LES HOMMES DU PRESIDENT

Publié le par N.L. Taram

Une bonne question de notre ami Opahi Buillard, publié avec son autorisation…

 

Palais présidentiel

 

 

Mais qui conseille donc le Président ?

 

 

Hommes du presidentC’est la question que je me suis posé en lisant Tahiti today, puis la une des « Nouvelles de Tahiti » le lendemain, titrant sur sa dernière trouvaille : Faire de TNTV une « télé-web ». Une télé web pour qui ? Pour la centaine d’accros du net ? Une télé web pour éduquer ? Chiche. Encore faut il s’en donner les moyens, car ce n’est certainement pas le nunaa maohi des îles qui ira se payer un ordinateur et un abonnement internet pour la visionner. Et puis ces missions n’occuperaient aucunement l’espace médiatique de l’actuel de TNTV. La nature ayant horreur du vide, Polynésie 1ère en sortirait grandie pour pas un sou. A moins qu’ici aussi l’enjeu dépasserait le cadre de nos frontières - aussi vastes que l’Europe ! - et que certains s’imaginent booster notre tourisme grâce à TV-web-Nui en faisant rayonner la beauté légendaire de nos vahine et notre sens inné de l’accueil.

 

On navigue ici en plein délire virtuel, manque plus qu’une petite taffe pour vraiment s’y croire. Cette décision est d’autant plus surprenante lorsque l’on sait l’homme profondément attaché à ses racines. Il faut connaitre le personnage pour comprendre le fond de sa pensée et l’objet de son combat politique : l’accession de notre pays à l’indépendance. Tel est le cap, le reste n’est qu’accessoire. Pour lui l’indépendance est devenue au fils de temps une question d’ordre philosophique qui touche l’individu dans ce qu’il a de plus cher : son identité, sa culture et son droit inaliénable à la liberté. Sa vision politique, il la conçoit à une échelle qui dépasse le cadre de nos frontières. Sur le plan économique, alors même que le camp autonomiste se complaît dans un schéma relationnel bilatéral exclusif avec la métropole, Oscar Temaru s’efforce à briser les frontières que nous impose la France. Là est son sacerdoce. Un combat noble qu’il porte seul depuis plus de trente ans. On peut comprendre dès lors qu’il délègue les questions d’ordre purement techniques (financières, économiques et autres). Prince Jean 1

Par contre on s’inquiète lorsque l’on constate que ces questions sont traitées par des personnes qui ne partagent aucunement sa vision politique. Et surtout que des technocrates en mal de reconnaissance profitent de cette situation pour imposer leur choix, les plus médiocres se contentant de vivre à ses crochets. Vous l’aurez compris, il y a un réel problème de casting au sein de l’entourage même du Président et de son gouvernement. Nous sommes en pleine période de restructuration administrative. Nos dirigeants utilisent le mot réforme, mais en fait il s’agit bien d’une simple restructuration.

 

Cette restructuration devrait peut être commencée au sein des cabinets du gouvernement. Il s’agit à la fois d’une question financière, et de compétence au regard des missions confiées aux agents qui ont choisi – et c’est tout à leur honneur – de servir notre pays. Le Président pourrait par exemple commencer par se poser la question de l’utilité pour chaque ministre de disposer d’un « chargé d’Kom », lorsque l’on constate à quel point la communication gouvernementale est médiocre.

Prince Jean 2Il pourrait également se poser la question de l’utilité d’un conseiller juridique au sein des ministères, alors qu’il existe des services capables de répondre à toutes ces questions. Il faudrait également s’interroger sur l’utilité pour chaque ministre d’avoir au près de lui son homme à tout faire. On l’appelle « chef de cabinet » dans leur jargon. Car pour quelques uns « tout » s’apparente souvent à « rien du tout ». De même plutôt que de laisser Hiro Tefaarere jeter la pierre aux expatriés métropolitains, il devrait peut être s’attacher à mieux définir leur mission en ajoutant par exemple une clause de formation d’un cadre local à leur côté. Alors vous comprendrez que lorsque j’entends dire que le train de vie du gouvernement va montrer l’exemple en diminuant leur indemnité et en supprimant les voitures de fonction avec chauffeur, je préfère en rire.
Opahi BUILLARD


 « Les conseilleurs ne sont pas les payeurs » (Proverbe français de Gabriel Meurier -1568)

 

Publié dans Politique

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petites gens 30/06/2011 17:10



Ia orana


il suffit d'un chef à la tête pas d'un couvre chef.


te aroha ia rahi mauruuru e parahi ana'e petites gens



christian Penilla y Perella 28/06/2011 21:23



Taram


 


On ne peut qu'être d'accord avec cette analyse .


Ce qui me désole c'est que honnètement on ne peut même plus aujourd'hui espérer une gestion de la Polynésie par nous même tellement nous sommes tombés bas par notre gestion passée et
actuelle.


 


Pourtant je suis profondément indépendantiste ; encore que ce soit un grand mot ; mais surtout pas dans les conditions actuelles ; cela serait un véritable  suicide.