QU’AVONS-NOUS FAIT ?

Publié le par N.L. Taram

UOLD APLe président du groupe UPLD à l’assemblée a écrit dans son courrier au président de la république:

«Aucun scrupule » à imposer au Peuple Polynésien 30 ans d'essais nucléaires, bouleversant au passage tous ses équilibres économiques, sociaux et culturels.

« Aucun scrupule » à mentir à ce Peuple sur la prétendue innocuité de ces mêmes essais nucléaires.

 

C’est vrai et nous devrons sans cesse lui rappeler cette calamité que l’Etat français nous a imposée. Cet Etat nous sera redevable pendant encore longtemps pour cela.

 

Mais nous, qu’avons-nous fait ?Fakarava3

 

Avec le consentement passif de l’Etat, nous avons gaspillé sans vergogne cette manne financière, nous avons cessé de produire, nous avons consommé sans limites, nous avons passé sous silence nos inquiétudes pour l’avenir…

Bien sur, quelques visionnaires n’ont jamais cessé de dénoncer cette dérive, mais ils prêchaient dans le désert.

 

 

Création IaMana 1

 

 

 

 Le 26 juin 1973, ils étaient 5.000 à défiler derrière Pouvana a Oopa et le Bataillon de la Paix. Le 10 juin 1976 ils étaient encore 3.000 à occuper le hall de l’assemblée puis l’assemblée pendant 10 mois.

Et après 1977, où étaient-ils passés ces 5.000 polynésiens motivées contre les essais nucléaires ?

antinucléaire 1973 1

 

 

Lors de la "Journée internationale contre les essais nucléaires" de 1978, je me suis rendu à cette manifestation annuelle, avenue Pouvana a Oopa (appelé à l’époque avenue Bruat). J’avoue que je n’ai pas osé me joindre à ce défilé, je suis resté au bord du trottoir, je n’en revenais pas du spectacle que j’avais sous les yeux : deux personnes montaient et descendaient l’avenue, Henri Hiro avec un panneau et Rafio soufflant dans un pou. Où étaient passés les manifestants de 1973 ? De magnifiques et gros véhicules passaient près d’eux, les passagers se moquaient, même des insultes fusaient  à leur envers encontre (?)….

Quelle honte !!!!

 

 

Nous serons tous responsables, si dans un proche avenir nos enfants et petits-enfants souffrent de notre incapacité et notre indifférence à gérer cette période qui aurait du être mise à profit pour construire notre économie et notre avenir.

 

 

Quelques chiffres…

1962 : nombre d’habitants =   84.551 dont 45.430 à Tahiti = 53,7%

2007 : …………………… = 260.000 dont 180.000 à Tahiti = 69%

 

1960 : import   = 1.918 millions CFP, export = 1.373, déficit = 275 millions

2009 :………. = 134.277 millions, ….......... =  9.498, ……. = 124.779 millions

 

1961 : exportation de vanille = 223 tonnes

2008 : ……………………... = 9 tonnes

 

L’éducation : 30% d’illettrés selon un sondage de l'institut Louis Harris publié en 2005.

Le logement social : 7.000 demandes de logement sociaux en souffrance alors que le recensement de 2007 note 6.660 logements vacants.

 

Autonomistes1 

Ces individus replets et repus qui gesticulent et se chamaillent pour savoir qui sera le « roi » me dégoutent. Ce budget 2011 que tout le monde attend avec impatience pour savoir si notre pirogue va continuer à couler, ou s’il y a un espoir qu’elle se remette à flots, ce budget, dis-je, qui devrait être débattu et approuvé par l’assemblée de Polynésie, seule institution du Pays à détenir ce pouvoir démocratiquement, ce budget, enfin, qui aurait du passer devant cette assemblée lors de la session budgétaire ouverte le 16 septembre 2010 et qui n’a pas encore été présenté à cette assemblée. Enfin ce projet de budget dont hier encore, 40 représentants sur 57 ne voulaient pas entendre parler, va finalement être trouvé excellent… après le partage du gâteau !!!

  

 Je crains que nos petits-enfants nous maudissent quand ils sauront....

 

 

----------o----------

 

Tahiti-PapeeteDéjà un proche me pose une question : « Comment ce fait-il qu’il y ait 7.000 demandeurs de logement, alors qu’il y a 6.660 logements disponibles »

Réponse : « Ces logements, dans des immeubles de luxe, ont été construit grâce à la loi de défiscalisation Girardin(1) et autres. Les loyers sont de l’ordre de 1 à 2 fois le SMIG, voire 3. Les demandeurs qui sont tous des petits salariés et même des cas sociaux, ne peuvent accéder à ces loyers. Les sociétés métropolitaines propriétaires ne s’inquiètent guère de leurs loyers perdus car elles défiscalisent une bonne partie de leur investissement. »

Contribuables français, vous vous êtes fait rouler une fois de plus, tout cela pour construire des logements de luxe occupés par des nantis !

 

(1) http://www.defiscalisationloigirardin.fr/loi-girardin-defiscalisation.php

 

 

Photo "Fakarava", origine Tahiti Pacifique

Photos "membres fondateurs IMTN" et "manifestation antinucléaire de 1973", origine "De l'atome à l'autonomie" de Philippe Mazellier

Photo "rassemblement du Tahoeraa, origine site http://tahoeraahuiraatira.pf/

Photo "Punaauia", origine agence immobilière  http://www.iha.fr/Location-vacances-prestige/Polynesie-francaise/Iles-du-vent-societe/Tahiti/Papeete/Appartement-de-prestige/Carlton-Hills_32877_1.htm

 

 

Publié dans Politique

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Christian Penilla y Perella 17/01/2011 19:44



Taram


 


Ce n'est pas rassurant.


Si la majorité d'une population n'est pas à la hauteur des décisions à prendre la démocratie devient un piège.



Christian Penilla y Perella 17/01/2011 08:59



Taram


 


Il y a quarante ans aux USA on calculait la pauvreté en connaissant la date d'achat de la dernière télé et de l'achat de la dernière voiture. Je tiens cela de certains de mes cousins et
petits cousins américains.


Les critères varient suivant les pays.



N.L. Taram 17/01/2011 09:41



Christian,


cela montre surtout la pauvreté intellectuelle de ceux qui ont trouvé ces critères.



N.L. Taram 17/01/2011 07:41



Je vais essayer de reconcilier nos amis Christian et Wakrap :


La première fois que je suis allé dans ma belle-famille, à Raiatea en 1965, cette famille comptait 14 anfants et déjà 4 ou 5 petits-enfants. Le père seul travaillait (la mère étant pratiquement
immobilisée) l'agriculture et la pêche ; il ne parlait pas français ; très peu d'argent liquide circulait, plutôt du troc ; et pourtant ils n'étaient pas "pauvres". Maintenant, les suivants qui
n'ont pas réussi et se débrouillent avec un petit salaire sont "pauvres".


Cette terre et cet océan qui nourissaient 85.000 habitants en 1960, doivent maintenant en nourrir 260.000... mais c'est un sujet tabu (j'ai bien l'intention de mettre le problème de la
démographie à l'odre du jour lors de notre prochaine réunion. Pourtant les scientifiques de l'Orstom ont lancé un cri d'alarme dès 1980).


Si vous êtes curieux, regardez le seuil de pauvreté retenu par la Banque mondiale... cela ne veut pas dire grand'chose.



wakrap 17/01/2011 06:37



Taram, peux tu effacer ma réponse embryonnaire précédente si tu l'a reçue,  mauvaise manip!


Pour les logements, effectivement, il reste 7OOO foyers en demande. Et je crois que la solution est dans les moyens financiers et la disponibilité de la terre, en aucun cas dans l'inventaire des
logements vides existants.


Pour le reste de mon intervention précédente et en particulier Christian


http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=jbkSRLYSojo:


Tout d'abord, je voudrais donner cette vidéo comme argumentaire de mon propos.(en anglais mais compréhensible pour tous)


Ensuite, comme je l'avais parfois évoqué, mon approche est individualiste (individualisme méthodologique). Je ne nierai jamais l'affirmation que jadis, la société était infiniment plus apaisée,
plus égalitaire, que les personnes étaient heureuses et satisfaites de leur vie et leur condition.


Le processus économique est une information, un échange d'informations entre les acteurs économiques, et plus cet échange se développe plus nous apprenons et notre nature envieuse se révèle.
L'augmentation exponentielle des inégalités matérielles associée à notre nature envieuse nous fait perdre ce sentiment de bonheur, d'autant plus que les inégalité existent dans un groupe où les
Droits sont égaux. Quand ces inégalités se manifestaient dans des société où les hommes avaient par naissance des droits inégaux, cela passait infiniment mieux pour chaque individu.


Tu argumentes sur le fait que la solidarité faisait que tout le monde mangeait à sa faim. Oui, mais cette solidarité entre individus a été détruite volontairement par le pouvoir pour créer, entre
autre, une solidarité contrainte dans le domaine de la santé qui est une ruine économique.


Du point de vue individualiste, la solidarité contrainte amène l'indifférence car l'on délègue la générosité, l'altruisme et la charité au pouvoir.


Associe l'indifférence à l'envie et tu as le monde d'aujourd'hui.


Le développement économique n'en a été que le révélateur, son  vrai maître d'oeuvre est l'Etat, c'est le sens de mon anarchisme.



N.L. Taram 17/01/2011 07:07



Wakrap,


à priori, je n'ai pas reçu de réponse embryonnaire de ta part.


LE LIEN QUE NOUS PROPOSE WAKRAP : Il faut faire un copier/coller du lien dans la fenêtre de commande d'internet.


D'accord avec toi. En effet, j'ai fait de lien avec les logements disponibles, ce qui n'avait rien à voir avec ma démonstration ; j'ai voulu seulement souligner que ces investissements en
défiscalisation n'avaient souvent rien à voir avec le but parfois déclaré de la ministre de faire du logement social. D'ailleurs le lotissement, soit-disant social, à Mahina, pk 11, côté
montagne, n'est occupé qu'à 20%. Un loyer de 80.000cfp pour un studio, un peu juste pour une famille, ensuite 120.000 pour un smigard au salaire de 150.000, ça colle pas.



Christian Penilla y Perella 17/01/2011 05:37



Wakrap


Je m'inscrit totalement en faux pour déclarer que la misère sévissait en Polynésie avant l'arrivée du CEA/CEP. Nous vivions simplement et tout le monde mangeait à sa faim. Pour mourir de
faim ou plustot mal se nourrir il fallait avoir un cocotier dans la main.


C'est méconnaître le pays ou avoir été mal informé . Il y avait les riches , les moins riches et les gens qui vivaient chichement particulièrement là où les familles étaient trés
nombreuses. Si certains se trouvaient dans le malheur , maladie ,accident ou autre infortune il existait une solidarité qui permettait à ces familles de s'en sortir.


Nous vivions en grande partie en autartie. Pendant la guerre 14/18 et 39/45 malgrés les difficulté et même l'arrêt des liaisons maritimes ( il n'y avait pas d'avions )vant l'extérieur,
personne n'est mort de faim en Polynésie par manque de nourriture.Nous produisions viande, lait , légumes, tubercules, riz ( oui de Moorea Temae ) , café, huile alimentaire ( cocofine ), pommes
de terre '(oui ) , alcools locaux ( rhum ) et autres bierres locales , etc, etc, et même à Papeete nous avions l'électricité. Hors Papeete certains avaient des groupes électrogènes. J'ai vécu une
partie de ma jeunesse au mori matai ( lampe à pétrole ), cela ne m'a pas traumatisé.


Actuellement nous consommons 80% de l'extérieur alors que à l'époque cela était réduit au riz, au sel, au sucre ( et encore ) et aux coupons de tissus avec lequel nos mères et grand mères
cousaient notre linge.


J'ai grandi dans un autre monde que vous connaîssez aujourd'hui.


Et nous étions en meilleure santé que aujourd'hui, il y avait beaucoup moins de malades.


Nous pouvions largement nous passer de la France ce qui n'est plus le cas de nos jours.





 



N.L. Taram 17/01/2011 05:58



Christian,


excuses-moi de te contredire, aux environ des années 1960........


il y avait un clochard à Tahiti, c'était Mathieu. Mais il ne mourrait pas de faim, le bougre, il se portait même trés bien !



Christian Penilla y Perella 17/01/2011 03:21



Taram


 


Si la justice avait fait ou avait été  libre de faire son travail dés le départ des dérapages nous n'en serions pas là.



wakrap 17/01/2011 03:04



Tatram,


J'ai suivi ton information et je suis allé retrouver ton chiffre sur l'ISPF.


EN regardant tout d'abord la définition de logement vacant on trouve, logement vide sans occupant, logement en attente de son propriétaire (fin de construction), logement insalubre, logement en
attente de locataire, logement à la vente...


D'autre part on arrive à une moyenne de l'ordre de 7% sur la Polynésie et de 15% sur Moorea et les Tuam-gambier. Ceci montre bien bien que c'est sans rapport avec les défisc et les zones à
concentration d'immeuble; Parmi les grosses communes c'est FAAA qui en a la plus grosse concentration et c'est celle où  l'on voit le moins d'immeubles récents en défisc métro.


Sinon, je voudrais, ayant lu les commentaires, m'inscrire en faux sur sur la doxa de la Polynésie de jadis où n'existait pas la misère. Bien au contraire, avec une espérance de vie inférieure de
20 ans à la métropole, la misère était partout, acceptée, subie et défendue au fond par un système social rigide.


La manne du CEP, avec tous ses travers et ses corrompus, l'a révellée, les hommes ont découvert cette misère.


Ce sont les inégalités crées par un développement économique qui ne sortait pas de l'ordre ancien, qui ont rendu visible et insupportable cette misère.



N.L. Taram 17/01/2011 03:54



Wakrap,


Cela nous laisse quand même environ 7.000 dossiers en souffrance à l'OPH...



Christian Penilla y Perella 17/01/2011 02:49



Erick Monod


 


A l'époque de Francis Sanford nombre d'entre nous pensions que tu était le seul journaliste popaa sincère dans notre défense et même un peu kamikase pour prendre la défence des
polynésiens. Ceux qui prenaient à l'époque notre défence étaient considérés par l'Etat comme des pestiférés de la république.


 


Vingt cinq années dans l'ombre de Francis Sanford, j'ai vu et entendu pas mal de choses. Combien de popaa nous ont trahis à l'époque dont un certain trés connu à l'époque.


Dieu ait son âme.



Christian Penilla y Perella 17/01/2011 02:34



Erick Monod


 


Le drame dans tout cela c'est la conclusion de beaucoup de monde en parlant des élus: 


 Tous pourris. N'en déplaise à certans, c'est faux . il y a le meilleur et le pire. Sauf les les pires sont trop souvent dominants.





Alors que parmis ceux qui les condamnent haut et fort,  beaucoup auraient fait la même chose dans la même situation. Il faut voir comment certains ont la mémoire courte dés qu'ils
ont espoir d'un morceau du gâteau; Nous en avons eu de trés nombreux exemples dans le passé et même actuellement.


Non les politiques ne sont pas tous pourris, ils ne sont que le reflet de notre société.


C'est à la base un problème d'éducation.C'est là où l'on voit la différence entre l'amoralité et l'immoralité. Le premier ne sait même plus où est le bien et le mal , il fait n'importe
quoi, le second sait trés bien où est le bien et le mal, celui là est plus facile à récuper.......en principe.


L'éducation cela commence dans la plus tendre enfance, c'est le travail des parents, plus tard c'est trop tard.


Les enfants sont des futurs citoyens . Tout le problème est encore  là. Jeunes sans morale donne citoyens sans morale.


C'est notre drame en Polynésie.



N.L. Taram 17/01/2011 02:45



Christian,


"le second sait trés bien où est le bien et le mal, celui là est plus facile à récuper.......en principe." oui, "en principe" car j'en connais certains qui ont tordu le cou aux principes
ou alors ils avaient rien compris. Peut-être que la méthode utilisée pour leur rentrer ces prinicipes dans la tête n'était pas la bonne.


Enfin, cela pour dire que l'abus d'autorité pour l'éducation des enfants donne parfois des résultats inverses... (voir le court extrait du film "A l'est d'Eden" dans la colonne de
droite)



Christian Penilla y Perella 16/01/2011 23:31



Erick Monod, bonjour.


 


Pour résumer ton intervention, ce sont les occasions qui font les larons. Les copains et les coquins qui se sont gouiffrés avec la complicité et la participation des coquins en chef de
France et de Polynésie.


Excuse supprème: la défence du défenseur de la présence française en Polynésie, la défence de celui qui passait pour l'ultime rempart aux indépendantistes.


Même la justice regardait ailleurs.


Ce qui devait arriver arrivat.



wakrap 16/01/2011 18:25



Bonjour Taram,


 


Je suis sidéré par ce chiffre de logements vacants qui seraient au nombre de 6600 . Je ne vois aucun immeuble récent vide, d'autre part les lois de défisc imposent la location pour bénéficier de
la défisc.


C'est un non sens. Il y a quelque chose de totalement incohérent dans ton information et ce serait bien de trouver où. 


 


Par contre, chaque fois fois que me déplace , j'observe des terres pour placer des dizaines de milliers de logements qui sont stérilisée par l'indivision;


Ca c'est un fait avéré et reconnu.


C'est amusant, je suis en train de lire un vieux livre : De la Démocratie en Amérique, par Tocqueville, écrit il y a plus de deux siècles et qui explique en grande partie l'essort foudroyant de
l'économie de ce pays dans les années 1700 par l'abandon sur ce territoire de la législation anglaise d'époque d'héritage au plus ancien, ce qui avait amené le morcellement des héritages et donc
donné une plus grande valeur au travail.


La nature humaine ne change pas et les travers des lois restent les mêmes, en tout lieu.



N.L. Taram 16/01/2011 20:11



Bonjour Wakrap,


Pour ce qui concerne les 6.660 logements disponibles en 2007, j'ai trouvé ce chiffre dans une parution de l'institut de la statistique, je pense que l'on doit la trouver sur le site
www.ispf.pf :  


Recensement de la population


en Polynésie française


 


260 000 habitants au 20 août 2007



Erick Monod 16/01/2011 15:31



Si tu avais bien regardé , ce jour là , tu aurais vu avec Henri et Rafio , Do Carlson , la femme d'Henri avec son bébé dans les bras , le pasteur Vernier et Monod ....voila pour l'histoire..


Quand à l'autre réalité : OUI , les essais ont été une folie et un crime pour la société polynésienne et c'est un des premiers opposants qui l'affirment , un des rares , si ce n'est le seul
expatrié qui ait perdu - en 1974 - son boulot ( ORTF ) pour s'être dit profondément choqué et blessé par la présence du CEP en Polynésie . Puis qui a mis son voilier à la disposition de ceux qui
voulaient s'opposer aux essais pour aller contester à Moruroa avec Francis Sanford


Mais parce que je refuse au mieux d'être un imbécile et au pire d'être un con , je ne peux accepter le commentaire " avec le consentement passif de l'Etat " .


Pierre , arrète , : tu sais aussi bien que moi que depuis 1976 , depuis la première autonomie de gestion , la goinfrerie locale , l'impudence des politiques polynésiens , toutes tendances
confondues , ont été sans limite ..Les piaillements indignés , les hurlements scandalisés , les crises de nerfs politiques , chaque fois que l'Etat , à travers ses HC ou ses ministres Oudinot
encore une fois toutes tendances confondues , tentaient de corriger les écards , de stopper la corruption , les détournements , la gabegie , ont été constants et presque rituels .


Il vient d'ou , le voyou, le mafieu qui pendant 30 ans , grace à son complice en France , a mis la Polynésie en coupes réglées avec ses pots de vin, ses rétro commissions et son système fascisant
? Ils viennent d'ou ceux encaissent des salaires indécents à l'Assemblée ou au gouvernement ? Ces cabinets pléthoriques , ces offices inutiles , ces revenus , ces fortunes que l'on dissimule ?
Y-at-il un élu qui est jamais déclaré un jour : " Voici ce que je gagne et je suis prêt à en reverser une partie à la communauté à travers un impot ".


Je m'indigne encore, Pierre , et je m'étouffe ....mais je ne peux accepter ces attitudes de vertueuse idéologie , ce perpétuel renvoi de la responsabilité de ce débacle sur l'etat alors qu'un
récent rapport dénonce exactement ce que je t'écris , propose des solutions...et que l'on a l'impression d'avoir pisser dans un violon !!!


Je te le dis et le répète : tous les scandales politico-financiers des ces dernières trente années trouvent leur origine dans le lien tressé par les deux hommes qui étaient , en France et à
Tahiti , responsables de la gestion de nos pays . En desous, et je peux en témoigner par trente ans de journalisme en Polynésie  , l'immense majorité des décideurs métropolitains et
fonctionnaires responsables étaient scandalisés par ce qu'ils étaient obligés d'accepter , mais ne pouvaient rien faire ..


Aujourd'hui , ce qui est pire à mon avis , c'est l'hypocrisie , l'idéologie indépendantiste ou socialisante qui se veut vertueuse et moralisante alors que ces hommes et ces femmes ont
pratiquement tous la bouche encore humide du gateau qu'ils croquent tous les jours à travers leurs salaires , leurs revenus , leurs affaires , leurs terres et la spéculation , leurs
investissements en NZ ou ailleurs..Mais on affecte d'être épidermique , on accuse l'état , on se tortille , on invoque le peuple , les petites gens ....et l'on se presse aux Synodes , la tête
baissée , les mains croisées , on affecte d'être humble et concernée...


Finalement , et je vais peut être te faire sursauter , mais j'en arrive à penser que ce n'est pas le nucléaire ni les bombes qui ont été une catastrophe mais la bétise , la cupidité , l'arrogance
, la malhonneteté d'une classe politique , sociale et même culturelle polynésienne qui s'est ruée sur le fromage et l'a dévoré à son profit..


Si l'argent du CEP et sa suite avait été intelligemment , raisonnablement utilisé , depuis 1960 , pour le bien être de tous , pour la création d'emplois , l'autonomie alimentaire , le logement
adapté , la petite industrie , les transports bon marché , le retour dans les îles , le développement de la pêche , du tourisme chez l'habitant , et j'en passe... crois-tu, Pierre, que tu serais
là , aujourd'hui , à sauter comme un cabri , en t'écriant : " notre échec , c'est à cause du nucléaire , c'est à cause de l'état !!!!".


Je t'embrasse .


l


 



N.L. Taram 16/01/2011 20:06



Bonjour Erick,


Je te remercie pour ton long commentaire, superbement écrit avec tout ton talent d'écrivain et de journaliste. Il m'a semblé qu'il confirmait pour une bonne part ce que j'ai maladroitement écrit,
je le concède.


En ce qui concerne le refus de cette entreprise, pour moi cela c'est passé en mars 1970, où j'ai claqué la porte et pris le premier avion pour la Nouvelle-Calédonie avec ma compagne. Mon fils est
né quelques mois plus tard à Nouméa et a passé les premiers mois de sa vie sous une toile de tente...


Amitiés



Christian Penilla y Perella 16/01/2011 12:03



Taram


 


Ce tableau est loin d'être complet, il faudrait remplir des pages et des pages pour résumer toutes las calamités provoquées par les essais nucléaires et sa " manne ? ".


L'Etat français se gargarise  en parlant de " manne nucléaire " : nourriture providentielle et miraculeuse dont bénéficièrent les Hébreux  dans la traversée du désert du Sinaï.


la Polynésie n'était pas un désert , loin de là , la Polynésie ne connaissait pas la misère que l'on trouve aujourd'hui dans de nombreux quartiers de la capitale  et dans les
communes voisines ou lointaines.


Ce mot est bien mal venu dans la bouche de ceux qui veulent cacher l'ampleur du désastre qu'ils ont provoqué dans notre pays.


Cette manne était aussi empoisonnée que les retombées radioactives. Elle a tatalement détruit notre société et notre économie .


Ceux de mon âge  qui ont eu une vie d'adulte et professionnelle avant et aprés le CEA/CEP sont bien placés pour en juger. Ce n'est pas du : il parait que . Ce n'est pas de la
nostalgie , c'est une réalité vécue.


Alors , un peu de pudeur dans votre vocabulaire. Il y a des mots qui font mal et mal venus.