LA MÉMOIRE COURTE

Publié le par N.L. Taram

L’état français a vraiment la mémoire courte !

Il vient de taper sur les doigts de nos représentants politiques et syndicaux par l’intermédiaire de son représentant le haut-commissaire.

 S’il a partiellement raison sur quelques dérives dans la gestion des finances du Pays pendant quelques décennies, il oublie LA RESPONSABILITÉ DE L’ETAT FRANÇAIS, comme le lui rappelle Joinville Pomare dans sa lettre ouverte du 14 mai dernier (1)

Joinville Pomare

JP - “Ce qu’oublie de dire le professeur Colrat, c’est que pendant plus de 40 ans, l’État français a tout laissé faire dans notre pays. La Polynésie a été pendant 40 ans le centre d’essais nucléaires de l’État français. Pendant 40 ans l’État français a corrompu, acheté, et fait taire l’élite, les hommes politiques et les hommes d’église de ce pays. (…) La petite dictature insidieuse sous forme de démocratie que votre État a soutenue depuis 40 ans, pour que vos essais nucléaires se fassent sans vague aucune, a laissé des traces. (…) Venir ce jour donner des leçons de morale et punir toute la population de la Polynésie, pour des écarts que l’État français a lui-même provoqués, en achetant toutes ces élites, politiques et hommes d’église, c’est quand même gros”.

Qu’ont fait les trésoriers payeurs généraux, les contrôleurs financiers, les agents comptables de l’état pendant toute cette période ? Ils sont aussi responsables que les ordonnateurs, pourtant on ne les voit pas dans le box des accusés….

retombees centaure 1

Rappelons une fois de plus que la Polynésie a servi de champ d’expérimentation  pour 193 essais nucléaires (17 au Sahara). Sans plaisanter, les responsables appelaient cela des « bombes propres » !!! 239 cas de cancers de la thyroïde survenus entre 1966 et 1999 (INSERM, rapport censuré par le ministère des armées), les retombées sur Tahiti lors de l’essai Centaure le 17/07/74 (en particulier sur la presqu’île et la côte est), sans oublier Mangareva aux premières loges pour le spectacle et ses conséquences (2)….

 

colonisation

JP - “Quel développement la France a-t-elle insufflé à la Polynésie depuis 1842, à part faire plaisir aux nervis qui l’ont servi en leur attribuant un outil (autonomie) dont le concepteur (l’État français) n’a jamais préparé les hommes et femmes de ce pays ?”

Pour ceux qui ont encore des doutes sur la période « coloniale », je leur recommande la lecture du Mémorial Polynésien (6 volumes). Prenons un seul exemple qui nous concerne actuellement, la Caisse de Retraite : Comment se fait-il qu’elle existe depuis 1910 (par capitalisation) et 1941 (par répartition) chez les français à part entière et seulement depuis avril 1966 chez les français à part de Polynésie, alors que cela était de la compétence de l’état ? Si j’ajoute qu'en raison de l’absence de contrôle de la part de l’inspection du travail sur les inscriptions à la CPS, celle-ci a dû créer une Allocation Complémentaire de Retraite (ACR) afin de donner un revenu minimum à nos anciens (50% du SMIG). Cet ACR a puisé jusqu’en 2002 dans les réserves du régime salarié : conclusion, le « trou » était de 10 milliards CFP fin 2002.

Thiry

 

Qu’est devenue la promesse du général Thiry, grand chef de l’armement nucléaire, qui déclarait en avril 1963 « Si les projets actuels (ndlr : CEP) devaient cesser, ils seraient remplacés par d’autres » ?  et, peu après « Si cette situation menaçait, il ne faudrait pas hésiter à recourir aux mesures d’autorité... ».

La suite, nous la subissons maintenant…

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(1) Je ne partage pas les idées de Joinville Pomare, mais « une fois n’est pas coutume », je suis assez  d’accord avec le sens de sa lettre.

(2) Dialogue entre 2 vétérans dont Olivier, appelé du contingent à Mangareva en 1966 :

Claude : S'il était prévu d'éventuelles retombées radioactives, d'ou l'arrosage, est-ce qu'une gouttière et un puits avaient été prévus ou est-ce que l'eau chargée tombait bêtement au pied du bâtiment et filait directement à la mer en abandonnant les particules sur place?

Olivier : Tout autour de l'abri, on avait fait un caniveau donnant sur un égout qui débouchait sur le lagon. En résumé, on prélevait de l'eau polluée du lagon que l'on balançait sur le toit de l'abri et cette eau était aussitôt évacuée dans le lagon bien sur sans retraitement. Etait-ce efficace ? je laisse aux spécialistes le soin de me convaincre. Je peux même rajouter que j'ai eu le témoignage d'une mangarévienne qui a vécu ces événements, que la population avait senti l'inefficacité de ce système puisqu'au bout de quelques essais après 1968, ils ne voulaient plus s'y mettre à l'abri compte tenu de la promiscuité et l'inefficacité de ce système malgré l'obligation des autorités.

 

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HNT 18/05/2010 09:38



Ia Orana Taram,


Article excellent


Faaitoito



N.L. Taram 18/05/2010 09:42



Ia orana HNT,


Merci de ta visite. "Courage" ? il m'en reste suffisamment pour continuer à écrire et à dire ce que je pense... et cela jusqu'à la fin. N'en déplaise aux grincheux !



SAINT ETIENNE Claude 18/05/2010 09:15



Bonjour Christian,


 L'esprit de synthèse et d'économie n'est pas au programme, nul part. Nous marchons sur la tête.


Avant nous avions un département avec à sa tête un préfet qui appliquait la loi et gérait le budget, aidé d'un conseil d'élus (un par canton) pour les
priorités, les affectations et les demandes nouvelles.


Maintenant, en plus, car nous avons conservé l'ancienne structure, nous avons un conseil régional regroupant plusieurs départements, une pléthore de
conseillers qui s'occupent plus de la découpe des zones politiques en vue des prochaines élections que du terrain. Le chef est un mini président de la république (avec la pompe y afférent).
Ils ont partagé le boulot entre copains et à ce titre ont créé des syndicats (eau, électricité, transports etc....) chaque syndicat étant lui aussi divisé (avec le copain adéquat à la tête) pour
l'eau il y a la distribution, la qualité, le recyclage, les réseaux enfouis etc.... Maintenant on parle de divisé encore les attributions, pour nous, il y aurait encore un nord pays d'auge et un
sud?...Encore une mini mairie, une secrétaire et un photocopieur tout en oubliant pas la voiture de fonction et le représentant margé environ 3 000 €. Combien de postes de ce types la ont été
créés dans un endroit qui auparavant se débrouillaient tout seul en clôturant avec des comptes excédentaires. Combien de ces types, devenus intouchables (ils le croient eux), mélangés au moins à
trois de ces "responsabilités" se partagent un gâteau de frais de fonctionnement sans s'occuper du travail à faire, sauf ces interminables palabres qui n'avancent à rien.


Rien que sur l'eau, aucune mesure sérieuse de faite et quand elles le sont s'il y en a, les résultats sont tus  par ces pseudo autorités qui
n'y connaissent rien. Les particuliers et les maires restent dans l'ignorance la plus totale


Exemple: 0.10 seuil limite autorisé pour les nitrates.


0,7 de constaté.


Dans cette constatation ces types appellent le 0.10 qualité, et prétendent que après ce n'est plus de la qualité, c'est pas bien mais on améliore
tous les jours... On a le droit de la consommer "par dérogation".


Effarant, des femmes enceinte, des nourrissons boivent une eau saturée de pesticides, de nitrates, de médicaments et plus grave d'aluminium sous le
couvert de ces types qui sans cessent remettent en questions leurs salaires mais aucun de ces "responsables" n'avait eu l'idée de mesuré le radon dans un pays ou l'on sait qu'il existe(gaz chargé
de particules nucléaires). Un journaliste avec l'aval de la CRIAD) a trouvé 27 000 Bq alors que le seuil est de 1 000 Bq. Ces types qui n'ont pour seules connaissances que la soumissions à
leurs copains bien placés ont pour toutes réponses "nos grands parents buvaient cette eau avant", ne paniquons pas.


Un rappel au passage de la certitude des tirs propres que tu connais si bien.


Voilà nos institutions en France, celles dont nous sommes fières et voulons exporter le modèle (chez vous entre autre). Y'en a quand même qui manquent
pas d'air.


Il est bon de savoir, (il s'agit d'une anecdote) qu'ici on a refusé la titularisation d'un chauffeur modèle (de car), 18 ans de service (donc
emploi précaire), ne refusant aucun travail supplémentaire, même celui de faire les poubelles etc... Et cette titularisation on l'a donnée à une nouvelle venue (6 mois d'ancienneté) et l'on
vient de découvrir maintenant qu'elle n'a même pas le transport en commun pour conduire un car scolaire.... Tu vois Christian, nous aussi on crève de cette gestion aussi débile qu'inefficace mais
chère.....Très chère



N.L. Taram 18/05/2010 09:35



Bonjour Claude,


Au début de ton texte, je croyais que tu parlais de la Polynésie... Ben non c'est de la France !


Qu'est ce que ça y ressemble... Tu vois, pour une fois, nous avons suivi le "bon exemple" du bwana  ou plutôt




christian Penilla y Perella 17/05/2010 21:09



SAINT ETIENNE Claude


Avant le grand bouleversement économique et social provoqué par l'installation d'une base de tirs nucléaires notre économie était toute autre . Notre budget territorial était légèrement
excédentaire . Travaillant  dans la commission des finances de l'Assemblée Territoriale en 2004 j'ai même appris, preuves à l'appuit , d'un fonctionnaire du Haut Commissariat que la
France à l'époque puisait dans les ressouces du territoire pour payer certains fonctionnaires de l'Etat français .


     Avec la mise en place des communes contre l'avis du gouverneur Sicurani ( un des meilleurs gouverneur que nous ayons eu ) nous avons considérablement alourdi le
fonctionnement du pays . Les communes sont des entitées d'Etat mais financées en trés grande partie par le FIP qui puise cet argent dans les taxes et impôts. En réalité ce que la France a
abandonné de la  main droite au niveau du pouvoir , l'Assemblée Territoriale , cette même France l'a repris de la main gauche par les communes . Il ne faut pas oublier aussi que 73 à 76
pour cent des taxes et impôts sont utilisés pour payer les fonctionnaires et para-fonctionnaires que sont les agents communaux . Nous avons une stucture pour fontionner qui équivaut à une
population en millions d'habitants alors que nous sommes à peine deux cent soixante dix mille . Sûr que plus le pays étant  petit certaines dépences de fonctionnement sont
incompressibles mais une cure d'amaigrissement est obligatoire si nous voulons nous en sortir . En premier il faudrair revoir les SEM qui empiètent sur le domaine privé et dont le fonctionnement
est exorbitant par rapport à leur rendement . Revoir aussi l'organisation de la fonction publique pour optimiser son rendement et revoir le renouvellement des fonctionnaitres et leur répartition
. Il y a des secteurs surchargés et d'autres avec plétore d'employés .  En plus  toutes ces subventions qui sont souvant données dans un but électoraliste , ce n'est un secret pour
personne . Dans ce pays nous creuvons sous les charges de fonctionnement . Nous allons pas mais sommes déja en plein dans le mur heureusement  une équipe de spécialistes est arrivée de
France pour faire l'état des lieux , il était temps . C'est notre dernière chance de remettre tout à plat .


      Revenons aux communes . A l'époque il y avait Papeete à Tahiti  , Uturoa à Raiatea en suite nous avons eu Pirae Arue et Faa'a et tout c'est emballé . On
pouvait constituer de nouvelles communes , c'était même nécessaire ,mais pas consteller la Polynésie de communes . Les chefferies pour une grande partie de la Polynésie auraient fait l'affaire et
seraient moins lourdes à supporter pour les deniers publics . En France on a choisi la voie du regrouppement mais en Polynésie on achoisi la voie de la fragmentation . Comprendra qui pourra ! ! !


       Claude , ce petit apperçu t'éclairera un peu sur les particularités de la Polynésie et sur l'énorme  challenge pour redresser la situation
.   


 



christian Penilla y Perella 17/05/2010 11:48



SAINT ETIENNE Claude ,


    En Polynésie cela ne se passe pas comme en France . Vous , vous êtes des français à part entière , nous nous sommes des français à part , ce n'est pas une plaisanterie mais une
triste réalité . Si demain la France n'a plus besoin de nous elle aura mille raisons de nous larguer  en gardant par exemple les Marquises pour posséder un pied dans cette zone du Pacifique
. Nous aurions été largués avant l'arrivée du CEA et du CEP , à une époque , ne déplaise à certains , où l'on pouvait se passer de la France la situation aurait été  complètement
différente . Maintenant que le pays est devenu ingérable économiquement et politiquement la France a beau jeu de faire du chantage . Tu vois , Claude , la chose est devenue
 terriblement compliquée pour nous .



SAINT ETIENNE Claude 17/05/2010 11:21



C'est vrai que la gestion chez vous est assez compliquée mais peut être le temps est-il venu pour demander aux ministères concernés, des
explications de texte sur les déclarations de leur représentant. En métropole, des préfets ont été déplacés pour abus d'autorité et d'autres pour non observation du devoir de réserve. L'état
en des temps qui ne sont pas si lointains, n'a pas hésité à renvoyé des ambassadeurs ou un certain préfet de Corse qui n'en faisait qu'à sa tête.



N.L. Taram 17/05/2010 11:27



Mais peut-être que leurs déclarations n'avaient pas plu au président de la république, ce qui, je pense, n'est pas le cas pour notre Haussaire.



christian Penilla y Perella 17/05/2010 11:08



SAINT ETIENNE Claude , bonsoir ,


       La Polynésie est gérée à l'ancienne comme une Colonie ou un Comptoir . C'est la forme qui a changé , c'est seulement plus hypocrite . Pouvanaa a Oopa disait
déja à l'époque : Les deux grands principes de la France sont " La raison du plus fort est toujours la meilleure et diviser pour règner " . Elle est maître dans l'art et la manière .


      Quand nos élus ( du peuple ) se sont opposés de passer de 44 élus à 57 élus à l'Assemblée Territoriale , ce qui au passage alourdi le budjet de fonctionnement du
pays , l'Etat français à fait la sourde oreille . La France fait ce qu'elle veut , comme elle veut et quand elle veut . Point barre .



N.L. Taram 17/05/2010 11:25



Si l'on compare la Polynésie aux autres collectivités d'Outre-mer, nous avons 57 représentants pour 260.000 habitants, la Guadeloupe 41 pour 405.500, la Guyane 31 pour 221.500, la Martinique 41
pour 398.000... Mais en Nouvelle-Calédonie 76 pour 245.500, à StPierre et Miquelon 19 pour 6.345, à Saint Barth 19 pour 8.398.


D'après tout les calculs et estimations que j'ai pû faire, il ne faut pas descendre en dessous de 41 et maxi 47 (cela avec une prime majoritaire de 25%), pour avoir une majorité stable de 3 à 4
sièges en plus.



SAINT ETIENNE Claude 17/05/2010 09:41



Les faits passés étant historiques, au lieu de partir en explication de texte, pourquoi n'y a t-il pas une réponse diplomatique de l'assemblée, demandant
des explications sur cette humiliation voire ingérence et le comportement colonialiste de ce monsieur et pourquoi pas la demande de son renvoi?



N.L. Taram 17/05/2010 10:30



Bonjour Claude,


Ce monsieur est un fonctionnaire de l'état, il dit ce qu'on lui donne l'ordre de dire, comme ces prédecesseurs. Sauf que le langage a changé et c'est justement cela que dénonce Joinville
Pomare... Donc, contrairement à lui, je ne m'adresse pas à monsieur le Haut-commissaire Colrat mais à l'Etat.


Quant à notre assemblée, ils sont en train de chercher une majorité....



christian Penilla y Perella 17/05/2010 04:51



Taram


" L'état français a vraiement la mémoire courte "


    Mémoire courte et surtout sélective .



christian Penilla y Perella 16/05/2010 23:33



Taram


    Il en est de même pour moi trés souvent je ne partage pas les idées de Joinville POMARE et même parfois je le considère comme dangereux quand il met trop en avant un certain
nationnalisme qui peut exciter les plus faibles et les plus manipulables . Il agit souvent comme un homme d'un autre temps .


 


        Avec Joinville POMARE nous nous connaissons trés bien depuis fort long temps .


    Par contre je suis entièrement d'accord avec ce qu'il exprime dans sa lettre sur la responsabilité de la France dans la situation actuelle du pays  . Néanmoins cela
ne dédouane pas les erreurs commises par les polynésiens .