LES MAISONS (Le prophète), Khalil Gibran

Publié le par Taram N.L.

Grâce à une amie qui est venue me rendre visite, j’ai découvert… ma maison.
Je cite son article sur son blog :

« Comment traduire la quiétude de ce lieu, où toutes les fleurs et les arbres s’entrecroisent harmonieusement et de manière si naturelle, les odeurs parfumées, les cris des coqs qui coursent les poules jusque dans les branches des manguiers, le bruit des cocos qui tombent lourdement sur le sol ?  Impossible ! Les bruits du jardin participent de sa vie et de ses couleurs.

Je ne sais pas, du fare ou du jardin, lequel est dans l’autre tellement l’osmose est parfaite.

Est-ce le jardin qui a poussé autour du fare, ou le fare qui a poussé au milieu du jardin ?

Avec toutes les fenêtres ouvertes, les deux communiquent étroitement.  

Le tout est bercé par le bruit éternel des grosses vagues de la plage de sable noir, régal des surfeurs, qui remonte son doux murmure. Au bout d’une heure je ne l’entendais plus, car je me sentais adoptée par les lieux si verdoyants et pacifiquement agréables. » 

Il ne me reste plus qu’à vous conseiller d’aller sur son blog, tout le reste est de la même qualité >>> http://sylvianeg.blogspot.com/ 


 

Les maisons

 

(Extrait du « Prophète » de Khalil Gibran)

 

Alors un maçon vint et dit, Parlez nous des Maisons.

Et il répondit et dit :
Construisez dans votre imaginaire une retraite dans le désert, avant de bâtir une maison dans l'enceinte de la ville.
Car de même que vous vous en retournez chez vous au crépuscule, ainsi en est-il du voyageur qui est en vous, l'éternel isolé et solitaire.
Votre maison est votre corps déployé.
Elle s'épanouit au soleil et dort dans le silence de la nuit ; et ne reste pas sans rêves. Votre maison ne rêve-t-elle pas, et rêvant, quitte la ville pour la forêt ou le sommet de la colline ?
O, si je pouvais rassembler vos maisons dans ma main et tel un semeur les éparpiller dans la forêt ou dans la prairie.
Que les vallées soient vos rues et les verts sentiers vos allées, que vous puissiez vous chercher à travers les vignes, et revenir avec les senteurs de la terre dans vos vêtements.
Mais le temps pour ces choses n'est pas encore venu.
Dans leur peur, vos aïeux vous ont rassemblés trop près les uns des autres. Et cette peur durera encore un peu. Encore un peu, les murs de vos cités sépareront vos foyers de vos champs.
Et dites-moi, peuple d'Orphalese, qu'avez vous dans ces maisons ? Que gardez-vous derrière ces portes verrouillées ?
Avez-vous la paix, la force tranquille qui révèle votre puissance ?
Avez-vous des souvenirs, ces voûtes scintillantes qui enjambent les sommets de l'esprit ?
Avez-vous la beauté, qui mène le cœur des choses façonnées dans le bois et la pierre vers la montagne sainte ?
Dites-moi, avez-vous ces choses en vos demeures ?
Ou n'avez-vous que le confort, ou la convoitise du confort, cette chose furtive qui se glisse dans la maison comme un invité, puis devient un hôte, et puis un maître ?
Oui, et il devient dompteur qui avec fourche et fouet fait des pantins de vos plus généreux désirs. Bien que ses mains soient de velours, son cœur est de fer.
Il vous berce jusqu'au sommeil, afin de rester à votre chevet et se moquer de la dignité de la chair.
Il se moque de vos sens qui sont robustes, et les couche dans l'ouate comme des vases fragiles.
En vérité, le désir du confort assassine l'ardeur de l'âme, et suit en ricanant ses funérailles.
Mais vous, enfants des espaces, vous dont le repos est toujours tourmenté, vous ne serez ni capturés ni domptés.
Votre maison ne sera pas une ancre, mais un mât.
Elle ne sera pas une étoffe chatoyante qui couvre une plaie, mais une paupière qui protège l'œil.
Vous ne replierez pas vos ailes afin de pouvoir franchir les portes, ni ne courberez vos têtes de sorte qu'elles ne heurtent le plafond, ni ne craindrez de respirer, de peur que les murs ne se fissurent et tombent.
Vous ne résiderez pas dans des tombes faites par les morts pour les vivants.
Et même regorgeant de magnificence et de splendeur, votre maison ne retiendra pas votre secret, ni n'abritera vos désirs.

Source : http://wikilivres.ca/wiki/Le_Proph%C3%A8te 

 

 

 

 

Publié dans Littérature, Khalil Gibran

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christian Penilla y Perella 19/10/2009 11:28


  Taram , où je te classe ?
    Comme je ne t'ai jamais entendu parler pour  nous  cela rassure  , ni jouer au tahitien  cela me rassure encore plus 
   Quand tu as découvert la Polynésie  , la simplicité et l'innocence avec  la quelle tu t'es glissé dans les draps de notre fenua  fait que je te classe
dans ceux qui sont perdus pour la France . 
    Je constate que la Polynésie t'a fagocité ............et j'ai la prétention de dire , pour ton bonheur . 
    On ne s'adopte pas  , on doit être adopté . C'est comme les enfants faamu . Ils viennent d'une autre famille , n'ont pas de lien de sang mais ont une nouvelle famille
qui peut devenir comme un lien de sang . C'est pleinement le sens de ce mot tahitien . On te nourri comme les enfants de ta chair .    


Taram 19/10/2009 11:34


Christian,
J'ai un petit texte tout prêt, tu l'as peut-être déjà lu, j'ose pas le publier sur ce blog, je te l'envoie par mail...


sylvie-anne 19/10/2009 07:17


Très heureuse de t'offrir les mots que ton fare dans son nid de verdure m'ont inspirée.  Reste un goût de reviens-y !
Je ne connaissais pas cet auteur. C'est très beau, j'ai relu trois fois.


Taram 19/10/2009 07:37


Bonjour Sylvie-Anne,
Je t'enverrai par mail le lien d'un site où tu trouveras l'intégrale du "Prophète".
Et voici le lien d'un extrait d'un de ses livres que j'avais passé sur ce blog
http://tehoanotenunaa.over-blog.com/article-34456725.html


christian Penilla y Perella 19/10/2009 06:55



          Les personnes qui sont arrivées dans notre pays avant le grand chamboulement de CEP avaient le choix entre ignorer le nouveau monde qui se
présentaient à eux et reproduire les shéma de vie de métropole ou bien essayer de comprendre la vie des polynésiens et de s'y adapter . 
           Par contre si ils  font partie des européens qui prétendent avoir tout compris de notre pays dés le premier abord , ces gent
qui en suite pensent pour nous et parlent pour nous et se prétendent tahitiens . Si ils se prétendent tahitien c'est qu'ils oublient que l'on ne sera jamais dans la peau de l'autre . On ne
sera alors qu'un herzat . Il en est de même dans l'autre sens .
           Ce qui fait la richesse de notre pays c'est ce que nous nous apportions mutuellement . Ce pas de l'un vers l'autre fait que nous nous
comprendrons mieux tout en gardant chacun notre identité . 
    Le regard de l'autre sur nous nous permets aussi de mieux nous comprendre nous même et de renforcer notre particularité tous en nous permettant de mieux connaître nos qualités
et nos défauts . 
    Heureux celui qui c'est établi en Polynésie et qui a su garder cette richesse et cette qualité de vie d'une autre époque . La convivialité et le rapport humain d'égal à égal
dans le respecc de l'autre même quand il était différent .  



Taram 19/10/2009 07:11


Bonjour Christian,
Je ne sais pas dans quelle catégorie tu me classes... moi qui suis à Tahiti comme un "poisson dans l'eau", mais qui ai gardé ma culture d'origine.. et qui n'a jamais été capable de planter quelque
chose (hum ! je parle des végétaux )