SERVITUDE MODERNE (3)

Publié le par N.L. Taram

(suite)

 

Chapitre VI : La destruction de l’environnement

«  C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l’écoute pas. »

Victor Hugo

SM6

Le pillage des ressources de la planète, l’abondante production d’énergie ou de marchandises, les rejets et autres déchets de la consommation ostentatoire hypothèquent gravement les chances de survie de notre Terre et des espèces qui la peuplent. Mais pour laisser libre court au capitalisme sauvage, la croissance ne doit jamais s’arrêter. Il faut produire, produire et reproduire encore.

Et ce sont les mêmes pollueurs qui se présentent aujourd’hui comme les sauveurs potentiels de la planète. Ces imbéciles du show business subventionnés par les firmes multinationales essayent de nous convaincre qu’un simple changement de nos habitudes de vie suffirait à sauver la planète du désastre. Et pendant qu’ils nous culpabilisent, ils continuent à polluer sans cesse notre environnement et notre esprit. Ces pauvres thèses pseudo-écologiques sont reprises en cœur par tous les politiciens véreux à cours de slogan publicitaire. Mais ils se gardent bien de proposer un changement radical dans le système de production. Il s’agit comme toujours de changer quelques détails pour que tout puisse rester comme avant.

 

Chapitre VII : Le travail

Travail, du latin Tri Palium, trois pieux, instrument de torture.

SM7

Mais pour entrer dans la ronde de la consommation frénétique, il faut de l’argent et pour avoir de l’argent, il faut travailler, c'est-à-dire se vendre. Le système dominant a fait du travail sa principale valeur. Et les esclaves doivent travailler toujours plus pour payer à crédit leur vie misérable. Ils s’épuisent dans le travail, perdent la plus grande part de leur force vitale et subissent les pires humiliations. Ils passent toute leur vie à une activité fatigante et ennuyeuse pour le profit de quelques uns.

L’invention du chômage moderne est là pour les effrayer et les faire remercier sans cesse le pouvoir de se montrer généreux avec eux. Que pourraient-ils bien faire sans cette torture qu’est le travail ? Et ce sont ces activités aliénantes que l’on présente comme une libération. Quelle déchéance et quelle misère !

Toujours pressés par le chronomètre ou par le fouet, chaque geste des esclaves est calculé afin d’augmenter la productivité. L’organisation scientifique du travail constitue l’essence même de la dépossession des travailleurs, à la fois du fruit de leur travail mais aussi du temps qu’ils passent à la production automatique des marchandises ou des services. Le rôle du travailleur se confond avec celui d’une machine dans les usines, avec celui d’un ordinateur dans les bureaux. Le temps payé ne revient plus.

Ainsi, chaque travailleur est assigné à une tache répétitive, qu’elle soit intellectuelle ou physique. Il est spécialiste dans son domaine de production. Cette spécialisation se retrouve à l’échelle de la planète dans le cadre de la division internationale du travail. On conçoit en occident, on produit en Asie et l’on meurt en Afrique.

 

Chapitre VIII : La colonisation de tous les secteurs de la vie

« C’est l’homme tout entier qui est conditionné au comportement productif par l’organisation du travail, et hors de l’usine il garde la même peau et la même tête. »

Christophe Dejours

SM8

à suivre

L’esclave moderne aurait pu se contenter de sa servitude au travail, mais à mesure que le système de production colonise tous les secteurs de la vie, le dominé perd son temps dans les loisirs, les divertissements et les vacances organisées. Aucun moment de son quotidien n’échappe à l’emprise du système. Chaque instant de sa vie a été envahi. C’est un esclave à temps plein.

Texte de référence : De la servitude moderne - Jean François Brient  

Le lien >>  http://www.delaservitudemoderne.org/francais1.html

SERVITUDE MODERNE (1)

Publié dans Société

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wakrap 04/08/2010 19:12



Bonjour,


Je ne commenterai pas ce texte.


 Par contre j'aurai quelques petites remarques en rapport avec les commentaires.


Tout d'abord, les "isme" ne me semblent pas un soucis. Au contraire, si ils representent une doctrine, qu'ils cherchent a respecter une ethique. On peut alors simplement juger cette ethique


Par contre lorsqu'ils representent une ideologie, que leur objectif est leur seule finalite et que l'ethique devient secondaire, alors on arrive souvent au malheur individuel de la grande
majorite des hommes.


Et j' en viens au commentaire 5 de Christian. La premiere partie repond a une doctrine individualiste jugeant nos actions en fonction de notre ressenti individuel. Et elle se trouve en
contradiction avec la deuxieme partie qui parle de repartition de richesses materielles, basee sur une premisse collectiviste, niant les choix individuels, representant une ideologie parmi
d'autres avec une vision collective primant les choix individuels.


La science, l'altruisme, la redistribution, ne peuvent etre des valeurs que dans la mesure ou elles ameliorent la vie de l'Homme selon les valeurs de base reconnues comme la liberte, et non si
elles diminuent par exemple la liberte des hommes.


Effectivement, cela pose probleme.



SAINT ETIENNE Claude 03/08/2010 14:13



Bonjour Christian, qui vivra verra. Il n'y a pas de raison de douter qu'un jour on y arrive, il suffit de s'en donner les moyens. La science et la
technologie vont tellement vite que peut être au seuil du grand vide, auront nous la satisfaction de savoir que nous laissons notre terre en bonnes mains même si le pognon est en jeu.... Il y a
tellement à copier sur les plantes et les animaux et si peu sur l'homme, moi y compris.



christian Penilla y Perella 02/08/2010 20:26



Saint Etienne Claude , bonjour


 


Peut de temps aprés être arrivé au pouvoir en 2009 , Barack OBAMA  avait déclaré que les recherches et les réalisations en énergies renouvelables et en protection de l'environnement
vont décoler par le fait même que cela va rapporter énormément d'argent  et relancer l'économie . Ce ne sont pas ses mots exacts mais bien le fond de sa pensée que je ne trahis pas.


Seule la carotte fait avancer la bourrique .


Depuis les investissements aux USA sont gigantesques dans ce secteur .


 



SAINT ETIENNE Claude 02/08/2010 14:20



L'irrespect et les outrages contre la nature s'arrêteront d'eux même le jour ou l'écologie rapportera du pognon, cela commence déjà avec l'eau et le
tourisme...


Avec l'abolition de l'esclavagisme, peut être pourrions nous remplacer esclave par "larbin"



N.L. Taram 03/08/2010 02:33



Bonjour Claude,


Je reconnais que j'ai utilisé le terme "esclave" un peu par provocation.  En fait le terme de serviteur convient mieux. Qui sommes-nous, sinon des serviteurs ? serviteurs de nos enfants, de
nos parents, de nos concitoyens, de la société. Même un entrepreneur heureux et aimé de son personnel est un serviteur ( Christian) ; il ne faut pas y voir un terme péjoratif... c'est notre lot.


Seulement voilà, certains, plus malins et moins honnêtes, ne "servent" pas mais se SERVENT  au passage !!!



christian Penilla y Perella 02/08/2010 05:58



Taram


 


    Parfaitement .Le français est le passage obligé , ou une autre langue parlée dans le monde comme par exemple l'anglais . Ce n'est pas avec une langue , le tahitien , que
l'on peut directement accéder à une culture universelle . Pour commencer la première barrière est le manque de mots dans le vocabulaire polynésien , en second on ne peu pas se servir indéfiniment
de périphrases ,en troisième on ne peut pas inventer des mots dont l'usage polynésien sera rare ou inexistant rien ne permettrait à les mémoriser vu qu'ils ne seront pas utilisés dans notre
contexe polynésien.


   On ne peut demander à une langue l'impossible d'où la grande difficulté de sauver la langue tahitienne dans le temps . Les langues polynésiennes ne sont pas seules dans ce cas . Ce
n'est qu'un environnement d'une forme de société riche dans sa propre vie de tous les jours qu'une langue peut perdurer . Une langue ne doit pas nous faire exister dans un milieu isolé du reste
du monde , on finit comme des " indiens dans des réserves " .


La réalité des choses et de la vie est peut être choquante mais on ne vit pas de rèves .


  Pour sauver une langue mise en minorité  aucune solution pérenne n'a encore été trouvée dans le monde . C'est le côté dramatique de la mondialisation , la perte de la diversité . Nous
retrouvons le même problème dans tous les secteurs , l'agriculture , l'élevage , la biodiversité des zones envahies par l'homme , etc .   


 



christian Penilla y Perella 02/08/2010 02:00



Taram


 


Cela , pour nous polynésiens , à avoir avec la culture français par ce que cette culture a été pour nous un passage obligé pour nous ouvrir sur le monde . Donc pour avoir accés à la culture
universelle .


 



N.L. Taram 02/08/2010 02:16



Ah, OK ! tu veux dire "culture française" en tant que véhicule pour accéder à la "culture universelle"...



christian Penilla y Perella 02/08/2010 01:54



Taram


 


Heureusement qu'il y a l'utopie , cette utopie fait que nous sommes différents des autres mammifères . Si cette utopie n'existait pas nous vivrions encore dans des cavernes à disputer une place
avec les ours .



N.L. Taram 02/08/2010 01:57



Merci Christian de me comprendre...



christian Penilla y Perella 02/08/2010 00:03



Taram


 


Ce débat avec son choix des mots , un poids des mots souvent bien différents alors que toi et moi avont une même culture française acquise je le sais dans un contexte différent , fait bien voir
que nous somme quand même différents ayant une histoire différente . C'est là que je vois que la richesse d'une langue maitrisée par deux personnes ou plusieurs personnes peux permettre un
dialogue contructif . Même certaines de nos divergences sont constructives . Je sais aussi que tu ne cautionnes pas tous les textes que tu mets en ligne mais ils sont la base d'une discution
qui ne peut que nous enrichir .


 Je regrette que ce site tant visité n'est pas plus de participants . Dans mon entourages certaient le visitent mais n'osent pas y participer . C'est bien dommage , pourtant ils ont leur
opinion sur beaucoup de problèmes soulevés .


Ainsi va la Polynésie .



N.L. Taram 02/08/2010 01:41



Cela n'a rien à voir avec la culture française, mon combat est universel. Il est peut-être utopique (Charlie, je suis avec toi !), mais nous n'avons pas le choix : Y croire ou désespérer.


J'admire un célèbre prédécesseur, mort il y a 2.000 ans....



christian Penilla y Perella 01/08/2010 23:47



 


Bonjour tout le monde


Il y a sous un certain angle l'exploteur et l'exploité , cet angle est bien occidental et tient plus de ".......ismes " divers  socialisme , communisme , etc ,par exemple . Ce qui est
frappant c'est que cet angle de vue de notre société ne correspond pas à mon entourage polynésien passé et actuel . Je pense que l'occident nous vois à travers une optique qui lui est propre et
bien loin ne notre façon d'appréhender le monde . Un exemple simple : tous ou presque tous nos étudiants qui ont fait des études suppérieures en métropole et ayant eu des professeurs de gauche
reviennent au pays avec une nouvelle façon d'appréhender la société locale qui ne correspond plus avec la réalité du terrain . Pour preuve : la prière pour débuter les réunions publiques . Je ne
juge pas , je constate . Je ne dis pas qui a raison , qui a tord mais je me trouve devant un comportement et des faits .


Je n'ai jamais été l'esclave de mes clients ou de ceux qui me dirigent . pour moi nous formons un groupe d'individus qui collaborent pour que les rouages de la société fonctionnent si possible au
bénéfice de tous . Par exemple mon banquier a toujours été un collaborateur , de cette collaboration chacun doit être satisfait . Si l' on n'est pas satisfait on fait jouer la concurence ou
on va ailleurs . Je l'ai déja fait . .


 Il y a ceux qui savent gagner de l'argent et ceux qui participent à en gagner . Maintenant si l'on se dit peuple civilisé il est du devoir de ceux qui dirigent à veiller que cette société
répartisse les richesses d'une façon la plus équitable . Là se trouvera un premier obstacle humain , certains vont économiser et d'autres tout dépenser . Certains ont des petits besoins d'autre
en en d'énormes . A ce moment là cetains , de génération en génération , font des fortunes qui leur donne de nouveau moyen . Tandis que d'autres s'enfoncent dans la misére . C'est là que des
mécanismes de régulation doivent entrer en jeux et qu'ils sont le plus difficile à mettre en place et à ajuster progressivement suivant l'évolution de la situation.Là est aussi le danger de
l'assistanat .  Mais si je sius une fourmi on ne m'obligera pas à être une cigale . La responsabilité de chacun qui veut vivre en société doit être engagée . Ou alors ne profitez plus des
avantages d'une vie organisée , allez vivre dans le désert ou d'autres lieux où vous serez totalement indépendants .


Je ne bois pas , je ne fume pas , je ne joue pas au loto ( qui est une escroquerie ) et j'ai des distractions simples mais je respecte ceux qui ne sont pas comme moi  et qui y trouvent du
plaisir . Chacun est libre de trouver le bonheur à sa façon . Il y en a qui pour être heureux fument un gros cigare et d'autres pour trouver le même bonheur vont au prés de l'eau avec une canne à
pêche .


  L'argent est pour moi une valeur toute relative . J'en connais pour qui l'argent est la valeur supprème , s'ils sont heureux comme ça , c'est leur vie .


Organiser une société équilibrée n'est pas simple .


Je pense qu'une société est équilibrée quand chacun y trouve sa place .Le reste est masturbation intellectuelle . ce n'est pas les " .....ismes " qui rendent les gens heureux , ils ne font que
les enfermer dans cadres rigides . La société doit être un peu de ceci , un peu de cela pour établir un équilibre où " l'homme " trouve sa place .



N.L. Taram 02/08/2010 01:26



Bonjour Christian,


Mon cher ami, tu parles de ton cas particulier, hors ce texte (que j'approuve) ne nous concerne pas - nous, la poignée de "travailleurs" privilégiés - mais concerne les 1,4 milliards de
travalleurs dans le monde vivants sous le seuil de pauvreté qui a été fixé en 2008 à 1,25 $US/jour.



christian Penilla y Perella 01/08/2010 12:39



Taram , bonsoir


 


Je dois t'avouer que je n'est jamais de ma vie subit le travail comme un esclavage , cela a été même pour moi un plaisir permannent . J'ai toujours été passionné pour ce que je faisais aussi bien
comme chef d'entreprise que comme technicien . 


Au départ j'ai été quatre ans comme employé , tout c'est bien passé et en suite ont suivi  quarante huit ans comme patron , tous les lundi matin j'avais le sourire . Quand aujourd'hui je
rencontre un ancien employé il ne me fuit pas et semble tout heureux de me voir . Je n'ai pas dû le faire trop souffrir . 


Ce doit être horrible de ne pas être heureux à son travail , pour moi c'est la pire des tortures .  Cela doit être inhumain .


Sûr que pour certains le travail n'est pas valorisant , ceux la je les plaind mais les pissefroids cela existe aussi , la preuve ! ! .



N.L. Taram 01/08/2010 13:02



Bonsoir Christian, bonsoir tout le monde,


Il n’y a pas de honte à avoir été « esclave » toute sa vie. Depuis la nuit des temps, il y a toujours des seigneurs et des serfs et
ce n’est pas les révolutions qui ont eu lieu au cours des siècles, qui ont changé quelque chose. Moi aussi, j’ai été « esclave » toute ma vie, mais, ma foi, le boulot me plaisait et je
n’ai pas trop à me plaindre…


Ah oui, c’est le mot « esclave » qui choque… Alors disons : pêcheur, agriculteur, comptable, ouvrier, technicien, chef
d’entreprise… ou encore « travailleur ». Ce n’est qu’un mot, le constat reste le même : il y a l’exploitant et l’exploité !


 



sylvie-anne 01/08/2010 10:39



C'est aussi la raison pour laquelle je n'avais pas commenté pas ce texte, car je le trouve un peu réducteur et déprimant.


Le travail ce n'est peut-être pas la santé certes , mais l'oisiveté est la mère de tous les vices.


Le Taylorisme a fait des ravages au nom de la sacro sainte productivité, mais de là à parler d'esclavage moderne !Enfin  bref !


Et puis maintenat il y a la RTT ( enfin en métropole, pas au fenua ) !ici RTT c'est respire ton tiare.


 


 


 



N.L. Taram 01/08/2010 10:46



Ah non ! c'est "Prudence est  mère de tous les vices" (Francis Blanche)



sylvie-anne 01/08/2010 09:39



Ia ora na Taram.  Heureusement que tu publies un samedi, car si je l'avais lu un dimanche soir, je crois que  je resterais au lit le lundi matin !! 


As  tu remarqué que OST (organisation scientifique du travail) c'était les mêmes lettres que STO (service du travail obligatoire ) ?


J'allais oublier le BIT (bureau internationnal du travail) mais bientôt il va falloir inventer le
BIC (bureau internationnal du chomage) !



N.L. Taram 01/08/2010 09:55



Bonsoir Sylvie-Anne,


Il faut peut-être garder un certain recul par rapport à ce texte, ce n'est pas la parole du "prophète". Mais il est clair, court et bien présenté ; De plus chaque paragraphe concerne un sujet
différent, il se prête bien à une diffusion étalée sur plusieurs jours. J'ai quand même hésité avant de le publier...



Charlie 01/08/2010 07:17



Ia ora na Taram,


un p'tit message pour te remercier du travail colossal que tu as entrepris sur la servitude volontaire moderne. Serais-tu le La Boëtie du XXI° ???


En tout cas (même si je ne partage pas tous tes points de vues), bon courage et bonne continuation, nous à Raromatai, on continue à te lire !


Parahi, amicalement,


Charlie, lecteur discret !



N.L. Taram 01/08/2010 07:35



Ia ora na Charlie,


Merci de tes encouragements, mais je te rassure, ce n'est pas un travail colossal... Je me contente de recopier un livret de 25 pages joint à un DVD. L'auteur Jean-François Brient autorise la
copie, même partielle, et la diffusion de ce texte ainsi que du DVD. Il souhaite même la plus large diffusion possible.


Ce "non copyright", c'est pas toujours le cas et même parfois incompréhensible (quand un prof d'université qui a traduit un texte d'un prof anglais, lequel et libre de droit, et qu'il demande des
droits d'auteurs ?????).


Par contre, "Servitude volontaire" de La Boëtie ça m'est passé un peu au-dessus de la tête... Je suis pas super en philo comme toi