La Polynésie française en 1941

Publié le par Taram N.L.

 

A chaque naissance, mon père avait pour habitude d’acheter un livre de collection. Pour mon frère aîné, ce fut un dictionnaire en plusieurs volumes ; Moi, j’ai eu droit à la « GEOGRAPHIE UNIVERSELLE AVEC ATLAS » - Bibliothèque Autodidacte Quillet.
Etait-ce prémonitoire ?

Voici comment les géographes "officiels" décrivaient la POLYNESIE FRANCAISE l'année de ma naissance.

LES ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS D'OCÉANIE

Situés à l'extrémité orientale de la Polynésie et à 5.000 kilomètres environ des côtes continentales les plus rapprochées, ils comprennent une centaine d'îles, dont les principales sont : Tahiti et les îles sous le Vent, les îles Marquises, les îles Gambier, les îles Touamotou, les îles Toubouaï et Râpa. Leur superficie totale est de 3.998 kilomètres carrés et leur population de 10.000 habitants environ, dont 1.500 blancs et 5.000 asiatiques.
Leur importance tient à leur position à mi-distance du canal de Panama et de l'Australie, à leur température, qui est celle d'un été de France, seulement un peu pénible au moment de la saison des pluies, à leurs terres riches et fécondes, propices au peuplement.
L'île principale est Tahiti (1.042 km2), île volcanique dont les sommets dépassent 2.000 mètres et tombent en pente rapide sur la mer, enserrant des vallées intérieures particulièrement propices à la colonisation et ne laissant le long du littoral qu'une étroite bande alluvionnaire où sont concentrées les cultures. Comme la plupart de nos autres îles océaniques, elle est entourée d'une ceinture de coraux laissant accès à l'Océan par un certain nombre de passes.
Le cocotier est l'arbre par excellence des Etablissements français de l'Océanie. Tahiti en possède des plantations de plus de 2.000 hectares. Le coprah (10 à 12.000 tonnes par an) est dirigé en grande partie sur San Francisco. La vanille est la seconde richesse; sa production s'élève à une centaine de tonnes. Parmi les autres cultures, citons la canne à sucre, le café, le tabac, le coton. L'élevage est peu important. Les huîtres perlières des Touamotou et des Gambier sont réputées pour leur nacre et leurs perles. La seule grande industrie est celle des phosphates, exploités dans l'île de Makatea.
Le commerce des Etablissements français de l'Océanie, d'ailleurs peu important, ne se fait avec la métropole, trop éloignée, que dans la proportion d'un tiers. Une ligne directe relie Papeete, le chef-lieu et le port principal de Tahiti, avec la France via Panama.
Les Etats-Unis, en raison de la proximité de leur marché et des lignes de navigation qui les unissent à Tahiti ont une part importante dans le commerce des Etablissements français d'Océanie.

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Mais en 1941, la France était-elle vraiment     LA FRANCE ?

Page de garde du livre >>>>>>>

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Je note que ces géographes annoncent 10.000 habitants dont 1.500 « blancs » et 5.000 asiatiques…. Surprenant, le Dictionnaire Illustré de la Polynésie fait état de 55.400 habitants en 1946 ??

Je note aussi, dans les exportations : 10 à 12.000 tonnes de coprah, une centaine de tonne de vanille et, bien sur, les phosphates. Pas mal pour 10.000 habitants, nous sommes maintenant 260.000, il faudrait donc exporter 26 fois plus…

 

Messieurs les historiens et géographes, j'attends vos commentaires...
Ils seront les bienvenus
!

Publié dans Histoire

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SAINT ETIENNE Claude 03/11/2009 13:07


En Normandie, à chaque naissance il était planté des arbres à croissance rapide, en général des peupliers. Vendus au mariage, l'argent obtenu assurait à lui seul, et le trousseau de la mariée et le
repas. Tout bénef....


christian Penilla y Perella 03/11/2009 11:13


Tu dis : A chaque naissance ton père achetait un livre ........................................
A chaque naissance ,la coutume en polynésie ,était de planter un arbre qui te nourriras toute la vie . Côté famille maternelle cela à toujours été respecté sauf que maintenant on coupe certains
arbres pour construire . C'est bien triste .


Taram 03/11/2009 11:24


Là où je suis né, c'était pas facile de planter un arbre, il y a que de la vigne... ou alors un olivier... et attendre 20 ans pour ceuillir des olives. Mais un arbre ou un livre n'est-ce pas la
même chose ?


christian Penilla y Perella 03/11/2009 11:03


       Sylvie-Anne , ton blog apporte du rève , du soleil  , il ne faut pas changer , ce rève , ce soleil , sont  des réalités de la Polynésie . En plus
tu leur fait franchir les océans .


Taram 03/11/2009 11:17


Bonjour Christian, je crois que tu t'es trompé de blog.... cela s'appelle l'hellépathie !


sylvie-anne 02/11/2009 09:30


ET Revoilou ! rien lu, rien vu à Raiatea, car j'avais pas d'ordi. Je n'étais pas daéns l'actu mais en général


sylvie-anne 02/11/2009 07:45


Si si je maintiens et ta réponse est un aveu déguisé. Je connais tes dadas !
Moi je voudrais bien exporter la tranquilité et la beauté de Raiatea à Tahiti.
Je commence à me demander si Tahiti n'est pas une exception polynésienne si tu vois ce que je veux dire !
J'ai transféré ton lien sur cet article à des amis polynésiens qui vont surement apprécier tes écrits- 
Nana


Taram 02/11/2009 08:02


Sylvie-Anne,
Je suis sur que tes amis polynésiens vont apprécier.. surtout ma dernière citation... après Gauguin, mes textes athées, maintenant Fidel... je vais finir sur un bûcher !
Si tu penses que Raiatea ne fait pas du "politico-socio-éco", c'est que tu n'as pas suivi les différents débats sur le Raromatai Ferry... C'est assez violent !


sylvie-anne 02/11/2009 06:53


Tres bel article , bien documenté. Merci - Certes en 1941 l'INSEE et encore moins l'ISPF n'existaient , ni mêmes les ordinateurs.
Quant au multilplié par 26, si c'était si simple, la Chine et l'Inde auraient innondé le marché mondial....... depuis longtemps..... quoique.
Tu ne me feras pas glisser vesr un sujet politico- socio-éco, car je te lis entre les lignes très cher et je me méfie.  Bien à toi - ne changes rien -


Taram 02/11/2009 07:29


Ia ora na Sylvie-Anne,
"politico-socio-éco" ! tu crois ? loin de moi, cette idée...


christian Penilla y Perella 02/11/2009 05:54


Je viens de téléphoiner à un ami de la famille qui a quatre vingt quatorze ans qui me confirme que le chiffre de trois mille décés avec la grippe espagnole que tu m'as donné tout à l'heure par
téléphone est approximativement celui qu'il connait  .
   Cyclone de 1906 / 1909 , un peu plus de 900 morts recensés  ( donc minimum ) d'aprés mon  grand père qui à participé avec le gouverneur de l'époque au sauvetage des
Tuamotu .


christian Penilla y Perella 02/11/2009 05:06


Dix mille habitants en 1941 , c'est du n'importe quoi ! ! ! !
A l'époque de mon grand père maternel , quand il y a eu l'épidémie de la grippe espagnole ils ont enterré des familles entières ,c'était une hécatombe . Il y a eu des rejistres ouverts à
l'époque avec des noms de familles tahitiennes qui ont à jamais disparu.  Aprés des milliers de morts  la population restante était plus nombreuse que les dix mille habitants . La
colonie n'a jamais voulu jusque après la guerre 39 / 45 faire un ressencement sérieux , c'était tabu . Pourquoi ?  Mon grand père qui a été interprète et chef de personnel à Makatea au début
du siècle avant la guerre , puis commissaire de police à Papeete en 1914 ( nous avons des photos ) , puis juge dans les années 30 et enfin administrateur des îles sous le vent avant la guerre
39 / 45 , n'était à l'époque déja pas d'accord avec les chiffres officiels sur la population donné par l'Etat français  . Je l'ai appris dans les années 70 par un de ses amis jeune ingénieur
des travaux publics à l'époque , monsieur Breul , qui le connaissait trés bien dans les années 30 . 
     Par contre pour  la population donnée  par Cook il était entièrement d'accord pour l'évaluer autour des deux cent mille habitants . Des
 bornages trés visibles cadastraient l'île entière , toutes ces terres et rivières et moindre pic avaient  un nom et étaient rattachés à une généalogie . Pour la
nourriture certaines cultures étaient intensives , cocotiers , taro , ufi , bananiers ,etc etc . Les arbres à pain était inventoriés et des groupes  branches du même arbre pouvait être
réservés par familles . Ils avaient des modes de conservation qui pouvaient durer plus de vingt ans , comme pour le fruit de l'arbre à pain .J'en ai mangé deux fois dans les années cinquante qui
avaient prés de vingt ans de conservation . C'est de couleur jaune , la consistance d'un biscuit et certains morceaux son légèrement piquants . C'est trés bon , moi j'aime .
     Ce stokage de nourriture à long terme était pour faire face aux aléas climatiques et éviter les disettes . C'étai parait il aussi pour les navigateurs qui devaient
faire un long parcourt à l'époque .
      Succéssivement à l'arrivée de chaque nouveaux voiliers européens des épidémies décimaient la population . 
Cela explique la chute démographique catastrophique .  
     Les blancs ont débarqué au milieu d'une socièté hautement organisée n'en déplaise à certains .    


Taram 02/11/2009 05:41


Ia ora na Christian,
En 1941 le gouvernement français avait d'autres soucis que de compter les habitants des EFO.... je pense qu'ils ont dû compter que les pétainistes !
Pour la période la grippe espagnole fin 1918/début 1919, je te recommande le livre "Tuimata" que viennent de publier les éditions Haere Po.