L’ARGENT DES CONTRIBUABLES

Publié le par N.L. Taram

L'hôtellerie, ça peut rapporter gros... surtout quand on vend l'hôtel au Pays !

Un courrier d’Opahi Buillard  :

 

----------o----------

 

Hôtel Mahinatea

 

435 millions c’est ce que coûtera  la construction de 19 logements sociaux à Sainte-Amélie, si le projet abouti. 23 millions le logement social. A ce tarif là il vaut mieux être classé dans la catégorie des « cas socios », plutôt que de faire parti de ces jeunes couples qui s’endettent auprès des banques sur plus de 20 ans pour payer un F2 d’une valeur identique et qui leur coutera au final le double.

Comment sommes nous arrivé là ? Par l’incurie politico administrative orchestrée par l’Etat et le Pays depuis plus de 30 ans et qui ne semble pas prête de s’arrêter.

Le dossier dénoncé par l’association « U’i hau no Sainte-Amélie » est édifiant à plus d’un titre. Et pourtant, ni l’Etat ni le Pays ne trouve rien à y redire. Et ce n’est pas la grève de la faim entamée par mon père Albert Buillard, son président, qui semble les ébranler.

En 2009, le gouvernement Tong Sang accepte de racheter la propriété de « JBH », également  président d’honneur de To Tatou Ai’a. La procédure administrative étant ce qu’elle est, la CEI est chargée d’évaluer « l’hôtel Mahinatea ».

Le prix initial de 150 millions gonflera au fil de son parcours politico-administratif pour être finalement adjugé à 200 millions. 91 millions pour le terrain et à 109 millions pour l’immeuble existant.  Il parait que c’est normal. Ils appellent cela l’effet boule de neige. 200 millions donc pour un immeuble de 16 studios et 15 chambres jugé en son temps conforme et sans danger, construit sur un terrain de 1400 mètres carrés.

Deux années s’écoulent… et bingo ! Une expertise diligentée cette fois ci par l’OPH attributaire de l’immeuble conclue à la destruction totale de l’édifice en raison de sa vétusté. En clair le pays a payé 109 millions un immeuble qui ne valait pas un rond.

OPHLe gouvernement ayant décidé d’en faire un lieu de transit pour SDF en attente de logements sociaux, l’OPH lance la construction d’un nouvel HLM avec ses 19 logements flambants neufs. Construits dans les règles de l’art avec la participation de l’Etat. Coût final de l’ardoise : 435 millions dont 140 millions (en incluant les frais de gardiennage et de démolition) partis en fumée.

En ces temps de morosités économiques, cet « investissement » sera accueilli à bras ouverts par les syndicats patronaux et salariés : ça créé de l’emploi et ça engendre des bénéfices ! Le gouvernement se gargarisera d’avoir répondu à un besoin qui touche à la dignité humaine. Les comptes financiers de l’Etat et du pays attesteront d’une bonne utilisation des crédits d’investissements inscrits au budget.

Et on aura vite fait d’oublier les 140 millions jetés par les fenêtres. Pourquoi ? Parce qu’ils seront absorbés par les taxes que nous payons vous et moi chaque jour lorsque nous faisons notre marché. Mais bon, on pourra toujours se consoler en pensant à « JBH »…  en attendant que les SDF investissent lieux.

 

Opahi BUILLARD

 

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article