La peur du citoyen

Publié le par Tarm N.L.

Fin de l'histoire-géographie en Terminale : la peur du citoyen

Fin de l'histoire-géographie obligatoire en Terminale S soit pour plus de la moitié des lycéens des filières générales. Vagues questions d'actualité pour ceux des terminales S et ES. Epreuve anticipée pour tous en fin de première après des programmes menés au pas de charge afin de ne pas laisser la place à la discussion et au débat durant les cours. Pas de doute, la réforme du lycée version Luc Chatel a soigneusement pris soin d'écarter de ses priorités la formation de futurs citoyens.
Pire, force est de constater qu'il s'agit bien d'une volonté délibérée d'éloigner les élèves de la compréhension du monde : analyser le présent et mieux appréhender le futur par la connaissance de notre passé ou encore comprendre les grands équilibres qui sont ceux de notre époque contemporaine. Sans doute le monde tel qui va, l'ordre globalitaire qui résulte du capitalisme financiarisé est-il à ce point indéfendable qu'il vaut mieux le cacher aux yeux des élèves, futurs salariés, futurs électeurs, futurs citoyens.
« Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » disait Rabelais. Ce sont pourtant les futurs savants de la nation que l'on veut dépourvoir d'esprit critique pour en faire des outils plus aisément manipulables par le capital et ses tenants politiques. C'est là un retour en arrière de plusieurs siècles d'autant plus dangereux qu'il s'accompagne d'une conception patrimoniale de l'éducation artistique, qui tourne le dos à toute culture par-dessus les frontières et les nations (« Notre lycée doit donner enfin à la culture la place centrale qui lui revient. La culture française est l'identité de notre pays. Nous devons faire partager ce trésor aux lycéens. (...) Le devoir de l'école est de transmettre à chacun notre patrimoine commun, qui est fondamentalement culturel. (...) Il est urgent de développer leur regard critique et d'ancrer leur rapport à l'image dans une culture patrimoniale » Sarkozy le 14 octobre 2009).
A l'inverse, le Parti de Gauche met au cœur de son projet l'émancipation pour le progrès humain. C'est pourquoi le Parti de Gauche souhaite assigner à l'Ecole notamment la mission que Condorcet résumait en son temps par la formule : construire « des citoyens qui ne s'en laissent pas conter mais qui entendent qu'on leur rende des comptes ». Repousser la réforme du lycée, ensemble cohérent qui nie cet objectif, promeut l'autonomie des établissements et s'attaque au caractère national du baccalauréat, est donc désormais une priorité.
François COQ
Extrait du site du Parti de Gauche de l'Hérault  - Merci Lolo34

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christian Penilla y Perella 10/12/2009 20:06


Saint Etienne Claude , Bonjour , 

      Dans mon intervention sur < la rigueur > j'ai fait une erreur , Ma mère et mes tantes n'étaient pas dans l'enseignement privé mais dans l'enseignement public où
existait à l'époque un esprit de rigueur . Où le maître et la maitresse étaient respectés des enfants et des parents . 
     


SAINT ETIENNE Claude 10/12/2009 12:32



Merci Christian je me suis déjà fait cette constation qui me flatte,  non pas pour le regret de l'époque passée mais pour le constat et la
reconnaissance du travail bien fait par ces instituteurs qui faisaient avancé le pays à eux seuls, de plus, avec de faibles moyens pédagogiques.


Bien sûr je pourrais écrire une suite sur la dérive qui s'en est suivie, la baisse de la moyenne (donc du savoir) et l'impensable erreur commise par
cette génération de substitution, qui avec la complicité du ministère de tutelle a commencé sans jamais l'arrêter le trafic des notes. Pour se faire, il a suffit en Français par exemple,  de
supprimer progressivement le nombre de lignes des dictées (10 au lieu de 20), de ne garder que les temps simples (fini les passés composés, simples, antérieurs et autres temps dont le
subjonctif entre autre), de multiplier les mots simples au détriment des mots à l'orthographe par trop compliqué, en facilitant la répétition des le, la, les, du, on... De baisser le
nombre de fautes (en supprimant celles des accents) et même, cerise sur le gâteau, en donnant 1 point positif tous les dix mots écrits correctement.


Pour les autres matières il en est de même, c'est ainsi que progressivement nous sommes arrivés à la dérive de la géographie et l'histoire de France
origine de notre débat.


Ce n'est pas grave de supprimer à un moment un enseignement précis je suis d'accord, mais à condition que les bases antérieures soient présentes, ce qui
est loin d'être le cas avouons le.....


Je pense que tartarin bouge sur son siège?



christian Penilla y Perella 10/12/2009 09:16


Saint Etienne Claude ...........on doit sortir du même moule ! ! ! ! de la rigueur .  
     J'ai cru que j'étais l'auteur de ton texte .
Cela m'a fait bien rire .
    Je suis sorti du moule des Frères de Ploërmel ( de Tahiti ) . Ecole de la rigueur , surtout à l'époque . De la religion chrétienne j'en ai gardé
les principes , du moins le plus possible .
    Ma mère polynésienne était prof de français et certaines de mes tantes comme elle étaient enseignantes dans le privé . Elles ont comme beaucoup de leur génération vécu leur
métier comme un sacerdoce . L'école était là pour faire des citoyens à part entière . Tout les matin une phrase soulignait le haut du tableau , une phrase  qui définissait une règle de vie et
qui était débattue avant le premier cours de la journée .
      Tout a été jetté à l'eau ! ! ! Nous en payons les conséquences .
      Enfant tu es , adulte tu seras .


christian Penilla y Perella 10/12/2009 08:55


Dans une de mes interventions j'ai employé le mot

christian Penilla y Perella 10/12/2009 08:50


         Chef d'entreprise pendant quarante huit ans , formateur et donnant des cours du soir ( bénévolement ) à des adultes pour former des électriciens ,
des électro-mécaniciens et des frigoristes particulièrement à la  fin des années 60 et début des années 70 et y a quelques semaines gérer encore des ateliers de réflexion par groupes de quinze
jeunes d'un collège j'ai un principe . Je détermine à l'avance les règles de travail , la discipline et je suis inflexible . C'est cela ou tu dégages . Je peux vous dire que cela a toujours
marché . Respect mutuel et justice doivent être les bases des relations .
      Les rails mis en place et la signalisation activée on obtient de bons résultats .      


SAINT ETIENNE Claude 09/12/2009 18:28



Le problème actuel de l'école réside dans le fait que nos instituteurs à un moment "M" (en 68) ont perdu l' autorité durement acquise depuis près d'un
siècle, se faisant, abandonnant l'historique passé, la nouvelle génération s'est tournée vers l'inconnu, l'écoute de l'élève et de ses aspirations....Vaste programme, de plus à inventer
au jour le jour...


Le tutoiement de l'instituteur a même été sollicité par ce dernier, la fainéantise, les révoltes et volontés irraisonnées de l'élève non pas été
réprimées,  le bruit même dans la classe était perçu par le maître comme un mode d'expression voire d'épanouissement de cet adulte en devenir.


De fait,  la barrière de l'ascendant qu'avait l'instituteur sur l'élève est tombée sans contrepartie....


Dans le même temps à la maison, les familles faisait de l'enfant, non pas un enfant roi, mais un dieu suprême.


 Les années sont passées et le résultat à ce jour n'est pas brillant dans tous les niveaux de scolarité, du primaire aux études
supérieures, et que dire à la maison....


La génération d'instituteurs qui dans les faits a obtenu le statut maintenant reconnu de tous, s'est impliquée au nom de l'instruction publique et du
devoir, se sentant investie d'une mission, elle a défriché le terrain, essuyé les plâtres sans rechigner, mais toujours avec la pugnacité et le mordant qui la caractérise, ces
magistères ont réussis à communiquer à l'élève, non seulement des bases minimales, un savoir, mais aussi une envie d'apprendre (avec un grand A) car ces élèves  savaient en
sortant de l'école qu'ils n'avaient pas le meilleur niveau, et que derrière, il y avait encore plus à apprendre.


Actuellement les élèves regardent derrière, pèsent leur pseudo savoir, leur niveau, supputent leurs chances, et se disent... "j'en sais assez", où, avec
ce que je sais je peux prétendre à.... Tout celà sous le couvert des autorités complaisantes, doublement intéressées par le départ rapide des élèves pour le marché du travail et l'allègement des
fonctionnaires.


Cette génération d'instituteurs qui s'est substituée à l'ancienne, à beau voir ses membres appelés "professeurs" elle est, force est de
constater, pas à la hauteur de ce que l'instruction publique attend d'elle, et pourtant, que de diplômes, de temps passé en  séminaires pédagogiques et autres. La course est lancée, sur le temps, sur l'argent, sur les mutations, sur les absences, sur les programmes, sur le refus de subir une autorité ou une notation
quelconque, mais des l'instant ou ce professeur n'aura aucune autorité sur un élève par définition "rebelle", de plus, soutenu par sa famille, son temps est perdu pour  la société et le
gosse aussi.


Des devoirs, des leçons, une beigne, des cheveux tirés, une punition doublée, des lignes, des récitations ou des verbes à apprendre, des retenues,
 étaient le secret de la réussite par l'obéissance. Ces punitions étaient comprises de tous, les anciens et les parents qui à la maison, doublaient les punitions.


L'éducation était le fait de tous, il n'était pas rare de voire une grande personne demander à un gamin pourquoi il n'était pas à l'école, et ce
qu'il faisait là sur le trottoir au lieu d'être chez lui, ou bien une vieille dame qui, traversant la route, ôtait le mégot des lèvres du "délinquant" (je ne vous conseille pas d'en
faire autant demain)......


Comme quoi il ne faut pas casser ce qui a été préalablement établi  patiemment par plusieurs générations volontaristes, ça aussi c'est de l'histoire
avec un grand "H" . Il faudrait l'apprendre et en tirer les conséquences, mais quel est celui de nos dirigeants qui en fera l'analyse?... Certainement  pas les énarques aussi obtus que
campés dans leurs certitudes.


Cette analyse est mienne et émane d'un p'tit gars de la république de l'époque, qui a obtenu le certif  en 59.


Merci à madame BARRILT, institutrice dans un village profond du Vexin Normand.

CS




Taram 09/12/2009 08:45


Merci Etetera, Claude, Christian... pour vos longs commentaires.... c'est du bois dont je me chauffe, continuez !
Dans mes publications, je fais le maximum pour être le plus court possible, mais mes jeunes amis me trouvent trop long.
Je serais bref, car je risque de ne pas être lu jusqu'au bout.


christian Penilla y Perella 09/12/2009 07:53


     Je pense que nos enfants sont le produit d'une époque . Actuellement la grande majorité des individus de tout âge ne fait que japper l'information . Trop
 d'information , tue l'information .
     Je suis de la promotion de 1954 , à notre époque nous avions nos études et nos distraction à terre ou en mer , en général sous l'eau et dans la nature .
      Peu d'équipements sportifs mais de loin plus actifs que les jeunes d'aujourd'hui . De nos jours les jeunes sont sollicités 24 h sur 24 h ne serais ce par internet .
Comment leur reprocher de ne pas approfondir leurs connaissances , ils sont saturés , on leur empèche de réfléchir , on raisonne pour eux . C'est du fast food intellectuel . Et l'on est surpris du
résultat ! !  
      En général entre 14 et 18 ans , à l'époque , nous refaisions le monde . Quand je discute avec des jeunes d'aujourd'hui je suis déçu de ce manque de remise en cause de
notre société , nos jeunes semblent anestésiés , fatalistes . Il y a une recherche du coconing et de la charantaise qui déconcerte . Ils semblent blasés de tout .
       En politique le slogan c'est : tous pourris .....point barre et puis plus rien . On se réfugie devant la télé , l'ordinateur ou les écouteurs dans les oreilles
, coupés du monde . Même souvent isolés de leur famille . Peut on à quatre ou cinq discuter d'un problème en étant isolés par de la musique de ses propres écouteurs et en plus chacun sa musique ?
Oui , en sur volant , en zapant tous les sujets . 
     Voyez sur les blogs , si c'est trop long , trop précis , trop documenté , c'est zapé ......on n'a pas de temps à perdre . Du fast food intellectuel .  
      Drôle de société ! ! !


Etetera 09/12/2009 01:15


Ia ora na
Ce n'est pas LA réforme du ministre mais une réforme qui a été pensée par une équipe en place bien avant le ministre actuel (ces équipes ne bougent pas à chaque changement de ministère).
Force est de constater qu'aujourd'hui, on veut que nos enfants aient la tête pleine de beaucoup de choses MAIS les fondamentaux dans tout cela ? A la trappe !!
Je préfère de beaucoup avoir en face de moi des jeunes capables de se débrouiller en toutes situations, sachant rechercher l'information au moment opportun - ... - plutôt que de voir des
"mini-singes savants" à la tête trop pleine de choses dont ils ne comprennent pas grand chose.
A l'époque du bac, j'avais 39 heures de cours officielles et 40 heures réelles par semaine. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Et ils n'en seront pas privés !!! Il faut aussi arrêter de faire croire que l'année du Bac est primordiale pour l'Histoire-Géo sous peine d'en faire des demeurés !! Oh oh ! Ne fait-on pas de
l'histoire géo depuis la primaire ? Si si, depuis la primaire, dixit les cours de ma fille.
Alors relativisons et constatons plutôt les dégâts en terme d'emplois de notre système d'éducation actuel. Ces équipes gouvernementales (donc des fonctionnaires à mettre à la retraite, certainement
puisqu'ils ne pondent que des inepties à la lecture des critiques) travaillent pour y apporter des solutions, non ? Ou, à tout le moins, pour explorer des pistes ... Pourquoi condamner de suite
?
C'est bien une idée de gauche .... :-D Ah ! j'ai réussi à en placer une ! lol


SAINT ETIENNE Claude 08/12/2009 18:31



l’appel à rejeter cette réforme a recueilli 12 577 signatures
(au 7 décembre, 9 h 15), "ne peut que susciter la stupéfaction par son décalage avec les nécessités évidentes".. "Il est impératif
d’annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue" ..."Je juge très négativement qu’on puisse envisager de supprimer le caractère obligatoire de cet enseignement en Terminale"... "amputation, une offense à l’idée que l’on va se faire de l’enseignement général. C’est tellement révélateur de la fermeture culturelle
à laquelle conduit une conception uniquement utilitariste des études. Comme si les matheux ne devaient faire que des maths, les physiciens de la physique" ... "Trop d’élèves seront privés d’un enseignement indispensable à leur culture générale"





Chatel tente l’enfumage et sort l’argument habituel : "Les signataires de cette pétition ont lu sur le papier «  il n’y aura plus
d’histoire-géographie, ils n’ont pas compris qu’il s’agissait d’une réorganisation» 


"l’histoire-géo va garder la place éminente qui a toujours été la sienne dans le système éducatif français et même voir sa place confortée", ose-t-il déclarer à l’AFP,
cité par Libération. Confortée?... en privant
50% des lycéens de Terminale de son enseignement


." C’est toujours pareil avec chaque ministre de ce gouvernement : si l’on conteste ses "réformes", c’est qu’on ne les a pas comprises. . . On voit bien que chacun proteste mais
que Chatel, droit dans ses bottes, incarne la posture de son mouvement de tutelle, seul contre tous, imperméable à tout argument, figé dans sa rigidité idéologique qui laisse présager une
diminution importante et non justifiée des enseignements scientifiques dans leur ensemble et surtout d'un fonctionnaire sur deux.






SAINT ETIENNE Claude 08/12/2009 09:46



Merci Christian pour cette précision sur les USA (j'ignorai). Par contre pour les dictées... Il y a quelques temps un de mes neveux qui venait d'obtenir
avec succès son bac s'est vu proposé de passer le certif....
Pas de problème s'est il dit, pas besoin de révisions que du basique ce machin, simple....
Résultats "nuls" pas reçu.
L'arithmétique n'a rien à voir avec les math (les trains qui en rattrapent d'autres ou les robinets qui fuient....), en géo, les chefs lieux de cantons ou la production principale de Ceylan, dur
dur....En histoire s'il connaissait 1515 il ignorait quels belligérants étaient opposés. Etc...



christian Penilla y Perella 08/12/2009 08:54


        Un grand pays qui s'appelle les USA avait il y a de nombreuses années fait passer au dernier  plan l'histoire et la géographie dans l'éducation
de ses citoyens . Ils s'en sont mordu les doigts ayant fabriqué une génération incapables de situer dans le monde même les pays les plus connus . Georges Bush fils faisait partie de cette
génération . C'est bien connu .
        En France il y a cinq ans  on a soumis à des élèves ayant passé leur Bac des dictées des années 50 du niveau du certificat d'étude
primaire , ce fut un désastre .Dans les années 50 ils auraient presque tous été éliminés tant leurs fautes d'orthographe étaient nombreuses .
       De nombreux professeurs accusent  le Bac actuel d'être un Bac au rabais .


SAINT ETIENNE Claude 08/12/2009 08:43



Le mélange du passé et du présent est elle une conjugaison impossible pour le futur?


Avant le plus que parfait il y a aussi l'imparfait et nous y sommes.



Taram 08/12/2009 08:49


Bonjour Claude,
Très triste pour nous, les fans de l'histoire-géo.... En écoutant les jeunes gens (et même moins jeunes comme mes enfants), j'avais l'impression que, déjà, l'hist-géo n'était plus étudié. C'est
maintenant officiel !!!