DIANE DE POITIERS (3)

Publié le par N.L. Taram

Diane entête

Henri IILe sacre du roi

Le 10 juillet 1547, 15 jours plus tard, le roi était à Reims pour son sacre, montant un cheval blanc. Henri portant habit de satin blanc, suivi de son cortège, entra dans Reims pavoisé. Il était huit heures. Arrêté par un rassemblement de notables qui s'écarte pour lui faire admirer une construction bizarre, peinte en jaune : Un soleil. Le roi par curiosité attend la suite, un mécanisme astucieux l'ouvre et fait place à un cœur suspendu en hauteur. Mu par des cordes, ce cœur glisse lentement aux pieds du roi pour arriver à sa hauteur, s'ouvre à son tour.

Une nymphe, jolie jeune fille nue, qui après lui avoir susurré à l'oreille quelques mots, lui confia les clés de la ville et empruntât en sens inverse son moyen de locomotion, sauf que cette fois-ci, une fois le cœur entré dans le soleil, ce dernier, sous les applaudissements de la foule, du roi et de sa suite, se transforma en une fleur de lys.

Bain de Diane

                                                         Bain de Diane

Sur le chemin le menant à la cathédrale, de nombreuses nymphes, autant vêtues que l'était la précédente, s'ébattaient dans des eaux factices ou des prés reconstitués, accompagnées cette fois de satyres faits d'hommes velus jouant de la flûte. En fait il n'y avait aucune paillardise, juste de la littérature mise en scène dans des tableaux aussi vivants que surréalistes, mais de bon aloi dirent les chroniqueurs. henri-ii--roi-de-france

C'était la mode à l'époque, peut être qu'à Reims il y en eut plus, mais l'événement était de taille. Peu avant les portes de la cathédrale ces scènes cessèrent, laissant place à un scandale à venir qui en dérouta plus d'un, à commencer par les pairs de France, les prélats eux même, sauf le cardinal de Lorraine, un arriviste proche du clan de Diane. Le roi en grande pompe revêtu de robes pesantes, de brocarts d'azur, de lys brodés d'or, arborait sur sa poitrine le fameux monogramme entrelacé "H D". Personne ne fut dupe, il se servait du Te Deum de son sacre pour officialiser une sorte de mariage divin avec Diane. La belle, rayonnante était au premier rang, presque aux côtés de lui quand il fut sacré par le cardinal de Lorraine. La bougresse tenait les cartes et de plus avait la donne... Il liait ainsi devant l'église, femme et maîtresse.

mono h10Il n'est nul besoin de donner une explication à ce monogramme tellement explicite par lui même. D pour diane (il n'a pas à y être). D retourné pour Catherine (c'était courant à l'époque). H pour Henri. Par l'affichage du monogramme sur sa poitrine, Henri II démontrait publiquement et devant dieu, que Diane était pour lui, l'égale de la reine. Catherine enceinte, était dans une tribune, visage impassible. Quelques pamphlets circonstanciés (ici Charles étant le prélat)

 

Sire, si vous connaissez comme Charles désire

Comme Diane veut par trop vous gouverner

Fondre, pétrir, mollir, refondre retourner

Sire vous n'êtes plus. Vous n'êtes plus que cire.

 

Malgré son grand âge(1)

Diane ce soir à Blois

Est en chasse, je crois,

Pour y forcer un roi.

 

L'habitude s'installe

La passion n'a plus de retenue, certes en public cette fille altière, glacée d'orgueil et de froideur, celle qui avait fait reculer les amoureux les plus hardis, a de la tenue, mais se laisse aller en comité restreint, Catherine est délaissée peu à peu. Le soir après avoir pris soin de l'état de santé de la reine, son roi de mari l'envoyait carrément se reposer. Catherine rongeait son frein en donnant des coups de pieds aux meubles rencontrés.

renaissance

Pendant ce temps, les intimes du couple restaient, Diane assise, le roi assis entre ses jambes (girons) tout en chantant, grattait la "guinterne"(guitare), puis demandait si "Diane n'avait pas de belle garde" et joignant le geste à la parole "touchant quand et quand ses tétins et la regardant attentivement comme homme surpris de son amitié" un soir "elle lui dit de ne plus faire car elle ne voulait pas devenir ridée", il cessa. Un autre soir alors qu'amis présents, le feu le saisit si fort "il s'empara d'elle et l'entraîna fortement vers le lit". Ces derniers restant à leurs occupations, ne purent qu'entendre les ébats fougueux du couple et le lit qui dans un grand bruit venait de céder. La maréchale résistait, les lits non. Accourus, les amis relevèrent la dame qui avait glissé dans la ruelle, pendant que le roi rajustait sa chemise et la remettait dans ses chausses. La belle, de voir ce lit rompu par l'amour, et il n'était pas pour elle coutume, "de rire s'éclata". La chose était courante.

Cette situation se reproduisit. Une autre fois, l’ambassadeur de Venise fit parvenir au doge une lettre de M. de Maisons : "Diane, allait se coucher, le roi était là. Sa majesté vint la c.... Ils donnèrent de si grandes secousses au lit que celui-ci vacilla et qu'ils faillirent tomber par terre. La duchesse dit à haute voix "Sire ne sautez pas aussi fort sur mon lit, vous finirez par le casser....".Catherine blason

 

Une reine à la hauteur

Des escarmouches nombreuses avec les Espagnols et les Pays Bas, la guerre est aux portes de la France. Une armée doit être levée mais le trésor est vide. Catherine fait preuve d'une résolution et d'un courage exemplaire, prenant à cœur son rôle de reine, elle s'adresse au peuple en démagogue, en experte, en flatteuse qu'elle est, pas d'exigences surfaites, elle sait toucher les cœurs. La Médicis, fille de banquier, a pris le dessus et remporte là, une éclatante victoire. En peu de temps une armée de dix mille hommes peut être levée par le souverain. Mais ironie du sort, le roi d'Espagne et le roi de France avaient engagé toutes leurs ressources pour préparer la guerre, mais ils n’avaient plus le moindre sou pour la faire.

 

à suivre... 

 

(1) Diane à 48 ans

Publié dans Histoire

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