LE GOUVERNEMENT BAT EN RETRAITE

Publié le par N.L. Taram

(code recherche : SOCCPS)

… et la démocratie passe aux oubliettes !!!

 

 

Sdiraf

18 h · 

Nous sommes le dimanche 11 mars 2018. Bonjour tout le monde.
J’ai comme l’impression que l’on n’a toujours pas mesuré les conséquences très graves que vont avoir les derniers évènements qui se sont passés dans notre pays.
Les responsables, on les connaît. Ils ne pourront pas se cacher le jour où la note va arriver. Car elle va arriver quoi qu’on puisse en penser. Et la note risque d’être salée.
Entendre un responsable de l’intersyndicale dire sans rire, que désormais, « c’est nous qui allons diriger ce pays » est resté étonnamment et complètement inaudible. On n’en parle pas, alors que c’est très grave. Le déni de démocratie est officiellement constaté et personne ne s’en offusque. Mais où va-t-on ?
Pourquoi organiser des élections qui coûtent cher quand, au final, ce sont des gens non élus par le peuple qui décident de gouverner. 
Que l’on dénigre les politiques, qu’on les insulte, que l’on ne soit pas d’accord avec leurs décisions, c’est une chose. Usurper leur place, au mépris de la volonté du peuple, piétiner la démocratie en est une autre.
La décision de l’intersyndicale remet en cause le principe même des élections démocratiques au suffrage universel. Le grand principe de 1 homme ou 1 femme, une voix, a été effacé de notre histoire. Quelques manifestants ont suffi à faire mettre un genou à terre à notre gouvernement.
Et de suite, celui qui voudrait bien récupérer son fauteuil s’est jeté comme un affamé sur cette fumisterie derrière laquelle il se trouve très certainement. Fritch est un incapable, Fritch est un mauvais élève. Pourtant, notre économie se porte mieux.
Pourtant, on n’est pas plus mal qu’avant.
Après toutes ces années au pouvoir, pourquoi n’a-t-il rien fait pour les retraites ? Je rappelle quand même que pour lui, seuls les ressortissants du RST puis RSPF sont intéressants. Les retraités, il s’en fout.
Grâce aux irresponsables, la retraite ne sera pas réformée. Dont acte.
De toute façon, si réforme il y a, ce doit être la leur de réforme, même si elle est irréaliste et irréalisable. S’ils étaient capables de faire quelque chose de bien, on le saurait depuis longtemps. 
Que de fois n’ont-ils pas été alertés sur la gravité de la situation ? Au moins des dizaines de fois.
Que de fois n’ont-ils rien fait, préférant l’immobilisme et le laxisme à l’action au profit de tous.


Attention au retour de bâton. Sans réforme, la retraite ne peut plus tenir la route. Plus de réserves liquides, plus de liquidités, pas assez de cotisants. C’est contre leur retraite future que les salariés ont joué. C’est la retraite de tous les polynésiens qui est mise en danger par leur action irréfléchie. Pas seulement les retraites d’aujourd’hui, mais aussi les retraites de demain c’est à dire les leurs. 
Tant pis pour nous, mais tant pis aussi pour eux.
Une fois de plus, si des réformes avaient été prises en temps utile, au moins dès le début des années 2000, nous n’en serions pas là où nous en sommes.
N’oubliez pas non plus que la situation d’aujourd’hui vient des changements intervenus en 1987 avec la mise en place d’un système par annuités au lieu de points, d’un départ à 50 ans au lieu de 55 ans et d’abattements de 1% par an par année d’anticipation entre 50 et 60 ans soit 10 % maximum au lieu de 3% par an entre 55 et 60 ans, soit 15% maximum. 
On aurait gardé les paramètres de 1968 qu’on n’en serait pas là aujourd’hui.
Ensuite, 2ème erreur grave : la mise en place d’une tranche B avec octroi de points sans cotisations, gratuits pour les années travaillées avant 1996. Cette tranche B était peut-être très intéressante pour les retraités d’alors (dont je fais partie), mais elle était dès le départ mortifère. Elle ne pouvait pas survivre à terme puisque le nombre de cotisants n’était pas suffisant. Pourquoi n’a-t-on pas suivi la demande de la FSPF de l’époque de fixer la date de départ obligatoire à la retraite à 60 ans ? Cela aurait changé beaucoup de choses.
Enfin, 3ème grosse erreur, le fait de n’avoir pas suivi les nombreuses alertes des experts en protection sociale qui ont tous tiré la sonnette d’alarme, après 1990 et même avant, et affirmé que sans réformes en profondeur, la retraite allait tranquillement mais sûrement à sa perte. Il fallait des réformes, dès la mise en place de la tranche B, pour sauver les retraites. Ces réformes n’ont pas eu lieu, malgré tous les signaux au rouge. Pourquoi ?
A l’époque, j’étais administrateur de la CPS. J’avais essayé d’influer sur les choses. Peine perdue. On m’a vite mis à la porte du CA. Dommage !
En 2018, la situation est tellement grave que les réformes à faire sont lourdes pour ceux qui travaillent. C’est sûr. 
Mais ces réformes sont moins lourdes que celles qui vont être obligatoirement mises en place à un moment ou à un autre.
Plus on attend, plus il faut durcir les paramètres.
Mais, il faut aussi que les salariés demandent des comptes à leurs représentants syndicaux de tous bords et leur demandent pourquoi et comment on a pu laisser les retraites dans un si mauvais état. 
Nous sommes en droit de poser la même question à tous les gouvernements qui se sont succédés depuis 20 ans au moins. Ils ne sont pas si nombreux.
Mais les uns et les autres auront-ils le courage ou les c…..s de s’expliquer. J’en doute. Mais gardons quand même espoir. On ne sait jamais. Un miracle !!!
Restons positifs. A demain. Je vous embrasse.

Réforme des retraites : le texte est retiré

PAPEETE, le 9 mars 2018. Edouard Fritch a finalement accepté la demande de l'intersyndicale de retirer le texte prévoyant la réforme des retraites. Ce sont les représentants qui entérineront cette décision officiellement en séance. Les syndicats sont "satisfaits" de cette décision. Pour le président du Pays, la réforme de la retraite demeure "aujourd’hui indispensable". 

"Dans ces conditions, et pour que la population et l’économie n’aient pas à subir les conséquences de blocages, le président a donc fait le choix de retirer ce texte de l’ordre du jour. Il appartient aux élus de voir s’il faut reprendre les discussions sur la base du texte qui leur avait été transmis par le gouvernement", a souligné la présidence dans son communiqué. "Le président souhaite prendre date du refus de l’intersyndicale dont on aura sans doute à mesurer ultérieurement les conséquences. Le gouvernement aura été jusqu’au bout de sa mission." 

…………

 

LA SÉANCE REPREND LUNDI À L’ASSEMBLÉE, SANS LE PROJET DE TEXTE SUR LA RÉFORME DES RETRAITES

vendredi 9 mars 2018

Reprise des travaux de l’assemblée, lundi, en séance plénière. Ce vendredi après-midi, le président de l’assemblée de la Polynésie française, a réuni les présidents des groupes politiques pour décider des modalités de reprise de la 2è séance de la session extraordinaire, suite à l’arrêt explosif des débats, jeudi, du fait de l’intrusion de grévistes dans l’hémicycle.

…………..

Il a été décidé en accord avec l’ensemble des présidents des groupes politiques une reprise de la séance plénière ce lundi à partir de 9 heures. Edouard Fritch ayant décidé de retirer le projet de réforme des retraites des textes à examiner, les élus se pencheront lundi sur six autres textes restant inscrits à l’ordre du jour. Une troisième séance de la session extraordinaire se tiendra aussi les mardi 13 et mercredi 14 mars avec onze nouveaux textes prévus à l’ordre du jour.

Il est vrai que les retraités ne peuvent pas faire grève…

 

 

Publié dans Démocratie, Société

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Didier MOREAUX 19/03/2018 18:34

Oui Taram , et le pire c' est que ceux qui paieront seront toujours ceux qui paient , ceux de la métropolle car les DOM TOM sont tous dépendants des subsides de cette même métropole , n' oublions pas qu'il n' y a pas un département , pas une collectivité territoriale , pas un territoire d' outre mer qui se suffit à lui même pour son budget , c' est la métropole qui compense partout .
Ce qui me fait bien rigoler quand j' entends parler d 'indépendance ou d' autonomie , en tout cas pas pour le budget ,tant que la France si décriée continue de payer !

N.L. Taram 20/03/2018 03:13

Salut Didier,
les habitants de Raiatea appellent ces gens-là des "nape". Le "nape" est un poisson, mulet carrelé ; ils évoluent en petits groupes dans un territoire lagunaire restreint. Leur particularité, c'est qu'ils sont surtout autour de petites cabanes installées dans le lagon proche du rivage ; ce sont des wc, c'est pas très ancien, j'ai connu cela dans ma belle-famille. :-)

Didier MOREAUX 19/03/2018 10:03

Oui , il faut des syndicats , mais il faut aussi qu'ils proposent des solutions viables , quand le trou aura été fait dans les caisses de retraites , quelle sera la solution pour remédier a cela?
On augmente les cotisations , on diminue les retraites ou on appelle la mère patrie ( dans ce cas on oublie l' autonomie ou l' indépendance et c' est la métropole qui bouche les trous )
A moins que vous préfériez faire comme le font tout nos gouvernements depuis des années , on vit a crédit sans cesse et nos enfants paieront un jour !

N.L. Taram 19/03/2018 18:24

Bonjour Didier,
merci pour ton commentaire qui précise ce que je pense à ce sujet. Je comptais répondre au précédent commentaire qui, je pense, a été écrit par un résident de la métropole, que mon article concernait la Polynésie et ces particularités et non la France. Je connais très bien quelques-uns de ces leaders syndicaux...

sarsky 18/03/2018 11:32

Une lecture plutôt réactionnaire de la situation.... déni de démocratie ? Le corps syndical représenterait quoi au juste à part la volonté du peuple directement concerné par les réformes ? Vous semblez adorer ce joli morceau de cuir autour de votre de coup qui se prolonge vers cette main aimante et qui tire agréablement dans la direction que vous acceptez de subir. Elle s'appelle une laisse mon bon ami. Le syndicalisme est un des piliers garant du bon fonctionnement de la démocratie, il permet d'éviter les dérives de la "représentativité" au nom bien galvaudé. Vous dénoncé le côté "irresponsable" et "irréfléchi" de la lutte, mais se semblez pas vous même avancer beaucoup d'arguments au sujet de la nécessité de la réforme. Mais bien sûr nous pourrions parler des heures et ne jamais nous écouter car quand je vous parlerai de réforme juste et humaine, vous me répondriez rentabilité, liquidité et faisabilité. Quel irresponsable je suis, quel utopiste que de croire que des combats militant puissent apporter des solutions justes et saines à notre société comme le droit des femmes, la sécu, les retraites ou les congés payés....

N.L. Taram 13/03/2018 00:23

"Ce lundi matin, le président de l'assemblée Marcel Tuihani a soumis le retrait du projet de loi du Pays réformant les retraites au vote des élus présents. Les représentants ont suivi la demande du président du Pays de retirer ce texte de l'ordre du jour. Seul Jacqui Drollet s'est abstenu" (source : Tahiti-infos).
Félicitations Monsieur Jacqui Drollet, vous ne faites pas partie du troupeau de moutons...