Lutte de Noël

Publié le par N.L. Taram

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Réédition d'un article que j'avais déjà publié le 30 décembre 2009 car il me paraît d'actualité.
 L'origine de cet article était le site... 
  
Ambiance du jour de Noël en grève de la faim

Lutte de Noël

Ce soir je suis au chaud parmi les miens dans le sud de la France. Par habitude depuis tant d’années, je me donne un temps ce soir là pour penser à ceux qui sont dans la peine la maladie ou la souffrance. Cette cette année, comme depuis combien d’autres déjà, j’aurais croisé sans pleurer tant de pauvres diables couchés dans la rue et cette infamie m'obsède. Mais cette fois ci je dédie cette note de Noel aux camarades d’EDF que je suis allé soutenir ce matin au centre proche de la gare du nord.

IL NE RESTAIT QUE CETTE FORME D'ACTION

Il y a une grève de la faim dans le centre pour défendre Nouredine, syndicaliste licencié dans la vague de répression qui suit la grève de ce printemps. Yann et Michel font cette grève. Yann a dit que c’était une forme d’action qu’il n’avait jamais utilisé jusque là. C’est juste qu’il ne restait plus que cela à ce moment. Yann a dit qu'il avait passé l’âge des coups de tête. Il l'a dit comme ça. Il se bat de cette façon parce qu’il faut se battre et pas parce que cette forme d’action extrème l’attire. Les deux grévistes de la faim ont petite mine au bout de onze jours. Nouredine a un peu le moral dans les chaussettes. Mais ils vont tenir. Yann Cochin, en grève de la faim, dirigeant du syndicat Sud Enérgie, m’a dit : «je ne les laisserai pas tomber à rester tous seuls à Noël avec leur feuille de licenciement ». Les gars et les filles de la CGT, sévèrement frappés, eux aussi, sont là en rangs serrés.  Il faut parler d’eux. Leur lutte ne peut pas être médiatisée autant qu’elle le devrait car Suez et GRDF sont des gros bailleurs de publicité. La presse ne mord pas la main qui la nourrit. Elle a raison car ce sont des sauvages.

MONSIEUR PATRON NE JEUNE PAS

Le patron, ce bon chrétien qui dirige le tiroir caisse de la boite, écrit son nom en lettre de feu dans la longue liste des brutes sociales. Ce soir monsieur dinera en famille. Peut-être y aura-t-il des amis. On parlera de choses et d’autres avec délicatesse et intelligence. Un  temps de pause si indispensable quand on a des responsabilités ma bonne amie ! Les copains en lutte, eux, vont essayer d’oublier qu’on leur a interdit l’accès aux douches. Et tous les autres serreront les poings en pensant aux puissants qui les persécutent. Ce mot est le bon. Jugez : 250 sanctions. Infligées avec une subtile cruauté imaginative. Par exemple rétrograder un agent deux ans avant sa retraite. Il pourra méditer pendant des années l’ampleur de sa faute. Monsieur Patron, lui, a surement sa retraite chapeau, son parachute doré ou je ne sais quoi qui représente plusieurs centaines d’années de retraite amputée d’un syndicaliste sanctionné.. D’autant plus copieuse qu’il aura fait cracher de «la valeur» à ces salopards d’ouvriers syndiqués ou pas. Quelle imagination pour faire mal chez ce monsieur ! Licencier des gens juste avant Noel ! Ah ! Ah ! « Et voila, Basile ce que ça te coute de faire le con ! Regarde ta femme et tes gosses dans les yeux maintenant ! Ah il est beau ton noël ! » Sept mois après la grève ! Sur un motif bidon ? Qu’importe ! Tout le monde sait combien de temps il faudra pour que la justice s’y mette. Le pauvre diable aura du passer à autre chose !  Autre idée : mettre à pied, sans salaires, de jeunes agents histoire de les redresser durablement en punissant toute la famille. Et ainsi de suite. 

ILS ONT RAISON DE NE PAS SE LAISSER FAIRE

Donc en bas du bâtiment, on faisait nos prises de parole. Syndicalistes, associatifs, militants politiques. Il y a pendant quelques quarts d’heure toute l’autre gauche. Je cite juste Olivier Besancenot, à cause de sa main dans le plâtre du fait de ses os cassés dans la répression de la manifestation devant l’assemblée nationale. Et Martine Billard parce qu’elle a déposé une question écrite au gouvernement sur cette répression. A la fin des  prises de parole une dame a pris le micro. «Moi, je ne suis pas une oratrice. Je suis la mère d’un de ces gars à qui on fait du mal en ce moment et qui se battent. Il ne sera pas là pour le repas de Noël comme c’était prévu ! J’ai quatre vingt sept ans, j’ai de la peine ! Mais ils ont raison de pas se laisser faire ! Merci à tous ceux qui sont venus ce matin».

FAITES DU BRUIT POUR EUX

Mes amis qui me lisez, voyez autour de vous. De tous côtés, la peine au milieu de la fête. Tachons de ne pas jouer le jeu des puissants ! Ne laissons pas les nôtres dans l’indifférence. Aidons les,  comme ils nous ont aidé, ceux qui se sont battus pour nous en défendant notre service public.

 

 

 

Nouveau lien pour la source de cet article du 24 décembre 2009 >>

Publié dans Politique

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D
Qui sera bouffé par les lions , les gros profiteurs du gouvernement et leurs chers copains ou les maigres ouvriers , gilets jaunes et rmistes ?
Il m' est avis que le lions seront au régime ( dictatorial ? )
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D
Ben ça n' a pas changé , au contraire , les gens du gouvernement , les haut fonctionnaires , les fonctionnaires , les patrons , les actionnaires n' en ont jamais assez , entre salaires exorbitants , magouilles , corruption , dividendes ,et copinages entre tous ceux que je viens de citer , le budget de la France reste en gros déficit et on emprunte a tour de bras , nos enfants paieront .et les ouvriers , chômeurs et rmistes tirent toujours le diable par la queue et nos politiques s' en tapent !
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N
En effet, ça n'a pas changé... l'Histoire est un éternel recommencement. Je pense que sous l'Antiquité, il devait y avoir les mêmes problèmes, avec les conséquences plus graves.... finir bouffé par des lions dans l’arène...
C

            La France ? ? ? ( son gouvernement et leurs copains affairistes )  vient de lancer la construction de sis ( 6 ) nouveaux
sousmarins nucléaires qui seront autant utiles à la France que les sousmarins nucléaires précédents .
            Deux gros porteurs spécialement aménagés viennent d'être livrrés à l'Etat précédés d'un hélicoptère et d'un avion type Falcon pour
les déplacements de notre Président de la Pépublique . Prestige , prestige ! ! 
            Les autres étaint trop vieux ?  
             French Force One ! ! !
            Cela rappelle la France d'avant 1789 , d'avant la révolution .     


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T


Bonjour Christian,
A quand la prochaine ?
"La trop grande sécurité des peuples est toujours avant-coureur de leur servitude" (Jean-Paul Marat)



N

Je ne vais pas m'étaler sur un sujet aussi délicat, celui de la pauvreté, nous partons vers Paris ce soir, et là, la misère est encore plus criante qu'ailleurs (dans nos campagnes ça ne se voit
pas), là, où sur le périphérique parisien sont agglutinés des personnes dont l'unique abri est un cabanon pour les plus débrouillards, une simple toile pour les autres, certains d'entre eux
travaillent, mais non pas les moyens de faire face aux loyers, ça me rend triste que dans un pays comme la France, nous ayions encore des personnes sans abri et démunies, alors, Messieurs du
Gouvernement, avant de regarder ce qui se passe ailleurs, tenter déjà de balayer devant votre palais, et ce soir en mangeant votre caviar et sirotant votre coupe de champagne, ayiez au moins une
pensée pour tous ces gens là. Pour ce qui concerne les C.E. d'E.D.F. et autres entreprises du même type, j'aurai tellement de choses à dire, mais je ne vais pas en dire trop, j'ai travaillé pendant
plus de 20 ans dans ce monde là, tout n'est pas propre, loin s'en faut .
Bonne fin d'année à tous


Noumba


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S


Le commentaire ci-dessus fait volontairement abstraction du sujet incriminé, à savoir les riches par le levier des indigents et de leurs
malheurs. Tu as compris que je ne désirais pas tomber à mon tour dans ce misérable état d'esprit.


 


Pour les pauvres, à mon niveau, je fait quand je le peu, hélas pas assez je le sais, mais ainsi va la vie. Pour les autres, il y a beaucoup à dire et
redire, mais pas ici(pour moi).



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S


Faute de temps je ne puis lire tout le texte, mais son préambule m'interpelle, comment ces gens sans scrupules, des nantis aux traitements supérieurs aux
autres, aux avantages extravaguant, aux retraites anticipées, au CE nourri  sur le chiffre d'affaire de l'entreprise(en millions d'euros) et non sur le bénéfice réel
comme les autres entreprises, comment ces gens se trouvent-ils soudain solidaires de leurs contemporains, ceux que justement ils toisent et narguent depuis des lustres?


 


Ces gens auraient-ils reçus tous un cœur à Noël?....


 


Pourquoi d'un seul coup pensent-ils aux plus démunis, eux qui en des temps encore proches n'hésitaient pas comme des lâches à faire des coupures
intempestives pour défendre un quelconque avantage(le leur), délaissant pendant plusieurs jours (quelquefois même en hiver) les nécessiteux (nouveaux nés, indigents et personnes seules ou
âgées), les employés des cités et banlieues sans transport ....Il leur faut être arrivés bien bas ou au bout de leurs arguments pour se servir de la cause des plus démunis?


L'hiver, dans leurs centres de vacances, au lieu de fournir gratuitement l'hébergement et la nourriture aux copains syndicalistes des autres
entreprises qui viennent par vagues successives apprendre comment faire une manif, rédiger un tract ou stimuler une foule.... Pourquoi au lieu de ces basses arguties syndicalistes,
ne rétrocèdent-ils pas une partie de leurs "avantages" à ces derniers?


 


Je croirai à leur sincérité le jour ou, avec l'assentiment de tous les employés EDF, leur CE ouvrira les portes de ses centres aux indigents... Le
reste n'est que rhétorique calculée et a mes yeux déplacée dans ce contexte. Maintenant, tel monsieur Jourdain, on peut toujours se faire prendre à la prose de ces pros de la communication et de
leur pseudo repentir....



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T

Bonjour Claude,
Je ne connais pas le statut des personnels EDF, mais comme tu le dis si bien : certains se trouvent solidaires des plus démunis seulement un jour par an, le jour de Noël ?