LE TEMPS DES 78 TOURS

Publié le par N.L. Taram

Tout de suite la parole à Hugues PANASSIÉ, président du Hot Club de France (créé en 1932) :

 

Disques3" A ce sujet, il faut souligner que, contrairement à un préjugé trop courant, les disques microsillons n'ont pas encore atteint la fidélité musicale des disques à 78 tours. Il est aisé de faire des comparaisons puisque de nombreuses interprétations éditées en 78 tours ont été également publiées en microsillon. Ces comparaisons révèlent que le volume des basses est très affaibli dans la plupart des microsillons et que les aigus sont plus ou moins faussés. Mais il est à noter que certains microsillons sont d'une qualité peu inférieure aux 78 tours correspondants tandis que d'autres sont d'une qualité extrêmement inférieure. Une telle différence entre microsillons semble indiquer un manque de soin dans leur fabrication.

Quoi qu'il en soit, tant que le microsillon n'aura pas atteint une qualité égale à celle des 78 tours, il est évident que toutes les personnes désireuses d'avoir la meilleure édition d'un enregistrement feront bien de l'acquérir en 78 tours chaque fois que cela sera possible. Et de l'acquérir sans trop attendre. Car les Cies de Disques ont tendance à supprimer les 78 tours de leurs catalogues à un rythme inquiétant, pour les remplacer par des 45 ou des 33 tours d'une qualité moindre.

Les microsillons cités dans le présent ouvrage sont ceux qui ne souffrent pas (ou peu) des défauts signalés. Les autres ont été laissés de côté, quelle qu'ait été la, valeur des interprétations car la déformation sonore était par trop considérable pour que l'acquisition de tels disques puisse être légitiment conseillée.

H. P.

 

Extrait du "Petit guide pour une discothèque de jazz" édité en 1955, mon premier livre de Jazz.

 

 

Guide Panassie 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hugues_Panassi%C3%A9

 

Mes trois premiers disques m'avaient été ramenés de Londres par un ami : Jelly Roll Morton et ses Red Hot Peppers, Morton au piano solo, Louis Armstrong 1931/35 ; c'était des microsillons 33 tours, 25 cm. J'achetais ensuite quelques 45 tours, mais le frère ainé d'un ami, clarinettiste dans un orchestre de jazz de Montpellier, me cédait pour une bouchée de pain, 25 disques 78 tours. Cela se passait en 1957, j'avais 16 ans et j'ai toujours ces disques en 2012.

 

Quelques exemples remarquables :

 

Ory créole trombone "Ory's Creole Trombone" - Louis Armstrong Hot Five

Louis Armstrong, cornet

Kid Ory, trombone

Johnny Dodds, clarinette

Lil Hardin, piano

John St Cyr, banjo

Chicago, 2 septembre 1927

 

 

 

 

 

 

 

 

Basin street blues

"Basin Street Blues" - Louis Armstrong Savoy Ballrom

 

Louis Armstrong, trompette, vocal

Fred Robinson, trombone

Jimmy Strong, clarinette

Earl  Hines, piano, cello

Mancy Cara, banjo

Zutty Singleton, drums

Chicago, 4 décembre 1928

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Original JR blues

"Original Jelly Roll Blues" - Jelly Roll Morton's Red Hot Peppers

 

Jelly Roll Morton, piano

Georges Mitchell, cornet

Kid Ory, trombone

Omer Simeon, clarinette

John St Cyr, guitare

John Lindsay, basse

Adrew Hilaire, drums

Chicago, 16 décembre 1926

 

 

 

 

 

 

 Albert Nicholas

"That's a Plenty" - Albert Nicholas and his Alexander Jazz Band

 

Albert Nicholas, clarinette

Bob Scobey, trompette

Jack Buck, trombone

Burt Bales, piano

Clancy Hayes, banjo

Squire Girsbach, basse

Frded Higuera, drums

San Francisco, 1946 (?)

 

"If Should Be You" avec Red Allen, trompette

 

 

 

 

 

 

Mon ami José (*) m'offrira deux encadrements de six de ces disques.

 

Disques4

 

Enfin Gilles, guitariste et chanteur de blues bien connu à Tahiti, me rapportera d'un de ses pèlerinages au pays du blues, deux disques originaux de Jelly Roll Morton

 Winin boy blues

"Winin' Boy Blues" - Jelly Roll Morton, piano solo, vocal

 

 

Washington, D.C., décembre 1938

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JR-Morton.jpg"Shreveport" - Jelly Roll Morton's Red Hot Peppers

Jelly Roll Morton, piano

Omer Simeon, clarinette

Tommy Benford, drums

New York, 11 juin 1928

 

 

 

 

 

 

 

* José, tes deux encadrements sont toujours accrochés au mur de mon bureau/chambre/discothèque/bibliothèque ; à quand une petite écoute ?

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Cyrano de Bergerac 24/12/2012 19:54


Bonjour Pierre,


Dans ma famille, vers 1957, bien après le décès de notre père, le Père Noël nous a apporté un tourne disques de "la Guilde du Disque", il
existe oujours, quelques microsillons 33t et un porte disques dont le contenu s'est peu enrichi des parutions mensuelles et publicitaires. Nous avons acquis aussi un 16t de Sydney Béchet ou Louis
Amstrong, j'ai oublié, longtemps sur une tablette du séjour à Cahors et toujours stockés sur présentoir à Rostassac.


Après mon départ vers les études, mes sœurs ont enrichi la réserve avec quelques 45t succès, depuis il dort.


Je puis t'assurer que pour la durée et le confort de ne pas intervenir, le 16t a souvent été écouté, fi de la qualité. Bien sûr, le saphir a
été changé 2 ou 3 fois, les cric-crac sont peu nombreux. Aujourd'hui ma sœur Danie a un penchant pour les 78 tours et récupère des 33t, mais pas dans ton registre.


Quant à Hughes Panassié, toujours lycéen ou pion à Cahors, c'était un commentateur préféré, avec Europe 1 (Jazz Messengers); j'avais fait
une dérivation du son de la radio à partir de la cuisine, via le couloir jusqu'à ma chambre. Elle servait aussi à ma mère pour me réveiller, cela annonçait le bol de pain trempé
dans le café au lait.

N.L. Taram 24/12/2012 20:06



Bonjour Cyrano,


Mon premier tourne-disque a été aussi un "Guilde du disque".


Le soir j'emportais la radio à lampe dans mon lit, sous les couvertures, pour écouter l'émission hebdomadaire "Jazz Panorama,
présenté par Hugues Panassiée, président du Hot Club de France" , il était surnommé "le pape du jazz" et,  par ses adversaires (Boris Vian, Charles
Delaunay), "le pape de Montauban". L'introduction de cette émission, c'était le solo d'Armstrong sur "Cornet shop suey" de 1926.


Ensuite j'ai écouté tous les soirs sur Europe 1 "Pour ceux qui aiment le jazz" de Frank Ténot et Daniel
Fillipachi.....


Je suis intarissable sur ces souvenirs.


Le dernier ami qui me reste de Montpellier, m'a envoyé hier, ses derniers 33 tours qui lui restent de l'époque. Cela m'a inspiré
pour cet article.