LA REPUBLIQUE DES MARCHANDS (3)

Publié le par N.L. Taram

Réponse à l'ultimatum économique et social: Hiro Tefaarere persiste et signe

Un commentaire sur Tahiti Presse :

Enfin Hiro, où étais-tu ?, je te reconnais là, "puncheur", dénonciateur des discriminations et des profiteurs, défenseur des oppressés et des systèmes économiques qui ne servent "qu'une très infime partie de la population". A Tu ! A Tu ! Ia Ora o Maohi Nui ! Faaitoito !

  

« Un vrai marchand est citoyen du monde. Avide de richesses, il parcourt la terre pour en amasser, il s'attache aux pays qui lui offrent le plus de ressources, et sa patrie est toujours celui où il fait le mieux ses affaires. Sans cesse occupé de ses gains, il n'a la tête meublée que d'objets de commerce, de spéculations lucratives, de calculs, de moyens d'amasser de l'or, et d'en dépouiller autrui. Étranger à tout le reste, son cœur se ferme aux affections les plus nobles, et l'amour de la liberté s'y éteint avec celui de la patrie. Même chez les hommes les plus honnêtes, l'esprit mercantile avilit l'âme, et détruit l'amour de l'indépendance. » Jean-Paul Marat "Les chaînes de l'esclavage"

 Hiro Tefaarere 6

 

à

Monsieur le Président

de l'Assemblée de la Polynésie française

Et aux Représentants (es)

 

En réplique à mon courrier du 7 avril 2011, les Nouvelles de Tahiti du samedi 11 avril ont diffusées les prises de position officielles de Luc TAPETA au titre du CEPF, celle de de Cyrille DUBOIS de la CGPME, celle de Ronald TEROROTUA, au titre de O Oe to Oe Rima.

Je constate que les réponses apportées par ces trois personnalités à la catastrophique situation économique et sociale du pays confirme bien que les signataires de cet « ULTIMATUM », de ce « COUP DE SEMONCE » avec « REPRESAILLES » n'ont d'autres objet que de désigner les élus du peuple comme seuls responsables de la situation actuelle et de continuer à profiter de leurs avantages et privilèges.

A mes interrogations légitimes, ils n'ont apportées que des attaques personnelles à mon encontre. Je n'y répondrais pas car notre pays a trop souffert des attaques partisanes et personnelles. Et pourtant, il y a de quoi écrire tout un roman, quand on connaît les personnes concernées...

Alors qu'ils ont posé un « ULTIMATUM » et qu'ils ont tiré « UN COUP DE SEMONCE » et annoncé « DES REPRESAILLES » envers toute la classe politique du pays ce nouveau couple patron/syndicat ne supporte pas l'opposition et, en colère avec un rire jaune, après ma prise de position publique, ils rejettent ma proposition de dialoguer en toute transparence devant les médias et de tout mettre à plat sur le plan économique et fiscal.

Mon unique préoccupation est mon pays, sa jeunesse, ses habitants des cinq archipels. Jamais, je vous dis jamais, je ne laisserai mon pays et mon peuple continuer à être manipuler pour les seuls intérêts particuliers que vous servez.

Pendant ces 30 dernières années, « la Polynésie ou MAOHI NUI » a été utilisée pour des besoins militaires au développement du nucléaire pour la puissance de la France. Qu'en a-t-elle retirée ?

- Sur le plan économique, social, sanitaire, éducatif, culturel, environnemental, institutionnel, notre si belle Polynésie a perdu son âme, son «Mana », son « Varua », son « Iho » et son Hiroa tumu ».

La colonisation et l'armée, au travers du CEP, ont imposé à la Polynésie ou « MAOHI NUI » des modèles économiques (monopole, concession de service public ...), fiscaux (imposition principale sur la consommation, défiscalisation, subventions ...) et sociaux (prix et marges élevés justifiant des prises en charges à des « patrons » par la fiscalité sur le peuple au travers de la CPS (prix élevé des médicaments, des honoraires des médecins, des cliniques privées ...), du logement (coût élevé du foncier et des matériaux de construction ...), de l'éducation (coût élevé de l'éducation non adaptée aux Polynésiens et générant plus de 70%  d'échec !!!)) qui n'ont profité qu'à une très infime partie de la population dont vous faites partie.

- Mais je me suis engagé en politique après le syndicalisme afin que la Polynésie d'en haut, celle à la qu'elles font partie ces patrons et syndicats signataires de cette ultimatum et menaçant de représailles le Pays, ne continue plus à profiter de la Polynésie d'en bas.

- Je me suis engagé en politique, après le syndicalisme, pour permettre à mon pays et à mon peuple, de retrouver, sa dignité, sa fierté d'être un peuple libre, libéré et souverain, dans un cadre institutionnel qu'il nous faut ensemble élaborer pour les générations futures...

Depuis la publication de ma lettre aux médias, j'ai de nombreux soutiens et encouragements par emails, appels téléphoniques, des patrons, des syndicalistes, des élus, des consommateurs, des retraités, des pêcheurs, des agriculteurs ....de Tahiti et des îles.

Je réclame l'égalité et l'unification de notre Polynésie et je demande au peuple de se lever pour dénoncer les monopoles, les prix élevés, les marges abusives, les abus de positions dominantes, le non respect du code du travail et surtout l'absence totale d'une véritable politique en matière foncière et sanitaire digne de ce nom.....

Contrairement aux insinuations de TAPETA Luc et TEROROTUA Ronald, je n'ai nullement renié la signature du Te Autaeaeraa qui est depuis les 5 dernières années un des seuls actes forts négociés en matière sociale dans le fenua après la PSG et le code du travail auxquels j'ai activement participé. Je rappelle à cet effet, que j'ai été le principal artisan avec Monsieur le sénateur Gaston FLOSSE de la PSG. N'en déplaise à Monsieur TAPETA Luc et Monsieur TEROROTUA Ronald.

Sur le Autaeaeraa, en désaccord à l'époque avec les faveurs accordées au patronat par le Taui 2, je n'ai pas hésité à démissionner du gouvernement, de mon parti, de mon groupe...

Mais ce que je demande à ces patrons et ces syndicats signataires, c'est de me justifier pourquoi, alors qu'ils ont bénéficié d'une importante baisse des charges sociales par Te Autaeaeraa, (évalué à plus de 20 milliards de F CFP) ils n'ont créé aucun emploi durable en 5 ans.

Je leur demande de me justifier pourquoi le secteur privé (avec son couple patrons/syndicalistes), n'a pas créé les 4000 emplois annuels annoncés dans Te Autaeaeraa, alors qu'ils ont bénéficié, hors budget de fonctionnement et des budgets sociaux, au minimum de plus de 75 milliards de F CFP alloués annuellement par le Pays et l'Etat au secteur privé au titre de la défiscalisation, du budget d'investissement du Pays, de l'Etat et des communes.

Je demande de me justifier pourquoi, après l'abaissement important des charges sociales de la CPS depuis 2005, après l'encaissement des surmarges liées à la mise en place de la TVA, après les nombreuses subventions et mesures d'exonérations fiscales accordées à vos entreprises, depuis 2005 vous n'avez pas créé les 20 000 emplois supplémentaires, contrepartie de votre engagement du Te Autaeaearaa ?

 

Pour ma part je propose et je m'engage à présenter les mesures immédiates suivantes aux patrons et aux syndicats :

A court terme (sous 3 mois) :

- la prise par le Pays d'une réglementation imposant pour bénéficier de toute aide fiscale et sociale, que les entreprises aient déposées au greffe du tribunal de commerce les bilans, comptes de résultat des six dernières années, soit les comptes de 2004 à 2010. A défaut de dépôt des comptes dans un délai de 3 mois, les entreprises qui n'ont pas au moins déposées les comptes de 2004 à 2009 se verront dans l'obligation de rembourser toutes les aides, subventions et exonérations dont ils ont bénéficié du pays et de ses démembrements.

- Compte tenu de la situation économique et financière du Pays; que soit rendu publique la liste de toutes les mises à disposition du pays dans les syndicats de salariés en indiquant la date de mise à disposition ainsi que les salaires et indemnités perçus par ces agents exerçant dans les centrales syndicales. II en sera de même avec les syndicats patronaux en terme de subvention et aides diverses du Pays.

Cette liste sera complétée par les subventions perçues du Pays et les avoirs de ces syndicats afin de déterminer une nouvelle réglementation pour la répartition des aides du Pays en faveur des syndicats de salariés et la mise en place des élections généralisées pour désigner les représentants du monde du travail et du patronat au conseil d'administration de la CPS.

- L'adoption d'une réglementation interdisant les marges arrières à l'identique du texte adopté par la Kanaky en juillet 2010.

- L'adoption d'une réglementation sur la concurrence, sur la concentration économique avec une loi de pays «anti trust» (basé sur le texte applicable dans les départements d'outre mers dit « amendement tien ah koon » fixant à 25%  au maximum les parts de marché en terme de surface et de chiffres d'affaires pour une enseigne, un groupe...).

- L'extension à la Polynésie française des dispositions régissant les clauses abusives au titre des contrats commerciaux...

- Un débat sur la mise en place d'un revenu minimum d'existence, car mes chers amis, aujourd'hui, les revenus du travail ne peuvent plus financer la protection sociale, mais ceci est un autre débat...

Pour le moyen et le long terme, je propose la mise en place d'une communauté d'experts (fonctionnaires, chercheurs, société civile et représentants d'élus) chargés de travailler en commun avec le Gouvernement et avec l'assemblée du pays afin de rédiger les « ACCORDS de MAOHI NUI » qui se baseront notamment sur le rapport de la commission d'enquête des prix et des marges de l'assemblée de Polynésie française, les travaux des états généraux et le rapport sur la commission d'enquête sur le Nucléaire.

Cette communauté aura 6 mois pour présenter ses propositions, notamment institutionnelles, fiscales, économiques.

 

J'attends les propositions de ceux qui ont posé leur ultimatum aux élus du peuple.

 

Pour la classe politique

qui se bat pour le peuple qui l'a élu

TE AROHA IA RAHIHiro Tafaarere 5

 

 

 

 

 

 

 

 

Bravo Hiro, le peuple est avec toi !

Publié dans Politique

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christian Penilla y Perella 13/04/2011 20:35



Taram


 


Couper les têtes?.......mais elles repoussent de plus belle, comme le monstre mythologique.



N.L. Taram 13/04/2011 21:21



Christian,


cette chanson "Ah ça ira" n'était là que pour distraire et, bien sur, n'a aucun rapport avec l'article



christian Penilla y Perella 13/04/2011 20:29



Taram


 


Cela prouve que rien ne change sous le soleil et que  les révolutions peuvent succéder aux révolutions, le naturel de l'homme revient au galop. Les dominants exploitants les
dominés.



christian Penilla y Perella 13/04/2011 13:09



Il est reproché aux élus de notre pays(?) de vivre dans une bulle et d'être aveugles aux problèmes du commun des mortels .


Je pense qu'un certain milieu d'affaire vit lui aussi dans une bulle qui les éloignent de la réalité de la vie de la majorité des polynésiens. Ils vivent encore dans
un monde où l'argent a coulé à flot et dés que le débit ralenti ou se tarit ils crient au secours et se révoltent à descendre dans la rue en quittant l'atmosphére douillette de leurs bureaux
climatisés. Ils oublient que leurs employés pour beaucoup et particulièrement sur les chantiers n'ont pas de climatisation où ils travaillent , travaillent dans le bruit, respirent
souvent de la poussière du matin au soir, certains subissent la pluie et le soleil, ont comme repas un morceau de pain et une conserve et bouclent tant bien que mal, et souvent
trés mal ,leur fin de mois.  Si ils bouclent leurs mois avec difficulté ce n'est pas qu'ils font des économies pour passer des vacances à Las Vega ou ont des factures de restaurant salées
, mais par ce que la vie est horriblement chère à Tahiti.


Ces privilégiés qui descendent dans la rue vont j'en suis sûr donner des idées à ceux bien plus nombreux qui un jour vont faire comme eux pour leur arracher par la force ce qu'ils
considèrent  comme leur part du gâteau.


Encore que ce qui était " gâteau " pour certains sera  que miettes pour les autres.


Ce ne sera que justice amère.



N.L. Taram 13/04/2011 19:05



Bonjour Christian,


Une petite chanson pour calmer les esprits  :







Ah ça ira ça ira ça
ira


Les aristocrates à la
lanterne


Ah ça ira ça ira ça
ira


Les aristocrates on les
pendra


 


V'la trois cents ans qu'ils
nous promettent


Qu'on va nous accorder du
pain


V'la trois cents ans qu'ils
donnent des fêtes


Et qu'ils entretiennent des
catins


V'la trois cents ans qu'on
nous écrase


Assez de mensonges et de
phrases


On ne veut plus mourir de
faim


 


Ah ça ira ça ira ça
ira


Les aristocrates à la
lanterne


Ah ça ira ça ira ça
ira


Les aristocrates on les
pendra


 


V'la trois cents ans qu'ils
font la guerre


Au son des fifres et des
tambours


En nous laissant crever
d'misère


Ça n'pouvait pas durer
toujours


V'la trois cents ans qu'ils
prennent nos hommes


Qu'ils nous traitent comme
des bêtes de somme


Ça n'pouvait pas durer
toujours


 


Ah ça ira ça ira ça
ira


Les aristocrates à la
lanterne


Ah ça ira ça ira ça
ira


Les aristocrates on les
pendra


 


Le châtiment pour vous
s'apprête


Car le peuple reprend ses
droits


Vous vous êtes bien payé nos
têtes


C'en est fini Messieurs les
rois


Il n' faut plus compter sur
les nôtres


On va s'offrir maint'nant les
vôtres


Car c'est nous qui faisons la
loi


 


Ah ça ira ça ira ça
ira


Les aristocrates à la
lanterne


Ah ça ira ça ira ça
ira


Les aristocrates on les
pendra


(Paroles de Ladré)







 







  







 



christian Penilla y Perella 13/04/2011 05:32



Merci Hiro Tefarere, ..............la Polynésie se réveille t elle?