LE POETE ET LA MORT

Publié le par N.L. Taram

PAUL VERLAINE

 

Va ton chemin sans plus t'inquiéter

 

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Va ton chemin sans plus t'inquiéter !
La route est droite et tu n'as qu'à monter,
Portant d'ailleurs le seul trésor qui vaille,
Et l'arme unique au cas d'une bataille,
La pauvreté d'esprit et Dieu pour toi.

Surtout il faut garder toute espérance.
Qu'importe un peu de nuit et de souffrance ?
La route est bonne et la mort est au bout.
Oui, garde toute espérance surtout.
La mort là-bas te dresse un lit de joie.

Et fais-toi doux de toute la douceur.
La vie est laide, encore c'est ta sœur.
Simple, gravis la côte et même chante,
Pour écarter la prudence méchante
Dont la voix basse est pour tenter ta foi.

Simple comme un enfant, gravis la côte,
Humble comme un pécheur qui hait la faute,
Chante, et même sois gai, pour défier
L'ennui que l'ennemi peut t'envoyer
Afin que tu t'endormes sur la voie.

Ris du vieux piège et du vieux séducteur,
Puisque la Paix est là, sur la hauteur,
Qui luit parmi des fanfares de gloire.
Monte, ravi, dans la nuit blanche et noire.
Déjà l'Ange Gardien étend sur toi

Joyeusement des ailes de victoire.

 

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KHALIL GIBRAN

 

La mort (Le prophète)

 

Puis Almitra parla, disant : Nous voudrions vous interroger au sujet de la Mort.
Et il répondit :artwork012
Vous voudriez connaitre les secrets de la mort.
Mais comment le trouverez-vous sinon en cherchant au cœur même de la vie ?
Le hibou dont les yeux perçant la nuit sont aveugles le jour, ne peut révéler le mystère de la lumière.
Et si vous voulez vraiment apercevoir l’esprit de la mort, ouvrez grand votre cœur dans le corps de la vie.
Car la vie et la mort sont une, de même que le fleuve et l’océan sont un.
Dans les profondeurs de vos espoirs et de vos désirs, réside votre silencieuse connaissance de l’au-delà ;
Et comme des graines rêvant sous la neige, votre cœur rêve du printemps.
Ayez confiance dans les rêves, car en eux est cachée la porte de l’éternité.
Votre peur de la mort n’est autre que le frémissement du berger, alors qu’il se tient devant le roi dont la main va se poser sur lui pour l’honorer.
Le berger n’est-il pas enchanté, malgré son tremblement, de porter la marque du roi ?
Pourtant, n’est-il pas plus conscient encore de sa crainte ?
Car qu’est-ce que mourir, si ce n’est être debout, nu, face au vent et fondre dans le soleil ?
Et qu’est-ce que cesser de respirer sinon libérer le souffle de ses marées tempétueuses, afin qu’il s’élève et se dilate et recherche Dieu sans entraves ?
C’est seulement quand vous aurez bu à la rivière du silence que vous chanterez vraiment.
Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez votre ascension.
Et quand la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment.

 

Source : http://wikilivres.ca/wiki/Le_Proph%C3%A8te

 

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Et, bien sur, ma lecture préférée du dimanche…

 

 

BILLET DU PK0 DE LA CATHÉDRALE

15 janvier 2012

 

« Pif, tu es vivant Paf, tu es mort »

Il suffît qu'un proche ou qu'un ami meure pour que se rappelle à nous une réalité incontournable : la vie n'est qu'un passage. «Pour le croyant comme pour l'incroyant, l'existence est un espace avec une majuscule au début et un point à la fin». Une évidence pour tous... pourtant si souvent oubliée. Que de temps perdu à des futilités, à l'éphémère!... Que d'occasions sont passées sans avoir su dire « je t'aime » ! Nous employons notre temps à courir après le temps... à communiquer par courriel, vini, skype et autres au détriment de celui qui est là à côté de nous : « Tu es important pour moi, mais je n’ai pas le temps ! » à l'image du businessman du Petit Prince de Saint Exupéry.

Stop !

Et si l'on s'arrêtait un moment... si tout simplement on prenait conscience de l'instant présent.... à « maintenant » devenait le cœur de ma vie !

Certes, vivre avec la hantise de la mort qui peut nous frapper à tout moment serait invivable... mais peut-être serait-il sage de nous souvenir que nous sommes de condition mortelle. Alors, vivons maintenant en nous souvenant que « je t'aime » ne se conjugue qu'au présent ! « Je t'ai aimé» n'existe plus... «Je t'aimerai» n'est qu'illusion !

Vivons maintenant afin ne pas regretter demain de n'avoir pas pris le temps d'un « je t'aime ». Vivons maintenant afin ne pas avoir à se dire demain : « J'avais encore tant de choses à lui dire, à faire avec lui ! »PKO

Alors que certains se préparent à la fin du monde pour le 21 décembre prochain... si pour moi, la fin du monde c'était demain ?

« Pif, tu es vivant. Paf, tu es mort »

Ne perdons pas de temps... AIMONS !

 

Publié dans Littérature, Khalil Gibran

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sylvie anne 18/01/2012 08:51


Oui sympa ce billet mais du déjà vu, car en 1968 et après, des mouvements sectaires à la barbe fleurie, s'écriaient "peace and love". Il faut dire que la pillule contraceptive venait de faire son
apparition ! Free sex and love ! quelle époque formidable ................... en métropole du moins....  Ici ça pètait dur quand "les popa'a déchiraient le ciel de Tureia " (Pascal
Martin)

N.L. Taram 18/01/2012 09:46



En 1968, j'allais chercher ma tendre amie après son travail au mess du Taaone, ensuite nous allions danser à l'hôtel Taaone tout proche au son d'un orchestre tahitien et parfois de Maxim Saury
quand il venait séjourner à Tahiti. Le dimanche c'était partie de pêche à Hitiaa. Nous habitions à Pirae et je travaillais à Arue. Le reste,  mai 68, bombe à Moruroa, assassinat de
Kennedy... Bof !!!


Je me suis inscrit sur une liste électorale pour la première fois en 1975, faut dire que j'étais le seul farani habitant à Mahaena et les rares autonomistes du district m'avaient fait cadeau,
très discrètement, d'un drapeau interdit (rouge, blanc, rouge comme celui figurant dans la colonne de droite de ma page d'accueil).



sylvie anne 18/01/2012 08:30


Je préfère mille fois lorsque les poètes nous parlent de joie et d'amour. En ce 15 janvier je m'attendais à ce que tu nous parles de paix, car c'était la date anniversaire de Martin Luther King
qui aurait eu 82 ans.

N.L. Taram 18/01/2012 08:39



Bonsoir Sylvie-Anne,


C'était pour placer le billet du PK0 de la cathédrale, je l'apprécie mais pas au point de lui donner la primeur