SERVITUDE MODERNE (1)

Publié le par N.L. Taram

Servitude moderne

De la servitude moderne

Jean François Brient

 

Le lien >>  http://www.delaservitudemoderne.org/francais1.html

 

    De la servitude moderne est un livre et un film documentaire de 52 minutes produits de manière totalement indépendante ; le livre (et le DVD qu’il contient) est distribué gratuitement dans certains lieux alternatifs en France et en Amérique latine. Le texte a été écrit en Jamaïque en octobre 2007 et le documentaire a été achevé en Colombie en mai 2009. Il existe en version française, anglaise et espagnole. Le film est élaboré à partir d’images détournées, essentiellement issues de films de fiction et de documentaires.

......................  

   Le texte et le film sont libres de droits, ils peuvent être copiés, diffusés, projetés sans la moindre forme de contrainte. Ils sont par ailleurs totalement gratuits et ne peuvent en aucun cas être vendus ou commercialisés sous quelque forme que ce soit. Il serait en effet pour le moins incohérent de proposer une marchandise qui aurait pour vocation de critiquer l’omniprésence de la marchandise. La lutte contre la propriété privée, intellectuelle ou autre, est notre force de frappe contre la domination présente.Servitude moderne1

     Ce film qui est diffusé en dehors de tout circuit légal ou commercial ne peut  exister que grâce à l’appui de personnes qui en organisent la diffusion ou la projection. Il ne nous appartient pas, il appartient à ceux qui voudront bien s’en saisir pour le jeter dans le feu des combats.
Jean-François Brient & Victor León Fuentes      

 

Chapitre I : Épigraphe

« Mon optimisme est basé sur la certitude que cette civilisation va s’effondrer. Mon pessimisme sur tout ce qu’elle fait pour nous entraîner dans sa chute. »

 

Chapitre II : La servitude moderne

"Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles."

                                                                           William Shakespeare

Servitude modern2

La servitude moderne est une servitude volontaire, consentie par la foule des esclaves qui rampent à la surface de la Terre. Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises qui les asservissent toujours un peu plus. Ils courent eux-mêmes derrière un travail toujours plus aliénant, que l’on consent généreusement à leur donner, s’ils sont suffisamment sages. Ils choisissent eux-mêmes les maitres qu’ils devront servir. Pour que cette tragédie mêlée d’absurdité ait pu se mettre en place, il a fallu tout d’abord ôter aux membres de cette classe toute conscience de son exploitation et de son aliénation. Voila bien l’étrange modernité de notre époque. Contrairement aux esclaves de l’Antiquité, aux serfs du Moyen-âge ou aux ouvriers des premières révolutions industrielles, nous sommes aujourd’hui devant une classe totalement asservie mais qui ne le sait pas ou plutôt qui ne veut pas le savoir. Ils ignorent par conséquent la révolte qui devrait être la seule réaction légitime des exploités. Ils acceptent sans discuter la vie pitoyable que l’on a construite pour eux. Le renoncement et la résignation sont la source de leur malheur.

Voilà le mauvais rêve des esclaves modernes qui n’aspirent finalement qu’à se laisser aller dans la danse macabre du système de l’aliénation.

L’oppression se modernise en étendant partout les formes de mystification qui permettent d’occulter notre condition d’esclave.

Montrer la réalité telle qu’elle est vraiment et non telle qu’elle est présentée par le pouvoir constitue la subversion la plus authentique.

Seule la vérité est révolutionnaire.

Servitude moderne3

Chapitre III : L’aménagement du territoire et l’habitat

« L’urbanisme est cette prise de possession de l’environnement naturel et humain par le capitalisme qui, se développant logiquement en domination absolue, peut et doit maintenant refaire la totalité de l’espace comme son propre décor. »

                                                      La Société du Spectacle, Guy Debord.

À mesure qu’ils construisent leur monde par la force de leur travail aliéné, le décor de ce monde devient la prison dans laquelle il leur faudra vivre. Un monde sordide, sans saveur ni odeur, qui porte en lui la misère du mode de production dominant.

Ce décor est en perpétuel construction. Rien n’y est stable. La réfection permanente de l’espace qui nous entoure trouve sa justification dans l’amnésie généralisée et l’insécurité dans lesquelles doivent vivre ses habitants. Il s’agit de tout refaire à l’image du système : le monde devient tous les jours un peu plus sale et bruyant, comme une usine.

Chaque parcelle de ce monde est la propriété d’un État ou d’un particulier. Ce vol social qu’est l’appropriation exclusive du sol se trouve matérialisé dans l’omniprésence des murs, des barreaux, des clôtures, des barrières et des frontières… ils sont la trace visible de cette séparation qui envahit tout.

Mais parallèlement, l’unification de l’espace selon les intérêts de la culture marchande est le grand objectif de notre triste époque. Le monde doit devenir une immense autoroute, rationnalisée à l’extrême, pour faciliter le transport des marchandises. Tout obstacle, naturel ou humain doit être détruit.à suivre 

 L’habitat dans lequel s’entasse cette masse servile est à l’image de leur vie : il ressemble à des cages, à des prisons, à des cavernes. Mais contrairement aux esclaves ou aux prisonniers, l’exploité des temps modernes doit payer sa cage.

« Car ce n’est pas l’homme mais le monde qui est devenu un anormal. »

                                                                                     Antonin Artaud

Publié dans Société

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christian Penilla y Perella 22/04/2011 04:37



Taram


 


Est ce un atavisme? Est ce inéductable?


Faudrait il une révolution permanente? Une remise en cause incessante?


L'homme en est il capable?


Le passé répond pour le futur.


 



N.L. Taram 22/04/2011 05:43



Bonjour Christian,


J'ai publié cette série (il y a 7 épisodes) non pas pour essayer de convaincre mais pour méditer sur le sujet. Cela fait du bien de recevoir de temps en temps quelques vérités... dans la figure !


Je précise que ce texte est libre de droit et que l'auteur conseille même de copier, diffuser, s'inspirer de ses écrits sans aucune contrainte. C'est comme cela que j'apprécie la communication.



christian Penilla y Perella 31/07/2010 06:14



Taram


 


  Effectivement c'est l'anarchisme dans toute sa spendeur , on ne peut rien construire sur cette base .



N.L. Taram 31/07/2010 06:22



Si, justement, à partir de là, nous reconstruirons un système différent du servage comme les français l'ont fait en 1789... Et leur exemple nous servira de leçon : nous devrons veiller à ce que
la bourgeoisie n'accapare pas à nouveau cette révolution pour leur profit !



christian Penilla y Perella 31/07/2010 04:37



Taram


 


Nous sommes en train de retourner à un système féodal à grands pas . Vive un nouveau 1789 .


Le système féodal était le pouvoir de l'argent et de la fortune à sens unique . Serfs d'hier et d'aujourd'hui même combat .



N.L. Taram 31/07/2010 04:52



Merci, je craignais de m'être mal fait comprendre...


Je trouve ce texte de J.F. Brient plutôt anarchiste.



christian Penilla y Perella 31/07/2010 02:40



Je n'apprécie pas beaucoup ce genre d'extrémisme .


Le colectivisme qui est le contraire de la propriété individuelle , on voit ce que cela à donné sous le communisme .


Le problème de l'hyper urbanisation n'est que le résultat du manque du contrôle des naissances et du manque d'éducation d'une part de la population mondiale . Nous faisons comme les fourmis et
les termites avec leurs fourmillères et leurs termitières . Heureusement pour nous , si nous ne le faisions pas il ne resterait plus de terres agricoles pour nourrir tout ce monde .


L'extrémisme sort de tout équilibre entre les extrèmes et pour équilibrer il faut réguler . Suivre ce genre de raisonnement extrémiste est le plus grand danger pour notre civilisation .


Seul le bonsens peux sauver notre civilisation de tous les égarements .


Il ne faut pas que le remède tue le cheval .


 


Pour résumer nous ne naissons pas égaux , on est fort ou on est faible , on est intelligent ou bète , on est bon ou méchant . Observez les bambins dans une garderie . Certains
calinent d'autres mordent , certains sont pleins de vie d'autres sont amorphes .........nous devons faire avec . Ce qui fait que l'on puisse se dire  "civilisé " c'est de trouver un
équilibre pour que tout le monde traverse le vie en souffrant le moins possible et surtout en ayant du bonheur . Se dire " civilisés "c'est que ceux qui ont la chance d'avoir plus aident ceux qui
ont moins , ceci de gré ou de force par des règles de socièté .


Provoquer un équilibre par des règles si c'est nécessaire . Tout dérèglementer est une catastrophe cela permets aux voyoux d'en tirer parti . Nous le voyons actuellement au niveau de l'Europe et
au niveau mondial . Tout le monde en connait les conséquences . C'est la misère des " sans travail " d'un côté et la misère des " explotés " de l'autre .


Ce qui est en cause ce n'est pas le capitalisme mais le capitalisme débridé sans aucunes règles  .  



N.L. Taram 31/07/2010 02:57



Bonjour Christian,


"Le bon sens", c'est quoi ce machin ? j'écrivais, il y a peu, "De nos jours, si nombre de paysans ont
disparu, il apparaît que le bon sens collectif a suivi la même courbe descendante"....


Serais-tu favorable à un retour au système féodal ?


 



SAINT ETIENNE Claude 30/07/2010 07:23



"Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles."


                                                                          
William Shakespeare


En regardant de plus près la signature, je me suis rendu compte que cette "actualité" dure depuis la nuit des temps.