ON L’A VIRÉ !

Publié le par N.L. Taram

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On l’a viré !

 

Une page se tourne, tout à la fois dans la joie, le soulagement et la difficulté. L’élection aura été tendue et disputée jusqu’au bout. Les deux camps se sont fortement mobilisés pour faire la différence, dans un contexte d’extrême-droitisation du débat politique provoqué par Sarkozy et entretenu par un feu roulant médiatique mettant au centre le FN. Un nouveau paysage émerge de ce grand brassage civique. Les droites sont battues mais elles se sont homogénéisées. Dans l’idéologie comme dans les urnes, l’électorat du FN et celui de l’UMP sont plus proches que jamais. La gauche s’est imposée par sa diversité. Pour la première fois depuis 1981, un candidat de gauche non membre du PS dépasse les 10%. Sans ce Front de Gauche, pas de victoire de la gauche. L’analyse géographique montre même que les meilleures progressions de la gauche correspondent aux poussées les plus fortes du Front de Gauche.

 

Le second tour n’efface pas le premier. Au contraire, on ne comprend pas l’un sans l’autre. Ce n’est pas seulement la personne de Sarkozy qui a été rejetée sinon son concurrent à droite aurait réalisé un autre score le 22 avril. Cette fois Bayrou n’est pas le troisième homme. Même pas le quatrième. Il finit cinquième. Les politiques libérales ont été sanctionnées et la domination insupportable de l’oligarchie dont Sarkozy était le symbole fidèle. En France, jamais la droite n’a réussi à se faire réélire après qu’elle ait attaqué les conquêtes sociales du pays. Certains se souviennent du Chirac de 1986, reaganien exalté, puni et humilié à la présidentielle de 1988, revenir quand il comprit cela comme le pourfendeur de la « fracture sociale ». Autant Sarkozy peut se targuer d’avoir déplacé le débat politique sur le terrain des trois « i », immigration, insécurité identité, autant il n’a pas réussi à faire aimer les riches et leur égoïsme social. C’est l’inverse ! Deux dynamiques idéologiques sont aux prises, front contre front. Résumons ainsi leur confrontation : de l’immigré ou du banquier, qui est cause de la crise ?

 

L’avenir se joue dans cette confrontation. Elle se poursuit une fois les urnes vidées. Le FN va maintenant chercher à entrer à l’Assemblée Nationale et en tirer argument pour se présenter en alternative à droite. Le Front de Gauche va tenter d’améliorer encore son résultat de la présidentielle. L’essentiel dans ces temps politiques instables, c’est de rester en dynamique, de projeter et d’élargir sans cesse sa force dans le choc des événements qui se présentent et peuvent, comme en Grèce, mener aux plus grandes responsabilités ceux qui la veille n’en exerçaient aucune.

 

Front de gaucheQuels sont les événements qui se dessinent ? D’abord le choc sur l’Union européenne. François Hollande a promis de renégocier le traité Merkozy. Plusieurs chefs de gouvernement s’engouffreraient bien dans la brèche ouverte par le peuple français. Mais les garde-chiourmes de l’austérité ont déjà donné de la voix. Y aura-t-il bras de fer ? S’il a lieu la mobilisation du peuple français s’avèrera décisive et le Front de Gauche en sera l’outil le plus déterminé. Ensuite le partage des richesses. Un rendez-vous a là aussi été fixé par Hollande : une conférence salariale en juin prochain. Le PS se refuse à tout engagement sur le montant de la hausse du SMIC qu’il pourrait consentir. Ce sera discuté promet-il. C’est un appel à construire le rapport de forces. Le Front de Gauche en sera là encore un instrument essentiel, dans les luttes sociales que nous avons soutenues sans relâche comme dans les urnes à travers les bulletins qui se porteront sur nos candidats. Bref, on ne pose pas le sac !

 

 

Publié dans Politique

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SAINT ETIENNE Claude 10/05/2012 15:33


Déjà l'Allemagne a fait savoir que les contrats sont faits pour être respectés sans quoi chacun ferait comme bon lui semble. Donc, la promesse sur le retour rapide(2012) de nos forces armées
prévues pour 2014 aura bien lieu à la date fixée. Un caillou dans la soupe des engagement électoraux pris par notre nouveau président sans concertation préalable. De même pour la
discussion des 3% devant donner une bouffée d'oxygène. Vlan, encore un soufflet avant d'être intronisé.


Toutefois  les Allemands sont de bons commerçants et la France leur premier client, donc il y aura une entente possible. A quel prix?


 

N.L. Taram 10/05/2012 20:14



Bonjour Claude,


étant parfaitement ignorant des promesses, problèmes et autres engagements de la France, je laisse le soin à quelqu'un d'autre de participer à ce débat. Pour ce qui concerne la Polynésie,
j'espère de meilleures relations avec l'état, mais je reste sceptique sur notre avenir....