PAKALOLO

Publié le par N.L. Taram

Le Tavini Huiraatira remonte d'un point dans mon sondage personnel...

Espérons qu'un jour nous pourrons écrire sur ce sujet et en débattre sans craindre de se retrouver devant un tribunal pour propagande illicite.

Ce jour-là, je vous promets de nombreux épisodes.

 

 Tavini entête

 

Papeete, le jeudi 8 novembre 2012

 

Paka : et si on en causait bien ?

 

Certains sujets occupent l‘actualité de longue date comme le pakalolo sans qu’il soit possible d’avancer dans le débat tellement les opinions sont tranchées, souvent de manière irrationnelle et surtout, on n’entend que les « anti ». Sur Polynésie 1ère qu’il convient de saluer pour avoir tenté d’y voir plus clair, nous avons eu l’illustration de ces positions qui ne permettent pas d’évoluer.

Manque de courage ou manque de réalisme, mais surtout débat faussé dans le sens où il reste largement déconnecté des faits. Les faits, ce sont des planteurs, des vendeurs et des consommateurs, les 3 vont ensemble et composent l’image d’un « modèle » économique plutôt florissant. Et quand le commerce va, qui peut s’y opposer ? Personne.


Dans son édition du 20 juillet 2012, le quotidien Le Monde consacre pratiquement une page à l’usage du cannabis en France et plus précisément sur la nouvelle politique menée dans certains commissariats qui sont au contact quotidien du phénomène.
Il n’est plus question d’arrestation, d’interrogatoire, de présentation au procureur, de convocation devant la justice et de condamnation, tout cela coûte du temps, de l’argent et reste sans aucun effet. Désormais, les policiers tapent directement au portefeuille et l’affaire est bouclée ! On gagne du temps et de l’argent au lieu d’en perdre.

Aux États-Unis, en même temps que le vote présidentiel ont eu lieu plusieurs référendums et en particulier sur l’autorisation de consommer le paka à des fins récréatives. Il s’agit d’une nouveauté car jusqu’à présent, le puritanisme américain autorisait certains « malades » à se « soigner » au cannabis ! Plusieurs états ont soumis le référendum sur la liberté de consommation, ceux du Colorado et de Washington ont voté pour.

Chez nous, le sujet reste toujours du domaine du tabu alors que l’usage s’est largement développé. Sur Polynésie 1ère, le journaliste et animateur a affirmé, à 2 reprises, que le président Temaru s’était prononcé favorable à la vente dans le commerce, ce qui est parfaitement faux ! A l’assemblée, M. Temaru a évoqué un usage autorisé pour les touristes, rien de plus, il n’a pas défini davantage qu’elle serait son approche du sujet. Mais l’affaire était trop belle pour qu’on s’en empare et en faire un sujet de scandale.

Il faut sortir de l’hypocrisie, ce débat doit enfin être ouvert chez nous, la société doit pouvoir s’exprimer en toute liberté, sans interdit préalable. Il y a beaucoup à dire sur le sujet plutôt que de l’enfermer dans l’éternel « enfer » de la drogue.

 

Car : 2564

Publié dans Politique

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Etetera 14/11/2012 22:36


Dépénaliser n'apportera pas de solutions aux enfants enfermés dans cet "enfer". Je crois plus à la légalisation de la catégorie de plante de cannabis qui a des vertus thérapeutiques sans l'effet
"éléphant rose" si tu vois ce que je veux dire. En Espagne, tu peux acheter les graines en toute légalité car cela soigne ! Mais le paka pour planer, NON ! Pas assez d'informations (et non
matraquages débiles) à l'adresse des enfants et surtout des parents !!! Avant de légiférer, il faudrait peut-être faire ce qui est déjà prévu par les textes en matière de prévention, non ?
Dépénaliser maintenant, c'est envoyer un message très clair aux dealers : allez-y, inondez le marché, de toute façon vos clients ne craindront rien et vous pouvez leur dire comment faire !!! Vous
allez multiplier le commerce du paka sans qu'on sache quelle merde est vendue ... sshhht

N.L. Taram 15/11/2012 00:02



Bonjour Etetera et merci de ta visite et de ton commentaire.


En 2011, les gendarmes ont arrachés 64.000 plants de paka en Polynésie, comme je le dis plus haut, les délits constatés sont quasi quotidiens, la situation n'a jamais été aussi pire. Doit-on
continuer de cette façon ? Je pense qu'il faut revoir ce problème.


Dans ce communiqué, le Tavini (pour une fois je suis d'accord avec eux) ne propose ni légalisation, ni dépénalisation, il demande d'ouvrir un débat. Tu parles de l'Espagne, c'est un exemple qu'il
faudrait étudier... à condition de ne pas débattre avec des oeillères d'un côté comme de l'autre.



Pierre Carabasse 11/11/2012 01:29


L'association "Vivre sans drogue" a publié un communiqué, sous la signature de sa
présidente madame Jacqueline Liénard, en réponse au communiqué du Tavini, ci-dessus. Je la félicite pour sa participation au débat proposé par le Tavini. Elle fait un inventaire très précis de
tous les méfaits et dégâts dus à la drogue : cannabis, bien sur, mais aussi alcool, ice, cocaïne, ecstasy et, même, élections territoriales (?). Dommage qu'elle ait oublié le tabac : 3 millions
de décès/an selon l'OMS et 85% en cause dans les cancers du poumon. Cette situation inquiétante est la situation actuelle, alors que la consommation de cannabis est absolument prohibée.
Toutefois, je n'ai lu dans ce communiqué aucune proposition pour améliorer la situation ; à moins que "Vivre sans drogue" préconise d'augmenter la répression et les peines : un jeune pris en
train de consommer du cannabis se retrouvant en prison pour six mois, c'est à dire deviendrait un délinquant à perpétuité.... Est-ce la solution ?



http://www.tahiti-infos.com/Communique-de-l-assocation-Vivre-sans-drogue-en-reponse-a-celui-du-Tavini-sur-le-Paka_a60728.html

Sergio 09/11/2012 10:52


Sujet intéressant et d'actualité qui occupe énormément les média pour peut-être éluder les autres problèmes plus graves de l'alimentaire quotidien.

N.L. Taram 09/11/2012 10:55



Bonjour Sergio et merci de ta visite et ton commentaire,


Je ne sais pas en France, mais ici le débat sur ce sujet est bloqué par l'hypocrisie et l'obscurantisme de certains, sûrement les effets de la religion qui est très "intégriste". Même chose pour
les casinos qui pourtant sont réclamés par les touristes et les investisseurs.
Ce qui n'empêche pas que la prostitution bat son plein, les salles de jeux clandestines foisonnent (sans compter "La Française des Jeux" ou "Le Pacifique des Jeux" qui nous pique quelques
800 millions chaque année), l'alcoolisme est le premier responsable des décès (accidents ou crimes), quant à la culture, au commerce et à la consommation de
pakalolo (cannabis) les délits constatés sont quotidiens...