LA CHANSON DE CRAONNE

Publié le par N.L. Taram

Les restes de l'ancien village dévasté de Craonne, aujourd'hui.

bodoklecksel — Travail personnel. Restes de l'ancienne église paroissiale

bodoklecksel — Travail personnel. Restes de l'ancienne église paroissiale

La Chanson de Craonne (du nom du village de Craonne) est une chanson contestataire, chantée par des soldats français durant la Première Guerre mondiale, entre 1915 et 1917. Elle est interdite par le commandement militaire qui la censure en raison de ses paroles antimilitaristes (« on s'en va là-bas en baissant la tête », « nos pauvr' remplaçants vont chercher leurs tombes »), défaitistes (« c'est bien fini, on en a assez, personne ne veut plus marcher ») et subversives incitant à la mutinerie (« c'est fini, nous, les troufions, on va se mettre en grève ») alors qu'une guerre est en train de se livrer sur le territoire national.

Cette chanson politiquement engagée (à l'extrême-gauche) a des visées anticapitalistes quand elle fustige « Les gros », « ceux qu'ont le pognon » et « les biens de ces messieurs là ». Elle est contemporaine de la Révolution d'Octobre de 1917 qui a entraîné, en France, la mutinerie des soldats communistes russes à La Courtine et, sur le front de l'Est, la débandade et le retrait des troupes russes (alors alliées à la France).

Une des versions de cette chanson censurée est publiée, après la guerre, en 1919 par l'écrivain Raymond Lefebvre sous le titre de Chanson de Lorette1.

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Paroles diffusées par Raymond Lefebvre

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chanson_de_Craonne

 

La Chanson de Craonne dérange encore !

 

Ce samedi 11 novembre 2017, des anciens-combattants ont voulu interdire de façon véhémente, ce chant à Dolus d’Oléron , la presse a largement relayé cette information :Sud-Ouest,  la Charente libre, lLittoral ! et le Canard Enchainé.

 

Pourquoi ?

 

Faut-il rappeler que cette chanson a connu un immense succès dans les tranchées ? Qu’elle a fait l’objet en pleine guerre d’investigations policières, pour en découvrir alors le parolier, le châtier en vue de le traduire en Conseil de guerre et obtenir si possible qu’il soit passé par les armes comme « Fusillé pour l’exemple » ? 

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La suite sur le site « Groupe Victor Hugo »

La chanson de Craonne - Marc Ogeret

Publié dans LIBRE PENSÉE, Histoire

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