Le Chat, la Belette et le petit Lapin

Publié le par N.L. Taram

Je ne sais pas si, actuellement, les élèves des écoles apprennent toujours les fables de Jean de La Fontaine.
C'était notre cas quand j'étais encore à l'école et ces fables sont restées comme une sorte de "Bible" pour moi. Très souvent quand je tombe sur un article des journaux actuels, je repense à une fable de La Fontaine.
Le Chat, la Belette et le petit Lapin

Le Chat, la Belette et le petit Lapin

 

Du palais d'un jeune lapin
Dame belette, un beau matin,
S'empara: c'est une rusée.
Le maître étant absent, ce lui fut chose aisée.
Elle porta chez lui ses pénates, un jour
Qu'il était allé faire à l'aurore sa cour,
Parmi le thym et la rosée.
Après qu'il eut brouté, trotté, fait tous ses tours,
Jeannot Lapin retourne aux souterrains séjours.
La belette avait mis le nez à la fenêtre.
«Ô Dieux hospitaliers ! que vois-je ici paraître?
Dit l'animal chassé du paternel logis.
Holà! madame la belette,
Que l'on déloge sans trompette,
Ou je vais avertir tous les rats du pays.»
La dame au nez pointu répondit que la terre
Etait au premier occupant.
C'était un beau sujet de guerre
Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant!
«Et quand ce serait un royaume,
Je voudrais bien savoir, dit-elle, quelle loi
En a pour toujours fait l'octroi
A Jean, fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume,
Plutôt qu'à Paul, plutôt qu'à moi.»
Jean Lapin allégua la coutume et l'usage.
«Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de ce logis
Rendu maître et seigneur, et qui, de père en fils,
L'ont de Pierre à Simon, puis à moi Jean, transmis.
Le premier occupant, est-ce une loi plus sage?
 - Or bien, sans crier davantage,
Rapportons-nous, dit-elle, à Raminagrobis. »
C'était un chat vivant comme un dévot ermite,
Un chat faisant la chattemite,
Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,
 Arbitre expert sur tous les cas.
 Jean Lapin pour juge l'agrée.
 Les voilà tous deux arrivés
 Devant sa majesté fourrée.
Grippeminaud leur dit:« Mes enfants, approchez,
Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause.»
L'un et l'autre approcha, ne craignant nulle chose.

Aussitôt qu'à portée il vit les contestants,
Grippeminaud, le bon apôtre,
Jetant des deux côtés la griffe en même temps,
Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre.
Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois
Les petits souverains se rapportant aux rois.

 

Jean de La Fontaine

 

Bien sur, la fable que je publie ci-dessus n'a rien à voir avec une quelconque actualité...

Publié dans Littérature

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