LA C.P.S. : ORGANISME PRÊTEUR ?

Publié le par N.L. Taram

(code recherche : SOCCPS)

Tout d’abord une précision que certains journalistes, blogueurs et commentateurs semblent méconnaître : LES EMPRUNTS NE PEUVENT PAS ÊTRE UTILISÉS POUR LE BUDGET DE FONCTIONNEMENT.

 

Article 144 : (modifié par LO n° 2007-1719 du 7 décembre 2007, art 17-V, 31-1 et 34-V) I. –

….. Le budget de la Polynésie française est en équilibre réel lorsque la section de fonctionnement et la section d'investissement sont respectivement votées en équilibre et lorsque le prélèvement sur les recettes de la section de fonctionnement au profit de la section d'investissement, ajouté aux recettes propres de cette section, à l'exclusion du produit des emprunts, et éventuellement aux dotations des comptes d'amortissement et de provision, fournit des ressources suffisantes pour couvrir le remboursement en capital des annuités d'emprunts à échoir au cours de l'exercice.

 

Budget fonct recette

 

La Caisse de Retraite de la CPS, a-t-elle le droit de faire des prêts ?

Les textes de la CPS sont peu clairs à ce sujet (quoique la commission qui a donné un avis se nomme « Commission chargée des affaires immobilières et des placements ») :

Chapitre 3 - Fonds de réserve

Article 28. - (Délibération n° 95-128 AT du 24 août 1995) Pour assurer la garantie aux bénéficiaires du service des prestations prévues par la présente délibération, la Caisse de prévoyance sociale dispose d'un fonds de réserve alimenté par l'ensemble des ressources du régime disponibles à la fin de chaque exercice, représenté par la différence entre les recettes de tous ordres et les dépenses techniques (y compris les frais de gestion et de fonctionnement) de ce même exercice. Ce fonds de réserve ne pourra, en aucun cas, être inférieur à 5 fois la moyenne annuelle des dépenses constatées au cours des trois derniers exercices.

 

Enfin, quelles sont les conditions de cet emprunt demandé par le Pays et quels sont les investissements envisagés ?

D’après le site Tahiti-info :  Hiro Tefaarere, qui affirme avoir été le messager de Pierre Frébault dans cette affaire, explique cette « contre-proposition » de dernière minute : « elle consistait à ramener la durée du remboursement à 7 ans au lieu de 10, et à pousser le taux de 3 à 3,8%. Avec cette contre-proposition, la CPS allait récupérer 7 milliards en 7 ans, sans risque étant donné qu’à côté il y avait des garanties et des hypothèques sur certains biens appartenant au pays ».

La CPS n’aurait pas récupéré 7 milliards, mais 5.788.311.970 FCFP soit 788.311.970 d’intérêts :

Prêt de 5.000.000.000 fcfp sur 7 années, au taux de 3.8 %.
Vos échéances s'élèveront à 826.901.710 fcfp

Echéance

Principal

Intérêts

Reste

Remboursé

1

    636901710

    190000000

   4363098290

    826901710

2

    661103970

    165797740

   3701994320

   1653803420

3

    686225930

    140675780

   3015768390

   2480705130

4

    712302510

    114599200

   2303465880

   3307606840

5

    739370010

     87531700

   1564095870

   4134508550

6

    767466070

     59435640

    796629800

   4961410260

7

    796629770

     30271930

         20

   5788311970

 

   5000000000

    788311970

 

   5788311970

 

 

L’avis d’Opahi Buillard :

 

C’est non. Pas de prêt au pays. Ronald et ses acolytes ont gagné. Oui, mais quoi au juste ? J’ai eu beau chercher un début de réponse sensée dans la presse, en écoutant les ondes radios, la télévision. Rien. Ils ont juste gagné. Sourire béat au sortir du Conseil d’Administration de la CPS, Ronald a simplement lâché avoir sauvé notre argent. Y avait-il péril en la demeure ? Non.

La CPS c’est aujourd’hui grosso modo 36 milliards de réserves. Environ 5 milliards sont investis dans l’immobilier, 12 milliards prêtés aux banques à un taux d’intérêt moyen de 1, 5%. La différence près de 19 milliards est placée sur les marchés financiers en actions et obligations. Aujourd’hui la CPS mise donc plus de 50% des nos réserves sur des marchés à risques. Tous les économistes affirment que nous traversons actuellement une crise sans commune mesure avec l’effondrement des marchés financiers de 2008. Sachant cela, est-il  raisonnable que la CPS de risque aujourd’hui plus de 50% de nos réserves sur ces marchés ?

De plus, la  CPS vit principalement des cotisations des salariés et du patronat. N’aurait-elle pas intérêt à faciliter la création d’entreprise et l’emploi ? En refusant de prêter les  5 milliards destinés à l’investissement (c’est-à-dire aux patrons créateurs d’emploi)  ne coupe t’elle pas  la branche sur laquelle elle repose ? Alors que les membres du conseil d’administration insistent sur l’urgence de la relance économique, il faudra qu’ils  nous expliquent  en quoi le fait de placer plus de 50% de notre argent à l’extérieur du pays facilitera la création d’emploi local.

Vous aurez compris qu’en refusant le prêt de 5 milliards au pays, la CPS n’y  gagne pas grand-chose.  Mais le plus grave dans cette affaire, c’est qu’en se  désolidarisant de la puissance publique en pleine crise, elle bloque délibérément la relance économique, et donne une bien triste image de solidarité aux 2 000 jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail et peinent à trouver un emploi.

Opahi BUILLARD

Publié dans Economie PF, Société

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Christian Penilla y Perella 04/10/2011 21:07



Taram


 


Au niveau de la politique agricole il ne suffit pas de produire de la quantité mais produire de la qualité pour que le consommateur consomme.


Il y a toute une mentalité à changer. Il n'est pas question de produire des kilo immangeables comme la fameuse coopérative implantée à Mamao à une époque.


Si on livre des avocats trop verts et dont le tiers pourrit avant d'être cosommé, le consommateur n'en achète plus. Il en est de même des mandarines si acides qu'elles sont à jetter. Ou
des melons qui puent les produits chimiques et qui ont le goût d'une mauvaise eau du robinet.


Il y a aussi le problème des prix de revient et naturellement le prix de vente. Là on est souvent morts devant les produits importés. Ce n'est pas la faute de nos agriculteurs mais de la
taille des marchés. ( Comment dans un pays où tout est cher peut on produire moins cher ou au même prix que l'importé: Exemple: Entre le prix d'une camionette en métropole et à Tahiti, il n'y a
pas photo. Cela rentre dans le prix de revient de la production locale)


Si je  parle de la commercialisation des produits agricoles , c'est que pendant toute ma vie professionnelle (48 ans), j'ai eu comme clients de très nombreux magasins
d'alimentation. 


On sent qu'il n'y a pas l'amour de son métier , on produit pour produire. Il y a heureusement quelques exceptions.


C'est un des grands problème des revendeurs sérieux en Polynésie: qualité et prix de vente.


Alors relancer l'agriculture, d'accord, mais ne pas faire n'importe quoi ett ne pas trop rêver.


.........................................................................................................


Pourquoi tant d'argent sort de la Polynésie pour travailler ailleurs ?


Par ce que l'argent qui ne travaille pas s'érode, se dévalue avec l'inflation.


Par ce que nous ne produisons pas, ou si peu.


Par ce que notre économie est artificielle. Nous fonctionnons comme un comptoir.


Par ce que nous sommes trop petits pour mettre cet argent en valeur.


Par ce qu'un grand ensemble économique est moins perturbé et dangereux qu'un petit ensemble économique comme la Polynésie.


Je m'arrête, il y a encore d'autres raisons comme notre monaie complètement dépendante de décision politique.


Alors cet argent travaille ailleurs.



Christian Penilla y Perella 04/10/2011 09:20



Taram


 


Seul le pragmatisme doit être maître de nos décisions.


Ce que vont penser les ceci et les cela ne doit pas être pris en compte.


Cet argent, c'est des retraites futures; la décision est grave de portée.


Cinq millards ne se trouvent pas sous le sabot d'un cheval.


Quand les banques ne prêtrent plus il y a des soucis à se faire.


Ce qui est certain c'est la situation financière du pays(?) est grave. Ce qui est sûr aussi c'est que la communication de nos élus est nulle. Par contre ce qui est plus qu' évident, c'est
que depuis 2004,  il faut être aveugle pour ne pas voir que Paris fait tout pour casser le gouvernement Indépendantiste. Ne pas le reconnaitre c'est d'être de mauvaise foi.


Cela n'arrange pas notre économie et la vie de la majorité des polynésiens. Et se sont les plus vulnérables de notre pays qui vont comme toujours  le plus en souffrir.



N.L. Taram 04/10/2011 09:51



Bonsoir Christian,


Pour être pragmatique, faut-il encore être en possession de tous les renseignements nécessaires. Mes amis me demandent souvent mon avis et même d'étudier un projet, mais je suis obligé de
quémender les renseignements. Quant à certains documents c'est du n'importe quoi. Je travaille en ce moment sur "Politique agricole pour la P.F." d'un certain ministre de l'économie rurale : 86
pages dont une majorité de "yaka" et "faukon". Pour les chiffres, je comprends mieux ; Quoique, par exemple : Papaye, 402 tonnes en 2009, il faut passer à 800 tonnes en 2018, il faut 10
hectares supplémentaires..... ???? Je vais m'amuser à additionner tous les hectares suplémentaires qu'il faukon, je te tiendrai au courant.



Taram 04/10/2011 07:02



 


 


 





 


Papeete, le lundi 3 octobre 2011


 


  


CPS : le non à la relance


  


Le refus du Conseil d’Administration de la CPS
de répondre à la demande du prêt de 5 milliards formulée par le gouvernement est une décision qui ressort uniquement d’un positionnement  politique
néfaste pour le pays et l’emploi. La sortie de crise dont se plaignent la majorité des administrateurs et des Polynésiens en est rendue plus 
aléatoire.


 


 Quand le président de la CPS parle, à plusieurs
reprises, de « donner » l’argent ou de « subvention », il trompe ses interlocuteurs ainsi que les téléspectateurs. Il s’agit d’un prêt, et non d’un don, à un taux plus
avantageux de ceux que la CPS obtient auprès d’emprunteurs extérieurs au pays. Pire, ces prêts à l’extérieur, l’argent des cotisants polynésiens, permettent de créer de la richesse hors du pays,
alors qu’en acceptant la demande du gouvernement, c’est tout le pays qui en aurait bénéficié par la création de chantiers et d’emplois. C’est cela la relance. Les administrateurs en sont
parfaitement conscients puisque le résultat du vote a été acquis par 14 voix pour contre 12 pour.


 


Selon un quotidien, sur les 36 milliards de réserves de la Caisse, 12 milliards sont prêtés
aux banques à un taux de 1,5% et plus de la moitié, 19 milliards sur les marchés dits à risques.


 


Cette petite majorité du conseil d’administration a montré qu’elle n’est pas conduite par un
souci de bonne gestion mais par son obstination à faire obstacle au gouvernement indépendantiste tout en s’offrant le luxe de lui faire publiquement la leçon. Si le CA veut donner des leçons de
bonne conduite, il devrait commencer par revoir sa façon de gérer l’argent des cotisants sur les marchés à risques,  les salaires très confortables
des employés, relevés récemment en pleine crise, et tous les avantages en divers soins, voyages, dont ne bénéficient pas ceux qui paient : les cotisants.


 


Qu’est ce qu’en disent les actuels et futurs retraités ?