sous la direction politique du parti communiste ou de l’Internationale communiste.

Il n’était pas même question de l’autonomie du mouvement syndical, qui devenait ainsi un appendice du parti communiste. Devant les protestations soulevées par cette décision, les partisans de la subordination totale des syndicats durent biaiser. C’est à ce moment qu’ils joignirent leurs protestations aux nôtres et réclamèrent l’autonomie, pendant que nous insistions pour que l’autonomie et l’indépendance fussent reconnues au mouvement syndical.

Les militants, en général, ne faisaient pas, entre, ces deux mots, la distinction nécessaire. La plupart demandaient l’autonomie, tout en croyant réclamer l’indépendance. Les communistes exploitèrent habilement cette erreur. C’est ce qui leur permit de triompher au Congrès constitutif de la C. G. T. U., en juillet 1922 à Saint-Étienne. C’est ce qui leur permit aussi de violer leur mandat au Deuxième Congres de l’Internationale syndicale rouge, la même année, à Moscou et de voter - ce qu’ils nièrent d’ailleurs - la fameuse résolution Dogadow, copie exacte de la résolution Tom Mann-Rosmer, laquelle consacrait la subordination des syndicats au Parti politique communiste, nationalement et internationalement.

Si les militants syndicalistes, et aussi libertaires, avaient su distinguer entre « autonomie et indépendance », le mouvement ouvrier ne serait peut-être pas asservi, aujourd’hui.

Personnellement, j’ai toujours affirmé cette différence. La résolution minoritaire de St Etienne en porte la trace évidente. Celles qui furent présentées ou votées par la suite, par nombre de Congrès régionaux, fédéraux et confédéraux, en apportent la confirmation certaine.

C’est sur la valeur de ces deux termes, trop longtemps considérés comme synonymes, qu’il faut éclairer les camarades, si on veut recréer d’abord le véritable esprit syndicaliste, éviter d’aussi funestes erreurs, plus tard.

L’autonomie d’un groupement, d’un mouvement, c’est une chose précise. L’indépendance de ce groupement, de ce mouvement en est une autre, non moins précise, mais très différente.

Et tous les militants, tous les ouvriers doivent savoir distinguer l’une de l’autre.

Ce sont des questions importantes qui se poseront demain avec une acuité beaucoup plus considérable. Il importe de les bien connaître afin de ne pas retomber dans cette erreur considérable, puisqu’elle a eu pour résultat la dissociation et la domestication du mouvement syndical dans tous les pays.

Pierre Besnard 

INDEPENDANCE n. f.

« C'est, dit Littré, l'absence de dépendance » (Voir ce mot). Est indépendant qui ne dépend de personne.

L'individu ne peut être indépendant que lorsqu'il trouve en lui-même, soit d'instinct, soit par l'observation et la réflexion, les mobiles de ses actes, et lorsque sa propre industrie lui fournit les moyens de se passer du concours des autres ou, tout au moins, de n'y recourir que dans la mesure des rapports indispensables. L'individu indépendant se refuse à toute sujétion volontaire et défend avec opiniâtreté sa liberté individuelle (voir ce mot). Il n'admet avec les autres que des relations harmonieuses où la personnalité de chacun est respectée ; sinon, il les repousse. L'indépendance n'est, le plus souvent, que dans la solitude. « L'homme le plus fort est celui qui est le plus seul », a dit Ibsen. Cet homme est le plus fort parce qu'il trouve ses forces en lui-même et a moins besoin des autres. Il est, pour la même raison, le plus libre et le plus indépendant.

C'est par l'esprit que l'homme est indépendant plus que par sa situation sociale. On peut tourner la meule sous le fouet et demeurer le plus libre des hommes parce qu'on porte en soi une force d'âme qu'aucune coercition ne vaincra. On peut être un grand seigneur et le plus vil des esclaves, parce qu'on n'est qu'un courtisan n'attendant rien que du prince. Blanqui, qui passa quarante ans de sa vie en prison, fut le plus libre des hommes ; il était plus indépendant que les gens au pouvoir et que les valets qui l'emprisonnaient.

C'est une erreur profonde, une grossière tromperie, de dire : « La fortune seule donne l'indépendance ». Cette formule est bien représentative de l'esprit « bourgeois » ; elle est l'exact reflet de ceux qui rapportent tout à l'argent, qui n'attendent rien que de lui et qui ajoutent non moins faussement : « Sans argent, point de bonheur! » Combien il serait plus exact de dire : « Grâce à l'argent, tous les esclavages et tous les malheurs », la possession de l’argent étant de toutes les monstruosités sociales la plus fatale au bon équilibre des rapports entre les hommes!... La fortune traîne après elle tout un cortège de basses passions et de vilenies. Intrigants, solliciteurs, flagorneurs, parasites de toutes les espèces s'accrochent à elle comme les poux aux crinières sales pour importuner ceux qui la possèdent. Ceux-ci, d'ailleurs, ne trouvent là que ce qu'ils ont cherché. Ils espéraient sans doute que le cortège serait plus brillant ; mauvais psychologues, ils n'ont pas compris que la fortune est comme la plus belle fille du monde et ne peut donner que ce qu'elle a, souvent bien peu de choses.

Plutôt que de donner l'indépendance et le bonheur, la fortune les supprime. Elle crée des sujétions de plus en plus tyranniques, d'abord pour l'acquérir, ensuite pour la conserver et l'augmenter. Elle ne peut donner l'indépendance à qui ne la porte pas en lui. Si l'homme fortuné échappe aux soucis matériels, il est parfois dans une dépendance plus lamentable par son hérédité, son éducation, son milieu. Il y a quelque chose de vrai dans cette opinion de M. Paul Bourget que « la souffrance des riches dépasse en intensité celle des pauvres ». Leur souffrance est aggravée de la déception qu'ils éprouvent en constatant que le bonheur ne s'achète pas plus que la santé, l'amour et l'amitié. Une telle souffrance n'est pas précisément signe d'indépendance. S'il échappe au joug du salariat, l'homme riche est l'esclave de la complexité de ses passions. Il n'y a qu'à lire tous les jours les faits-divers des journaux, racontant les turpitudes où la fortune plonge tant de ceux qui la possèdent, pour voir tout ce qu'il y a de faux flans la prétendue indépendance qu'elle leur procure.

Evidemment, dans une société où tous les rapports sont basés sur la puissance de l'argent - une autre est possible, heureusement! - la fortune est une garantie d'indépendance matérielle ; mais quelles longues et basses servitudes, négatrices de toute indépendance, n'exige-t-elle pas pour l'acquérir? Seul, le « gros lot » qui échoit par un hasard quelconque, est susceptible de créer une indépendance enviable s'il favorise un homme intelligent, actif, scrupuleux, à qui il donne le moyen de s'occuper suivant ses goûts. Mais pour un de ces hommes intelligents, combien de sots, d'orgueilleux, de malfaiteurs et de maniaques plus ou moins dangereux pour qui la fortune n'est que le moyen de satisfaire de folles ambitions, d'assouvir de malpropres passions, et dont l'indépendance ne se manifeste que dans une licence vile et déshonorante! Et encore, si pure que soit l'origine et si bon que soit l'usage de la fortune, elle établit toujours, entre celui qui la possède et le désordre social, une solidarité compromettante pour un homme véritablement indépendant.

Certes, nous n'avons pas à repousser la fortune si elle se présente. Comme le chantait Béranger:

« La richesse, que des frondeurs

Dédaignent, et pour cause,

Quand elle vient sans les grandeurs,

Est bonne à quelque chose ».

Mais ce n'est pas parce qu'elle nous échoira qu'elle sera bonne ; elle ne vaudra que par l'usage que nous en ferons et elle ne nous apportera une véritable indépendance que tout autant qu'elle ne nous mettra pas sous le pouvoir de la sottise dont elle s accompagne le plus souvent.

La vérité est du côté de Bossuet disant : « Il n'y rien de plus libre et de plus indépendant qu'un homme qui sait vivre de peu ». Doctrine d'humiliation, de résignation ricanent certains. - Non, doctrine de sagesse qui, si Bossuet l'avait suivie, n'aurait pas fait de lui un des plus bas flagorneurs de Louis XIV. Doctrine qui fit un Diogène indépendant d'un Alexandre, lui permettant, dans son dénuement, de mépriser l'orgueilleux despote qui venait mendier son admiration et, à qui il ne demanda que de se lever de son soleil. Ce jour-là, moins que jamais, Diogène ne trouva l'homme qu’il cherchait.

La fortune ne peut échoir qu'à un certain nombre de privilégiés, profiteurs de l'exploitation humaine. Il ne peut y avoir des riches que parce qu'il y a des pauvres sur lesquels ils exercent leur violence. L'indépendance que procure la fortune a pour corollaire la dépendance de ceux qui la produisent. Et voilà tout ce que des économistes bourgeois, qui prétendent former l'élite des hommes, viennent nous proposer comme le seul moyen d'indépendance!...

Pour le groupe humain, l'indépendance est dans la liberté d'association des individus suivant leurs besoins communs et les possibilités de satisfaire ces besoins, tant matériels qu'intellectuels et moraux. Là encore, l'état de violence et d'iniquité, le droit du plus fort et les exigences de la sottise se sont imposés. La guerre a placé des groupes sous la dépendance d'autres groupes comme la loi du groupe s'est imposée à l'individu. Peu à peu s'est établie pour les groupes une indépendance factice, conventionnelle, appelée « nationale ». L'indépendance propre à chaque groupe a été absorbée comme celle de l'individu par l'agglomération successive dans la famille, le village, la région, le pays, au point de se confondre aujourd'hui dans celle des populations des grands Etats.

Les peuples ont souvent lutté pour leur indépendance, surtout au début de leur existence. Ils n'ont réussi qu'à changer les formes de leur dépendance. Plus ou moins brutalement, les plus forts ont absorbé les plus faibles et il en continue toujours ainsi. Les principes du droit international ne disent-ils pas qu'il y a des Etats souverains, d'autres mi-souverains, et d'autres que « les intérêts de communauté internationale » permettent de tenir complètement en tutelle? Avec de tels principes on justifie toutes les violences. La raison des plus forts continue à être la meilleure, et ce ne sont pas les hypocrites assemblées des rhéteurs réunis dans ce qu'on appelle la « Société des Nations » qui y changeront quelque chose. On l'a vu à la façon dont l'indépendance des petites nationalités a été respectée à la suite de la Guerre du Droit et de la Civilisation ; on le voit au Maroc, en Syrie, au Nicaragua, en Chine et ailleurs.

Seuls des hommes indépendants pourront former des peuples indépendants, quand la violence n'imposera plus des groupements arbitraires, quand les individus s'associeront suivant leurs besoins, leurs affinités, en dehors de toute dépendance qui n'aura pas été librement acceptée. Alors, il n'y aura plus de patries jalouses et sanguinaires, enfermées dans des frontières, et on pourra voir une immense Fédération où chacun sera indépendant dans l'indépendance de tous.

- Edouard ROTHEN.

Publié dans Politique, Economie PF

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