AVANT & APRÉS (Paul Gauguin)

Publié le par N.L. Taram

Réédition d'un article du 29 janvier 2012, avec quelques ajouts...
 
LE DERNIER ÉCRIT DE GAUGUIN
 
Gauguin A&A
Août 1901, Paul Gauguin quitte Tahiti à bord d'une goélette pour les îles Marquises. Il débarque dans l'île d'Hivaoa, construit son propre faré qu'il nomme Maison-du-Jouir, peint et écrit. Avant et après est le récit de tous ses exils et de ses combats : Arles, la Bretagne, Panama, Papeete. Gauguin passe également en revue toutes les morales qui l'ont poussé à fuir l'Europe et à se tourner vers un monde primitif : «Morale du cul, morale religieuse, morale patriotique, morale du soldat, du gendarme.» Enfin, il évoque son amitié avec Van Gogh, sa conception de l'art, ses dégoûts et ses enthousiasmes. Une autobiographie parcourue «par la haine, la vengeance», pleine de «choses terribles» et aussi d'amour, considérée comme le plus grand texte de Gauguin.

 

Extraits de « Avant et après » Paul GAUGUIN

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A ma fenêtre ici aux Marquises à Atuana, tout s'obscurcit, les danses sont finies, les douces mélodies se sont éteintes. Mais ce n'est pas le silence. En crescendo le vent zigzague les branches, la grande danse commence ; le cyclone bat son plein. L'Olympe se met de la partie ; Jupiter nous envoie toutes ses foudres, les Titans roulent les rochers, la rivière déborde.

Les immenses maiore sont renversés, les cocotiers ploient leur échine, et leur chevelure frise la terre ; tout fuit : les rochers, les arbres, les cadavres entraînés vers la mer. Passionnante orgie des Dieux en courroux.

Le soleil revient, les cocotiers altiers relèvent leur panache, l'homme aussi ; les grandes douleurs sont passées, la joie est revenue, la mère sourit à l'enfant.

La réalité d'hier devient la fable et on l'oublie.

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Sur la véranda, douce sieste, tout repose. Mes yeux voient sans comprendre l'espace devant moi ; et j'ai la sensation du sans fin dont je suis le commencement.

Moorea à l'horizon ; le soleil s'en approche. 

Je suis sa marche indolente ; sans comprendre j'ai la sensation d'un mouvement désormais perpétuel ; une vie générale qui jamais ne s'éteindra.

Et voilà la nuit. Tout repose. Mes yeux se ferment pour voir sans comprendre le rêve dans l'espace infini qui fuit devant moi ; et j'ai la sensation douce de la marche dolente de mes espérances.

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Me remémorant certaines études théologiques de jeunesse ; plus tard certaines réflexions à leur sujet ; quelques discussions aussi. L'esprit des autres... J'eus la fantaisie d'établir un certain parallèle entre l'évangile et l'Esprit moderne scientifique : de là la confusion entre l'Évangile et son interprétation dogmatique et absurde par l'Église catholique. Interprétation qui amène et le scepticisme et la haine à son égard.
Une centaine de pages.ayant pour titre :
L'esprit moderne et le catholicisme.
Indirectement, très indirectement je fis parvenir ces feuillets manuscrits à l'évêque.
Pour m'écraser sans doute, toujours indirectement on me fit parvenir en réponse un énorme livre richement illustré d'après photographies, très documenté en histoire de l'Église depuis son début.

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Publié dans Littérature, Paul Gauguin

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martin jacques 10/02/2012 18:39


PIERRE.


j'espère que tu as pensè à dire bonjour de ma part au grand Jacques.


         jacques

N.L. Taram 10/02/2012 19:14



Bonjour Jacques,


J'ai rencontré une fois le Grand Jacques à Papeete en 1977. Selon notre habitude de discrétion, un sourire, c'est tout...