LE SERVICE MILITAIRE (7)

Publié le par N.L. Taram

Moruroa 64 7 (2)

 

 

Nous voilà pour trois mois à Moruroa. Je ne sais pas encore ce que nous sommes venus faire là, mais cela n'a aucune importance quand on est militaire on ne se pose pas de question. Pour moi, je compte surtout me reposer, faire des économies et, enfin, pour passer le temps, pas de problème : j'ai quelques livres, un petit électrophone et des disques, un jeu de dames et d'échecs et, surtout, un masque, un tuba, une paire de palmes. Mon ami et collègue de travail, Émile Lenglet, est avec moi et, lui aussi, est amateur de ces mêmes loisirs.

 

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VII - La ballade du soldat

 

 

Papeete17-12-63

17/12/1963 départ pour Moruroa

 

 

Ma première lettre :

 

SP 91309, le 21/12/1963

 

"Chère maman,

... Comme prévu, nous avons embarqué le 17 à 6h du matin. Après deux jours et demi de voyage agréable et ensoleillé, nous avons débarqué à Mururoa.... (description de l'atoll)... Ce soir, j'ai été obligé pour la première fois de mettre un pullover..."

 

 

 

Passons le relai aux "Pages d'Histoire" >>>

LA BALLADE DU SOLDAT (1)    

LA BALLADE DU SOLDAT (2)  

 

 

Moruroa 64 1 (2)

 

 

SP 91309, le 29/12/1963

 

"Chère maman,

... Voilà une semaine que nous sommes installés ici. Je pensais m'ennuyer, mais non au contraire, je n'ai pas encore eu le temps de lire, j'ai juste le temps d'écouter quelques disques le soir. La journée, on travaille ou on se baigne. Ce matin, j'ai fait une partie de pêche sous-marine, j'ai rien pêché )... La Noël c'est bien passé. J'étais de garde et toutes mes sentinelles étaient ivres. Nous avons tous reçu des cadeaux, comme c'est la coutume dans la légion ; j'ai eu une grande serviette de plage, une lampe électrique rechargeable, un maillot de bain, un jeu de bridge complet (108 cartes) de très belle qualité, une paire de ciseaux pliants...."

 

 

 

 

Moruroa 64 5 (2)

 

 

SP 91309, le 15/01/1964

 

"Chère maman,

... Nous pêchons les poissons avec un harpon ou un bout de fil et un hameçon. Nous faisons cuire la pêche au feu de bois, au bord de l'eau... J'ai oublié de te dire que de Tahiti à ici nous avons changé de fuseau horaire : nous ne retardons plus que de 10 heures sur la France au lieu de 11...."

 

 

 

Moruroa 64 3 (2)

 

 

SP 91309, le 25/01/1964

 

"Chère maman,

... Hier soir, nous sommes allés à la pêche à la langouste jusqu'à une heure du matin au bord de l'océan. Nous en avons ramené une quinzaine que les cuisiniers nous ont préparées pour ce midi : un vrai régal. Pour les attraper, c'est très facile : on marche le long des récifs de corail, de l'eau jusqu'à la cheville et dès qu'on voit une langouste, le pied dessus et on la ramasse avec la main. On attrape aussi beaucoup de poisson qui, surpris dans leur sommeil, se laissent facilement harponner..."

 

 

Passons le relai aux "Pages d'Histoire" >>>

LA BALLADE DU SOLDAT (3)  

 

 

 

Moruroa 64 4 (2)

 

 

SP 91309, le 23/02/1964

 

"Chère maman,

... (Je passe sur les descriptions du lagon, du récif frangeant et des parties de pêche, il y en a des pages) A propos de la section, nous sommes 17 du génie et 20 de la légion. Les légionnaires sont très bien avec nous ; ils sont plus obéissants que le génie ce qui nous facilite le travail. Le chef de section est toujours le lieutenant avec qui nous sommes partis de Paris (celui dont j'étais le secrétaire au chantier de Tahiti) ; il est très sympathique et se débrouille pour nous procurer ce qui nous manque : journaux, livres, boissons, véhicules pour aller à la pêche..."

 

 

Moruroa 64 9 (2)

 

 

 

SP 91309, le 29/02/1964

 

"Chère maman,

... En ce moment, nous sommes en train de construire le foyer, tout en tronc de cocotiers et palmes tressées. Hier après-midi et cet après-midi, nous sommes allés au milieu du lagon en canot pneumatique. Nous avons pêché quelques nacres grandes comme des assiettes... J'ai encore beaucoup de choses à te raconter, mais je me réserve pour mon retour..."

 

 

 

Papeete, le 21/02/1964

 

"Chère maman,

Me voilà arrivé à Tahiti depuis mardi après un très bon voyage... Je ne regrette pas mon séjour à Mururoa car j'y ai appris des choses intéressantes..."

 

 

Moruroa 64 8 (2)

 

 

Merci à Georges Pierrot, notre boulanger à Moruroa, qui m'a autorisé à publier ses photos qui sont nettement meilleures que les miennes et, surtout, qui n'ont pas subi le climat humide de Tahiti depuis près d'un demi-siècle.

 

 

à suivre....

Publié dans Souvenirs

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SAINT ETIENNE Claude 26/10/2012 09:17


Un pionner que ce Taram. Bonjour à toi, pour moi les lettres à mes parents relevaient plus de l'obligation tant elles étaient rares et vite expédiées à l'occasion d'une escale(peut être que les
choses à dire étaient inavouables). A la disparition de ceux-ci, j'aurai pu en faire la lecture et les conserver mais nous avons brûler en commun avec mes frères et les leurs et les miennes,
enterrant ainsi notre passé.


C'est fait, ainsi je n'ai plus en ma possession que mes souvenirs, peut être que je passe à coté de quelques détails croustillants, en tous cas de repères en ce qui concerne les dates.


Ainsi va la vie

N.L. Taram 26/10/2012 09:52



Bonjour Claude,


De mon côté, toutes les lettres ont disparues. Par contre ma mère les a soigneusement gardées
et classées dans leurs enveloppes. Je n'en savais rien, elle a passé 3 mois à Tahiti en 1973, je l'ai revu en 1981, 83, 85 et elle est décédée en 1986. Lors de mes congés en 1987, ma belle-sœur
m'a remis une boite contenant toutes mes lettres, photos et autres souvenirs. J'ai classé ces lettres sous pochette plastic jusqu'en 65, il m'en reste trois fois autant. Enfin, je découvre ce que
j'ai écris à l'époque, au fur et à mesure que je publie mes articles. Pour ce qui est de la "bagatelle", je viens à l'instant de reprendre ce que j'écris à ma mère "je vais chez des amis tous les
soirs" et ensuite, j'ajoute un paragraphe en italique plus proche de la réalité... Honte à moi !