ATHÉISME & DÉMOCRATIE

Publié le par N.L. Taram

ATHÉISME & DÉMOCRATIE

Questions aux athées démocrates

Ô vous, athées qui croyez en la démocratie, (1) que ferez-vous si, demain, la majorité de votre pays, en toute démocratie, c'est-à-dire par voie référendaire ou par vote du Parlement, institue le délit, voire même le crime de blasphème ?

Continuerez-vous de croire en la démocratie et, ainsi, renoncerez-vous à votre liberté de conscience et d'expression, sachant alors que, a posteriori, votre athéisme se révèlerait comme une imposture ?

Ou bien apostasierez-vous, sachant que, dans son sens strictement religieux, cette expression signifie "renier sa foi pour une autre foi" et donc quitter son Ø  (2) pour une autre Ø ? Mais alors, quelle serait votre nouvelle Ø ? le fascisme ? le monarchisme ? le communisme ?… Vous soumettrez-vous alors à l'ordre correspondant en renonçant ainsi à votre liberté ?

 

Ou bien étendrez-vous votre athéisme à cette forme (pseudo)laïque de Ø qu'est la démocratie - et dont l'ordre correspondant est l'État bourgeois -, sachant que l'athéisme n'est pas une croyance qui se déduirait, par opposition/négation, de l'Ø mais l'affirmation/revendication d'une pensée libre – et… libératrice ! - et d'une liberté pensante qui sont les caractéristiques essentielles de… l'humain !

Younus SHAIKH est condamné à mort pour crime de blasphème religieux mais dans toutes les démocraties des blasphémateurs sont condamnés et, parfois exécutés, légalement ou extra-judiciairement, pour injure et outrage fait à l'ordre public, à la démocratie, autrement dit pour… blasphème !

Ma question n'est donc pas si innocente que cela car, outre la confusion, dans certains pays ou à certaines époques, des ordres religieux et temporels – la théocratie – et la constante complicité de la puissance publique (politique et… laïque) à l'égard des ordres religieux (3)ordres politiques et ordres religieux participent de la même essence qui est celle de l'aliénation et usent des mêmes chiens de garde que sont l'oppression et la répression !

Il me semble donc qu'être athée emporte donc le refus universel de toutes croyances, que celles-ci soient religieuses ou politiques (et, à ce titre, supposées laïques, autrement dit a-religieuses), et que se prévaloir de la démocratie pour combattre les Ø et leurs ordres c'est user d'un poison contre un autre poison et, ainsi, courir le risque de… s'empoisonner, c'est-à-dire se perdre à soi-même, à sa conscience, à sa liberté.

 

C'est pourquoi la conséquence logique d'un athéisme achevé est… l'anarchisme qui est le refus systématique de l'Ordre, dans toutes ses particularités spatiales et temporelles, sous toutes ses apparences, et l'affirmation/revendication d'une seule valeur universelle, l'humain, d'un seul droit universel, la liberté, d'une seule condition, la dignité, d'une seule éthique, l'humanité avec tout ce qu'elle implique de solidarité, d'égalité, de tolérance (de reconnaissance de la différence).

Affirmer "Ni , ni maître", c'est dénoncer et refuser tous les , tous les ordres, laïques ou religieux, c'est vivre l'athéisme dans toute sa plénitude…

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(1) Le dictionnaire nous dit que "croire" signifie : "Être persuadé qu’une chose est vraie. […] Estimer, supposer, tenir pour probable. […] Estimer qu’une chose est réelle, probable, valable (exemples : croire à l’astrologie, à la fin du monde). […] Avoir une foi. Croire en .  ["Croire à" est un acte de jugement, tandis que "croire en" implique une adhésion morale ou affective.] et qu'un/e "croyant, ante" est quelqu'un "qui a une foi religieuse".

 

"Croire en la démocratie" c'est donc adhérer à une Ø qui s'est instituée en cette forme particulière d'ordre qu'est l'État tant il est vrai que la démocratie est une Ø qui se fonde sur un mythe originel, celui de la majorité, auquel, pour lui donner une apparence de rationalité et donc d'effectivité réelle, on donne un intitulé (quasi)juridique – dans tout État, il existe effectivement un Droit et des droits réels –, celui de contrat social. La Ø démocratique a donc son mythe fondateur – sa Vérité révélée -, ses prêtres  – les politiques – et, bien sûr, ses grands prêtres – Chefs d'État et de Gouvernement, chefs de parti… -, ses lieux de culte – Parlement, isoloir… -, ses messes – la proclamation des résultats électoraux, la rentrée parlementaire, le référendum… -, sa sainte iconographie – les emblèmes, les drapeaux, ses divers symboles… -, ses croyants et ses… incroyants,  son orthodoxie et ses hérésies (les mouvances/alliances majoritaires), ses schismes (l'opposition), son baptême (l'inscription sur les listes électorales), son initiation (l'engagement au sein d'un parti), sa communion (le vote), son catéchisme (ses divers journaux officiels de la pensée unique mais aussi le militantisme partisan), son droit canonique (la Loi et la Réglementation), son Index (la Censure), son Inquisition (appareils policier, judiciaire et militaire), sa morale (la pensée unique dominante), son excommunication (l'emprisonnement, l'exécution capitale, l'expulsion), ses anathèmes (les harangues des discours et des tribunes médiatiques mais, également,… l'opinion publique), ses tabous (l'immunité des politiques), ses simonies (le lobbying, le partisanisme, le clientélisme…), ses indulgences (l'amnistie, l'enterrement d'affaires…), son (grand) pardon (l'entente cordiale), ses croisades (à l'interne les diverses causes et priorités nationales et, à l'externe, les guerres), ses clercs (les fonctionnaires), ses laïcs (les démocrates)…

(2) Pour celles/ceux qui me liraient pour la première fois, j'indique que, pour les motifs indiqués dans mon texte Petit manuel de grammaire mécréante (http://jccabanel.free.fr/mt_petit_manuel_de_grammaire_mecreante.htm), je désigne désormais "dieu" par , "religion" (au sens de système de croyances) par Ø et le pseudo État du vatican par .

(3) Notez par exemple la prégnance religieuse dans les attendus des décisions judiciaires de censure frappant l'expression artistique, dans les instances dites éthiques mise en place par les États et groupements d'État pour apporter des réponses légales à des problématiques strictement humaines (l'euthanasie, l'homosexualité, la contraception, l'I.V.G….)

Adolf Hitler

Il est un fait que le système démocratique peut aboutir à la dictature. L’Histoire nous en donne de nombreux exemples depuis la Rome Antique.

« … Si beaucoup de dictateurs arrivent au pouvoir à la suite d'un coup d'État (en Afrique et en Amérique du Sud notamment) ou d'une guerre civile (Francisco Franco), il arrive qu'un dirigeant parvienne au pouvoir légalement avant de devenir un dictateur (ce fut le cas d'Adolf Hitler ou de Kim Il-sung) ou le soit dans un régime de parti unique (ce fut le cas de Lénine et de Staline)…. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dictature

Toutefois, dans ce cas il s’agit d’une prise de pouvoir d’un individu ou d’un groupe d’individus qui détournent le système démocratique une fois élus. Il ne reste plus au peuple qu’à reprendre le pouvoir par tous les moyens, cela s’appelle une « Révolution ».

Actuellement 52 pays sur 167 sont classés « Régime autoritaire » ; à noter que la France est 24ème dans cette liste de pays et classée « Démocratie imparfaite ». Il est vrai que la Constitution de 1958 était la porte ouverte aux dérives que la France connait actuellement.

Perte de souveraineté : la France doit cesser sa passivité

Publié le 14/07/2015 à 15:30

 

Pour André Bellon, ancien président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et président de l'association Pour une Constituante, et l'essayiste Raoul-Marc Jennar, il faut que "cesse enfin la passivité, voire la complaisance, de la France vis-à-vis de ces dérives quasi totalitaires de Bruxelles". "Le peuple français, fidèle à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, doit réaffirmer sa souveraineté, écrivent-ils, C’est le problème de tout le peuple et non de tel ou tel parti."

Au nom d’une construction européenne dogmatique, une entreprise de destruction de la démocratie est en marche depuis des années.

La volonté exprimée par les peuples français et néerlandais par les référendums de 2005 a été bafouée par la signature du traité de Lisbonne. Les promesses faites lors de la campagne électorale de 2012 ont été ignorées devant les diktats de Bruxelles et de Berlin.

 Pour sa part, le peuple français, fidèle à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, doit réaffirmer sa souveraineté. C’est le problème de tout le peuple et non de tel ou tel parti.

 

À qui appartient la souveraineté en France selon la Constitution ?

le 2 01 2014

 

La Constitution définit les principes fondamentaux de la souveraineté nationale dès son titre 1er, ce qui en souligne l’importance.

 

  • . Elle dispose que « la Souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum » (art. 3). Elle pose le principe de la République comme étant le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (art. 2).

 

La Constitution rappelle par ailleurs que la souveraineté est une et indivisible, puisqu’« aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice » (art. 3).

 

Cette conception de la souveraineté fondée sur l’unité et l’indivisibilité s’oppose à une organisation fédérale de l’État, qui fait coexister en son sein plusieurs entités souveraines.

 

  • Le vote est l’expression de la souveraineté. La Constitution prévoit que « le suffrage peut être direct ou indirect » et qu’il est « toujours universel, égal et secret » (art. 3).

 

http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/veme-republique/heritages/qui-appartient-souverainete-france-selon-constitution.html

ADDITIF :

En fait, si j’ai apprécié le texte « Questions aux athées démocrates » publié sur le site « Fraternité libertaire », j’ai par contre une opinion différente de celle de l’auteur.

A mon avis, la définition entre « athéisme » et « démocratie » est totalement l’inverse de celle décrite.

 L’athéisme est une croyance (ne pas confondre croyance et religion*). Lors d’un débat, une participante me demanda si j’étais croyant, je répondis : « je suis croyant, je crois que Dieu n’existe pas. Mais je peux me permettre de douter ce qui n’est pas votre cas, il me semble ». La dame n’a pas répondu… « Croire », c’est penser à la réalité d’une chose (origine de l’univers, par exemple) sans en avoir la preuve formelle.

La croyance est le processus mental expérimenté par une personne qui adhère à une thèse ou une hypothèse, de façon qu’elle les considère comme vérité, indépendamment des faits, ou de l'absence de faits, confirmant ou infirmant cette thèse ou cette hypothèse. (Wikipedia)

 

Concernant la démocratie, ce n’est pas une croyance, c’est la définition d'un régime politique. Cette définition peut avoir des interprétations différentes. En France, Joseph Emmanuel Sieyes était opposé au système démocratique et proposait un gouvernement représentatif. C’est finalement la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen  qui sera la base des principes libéraux (1789) et en 1848 apparaîtra le suffrage universel. La démocratie est donc un texte qui pourra être modifié (ou amélioré) au cours des ans.

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* La croyance, c’est « adhérer à une hypothèse », celle-ci pouvant être remise en question à tout moment. La religion, c’est  d’abord « croire à l’existence d’une ou plusieurs divinités » et surtout « se soumettre à des règles écrites au cours des siècles par des humains ». Je peux donc croire en un Dieu créateur de l’Univers sans adhérer à une quelconque religion.

Peut-être suis-je « Agnostique » ?

(Code source : LIBATH)

Publié dans LIBRE PENSÉE, Démocratie

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