SERVITUDE MODERNE (5)

Publié le par N.L. Taram

 

shoking(suite)

 

Le festival continue.... 

Chapitre XII : L’argent

« Et ce que l’on faisait autrefois pour l’amour de Dieu, on le fait maintenant pour l’amour de l’argent, c’est-à-dire pour l’amour de ce qui donne maintenant le sentiment de puissance le plus élevé et la bonne conscience.»

Aurore, Nietzsche

SM12

 

 Comme tous les êtres opprimés de l’Histoire, l’esclave moderne a besoin de sa mystique et de son dieu pour anesthésier le mal qui le tourmente et la souffrance qui l’accable. Mais ce nouveau dieu, auquel il a livré son âme, n’est rien d’autre que le néant.

Un bout de papier, un numéro qui n’a de sens que parce que tout le monde a décidé de lui en donner. C’est pour ce nouveau dieu qu’il étudie, qu’il travaille, qu’il se bat et qu’il se vend. C’est pour ce nouveau dieu qu’il a abandonné toute valeur et qu’il est prêt à faire n’importe quoi. Il croit qu’en possédant beaucoup d’argent, il se libérera des contraintes dans lesquels il se trouve enfermé. Comme si la possession allait de pair avec la liberté. La libération est une ascèse qui provient de la maitrise de soi. Elle est un désir et une volonté en actes. Elle est dans l’être et non dans l’avoir. Mais encore faut-il être résolu à ne plus servir, à ne plus obéir. Encore faut-il être capable de rompre avec une habitude que personne, semble-t-il, n’ose remettre en cause.

 

Chapitre XIII : Pas d’alternative à l’organisation sociale dominante

Acta est fabula

La pièce est jouée

SM14

   

Or l’esclave moderne est persuadé qu’il n’existe pas d’alternative à l’organisation du monde présent. Il s’est résigné à cette vie car il pense qu’il ne peut y en avoir d’autres.

 

Et c’est bien là que se trouve la force de la domination présente : entretenir l’illusion que ce système qui a colonisé toute la surface de la Terre est la fin de l’Histoire. Il a fait croire à la classe dominée que s’adapter à son idéologie revient à s’adapter au monde tel qu’il est et tel qu’il a toujours été. Rêver d’un autre monde est devenu un crime condamné unanimement par tous les médias et tous les pouvoirs. Le criminel est en réalité celui qui contribue, consciemment ou non, à la démence de l’organisation sociale dominante. Il n’est pas de folie plus grande que celle du système présent.

 

Chapitre XIV : L’image

« Sinon, qu’il te soit fait connaitre, o roi, que tes dieux ne sont pas ceux que nous servons, et l’image d’or que tu as dressé, nous ne l’adorerons pas. »

Ancien Testament, Daniel 3 :18

SM15

Devant la désolation du monde réel, il s’agit pour le système de coloniser l’ensemble de la conscience des esclaves. C’est ainsi que dans le système dominant, les forces de répression sont précédées par la dissuasion qui, dès la plus petite enfance, accomplit son œuvre de formation des esclaves. Ils doivent oublier leur condition servile, leur prison et leur vie misérable. Il suffit de voir cette foule hypnotique connectée devant tous les écrans qui accompagnent leur vie quotidienne. Ils trompent leur insatisfaction permanente dans le reflet manipulé d’une vie rêvée, faite d’argent, de gloire et d’aventure.

Mais leurs rêves sont tout aussi affligeants que leur vie misérable.

Il existe des images pour tous et partout, elles portent en elle le message idéologique de la société moderne et servent d’instrument d’unification et de propagande. Elles croissent à mesure que l’homme est dépossédé de son monde et de sa vie. C’est l’enfant qui est la cible première de ces images car il s’agit d’étouffer la liberté dans son berceau. Il faut les rendre stupides et leur ôter toute forme de réflexion et de critique. Tout cela se fait bien entendu avec la complicité déconcertante de leurs parents qui ne cherchent même plus à résister face à la force de frappe cumulée de tous les moyens modernes de communication.

Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises nécessaires à l’asservissement de leur progéniture. Ils se dépossèdent de l’éducation de leurs enfants et la livrent en bloc au système de l’abrutissement et de la médiocrité.

Il y a des images pour tous les âges et pour toutes les classes sociales. Et les esclaves modernes confondent ces images avec la culture et parfois même avec l’art. On fait appel aux instincts les plus sordides pour écouler les stocks de marchandises. Et c’est encore la femme, doublement esclave dans la société présente, qui en paye le prix fort. Elle en est réduite à être un simple objet de consommation. La révolte elle-même est devenue une image que l’on vend pour mieux en détruire le potentiel subversif. L’image est toujours aujourd’hui la forme de communication la plus simple et la plus efficace. On construit des modèles, on abrutit les masses, on leur ment, on crée des frustrations. On diffuse l’idéologie marchande par l’image car il s’agit encore et toujours du même objectif : vendre, des modes de vie ou des produits, des comportements ou des marchandises, peu importe mais il faut vendre.à suivre

 

Texte de référence : De la servitude moderne - Jean François Brient  

Le lien >>  http://www.delaservitudemoderne.org/francais1.html

SERVITUDE MODERNE (1)

Un avant goût du prochain épisode :

« La télévision ne rend idiots que ceux qui la regardent, pas ceux qui la font. »

Patrick Poivre d’Arvor 

Publié dans Société

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christian Penilla y Perella 08/08/2010 04:16



Claude


 


 A se que je saches c'est au moins la deuxième fois que cela se produit ces dernières décennies aux USA . A l'époque où Bill Clinton était président des Etats Unis , à l'époque , les
grosses fortunes américaines ont proposé de payer plus d'impôts , ce qui a été fait .


 


Ils seraient  maintenant 33 à faire cette proposition .  



christian Penilla y Perella 07/08/2010 22:44



Taram


 


L'argent.


La phrase : Et ce que l'on....................c'est à dire pour l'amour de ce qui donne le sentiment de puissance le plus élevé et la bonne conscience.


 


 Je suis d'accord et ..........pas du tout d'accod .


Dans les années soixante dix , six soirs sur sept et pendant prés de deux ans et demi j'ai participé à des enquètes sur la consommation des ménages polynésiens d'origine modeste .J'ai vu à quel
ploint un billet de banque ne donnait pas un sentiment de puissance et la bonne conscience . Un billet de banque c'était soit : du lait pour les enfants , du pain  , du sucre , du sel,
de la farine , du riz  ou un coupon de tissu pour coudre une robe ou un short . Et souvent une pièce de un franc qui manque ne permettait pas d'acheter un pain . Essayez vous même .


Ce dégoût de l'argent est un luxe de riche à qui cela permets de  donner des leçons .



SAINT ETIENNE Claude 07/08/2010 13:33



Certes, alors que certains nantis dépassent l'addiction avec leur empilation de pognon infect, d'autres, les nécessiteux se dépassent pour trouver
leur quotidien et ce, sans aucune garantie de pourvoir assurer leur survie des prochains jours. La leur, et bien souvent celles de toute la maisonnée.


Une embellie toutefois, des milliardaires Américains au nombre de 23 viennent de se déposséder chacun de la moitié de leur fortune pour confier le tout à
des fondations et associations, à charge pour elles de subvenir aux besoins des indigents, et pour cela, d'en faire une distribution équitable au plus grand nombre... 


 


Une curieuse affaire arrivée il y a seulement quelques heures dans mon village. Ce matin, dans leur boîte à lettres, les habitants d'un
immeuble se sont retrouvés avec une enveloppe portant l'inscription suivante "de la part du seigneur...", puis dedans, 2 billets de 20€ par personne et un petit poème religieux.


Toutes les suppositions sont ouvertes, la gendarmerie enquête.



sylvie-anne 07/08/2010 12:37



20 sur 20 bien sur ! Tu es un génie de l'informatique.  C'est pas un blog mais une encyclopédie interactive ! C'est top géant.


Moi je suis encore en ce moment  sous l'emprise de mon rêve marquisien dans mon blog polynésien et j'ai pas trop le temps de fignoler mes présentations. Vivement la retraite !


Mauruuru roa


 



sylvie-anne 07/08/2010 11:57



haute philosophie ce livre !


L'être humain est-il esclave de son évolution?  Voilà un bon sujet pour le bac philo !


La TV ? ah non merci, je m'en passe très bien, grâce aux livres.


Nana



N.L. Taram 07/08/2010 12:22



Bonsoir Sylvie-Anne,


Alors si la TV, tu t'en passes (comme moi), ne loupes pas le prochain épisode de....


"SERVITUDE HUMAINE".... une page sur la TV de m....


Comment trouves-tu ma nouvelle présentation (3 jours de boulot pour programmer) ?