ÉROSION CÔTIÈRE

Publié le par N.L. Taram

 Papenoo 1

 

Impacts environnementaux de l'extraction

http://fr.wikipedia.org/wiki/Granulat#Impacts_environnementaux_de_l.27extraction

 

L'extraction et le transport des granulats (alluvionnaires notamment) est source d'impacts environnementaux. Se faisant dans le sous-sol, elle impose souvent des pompages, responsables de baisse de nappe et de perturbations hydraulique, exacerbant les impacts des sécheresses et inondations et certains risques de pollution. En mer, les extractions peuvent perturber la flore et la faune (par leur panache de turbidité, la remise en suspension de polluants. Des effets indirects d'érosion côtière ou sous-marine distantes sont possibles. Enfin, la réhabilitation de carrière a souvent dans le passé caché des décharges polluantes.

Dans la plupart des pays, les grandes carrières sont donc soumises à autorisation des services de l'état et/ou des régions, ainsi à partir de certains seuils qu'à des études d'impact et à mesures compensatoires et/ou conservatoires ou de réhabilitation des sites.

Papenoo05Par exemple, en France, toute nouvelle carrière est soumise à une enquête publique et à l'autorisation préfectorale, et doit respecter le schéma départemental des carrières (SDC, imposé par une loi de 1993) qui fixe ses conditions d'implantation ainsi que des objectifs de protection et de remise en état en fin de chantier et au cours de l'exploitation, en lien avec les SDAGE (Schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux).

Les impacts des extractions marines dans ou hors des eaux territoriales sont les plus mal étudiés. Ce manque d'étude sur l'impact d'une exploitation en mer a été particulièrement mis en lumière avec le « Per Lorient Sud », premier grand projet de se type en Bretagne, il a donné lieu à une vive opposition, Collectif le peuple des dunes, avant son abandon par son pétitionnaire Lafarge Granulats, suite à un avis négatif du Préfet Maritime et à un avis défavorable du Comité Scientifique Indépendant mis en place par Cap l'Orient.

Le CNRS, le Muséum et l'Union nationale des producteurs de granulats ont en France publié en 5 tomes un document « carrières et zones humides » sur une meilleure prise en compte de l'environnement dans la réhabilitation des carrières.

 

Érosion côtière

http://envlit.ifremer.fr/region/basse_normandie/milieu/geomorphologie/erosion_cotiere

 

Papenoo Serge 1

 

De plus, le littoral est depuis toujours le lieu privilégié d'installation de ports, de villes et d'activités industrielles. Ces pressions humaines causent de profondes perturbations du rivage et des écosystèmes littoraux. Ces perturbations agissent conjointement et placent les plages dans une situation précaire. A titre d'exemple, on peut citer :

- Les barrages de retenue sur les fleuves qui représentent des pièges à sédiments très efficaces. Les matériaux ainsi retenus sont justement les constituants des plages ;

- La déstabilisation des dunes qui est liée également à l'extraction de matériaux pour les besoins de constructions. Ces dommages importants sont aggravés par la fréquentation touristique. Ces dunes bordières constituent une réserve importante en sédiments qui peut être mobilisée par les vagues lors des tempêtes ;

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- Les grands travaux portuaires ou les ouvrages de protection (comme les épis), implantés sur une côte caractérisée par une dérive littorale dominante et chargée en sédiments, qui risquent de perturber gravement le transit des matériaux et de modifier l'évolution du rivage. Des accumulations de sable se forment contre les jetées qui arrêtent le courant tandis que les secteurs situés au-delà de ces obstacles démaigrissent et reculent car ils sont privés d'apports sédimentaires;

………

 

Modification du lit des rivières

 

Les cours d'eau

http://www.ame-environnement.com/index.php?section=environnement&sub=dossier_loi_sur_l_eau

Tout ouvrage, construction, travaux sur le lit mineur ou lit majeur d'un cours d'eau peut faire l'objet d'une procédure…

 

Papenoo Serge 3

 

Conséquences du surcreusement du lit

http://www.s2rivieres.com/riv_generale.php?page=7&PHPSESSID=d27c94990988076f83fdf49250facf44

Finalement, la modification de la morphologie du lit de la rivière entraîne des modifications hydrauliques des cours d‘eau à l‘origine de désordres hydrauliques tels que:

- un changement des faciès d‘écoulement de l‘eau (lentique en amont des moulins)

- une érosion altérée du lit : conséquence de l‘endiguement de la rivière

- une érosion altérée des berges : par exemple, des phénomènes d‘érosion régressive en amont des seuils

- des crues finalement plus importantes en aval

- des seuils résiduels infranchissables pour les poissons migrateurs.

...........

 

Papenoo 1918 1

Publié dans Société

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SAINT ETIENNE Claude 17/11/2011 10:45



Toucher aux choses naturellement établies, même avec le recul nécessaire et la science voulue, est une affaire extrêmement délicate. Ainsi, une rivière qui s'envase et déborde en cas de crue, une
fois draguée l'efficacité trouvée en amont donnera un drame en aval ou les villes situées sur les estuaires se trouveront les pieds dans l'eau, voire pire à marée haute. Bien au contraire il faut
construire des réservoirs de retenue tout au long du cours, puis lâcher l'eau aux beaux jours. Encore faut il les moyens pour acheter les terres et le faire, puis la connaissance, puis la
volonté.


Agir sur le naturel est surnaturel.


Bien que vous n'ayez pas de falaise crayeuse, juste pour parler de l'érosion naturelle en d'autres lieux, ici en Normandie jusqu'à 30 cm/an en moyenne, le record étant à Longues sur mer dans le
Calvados et dans la partie Nord avec Ault 1 mètre l'an.


L’impact de l’érosion de la falaise est critique dans le secteur urbanisé d’Ault-Onival. L’historique en a été fait notamment par R. Regrain (1992a). Le recul de la falaise a détruit
progressivement le bourg et contraint les habitants à chercher à en retarder la destruction et à en déplacer constamment l'implantation. La lutte contre le recul de la falaise a consisté d’abord
à protéger la base de la falaise de l'action de la mer. Les perrés et digues parallèles au rivage ont eu une durée de vie limitée et un résultat nul. On a songé ensuite à retenir les galets au
pied de la falaise en ralentissant leur transit. Plusieurs séries d'épis perpendiculaires au rivage ont été édifiés à partir du siècle dernier, en pieux de bois puis en palplanches et béton.
L'efficacité de ces ouvrages s'est avérée assez faible et la vitesse de destruction de la falaise n'a pas été notablement diminuée, bien au contraire, puisqu'entre 1974 et 1978 un recul de 1 m/an
a été mesuré (Dolique, 1991; Regrain, 1992a).



N.L. Taram 17/11/2011 11:08



Merci Claude de tous ces détails qui viennent confirmer mon texte. Je pourrais parler de la Camargue qui est en train de disparaître du fait de la régulation du Rhone. Même chose pour les
Everglades en Louisiane à cause du Mississippi.


Pour les destructions (enfin ce qui nous semble des destructions) naturelles, il faut peut-être laisser faire puisque c'est naturel...



Cyrano de Rostassac 17/11/2011 10:16



Bonjour Taram,


J'ai cru reconnaître l'estuaire de la Papenoo.
Effectivement avec mes élèves, en cours de génie rural et en plongée dans le lagon, nous avons vécu la mort de ce lagon
Souvenir aussi des retours de pêche bredouille.
La modification du relief me rappelle une action en Algérie d'approfondissement (-1,5m) des oueds pour mieux canaliser les eaux de forage qui alimentaient les palmeraies abritant des "jardins"?
Conséquence: les racines des palmiers étaient au dessus de la nappe et dépérissaient.



N.L. Taram 17/11/2011 10:19



Bonjour Cyrano,


C'est bien l'estuaire de la Papenoo. Notre maison se situe sur la plateau à droite de la photo, mais en dehors à 1 cm du bord.
On ne peut pas encore dire que le lagon soit mort (à Tahiti, ailleurs ça va), mais il est en mauvais état en particulier dans les zones urbanisées.
Lors de ma recherche sur ce sujet (ce matin), je suis tombé en effet sur les problème des oueds en Algérie : les mêmes fautes, les mêmes maux partout sur la planète "la bêtise n'a pas de
frontière" (pour plagier Fernand Raynaud "l'art n'a pas de frontière").


 



SAINT ETIENNE Claude 17/11/2011 09:30



Bonjour Taram, Avec ce topic tu nous donnes des devoirs pour plusieurs semaines... Complet ton compte rendu. Merci.


Dans l'Oise un site ayant servi de carrière était retourné benoîtement à la nature. Cinquante années étaient passées par là, les gens se l'était approprié pour la promenade, la pêche, le vélo, la
pétanque, les sorties en famille, feu de bois le soir pour les jeunes, etc... Les espèces animales disparues étaient revenues, de même pour la flore ou certaines espèces en disparition dans le
département étaient présentes à cet endroit (27 si je me souviens bien). Que croyez vous qu'il arriva dans ce beau pays où près de Tours, on a même arrêté un autoroute à cause d'un insecte en
disparition. Et bien notre ministre dit de l'écologie, Borloo, a transformé ce lieu devenu public en décharge, soit référencée et soit disant écologique, mais décharge quand même.


Donc à défaut d'intentions, il faut un suivit intelligent de chaque chantier. Sommes nous près?  En avons nous les moyens?  Faut il faire confiance aux politiques?



N.L. Taram 17/11/2011 09:58



Bonjour Claude,


En effet, il y a beaucoup à dire et à écrire sur ce sujet. Ce soir je pensais aux oiseaux qui m'entourent : ils respectent la nature, eux !!!


L'un de mes prochains articles s'intitulera "Massacre à la tronçonneuse" et je parlerai pas de cinéma.


Je retiendrai surtout ta dernière phrase "Faut il faire confiance aux politiques?". Cet après-midi j'ai participé à une réunion sur les prochaines échéances électorales et l'un des participants à
parler des promesses, j'ai répondu "les promesses, c'est avant les élections"...



sylvie anne 17/11/2011 08:34



Sujet très intéressant et important . Déjà je voyais l'autre jour à la TV que Moorea perdait ses plages peu à peu. C'est dramatique. Pour le sable fin, il  faudra aller aux Taumotu.



N.L. Taram 17/11/2011 09:54



Bonsoir Sylvie-Anne,


Tu as raison, "nous irons tous à Fakahina" (pour plagier un titre de film "Nous irons tous au paradis"  )