LES COBAYES DE LA REPUBLIQUE (3)

Publié le par N.L. Taram

Sujet: Le tribunal des pensions : une épreuve pour les vétérans
Aujourd'hui à 7:27
 
Communiqué de l'AVVEN
 

Pour obtenir une maigrelette pension d'invalidité, les vétérans des essais nucléaires doivent suivre une procédure longue et lourde avant de voir leur dossier évoqué devant le tribunal départemental des pensions.
Ces malades, souvent cancéreux, sont confrontés à une administration anonyme et froide qui prend tout son temps alors que s'agissant d'anciens militaires, tout devrait aller de soi dans la simplicité.
Certains dossiers traînent durant des années (4 ans !) sans explication, avant d'arriver en audience publique. A Brest, le tribunal ne tient que 4 ou 5 audiences par an et des victimes décèdent avant l'échéance. La veuve si elle en a la force, doit tout reprendre à zéro depuis le départ. C'est insupportable.
La réglementation n'est guère favorable aux victimes. Le code des pensions fait obligation au demandeur d'apporter la preuve du lien direct et certain entre sa pathologie et la mission exécutée sur le site d'expérimentations nucléaires. Cette preuve est quasiment impossible à fournir comme l'a reconnu le Médiateur de la République saisi par l'ANVVEN (son courrier du 4 février 2009).
Ce code est archaïque et ne prend pas en compte les armes modernes : irradiations, gaz, agressions chimiques ou bactériologiques, munitions à l'uranium appauvri. Personne ne se hâte de le modifier.
L'organisation du tribunal s'appuie sur le décret obsolète n° 59-327 du 20 février 1959. Le magistrat professionnel est assisté par deux assesseurs issus des amicales commémoratives. Ces « collègues » se cooptent entre eux sans appel à candidatures et sont nommés après un tirage au sort aussi confidentiel que douteux. Aucune enquête préalable de moralité, aucun test de compétence ; la machine est bien huilée dans la routine.
A l'audience, la victime n'est jamais appelée à s'approcher pour exprimer sa douleur ; ce n'est qu'une chose tassée au fond de la salle. Un semblant de dialogue juridique s'installe alors entre le commissaire du gouvernement et l'avocat commis d'office. La décision finale réside souvent, dans une nouvelle expertise médicale superflue mais qui fera perdre beaucoup de temps. Les 2 assesseurs restent muets. À quoi servent-ils réellement ? La presse se désintéresse de cette juridiction pour se concentrer sur les petits délits crapuleux ou les affaires de drogue.
L'ANVVEN vient d'adresser un courrier à la Présidente du tribunal de Brest (copie au ministère et parlementaires) pour signaler cette situation qui pénalise davantage ceux qui ont le mieux servi la France.

Pierre Marhic, président de l'ANVVEN
 
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- Aujourd'hui à 8:14 Commentaire de Claude Saint Etienne
 

Après les essais propres les vétérans sont proprement roulés dans la farine. C'est scandaleux d'employer de telles méthodes vis à vis de cancéreux en fin de vie.
Dans cette situation, des regrets sincères auraient été plus de mises que cette parodie aussi indigne qu'indécente. Comme quoi nos élus, députés, sénateurs, ministres et président confondus se sont bien occupés de nous... Qu'ils en soient tous remerciés aux prochaines élections.

Publié dans Histoire, Armes nucléaires

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le bars yves 01/08/2011 00:06



1962sur le rhin. baignade, foot sur le terrain de muru. depuis j'ai fait 3 cancers.


ce qui compte actuellement c'est le cac 40 !! on ne sert plus à rien maintenant.


à vous de voter l'année prochaine ! !



N.L. Taram 01/08/2011 19:50



Bonjour Yves et merci de ta visite.


1962 ? il doit y avoir une faute de frappe, j'étais à Morurora en 1963/64, il n'y avait encore pas eu d'expérimentation nucléaire. Pour ta maladie, courage...



le bars yves 31/07/2011 23:57



dans quelques temps les élections ! !peut-etre cà changera courage!



christian 29/09/2010 09:38



Taram


 


Je te trouve bien optimiste ! ! !



able 26/09/2010 21:44



'Ia ora na .


Je connais bien Pierre Marhic , nous étions voisin de bannette pendant 2 ans dans le poste des Officiers Mariniers sur le Clémenceau .... Plusieurs fois il m'a contacté pour adhérer à l'ANVVEN
mais pour moi c'est du passé !!! Malgré 2 copains atteints de cancer dont un est décédé jeune . Avec sa veuve nous avons essayé de remplir un dossier , mais trop compliqué et de plus cette infime
pension d'invalidité ( si elle avait été acquise?) aurait été en déduction  de ses maigres avantages sociaux ...Dons on a laissé tomber .


Pour ma part , je préfère être sur place et me rendre utile et essayer de réparer à ma façon le mal que tout ça à engendrer..


Tapti maita'i !


 



N.L. Taram 26/09/2010 23:53



Ia ora na Able,


Merci pour ton commentaire, tout les moyens pour participer sont bons à prendre.


Pas plus tard qu'hier, j'écrivais à un ami, habitué de ce blog, "Mon chien avait finit par me comprendre à force de m'écouter, on devrait y arriver avec les hommes"



christian Penilla y Perella 26/09/2010 09:43



Taram


 


Etant  moi même  contaminé en 1974 comme je l'ai déja expliqué en détail il y a quelque temps sur ce blog , ayant passé quinze jours à l'hopital militaire Jean Prince au Taone
, vous comprenez pourquoi ,  vivre avec une épée de damoclés toute sa vie ce n'est pas la joie . Heureusement que l'on n'y pense pas tout le temps sauf quand on a une douleur
inexpliquée . Alors là , on se pose des questions et l'on est anxieux .


Comme m'avait dit à l'époque le docteur Manquené , homme d'une grande honnèteté travaillant au CEA : Cela  peut arriver demain comme dans X ou Y années , on ne peut le savoir d'avance .
Oui , un cancer ! ! !


Mon ami Franck PICARD , toi qui est mort d'une leucémie ,  toi qui est là haut au ciel , raconte leur ta contamination sur le site de tir peu de temps aprés une explosion .


 Alors il y en à marre de tout ce cinéma de voyoux . Pas un ne sauve l'autre .



christian Penilla y Perella 25/09/2010 12:48



Taram


 


Pourquoi se faire du mouron ? ............quarante ans aprés ils sont presque tous morts ! ! !


Par contre tous ces pourris de la droite et mêmme certains de gauche seraient déja morts de honte s'ils avaient un minimum d'honneur . Les animaux sont mieux traîtés .



sylvie-anne 25/09/2010 12:45



Sujet O combien difficile ! L'armée est nommée "grande muette"  à juste raison.


La 3ème ou 4 ème génération saura peut-être la vérité quand il n'y aura plus personne à indemniser ! Cela me fait songer à l'affaire Seznec qui traîne depuis plus de 70 ans. Une idée de prochain
article Taram l'historien.