AMOUR

Publié le par N.L. Taram

Pierre de Ronsard (né en septembre 1524 au Château de la Possonnière, près du village de Couture-sur-Loir en Vendômois et mort le 28 décembre 1585 au Prieuré de Saint-Cosme en Touraine), est un des poètes français les plus importants du XVIème siècle.

« Prince des poètes et poète des princes », Pierre de Ronsard, adepte de l’épicurisme, est une figure majeure de la littérature poétique de la Renaissance.

 

Pierre de Ronsard. (2012, septembre 1). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 09:05, septembre 2, 2012 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Pierre_de_Ronsard&oldid=82564985.

 

Pierre de Ronsard

 

Amour me tue, et si je ne veux dire

 

Amour me tue, et si je ne veux dire
Le plaisant mal que ce m'est de mourir :
Tant j'ai grand peur, qu'on veuille secourir
Le mal, par qui doucement je soupire.

Il est bien vrai, que ma langueur désire
Qu'avec le temps je me puisse guérir :
Mais je ne veux ma dame requérir
Pour ma santé : tant me plaît mon martyre.

Tais-toi langueur je sens venir le jour,
Que ma maîtresse, après si long séjour,
Voyant le soin qui ronge ma pensée,

Toute une nuit, folâtrement m'ayant
Entre ses bras, prodigue, ira payant
Les intérêts de ma peine avancée.

 

Ronsard Les amours

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Petit nombril, que mon penser adore

 

Petit nombril, que mon penser adore,
Et non mon œil qui n'eut onques le bien
De te voir nu, et qui mérites bien
Que quelque ville on te bâtisse encore ;

Signe amoureux, duquel Amour s'honore,
Représentant l'Androgyne lien,
Combien et toi, mon mignon, et combien
Tes flancs jumeaux folâtrement j'honore !

Ni ce beau chef, ni ces yeux, ni ce front,
Ni ce doux ris ; ni cette main qui fond
Mon cœur en source, et de pleurs me fait riche,

Ne me sauraient de leur beau contenter,
Sans espérer quelquefois de tâter
Ton paradis, où mon plaisir se niche.

 

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Quand au temple nous serons

 

Quand au temple nous serons
Agenouillés, nous ferons
Les dévots selon la guise
De ceux qui pour louer Dieu
Humbles se courbent au lieu
Le plus secret de l'église.
Baisers
Mais quand au lit nous serons
Entrelacés, nous ferons
Les lascifs selon les guises
Des amants qui librement
Pratiquent folâtrement
Dans les draps cent mignardises.

Pourquoi donque, quand je veux
Ou mordre tes beaux cheveux,
Ou baiser ta bouche aimée,
Ou toucher à ton beau sein,
Contrefais-tu la nonnain
Dedans un cloître enfermée ?

Pour qui gardes-tu tes yeux
Et ton sein délicieux,
Ta joue et ta bouche belle ?
En veux-tu baiser Pluton
Là-bas, après que Charon
T'aura mise en sa nacelle ?

Après ton dernier trépas,
Grêle, tu n'auras là-bas
Qu'une bouchette blêmie ;
Et quand mort, je te verrais
Aux Ombres je n'avouerais
Que jadis tu fus m'amie.

Ton test n'aura plus de peau,
Ni ton visage si beau
N'aura veines ni artères :
Tu n'auras plus que les dents
Telles qu'on les voit dedans
Les têtes des cimetières.

Donque, tandis que tu vis,
Change, maîtresse, d'avis,
Et ne m'épargne ta bouche :
Incontinent tu mourras,
Lors tu te repentiras
De m'avoir été farouche.

Ah, je meurs ! Ah, baise-moi !
Ah, maîtresse, approche-toi !
Tu fuis comme faon qui tremble.
Au moins souffre que ma main
S'ébatte un peu dans ton sein,
Ou plus bas, si bon te semble.

 

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Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle

 

Maiarii 1966Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.

Je seray sous la terre et fantaume sans os :
Par les ombres myrteux je prendray mon repos :
Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.

 

 

 

 

 

Publié dans Littérature

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jeunes femmes russes 19/09/2012 13:18


merci pour la découverte. Je n'ai jamais entendu ce titre. ;-)

N.L. Taram 19/09/2012 21:28



Bonjour,


Veux-tu dire le titre "Stances" chanté par Léo Ferré ou le titre présenté par Claude Saint Etienne "Une beauté de quinze ans enfantine" ? Si c'est "Stances", je peux te faire parvenir la chanson
en MP3 par mail (3,5 Mo)



belle russe 19/09/2012 13:15


j'aime beaucoup ces poèmes !

N.L. Taram 19/09/2012 21:24



Bonjour Belle russe,


J'aime la poésie... Quand j'étais lycéen, il nous fallait apprendre par coeur les poèmes pour les réciter ensuite au tableau. Là j'étais nul et ne retenais que les premiers vers... sauf pour
Ronsard "Mignonne allons voir si la rose..." et Du Bellay "Quand reverrai-je hélas de mon petit village fumer la cheminée..." (mon exil de France depuis bientôt 50 ans n'est pas étranger à
mon goût pour ce dernier poème)



SAINT ETIENNE Claude 02/09/2012 16:27



Une beauté de quinze ans enfantine


Une beauté de quinze ans enfantine,
Un or frisé de maint crêpe anelet,
Un front de rose, un teint damoiselet,
Un ris qui l'âme aux Astres achemine ;

Une vertu de telles beautés digne,
Un col de neige, une gorge de lait,
Un coeur jà mûr en un sein verdelet,
En Dame humaine une beauté divine ;

Un oeil puissant de faire jours les nuits,
Une main douce à forcer les ennuis,
Qui tient ma vie en ses doigts enfermée

Avec un chant découpé doucement
Ore d'un ris, or' d'un gémissement,
De tels sorciers ma raison fut charmée.

N.L. Taram 02/09/2012 19:38



Merci Claude,


De tels sorciers ma raison fut charmée...



Pierre Carabasse 02/09/2012 12:34


J'ai cherché vainement sur internet le poème "Quand au temple nous serons" mis en musique et chanté par Léo Ferré (Stances), mais je ne l'ai pas trouvé. Je possède ce disque (33tours, 25cm)
interdit par le président de Gaulle lors de sa sortie. J'envoie ce titre en MP3 pour ceux qui le souhaitent...