Choses terrestres

Publié le par N.L. Taram

Des moines tibétains réalisaient le grand mandala avec du riz pendant 6 jours .... La 7ème journée, ils ont jeté le magnifique travail dans l'eau du fleuve pour démontrer qu'on ne doit pas s’attacher aux choses terrestres.......
Admirez ce magnifique travail. 

Mandal 1

Mandala 2

 Et c'est fait avec du riz coloré.  Quelle patience !

Et voilà le travail…

Mandala 3

Mandala 4

  

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Artisanat Eugénie

Ces moines tibétains m’ont donné à réfléchir toute la matinée. En fin de compte, je ne suis pas de leur avis: ils confondent les «biens terrestres» avec «l’œuvre de l’esprit».

Je ne suis pas attaché aux biens terrestres: tas de ferraille qu’on appelle voiture, télévision, chaîne hifi,… et si je suis attaché à un disque ou à un livre, ce n’est pas pour le support mais pour l’œuvre qui est dessus. Je désapprouve mes fetii (parents) qui se déchirent entre eux pour des successions de terrain.
Par contre je suis très attaché à ce que j’ai réalisé de mes mains, même si c’est sans valeur pécuniaire ou artistique. Pourquoi ? Je n’en sais rien, peut-être que je considère que ce travail est un peu de moi-même et le perdre serait perdre un peu de moi-même.

 

flotte1.jpg

SPHINX1  

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Chose terrestre

 

Et dites-moi, peuple d'Orphalese, qu’avez-vous dans ces maisons ? Que gardez-vous derrière ces portes verrouillées ?

Avez-vous la paix, la force tranquille qui révèle votre puissance ?

Avez-vous des souvenirs, ces voûtes scintillantes qui enjambent les sommets de l'esprit ?

Avez-vous la beauté, qui mène le cœur des choses façonnées dans le bois et la pierre vers la montagne sainte ?

Dites-moi, avez-vous ces choses en vos demeures ?

Ou n'avez-vous que le confort, ou la convoitise du confort, cette chose furtive qui se glisse dans la maison comme un invité, puis devient un hôte, et puis un maître ?

Oui, et il devient dompteur qui avec fourche et fouet fait des pantins de vos plus généreux désirs.

Bien que ses mains soient de velours, son cœur est de fer.

Il vous berce jusqu'au sommeil, afin de rester à votre chevet et se moquer de la dignité de la chair.

Il se moque de vos sens qui sont robustes, et les couche dans l'ouate comme des vases fragiles.

En vérité, le désir du confort assassine l'ardeur de l'âme, et suit en ricanant ses funérailles.

Mais vous, enfants des espaces, vous dont le repos est toujours tourmenté, vous ne serez ni capturés ni domptés.

Votre maison ne sera pas une ancre, mais un mât.

Elle ne sera pas une étoffe chatoyante qui couvre une plaie, mais une paupière qui protège l'œil.

Vous ne replierez pas vos ailes afin de pouvoir franchir les portes, ni ne courberez vos têtes de sorte qu'elles ne heurtent le plafond, ni ne craindrez de respirer, de peur que les murs ne se fissurent et tombent.

Vous ne résiderez pas dans des tombes faites par les morts pour les vivants.

Et même regorgeant de magnificence et de splendeur, votre maison ne retiendra pas votre secret, ni n'abritera vos désirs.

Car ce qui est illimité en vous demeure dans le palais du ciel, dont la porte est la brume du matin, et dont les fenêtres sont les chants et les silences de la nuit.

(Khalil Gibran – Le prophète)

Source : http://wikilivres.ca/wiki/Le_Proph%C3%A8te

 

Note : Merci à Claude Saint Etienne qui m'a envoyé ce texte et ces photos des moines tibétains.

 

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sylvie Anne 24/07/2010 03:33



Oh la la vous en posez de ces questions tous les deux. !


Grande collectionneuse de tout et de rien et surtout philatéliste depuis le CP, je me pose des questions sur l'attachement à l'inutile sur cette terre. Je me rassure en me disant que nous ne
sommes aussi que des êtres éphémères. Alors ne nous cassons pas trop la tête quand même avec ces philosophies.


 



SAINT ETIENNE Claude 23/07/2010 11:55



Taram, l'échange d'info se partage, pas besoin de remerciements. De plus, la lecture et l'interprétation partagée font à eux deux la culture et là, nous
entrons dans le domaine universelle qui est à mes yeux non seulement un droit mais un devoir de faire circuler toute info culturelles.


Selon mon vécu, ma perception personnelle des choses  je ne m'étais fait aucun commentaire
particulier sur ce sujet des moines Tibétains (peut être un sujet abordé antérieurement et une réponse restée enfouie au plus profond de moi même).


La séparation que tu fait entre les biens terrestres et les créations de l'esprit n'est elle pas en fin de compte un bien commun voire
identique?


En dehors des produits naturels qui ou quoi à inventé ces matériaux et ces choses construites, réalisées ou asservies pour notre confort, dédiées à
l'amusement, l'utilité justifiée ou non, ou simplement pour la beauté des yeux?.   Derrière tout ça il y a des hommes donc de l'esprit.


La philosophie de ces moines amène l'homme à être plus humble face à la grandeur du monde et de sa nature. Ils prouvent par ce geste le choix qu'ils ont
fait entre les biens terrestres et leur engagement au service de la nature, sous entendu de l'homme bien évidement puisque l'homme en tant que tel est un élément indissociable de
la nature.


Donc se faisant, par ce geste, ils rejettent tout asservissement à l'inutile fusses t-il artistique. Une philosophie que je respecte mais que je
n'applique pas par faiblesse. C'est peut être là le message. Dans ce cas je pense qu'ils sont forts, la preuve, un simple événement qui se passe au Tibet permet à deux autres continents par nos
personnes interposées de philosopher sur le sujet... Pour eux, le message est passé.



N.L. Taram 23/07/2010 12:21



Claude,


Hum ! il se fait tard et ton commentaire est long, complexe et... ambigu. Je répondrai demain à tête reposée (comme disait Marie-Antoinette).


A priori, je ne suis pas convaincu : je rejette l'asservissement à l'UTILE, heureusement il me reste l'INUTILE, sinon, je serais quoi ? un légume !