COMMEDIA DELL’ARTE

Publié le par N.L. Taram

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De dérive en dérive sur quelle rive échouerons-nous ? Et Te Atua serait loué si nous arrivions jusqu'à une rive plutôt que dans des abysses insondables...
J'ai cru bon d'envoyer ce courrier pour les lecteurs des deux quotidiens. Serons-nous éternellement impuissants à changer le cours des choses ?  Je ne peux pas m'y résoudre.

Texte expédié:

Répétez-nous cela M. Sarkozy !

 

Le 19 janvier dernier, depuis La Réunion, le président Sarkozy s’adressait à nous : « La Polynésie a droit au sérieux de ses élus et non pas à une vaste comédie où les ennemis d’hier deviennent les alliés de demain ». A-t-il été entendu ? À l’évidence, non !

Démonstration s’il en est besoin.

Le mardi 10 mars 2010, Madame Justine Teura représentait l’UPLD au palais de Justice dans la constitution de partie civile dans l’affaire de l’atoll d’Anuanuraro qui mettrait gravement en cause le président actuel de la Polynésie française. Le soir même, cette représentante participait à un comité de majorité. Elle disait clairement que puisque l’UPLD ne reviendrait pas au pouvoir, pour que « ses idées » puissent être prises en compte, il fallait qu’elle se rapproche de la majorité. « Ses idées » se traduisent naturellement par « répandre quelques dotations supplémentaires pour les électeurs de mon île ». Alors que le matin même, elle était partie prenante à une plainte contre le président du Pays, le soir elle lui demandait un poste de ministre, « pour aider la majorité » bien sûr.

Ses déclarations signifient clairement que pour elle le temps du clientélisme est toujours actuel et qu’il faut être « du bon côté » pour que ses propres électeurs reçoivent des « cadeaux ».

Comment ont réagi les Sarkozystes de Polynésie ? On ne les a pas entendus protester énergiquement en disant : « Non, Madame, vous n’aurez pas plus que si vous vous étiez dans l’opposition. Chaque habitant de notre Fenua a droit de recevoir ce que le budget a prévu selon des critères objectifs. C’est cela la démocratie et l’honneur de la politique ». Mais nous n’avons pas entendu cela. Les membres de la majorité, voire de l’opposition, n’ont rien trouvé à redire…

Oubliées les paroles de Nicolas Sarkozy.

Pourtant, juste après la motion de défiance et le retour au pouvoir d’une majorité To Tatou Ai’a/Taohera’a, le député maire de Papeete, Michel Buillard, s’était grandi aux yeux des démocrates en mettant aimablement en garde la nouvelle majorité de ne pas revenir aux pratiques passées du clientélisme avec les communes.

Les élus de ce Pays retrouveront-ils les chemins de l’honneur ? Retrouveront-ils le respect des électeurs ?

Monsieur le Président de la République, répétez-nous encore et encore vos paroles du 19 janvier. Monsieur Tong Sang (et bien d’autres) finira (finiront) peut-être par les entendre et par se refuser à entrer dans les jeux que vous dénonciez…

 

                                      Jean-Marc Regnault*

*Auteur du livre : Tahiti malade, malade de ses politiques, Editions de Tahiti, 2007.



Place Tarahoi

"Séparer le bon grain de l'ivraie"

Publié dans Politique

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