LES KLEENEX DE LA REPUBLIQUE (2)

Publié le par N.L. Taram

J’aurais dû écrire DE LA ROYAUTE…..    Mais y a-t-il une différence ?
 

Nicolas Fouquet, né à Paris, baptisé le27 janvier 1615, mort à Pignerol le 3 avril 1680, vicomte de Melun et de Vaux, marquis de Belle-Isle, était un homme d'État français. Procureur général du parlement de Paris, surintendant des finances de Louis XIV pendant la minorité de ce dernier, il devient fabuleusement riche et protège de nombreux écrivains, artistes et courtisans.

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Surintendant des finances

Les finances royales sont alors dans un état désastreux. Alors que les besoins d'argent de la couronne sont immenses, à la fois pour financer la guerre et pour les dépenses personnelles de Louis XIV, le Trésor est en banqueroute, la conjoncture fiscale est calamiteuse (les tailles ne rentrent plus) et le stock de métaux précieux disponible, insuffisant[]. Pour faire face, Fouquet ne s'appuie pas sur une théorie économique précise. Cependant, il sait d'expérience que le principal problème de l'État français est son manque de crédit : les traitants, fermiers et autres bailleurs de fonds ne lui font pas confiance. Il s'emploie donc à restaurer le crédit en respectant les contrats passés entre ces traitants et le Trésor et en leur consentant des taux avantageux. Ainsi, il assigne sur de nouveaux fonds de vieux billets de l'Épargne, compensant ainsi une partie de la banqueroute de 1648. Il met l'accent sur les « affaires extraordinaires » : création et vente de charges, création de droits nouveaux, émissions de rentes et prêts, le tout dans des conditions très avantageuses pour les traitants. Au contraire des manipulations monétaires passées, il impose en juillet 1653 une réévaluation de la livre tournois : la pistole d'or passe de 12 à 10 livres. Le crédit se fait plus abondant et la situation s'améliore.

Loin d'inciter à la sagesse, cette embellie provoque de nouvelles dépenses inconsidérées. Dès 1654, la crise revient. Fouquet doit s'engager de manière importante sur sa fortune personnelle et même celle de ses proches. En novembre 1657, il doit ainsi prendre à sa charge un tiers d'un contrat global de 11,8 millions de livres. Son crédit personnel lui permet de couvrir l'engagement, mais au prix d'un intérêt de 20 %.Parallèlement aux difficultés qu'il rencontre dans l'exercice de sa charge, il doit compter avec la faveur changeante de Mazarin et les critiques de Colbert, intendant de ce dernier. Exaspéré par ces tensions, il offre même sa démission, qui est refusée. Il ne s'entend guère non plus avec son collègue Servien : dès décembre 1654, il avait dû réclamer au roi un règlement pour délimiter les fonctions de chacun. Servien s'était vu attribuer les dépenses, et Fouquet les recettes.

La politique de Fouquet lui permet de se constituer une large clientèle parmi les manieurs d'argent du royaume. En outre, les flux financiers considérables qui passent par les mains du surintendant ainsi qu'un réseau d'espions et d'informateurs permettent à Fouquet de consolider sa position. Les plus grands seigneurs deviennent ses amis et/ou ses obligés. Enfin, ses cousins Maupéou ainsi que son remariage lui garantissent une bonne mainmise sur la robe. Fouquet consacre son ascension sociale en mariant sa fille Marie avec Armand de Béthune, marquis de Charost, descendant de Sully. Il dote sa fille princièrement : elle apporte 600 000 livres à son époux en louis d'or et d'argent.

À la mort de Servien en 1659, Fouquet est confirmé seul dans sa charge, qu'il conserve jusqu'à la suppression de cette dernière en 1661. Il repousse avec succès une intrigue de Colbert pour le relever de la surintendance, s'emploie à convaincre Mazarin de la nécessité de réduire les dépenses de l'État et simultanément, travaille à un vaste plan de redressement financier fondé sur l'amélioration de la perception des impôts indirects (centralisation des fermes générales), l'allègement des tailles (remise sur les arriérages de tailles impayées), l'assainissement des finances municipales (vérification des dettes des villes) et, toujours, l'amélioration des relations avec les manieurs d'argent. Malgré la fin de la guerre, pourtant, la situation des finances royales reste très dégradée. Les manieurs d'argent préfèrent prêter à la Cour qu'au roi, et Fouquet doit une nouvelle fois engager sa signature personnelle, consentir à des taux d'intérêt considérables, accorder des remises et recourir aux affaires extraordinaires.

Le bilan de sa surintendance ne fait pas l'unanimité. L'historiographie classique reproche à Fouquet son absence de principes économiques clairs, sa timidité à réduire les « affaires extraordinaires » et à éteindre les emprunts royaux, mais surtout sa collusion avec le milieu des manieurs d'argent, son clientélisme et son enrichissement personnel. Daniel Dessert juge ce bilan largement marqué par les critiques de Colbert et préfère souligner l'amorce de redressement financier obtenu par Fouquet, par des moyens somme toute similaires à ceux de Colbert :

« En réalité, il n'existe pas de politique financière profondément différente entre Fouquet et son rival [Colbert]. Ce qui les différencie, c'est leur style : tout en nuances, en touches subtiles chez le premier ; en coups de boutoir chez le second. »

On a objecté à cette thèse que si Fouquet avait bien une politique cohérente, il n'a pas comme Colbert été l'auteur d'un système administratif cohérent.

Toujours est-il, que l'État se retrouve complètement ruiné par les intérêts des emprunts qu'il lui a fait contracter auprès de ses amis traitant ou de compagnies dans lesquelles il est intéressé, tandis que lui-même se retrouve à la tête d'une fortune fabuleuse lui permettant d'entretenir une cour et de donner des fêtes somptueuses. Ce contraste entre la prospérité de ses affaires et la ruine corrélative de son maître ne tardera pas à provoquer sa chute.

Le soupçonnant de malversations, le jeune roi, conseillé par Colbert, donne ordre de l'arrêter en 1661. Au terme d'un procès qui dura trois ans devant une cour spéciale composées de membres des parlements, il est condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement du royaume. Sa peine sera commuée par le roi en prison à perpétuité.

Pour plus de détails sur Nicolas Fouquet >>>>>>>>>>>  

Publié dans Histoire

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SAINT ETIENNE Claude 15/12/2009 11:00



Un autre genre mais cette fois-ci je pense réellement un grand bonhomme et relativement honnête. Jean Ango, homme riche et armateur Dieppois, qui grâce à
sa fortune  a armé des flottes entières pour pour le compte du roi de France qui ne possédait pas de flotte militaire.


A découvert et établi des comptoirs, lui, ou ses capitaines, la nouvelle Angoulême, qui deviendra plus tard New-York....


Il fit des prêts à François 1er pour le financement de ses guerres allant jusqu'à mettre son immense flotte (plus de 70 bateaux) à son service, il
touchait personnellement 20% des prises.


Ses équipages recrutés parmi des pêcheurs terre-neuvas habitués à défendre leur pêche face aux Anglais, une fois dans l'Atlantique s'attaquaient aux
galions pourtant fortement armés mais combien chargés d'or. Dans l'océan indien aux nefs Portugaises chargées elles, d'épices.


Hélas tout a une fin, à la mort du roi  son héritier,  Henri II,  ne remboursera rien le laissant aux mains de créanciers avides qui
dilapidèrent son immense fortune. Et s'est ainsi que l'homme le plus riche du royaume a été spolié de tous ses biens et a fini dans la misère la plus complète....



SAINT ETIENNE Claude 15/12/2009 09:38


Un oublié ce grand Jacques Coeur non?


Taram 15/12/2009 10:01


Merci  Claude, grâce à toi, je viens de parcourir rapidement le procés de Jacques Coeur. Je ne connaissais pas cette histoire ni la fin de sa vie.


SAINT ETIENNE Claude 14/12/2009 15:56


Une petite note au passage, Colbert l'intègre, est mort à l'ouvrage relativement jeune, il travaillait pratiquement nuit et jour, aucune distraction, que boulot boulot....


Taram 15/12/2009 09:24


Et Colbert, le bosseur, perd son influence sur le roi et se fait jeter dehors par Louvois... encore un kleenex.
Je voulais aussi parler d'Enguerrand de Marigny, conseiller de Philippe le Bel et pendu par son successeur... Mais il y a tellement de kleenex en politique que ce sujet serait interminable !


SAINT ETIENNE Claude 14/12/2009 15:54


Les dettes de l'état et le train de vie de l'acteur principal, est-ce une corrélation avec un personnage connu?


Taram 14/12/2009 20:10


Bonjour Claude ?
Tu crois ?.... le hasard fait bien les choses


sylvie-anne 14/12/2009 09:20


Mes livres d'école étaient muets sur l'économie et les finances de la France à cette époque. Merci de toutes ses connaissances que tu nous fais partager.
En effet la transposition au fenua m'apparait évidente. Enfin l'histoire nous le dira peut-être un jour proche je l'espère. Wait and see ....  enfin on verra bien !
Je ne suis pas très optimiste à vrai dire;