JEAN-PAUL MARAT (4)

Publié le par N.L. Taram

Jean-Paul Marat, les Chaînes de l'esclavage

Du pouvoir du temps

 

Le lien >>>>   link

http://books.google.fr/books?id=zOcTAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=jean+paul+marat&hl=fr&ei=_AkpTbCFMJLAsAOG7pW2CA

 

 

(Pages 50 à 52)

Du pouvoir du temps.

Marat 

Le premier coup que les princes portent à la liberté, n'est pas de violer avec audace les lois, mais de les faire oublier. Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir.

Tandis que les hommes ont la tête échauffée des idées de liberté, que l'image sanglante de la tyrannie est encore présente à tous les esprits, ils détestent le despotisme, ils veillent d'un œil inquiet sur toutes les démarches du gouvernement. Alors le prince craintif se garde bien de faire aucune entreprise : il parait au contraire le père de ses sujets, & son règne celui de la justice. Dans les premiers temps, l'administration est même si douce, qu'il semble qu'elle ait en vue d'augmenter la liberté, loin de chercher à la détruire.

N'ayant rien à débattre, ni sur leurs droits qu'on ne conteste point, ni sur leur liberté qu'on n'attaque point, les citoyens deviennent moins soigneux à éclairer la conduite de leur chef : peu à peu ils cessent de se tenir sur leurs gardes, & ils se déchargent enfin de tout soucis pour vivre tranquilles à l'ombre des lois.

Ainsi, à mesure qu'on s'éloigne de l'époque orageuse où la constitution prit naissance, on perd insensiblement de vue la liberté. Pour endormir les esprits, il n'y à donc qu'à laisser aller les choses d'elles-mêmes. On ne s'en fie pourtant pas toujours là-dessus au seul pouvoir du temps.

 

Des fêtes.

 

 

L'entrée au despotisme est quelquefois douce & riante. Ce ne sont que jeux, fêtes, danses & chansons. Mais dans ces jeux, le peuple ne voit point les maux qu'on lui prépare, il se livre aux plaisirs, & fait retentir les airs de ses chants d'allégresse.

Insensées, tandis qu'ils s'abandonnent à la joie, le sage entrevoit déjà les malheurs qui menacent de loin la patrie, & sous lesquelles elle succombera un jour : il découvre dans ces fêtes les premiers pas de la puissance au despotisme ; il aperçoit les chaînes couvertes de fleurs, prêtes à être étendues sur les bras de ses concitoyens. « Ainsi les matelots se livrent à une joie indiscrète, lorsqu'ils aperçoivent du rivage l'haleine des vents enfler doucement les voiles, & rider la surface des eaux ; tandis que l’œil attentif du pilote voit à l'extrémité de l'horizon s'élever le grain qui va bientôt bouleverser les mers. »

 

Des entreprises publiques.

 

 

Au pouvoir du temps & des fêtes on joint la distraction des affaires ; on entreprend quelques monument national ; on fait construire des édifices publics, des grands chemins, des marchés, des temples. Les peuples, qui ne jugent que sur l'apparence, croient le prince tout occupé du bien de l'état, tandis qu'il ne l'est que de ses projets ; ils se relâchent toujours davantage, & ils cessent enfin d'avoir l’œil sur leur ennemi.

Dès que les esprits commencent à n'être plus tendus, les vices du gouvernement commencent à se développer ; & le prince toujours éveillé sur ses intérêts, ne songe qu'à étendre sa puissance : mais il à soin d'abord de ne rien faire qui puisse détruire c&te profonde sécurité.

 

 

Pouvoir du temps

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Christian Penilla y Perella 26/02/2011 01:40



Wakrap


 


Sûr qu'il y a un problème . La morale ne peut être qu'un vernis qui craque à la première occasion. Comme on dit : L'occasion peut faire le laron.


Le pouvoir aussi est dangereux il peut être victime(?) d'un " égo ". C'est surtout les autres qui en sont victimes ou...........profiteurs.


L'idéal dans la gouvernance n'existe pas du fait même que l'homme est imprévisible. Le meilleur, pas souvent et le pire trop souvent peuvent arriver.









wakrap 26/02/2011 00:03



Bonjour,


 


Je garde une préférence pour ce bon vieux Lord Acton :"Le gouvenement corromp, le gouvernement absolu corromp absolument"


 


Un instant de réflexion sur notre mode gouvernemental: il est de type absolu avec changement aux élections, mais durant le mandat il est absolu. Seuls les élus votent les lois et décident de les
promouvoir ou non. Combien sont sans décret d'application!


Les citoyens n'ont strictement aucun moyen de contrer une loi ou son application. Ni referendum, ni votation rien nada que dalle.


Je diverge un peu de toi Christian à ce sujet. La forme et la puissance du pouvoir sont, je crois , essentiels. Je ne nie pas le lien entre la société et ceux en emmergent au pouvoir, mais c'est
alors plus une question d'individualité et de morale individuelle et de résistance de cette morale aux voies éthiques de l'exercice du pouvoir. L'éthique du pouvoir est toujours laide, c'est
l'exercice de la force. Seule la morale des personnes ou alors le véto des citoyens peut s'y opposer.  Et compter, comme chez nous, sur la seule morale, laisse de toute évidence à désirer.



Christian Penilla y Perella 25/02/2011 19:59



Saint Etienne Claude


 


J'ai été " élu " pendant plusieurs décennies, j'ai été dans des commissions du gouvernement , dans un ministère  et je peux te dire que les élus ne sont que le reflet de la société.
On y trouve le meilleur et le pire. Plus cette société est malade plus la politique est pourrie.


Pour commencer si on éliminait de tout mandat électif tous ceux qui traînent des casseroles, cela assainirait la politique. Que si l'on écartait pour dix ans même ayant payé leur dette
envers la société, ceux qui avaient eu affaire à la justice et été condamnés, cela purgerait le milieu. Cela existe déja dans certains pays nordiques.


Quant au salaire ? Il faut bien que l'élu fasse face à ses besoins qui sont bien différents suivant sa situation familiale pour commencer.


 


Dans les années 70 , l'équipe de Francis Sanford devait mettre en place ses conseillers de gouvernement (l'équivalents aux ministres actuels, ........en beaucoup moins cher ). Un chef
d'entreprise présent à qui on faisait miroiter un bon salaire refusa en disant qu'il gagnait mieux en tant que chef d'entreprise et que s'il devait s'engager c'était pour une mission. F....V....(
bien connu ) présent lui rétorquat: Petit innocent , les à côtés te rapporteront bien plus.


Le vers était déja dans le fruit.


 


Claude, tu vois que ce n'est pas simple.


 


Conclusion , seule une société propre et rigoureuse peut avoir un gouvernement propre et rigoureux. Les hommes n'ont que ce qu'ils méritent.






N.L. Taram 25/02/2011 22:46



Bonjour Christian,


« Quand un régime tombe en pourriture, il devient pourrisseur : sa décomposition
perd tout ce qui l’approche » (Charles Maurras)



SAINT ETIENNE Claude 25/02/2011 10:07



Je pense(cela m'arrive), que pendant la durée du mandat les émoluments afférents à la charge, devraient être bloqués à hauteur d'un minima social basique
, entier, demi ou quart selon la fonction occupée, puis validés aux élections suivantes selon un degré de satisfaction. Au moins le peuple accorderait au mérite, au vu
des actes passés et au grès de sa satisfaction, la somme restant à accorder, et ce, en pourcentage, qui 10, qui 50 ou tel autre 100%.


Peut être que ce mode écarterait les "intéressés" et autres filous, puis obligerait les élus à moins d'autosatisfaction et beaucoup plus d'efficacité.
Ainsi la carotte ne serait plus dans le même camp.



N.L. Taram 25/02/2011 10:30



Bonjour Claude,


L'ennui, c'est eux qui votent ce genre de loi, alors faut pas trop y compter. Par contre on peut les renvoyer au chomage à l'issue de leur mandat, mais sommes nous capable de prendre
cette liberté :


http://tehoanotenunaa.over-blog.com/article-34678273.html



Christian Penilla y Perella 24/02/2011 21:22



Taram


 


Quand des dirigeants sont incapables d'évolution ne faut il pas une révolution ?


J'en suis profondément persuadé que périodiquement il faut faire le ménage.


Une remise en cause est salutaire. Les évènement passés sur notre planète terre le prouvent.


 


Cela vaut aussi pour la France et la Polynésie d'aujourd'hui;


La France des mandarins attend un Mao. Pas d'omelettes sans casser des oeufs.


La révolution française est bien loin , les mauvaises habitudes et les mauvaises moeurs vites reprises.



Christian Penilla y Perella 24/02/2011 20:14



Taram


 


Ces textes devaient être lus dans nos écoles.



N.L. Taram 24/02/2011 20:26



Hé ! tu veux faire la révolution ?



Christian Penilla y Perella 24/02/2011 20:12



Taram


 


Ces textes sont d'une telle actualité , c'est époustouflant.


Il y a rien ou si peu à rajouter.



N.L. Taram 24/02/2011 20:25



Christian,


Exact, lis ma réponse à Claude...



SAINT ETIENNE Claude 24/02/2011 11:01



Encore lui?... Il parle de despotisme comme s'il l'avait connu, certes l'époque n'étaient pas marrante et même loin de là, souvent les hypocondriaques
parlent mieux des maladies qu'ils n'ont pas que les malades eux même... Mais de la  à dire que "le premier coup que les princes portent à la  liberté, n'est pas de violer avec
audace les lois, mais de les faire oublier."


Ceci est un non sens, car les lois étaient justement faites par les princes.... Je vais finir par me faire passer pour un royaliste, aïe aïe, ce n'est
pas le cas Taram, je le jure.



N.L. Taram 24/02/2011 20:24



Bonjour Claude,


Je reconnais l'historien...


Si j'ai passé cet extrait, ce n'est pas par hasard. Actuellement dans notre petit pays, les "princes" nous endorment avec les lois et même les violent parfois...


Bien sur, il faut prendre le terme "prince" dans le sens "homme du pouvoir".