SERVITUDE MODERNE (6)

Publié le par N.L. Taram

suckerpunch

 

 Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire.

 

  (suite)



 Chapitre XV : Les divertissements

« La télévision ne rend idiots que ceux qui la regardent, pas ceux qui la font. »

 Patrick Poivre d’Arvor

SM16

 

Ces pauvres hommes se divertissent, mais ce divertissement n’est là que pour faire diversion face au véritable mal qui les accable. Ils ont laissé faire de leur vie n’importe quoi et ils feignent d’en être fiers. Ils essayent de montrer leur satisfaction mais personne n’est dupe. Ils n’arrivent même plus à se tromper eux-mêmes lorsqu’ils se retrouvent face au reflet glacé du miroir. Ainsi ils perdent leur temps devant des imbéciles sensés les faire rire ou les faire chanter, les faire rêver ou les faire pleurer.

On mime à travers le sport médiatique les succès et les échecs, les forces et les victoires que les esclaves modernes ont cessé de vivre dans leur propre quotidien. Leur insatisfaction les incite à vivre par procuration devant leur poste de télévision. Tandis que les empereurs de la Rome antique achetaient la soumission du peuple avec du pain et les jeux du cirque, aujourd’hui c’est avec les divertissements et la consommation du vide que l’on achète le silence des esclaves.

 

Chapitre XVI : Le langage

« On croit que l'on maîtrise les mots, mais ce sont les mots qui nous maîtrisent. »

 Alain Rey

 

SM17

La domination sur les consciences passe essentiellement par l’utilisation viciée du langage par la classe économiquement et socialement dominante. Étant détenteur de l’ensemble des moyens de communication, le pouvoir diffuse l’idéologie marchande par la définition figée, partielle et partiale qu’il donne des mots.

Les mots sont présentés comme neutres et leur définition comme allant de soi. Mais sous le contrôle du pouvoir, le langage désigne toujours autre chose que la vie réelle.

C’est avant tout un langage de la résignation et de l’impuissance, le langage de l’acceptation passive des choses telles qu’elles sont et telles qu’elles doivent demeurer. Les mots travaillent pour le compte de l’organisation dominante de la vie et le fait même d’utiliser le langage du pouvoir nous condamne à l’impuissance.

Le problème du langage est au centre du combat pour l’émancipation humaine. Il n’est pas une forme de domination qui se surajoute aux autres, il est le cœur même du projet d’asservissement du système totalitaire marchand.

C’est par la réappropriation du langage et donc de la communication réelle entre les personnes que la possibilité d’un changement radical émerge de nouveau. C’est en cela que le projet révolutionnaire rejoint le projet poétique. Dans l’effervescence populaire, la parole est prise et réinventée par des groupes étendus. La spontanéité créatrice s’empare de chacun et nous rassemble tous.

 

Chapitre XVII : L’illusion du vote et de la démocratie parlementaire

« Voter, c’est abdiquer. »

Élisée Reclus

SM18

Pourtant, les esclaves modernes se pensent toujours citoyens. Ils croient voter et décider librement qui doit conduire leurs affaires. Comme s’ils avaient encore le choix. Ils n’en ont conservé que l’illusion. Croyez-vous encore qu’il existe une différence fondamentale quant au choix de société dans laquelle nous voulons vivre entre le PS et l’UMP en France, entre les démocrates et les républicains aux États-Unis, entre les travaillistes et les conservateurs au Royaume-Uni ? Il n’existe pas d’opposition car les partis politiques dominants sont d’accord sur l’essentiel qui est la conservation de la présente société marchande. Il n’existe pas de partis politiques susceptibles d’accéder au pouvoir qui remette en cause le dogme du marché. Et ce sont ces partis qui avec la complicité médiatique monopolise l’apparence. Ils se chamaillent sur des points de détails pourvu que tout reste en place. Ils se disputent pour savoir qui occupera les places que leur offre le parlementarisme marchand. Ces pauvres chamailleries sont relayées par tous les médias dans le but d’occulter un véritable débat sur le choix de société dans laquelle nous souhaitons vivre. L’apparence et la futilité dominent sur la profondeur de l’affrontement des idées. Tout cela ne ressemble en rien, de près ou de loin à une démocratie. 

La démocratie réelle se définit d’abord et avant tout par la participation massive des citoyens à la gestion des affaires de la cité. Elle est directe et participative. Elle trouve son expression la plus authentique dans l’assemblée populaire et le dialogue permanent sur l’organisation de la vie en commun. La forme représentative et parlementaire qui usurpe le nom de démocratie limite le pouvoir des citoyens au simple droit de vote, c'est-à-dire au néant, tant il est vrai que le choix entre gris clair et gris foncé n’est pas un choix véritable. Les sièges parlementaires sont occupés dans leur immense majorité par la classe économiquement dominante, qu’elle soit de droite ou de la prétendue gauche social-démocrate.

 Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire. Il est tyrannique par nature, qu’il soit exercé par un roi, un dictateur ou un président élu. La seule différence dans le cas de la « démocratie » parlementaire, c’est que les esclaves ont l’illusion de choisir eux-mêmes le maitre qu’ils devront servir. Le vote a fait d’eux les complices de la tyrannie qui les opprime. Ils ne sont pas esclaves parce qu’il existe des maitres mais il existe des maitres parce qu’ils ont choisi de demeurer esclaves.  

à suivre

  

Texte de référence : De la servitude moderne - Jean François Brient  

Le lien >>  http://www.delaservitudemoderne.org/francais1.html

SERVITUDE MODERNE (1)

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christian Penilla y Perella 13/08/2010 20:30



Chers amis


 


J'ai une mère qui nous a élevés en exigeant que nous nous intêrressions à tout mais dans esprit critique permanent , j' ai fait de même avec mes enfants . Le résultat est satisfaisant
.



christian Penilla y Perella 13/08/2010 20:26



Chers amis


 


Il me semble que beaucoup on oublié le reportage et l'interview bidont que PPDA avait fait sur CUBA et Fidel CASTRO . Dans d'autres pays que la FRANCE il aurait été discrédité à jamais
.



Taram 12/08/2010 21:38



Claude,


Petite rectification, ma compagne vient de me dire "si, si, nous avons TF1". J'ai vérifié, nous recevons par satellite "tout Bouygues" et cela pour la modique somme de 8.800 CFP/mois (74 €). Nous
sommes gatés... pourris !


Sinon par l'antenne normale, nous avons RFO, Tempo (annexe de RFO qui passe des extraits d'autres chaînes) et TNTV (chaîne locale). J'avais constaté que la meilleure chaîne était Tempo... mais
aussi le moins regardé en Polynésie. Il est question qu'elle disparaisse prochainement.



SAINT ETIENNE Claude 12/08/2010 15:27




« La télévision ne rend idiots que ceux qui la regardent, pas ceux qui la font.
»


 Patrick Poivre d’Arvor


 


Pas d'accord, la vue des différents intervenants est une étude comportementale intéressante sur les valeurs morales, la présentation,
la courtoisie, la culture, les idées, etc... Elle permet au téléspectateur, qui de par son boulot ou son mode de vie n'a aucun contact ou si peu avec ses semblables de faire la
différence, de se cultiver et de mieux appréhender l'art de la conversation une fois lâché dans la foule.


 


Tout ce qu'à dit PPDA n'est pas parole d'évangile, à commencer par son orgueil démesuré qui lui avait fait mettre sous scellé la date ou il
quitterait  tf1, quoique ses employeurs en disent, et même s'ils se traînaient à ses pieds pour le gader.... La suite vous la connaissez, celui qui se croyait indispensable a été "Viré"
 comme tout le monde, au moment ou il s'y attendait le moins. Tout cela est aussi "instructif" sur le téléspectateur et a plutôt tendance à aiguisé son intelligence. La preuve, bon
nombre de téléspectateurs avaient prévus le renvoi de cet intouchable, sauf lui. Alors qui est intelligent de celui qui fait la télé ou de celui qui la regarde?


 


A plusieurs reprises je suis resté plusieurs mois sans regarder la télé, écœuré par ces émissions pour débiles et surtout ces nouveaux comiques
et délateurs en tous genres, sois disant irrésistibles. La durée la plus longue a été de 4 ans, je viens d'en sortir depuis quelques mois.


Voici les seules émissions que je regarde.


 


"Le bonheur est dans le pré"  Des agriculteurs cherchent une compagne. Relationnel de deux personnes de cultures différentes qui ne se
connaissent pas. La découverte de la campagne, de la ferme, des animaux et de belles images.


 


"La recherche de la nouvelle star", ici rien à voir avec TF1 qui fabrique sa star, là, on suit toutes les étapes de milliers de candidats dans
plusieurs villes, de la sélection, du tri puis de l'arrivée sur scène ou en 5 semaines sur 15 candidats restants une seul sera élu en finale. Il est intéressant de voir
comment ces gamins, dont certains n'ont jamais chanté en public,arrivent à avoir un comportement de professionnel et donnent dans les dernières semaines un spectacle de pro, tout
aussi bien et quelquefois mieux qu'une vedette en titre. 


 


"Bien venue dans ma tribu" ma préférée. Trois familles Françaises gagnent des tribus isolées qui n'ont que rarement vu l'homme blanc et doivent
devenir en trois semaines des membres acceptés. Ma femme s'y était intéressée pour le dépaysement, puis petit à petit j'ai apprécié, deux familles particulièrement, l'une en Papouasie, l'autre
en Amazonie qui, femme, enfants et mari se sont intégrés progressivement aux usages, coutumes et nourritures.... Pas évident pour des ados de manger du rat ou de boire la bière mâchée et
salivée par les femmes de la tribu. Une famille bcbg, certainement du XVIème n'a pas jouer le jeu en Éthiopie. Beaucoup a apprendre de ce coté.Puis en final, ces chefs de tribus sont
venus en France... Inénarrable et beau à en pleurer, surtout quand le chef Papou serre la main du comte de la panousse, propriétaire du zoo de Thoiry pour le remercier de bien soigner sa soeur
(un casoar), "tu es un homme bien et bon, merci de tout mon coeur pour soigner ma soeur, je sais qu'elle est bien là". Ce Papou est aussi un fin observateur,en visitant Paris, "je constate
que vous avez garder toutes les maisons de vos anciens, je regrette nous aussi nos anciens avaient des bonnes idées et nous ne les avons pas respectés, on a fait la guerre"...


 


Il y a aussi les émissions d'ARTE avec ses thématiques, dernièrement Le mètre dans
tous ces états, les sept années du calcul du quart de méridien par Mangin et puis une émission que je n'ai pu voir sur diane de Poitiers.


 


Je trouve que la télé à tendance à faire ce qu'il y a de mieux dans certaines émissions, mais le pire pour tous les jours, genre
feuilletons idiots et pas chers, sois disant plébiscités par les téléspectateurs (comment auraient ils faits pour en faire la demande puisque jamais vus auparavant). 




N.L. Taram 12/08/2010 21:03



Bonjour Claude,


Je ne parlerai pas de PPDA qui n'est là que pour la citation et le mauvais exemple. Nous n'avons pas TF1 et je ne regardais pas ses retransmissions par TNTV (Tahiti Nui Télévision, chaîne
locale).


Bien sur il y a Arte, mais je loupe les très rares emissions retransmises sur Tempo faute de programme.


Autrement, j'aime bien TCM, mais ce n'est pas de la télé, il repasse des vieux classiques du cinéma et tu sais que j'en suis friand (mais je les connais tous par coeur ). Enfin, je ne regarde surtout pas les "info" même pas les locales...