LA BONNE VOLONTÉ

Publié le par N.L. Taram

Diocèse de Papeete

 

LETTRE OUVERTE de la Commission « JUSTICE, PAIX et DÉVELOPPEMENT »

 

Face à la « crise » actuelle qui frappe la Polynésie

(notamment le conflit entre la CPS et les médecins),

en date du 18 mars 2012, la commission « Justice, Paix et Développement »

a rédigé une lettre ouverte signée par le Père Joël Auméran,

Président de cette commission et Vicaire Général du diocèse de Papeete.

Ce courrier, inspiré directement de l’enseignement social de l’Eglise,

en appelle à la responsabilité de tous et en particulier

à celle des responsables de la gestion du bien commun.

 

Lettre ouverte

à toute personne de bonne volonté,

à celles et ceux qui souffrent de la situation de notre pays,

à celles et ceux qui ont des responsabilités de gestion du bien commun

(fonds publics, fonds de la CPS …)

 

Dans notre pays où l’accueil traditionnel et la solidarité allaient de soi – le « haere mai tamaa » surprenait le visiteur – ont pris place égoïsme, indifférence et irresponsabilité, fruits de la défense des intérêts sectoriels et des avantages individuels.

 

Le bras de fer auquel nous assistons entre la CPS et les médecins, prenant en otages les malades, appelle à une réflexion plus générale. De tels conflits grossissent le flot des laissés pour compte et appauvrissent davantage les plus faibles.

 

Le conflit CPS / médecins n’est qu’un des symptômes de la maladie qui touche la Polynésie. En réalité « la crise » que nous connaissons vient d’une perte des valeurs morales civiles et religieuses entraînant une déresponsabilisation générale, chacun défendant son pré carré, ses avantages, sans se soucier du bien commun et encore moins de la justice sociale. La Polynésie n’a plus les moyens dont elle disposait à l’époque du C.E.P.

 

La perspective reste sombre si les dérives ne sont pas dénoncées au grand jour, si la transparence et la vérité ne sont pas faites. Il est toujours temps d’agir pour corriger excès, erreurs, injustices …

 

L’Eglise n’a pas vocation à s’immiscer dans la gestion des affaires publiques ou privées mais elle a l’impérieux devoir de dénoncer les injustices qui engendrent inégalités, pauvretés, marginalisations et qui ne respectent pas la dignité et les droits des personnes.

 

Des pistes de solutions existent – inutile de recourir à des colloques, séminaires ou autres états généraux – elles sont valables aussi bien pour la CPS, les médecins, la santé publique que pour tout autre secteur touchant à la gestion du bien commun :

 

>> Pour clarifier la situation : faire procéder à des contrôles systématiques de la gestion par des organismes indépendants pour débusquer irrégularités, abus, malversations…

 

>> Pour réaliser les changements nécessaires induits par ces contrôles : avoir le courage et l’honnêteté de reconnaitre les erreurs commises, de les corriger en adoptant de nouveaux modes de gestion, et, si besoin, en appliquant des sanctions, en supprimant certains avantages.

 

>> Pour obtenir l’adhésion de la population : l’informer publiquement par la vérité des faits et des chiffres, sans utiliser la « langue de bois » ou des arguments spécieux, car seule la vérité fait la lumière et rend libre.

 

C’est à ce prix que peuvent se rétablir la confiance et le dialogue.

 

Pour ce faire, nous exhortons chacun(e) à laisser de côté ses arrières pensées politiques, carriéristes ou mercantiles.

Que chacun(e) n’ait d’autre désir que d’avoir « la capacité de distinguer le bien du mal et d’établir ainsi le vrai droit, de servir la justice et la paix ». (cf. le discours remarqué de Benoît XVI au Parlement allemand, le 22 septembre 2011)

 

Père Joël AUMERAN

Pour la Commission « Justice, Paix et Développement »

18 mars 2012

  

http://www.diocese-de-papeete.com/index.php?option=com_content&view=frontpage&Itemid=13

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