Somerset MAUGHAM

Publié le par N.L. Taram

auteur_1516.jpg  M. W. Somerset Maugham, depuis longtemps célèbre dans les pays anglo-saxons, était encore inconnu en France lorsque Mme E.-R. Blanchet nous le révéla en faisant paraître la vivante et sensible traduction de l'Archipel, aux Sirènes, un recueil de nouvelles dont la plus fameuse est intitulée Pluie (Rain), et qui toutes sont situées dans les îles du Pacifique et, plus tard, la Passe dangereuse, qui se développe sous un ciel de Chine.
Tout de suite, l'insinuante et puissante originalité de Somerset Maugham sut conquérir Paris, qui est déjà sa ville natale, Le destin de ce rare écrivain manifeste, à l'image de son œuvre, je ne sais quoi d'imprévu et de fatal : Mais, la fatalité, au moment   elle eût l’idée de s'occuper de lui, était certainement dans un de ses bons jours. L'auteur de Rain fit d'abord ses études de médecine. Il y acquit des connaissances scientifiques qui, certes, ne devaient point lui être inutiles. Dans le même temps, il dissipa sa petite fortune. Que faire ? Déjà il éprouvait l'irrésistible attrait de « l'Invitation au voyage» mais, dans sa situation, comment l'accepter, cette invitation. Comment trouver, le moyen d'aller dans le monde ou plutôt par le monde ? Somerset Maugham résolut alors de s'embarquer comme médecin à bord d'un transatlantique. Pourquoi vouloir forcer la porte de la carrière littéraire, qui mettait si peu d'obligeance à s'ouvrir ?


Somerset Maugham à l’Hôtel Tiare en 1916

Somerset Maugham fut un des rares touristes à débarquer à Tahiti pendant la Grande Guerre. En France ce n'était pas encore un écrivain célèbre, à Tahiti il était parfaitement inconnu. Et qui aurait pu se douter, dans le Papeete de 1916, que cet Anglais réservé, bègue de surcroît - ce dont il souffrait beaucoup -, écrirait, peu de temps après son voyage à Tahiti, un roman, inspiré de la vie de Gauguin, The Moon and Sixpence (L'envoûté), qui deviendrait un des plus grands succès de librairie de l'après-guerre ?

A Tahiti, Lovaina Gooding, née Chapman, fut la seule personne qui sut gagner la confiance de l'écrivain. En fait Lovaina, déjà célèbre d'un bout à l'autre du Pacifique, fascina Somerset Maughan à tel point qu'il lui consacra plusieurs chapitres de son roman.

Hotel-Tiare.JPG
L'hôtel Tiare près du pont de l'Est (extrait du "Mémorial Polynésien, tome 5)


Archipel aux sirènesL'archipel aux sirènes

De William Somerset Maugham

Editeur : 10-18

Parution le : 12 Septembre 1999

ISBN : 978-2-2640-2191-5

EAN13 : 9782264021915

"Le style aigu, ironique et incisif de Somerset Maugham (1874 - 1965) dans ses nouvelles détonne sur la production romanesque au sein de laquelle il émergea au début de ce siècle. Maugham a poussé très loin les interrogations d'une très grande modernité sur l'identité véritable de ses personnages. Il a composé une impressionnante galerie de types, caricaturaux lorsqu'on les compare à ceux d'Henry James, mais auxquels la "disposition" à l'intérieur des fictions qui leur servent d'écrins, le rôle supplémentaire que l'auteur leur fait jouer, confèrent le statut de personnages uniques. Esprit cosmopolite, voyageur infatigable de l'imaginaire, mais aussi observateur inlassable de l'âme humaine, Maugham restera comme l'un des plus habiles peintres de la société internationale du premier demi-siècle."

A la douce caresse des vents alizés,
vous vous sentez saisi par la nostalgie de l'inconnu,
et, au roulement magnifique des flots qui se déploient à l'infini,
vous oubliez, dans un désir exaspéré de vivre,
la jeunesse évanouie et son cortège de souvenirs cruels et doux.
Somerset Maugham

Publié dans Littérature

Commenter cet article

SAINT ETIENNE Claude 09/01/2010 09:17



Bonjour Taram,


Têtu comme une mule j'ai retrouvé ce passage (page 174 et 175) mais en fait j'ai omis de dire qu'il s'agissait du comportement d'un groupe un peu spécial
les "arioi". Tout m'est revenu en mémoire grâce au livre de James, second maitre sur la Bounty, qui avait fait une très bonne analyse de cette troupe un peu spéciale.



Taram 09/01/2010 10:14


Bonjour Claude,
Exact ! tu as bien trouvé. Je te recommande fortement "Les immémoriaux" de Victor Ségalen. C'est justement d'un enfant d'"arioi" qui échappe à la mort.....
Il me semble avoir publié un post sur ce bouquin sur le forum que tu connais bien.

LES IMMEMORIAUX


Lecture conseillée et incontournable


Les "Immémoriaux", ce sont les derniers païens des îles de Polynésie, les beaux Maori oublieux de leurs coutumes, de leur savoir, de
leurs dieux-familiers, en un mot de leur propre passé. C'est tout d'abord ce passé même que l'on invoque à Tahiti, vers la fin du XVIIIe siècle, avec ses rites précis, ses fêtes plus
libres.


Mais bientôt débarquent les Européens et parmi eux des missionnaires méthodistes anglais, armés de bibles, de codes et d'une morale
plus exterminatrice que les massacres anciens.


Cependant, Térii, le récitant, héros du livre, initié presque malgré lui à des cosmogonies qu'il néglige, voyage au hasard des cieux
et des îles. Vingt ans plus tard, on le retrouve à Tahiti, ignorant et païen au milieu des siens, orgueilleux de leurs nouveaux titres. Térii, à son tour, s'abandonne et se laisse baptiser et
européaniser. Ainsi, toute cette race, méconnaissant ses plus nécessaires instincts, se renie avec désinvolture - et elle meurt.


Illustré de dessins, de documents tahitiens, pour la plupart issus de collections étrangères, ce texte des "Immémoriaux" est complété
par d'importantes annexes qui établissent à partir de quels faits et observations a été construit par Victor Segalen un des rares romans ethnographiques que compte notre littérature.


 


TERRE HUMAINE / POCHE


Collection dirigée par Jean Malaurie
http://idata.over-blog.com/1/73/09/87/Articles-Janvier-2010/Les-Immemoriaux.jpg



Taram 07/01/2010 19:53


Bonjour à tous,
Au fait, j'ai passé ce texte sur Somerset Maugham, car je recherche le livre "Archipel aux sirènes". Je l'ai lu il y a fort longtemps, j'en ai même possédé un exemplaire en "Livre de poche", mais
il est introuvable chez les vendeurs habituels (amazon, fnac). Il est même proposé d'occasion sur ebay et d'autres sites de ventes de particuliers.
Et même chose pour "L'envouté" que je ne retrouve plus dans ma bibliothèque (l'exemplaire que j'avais, était une vieille édition relié cuir)...


SAINT ETIENNE Claude 07/01/2010 13:03



Pour moi je suis en lecture de ce livre, j'ai vu les photos en dernière page mais je préfère attendre d'avoir tout lu pour l'analyse. J'y ai appris que
l'arrêt des Pomaré était volontaire suite à l'arrivée d'un batard?....Puis, plus loin il fait allusion aux enfants volontairement laissés sans nourriture des les premiers jours pour
mieux régulé la population, je sais que ce cas est arrivé chez plusieurs peuplades mais en cet endroit ou la nourriture foisonnait?....Je suis septique sur la véracité de ce genre
d'écrits....


Je n'ai pas été dépaysé quand on parle de Lovaina, puisque ce fut la première personne qu'il rencontra,
la présentation était donc déjà faite.....



Taram 07/01/2010 19:43


Bonjour Claude,
"Ariipaea (Pomare V) abandonna très vite Marau et refusa de reconnaître le premier enfant qui lui était né en 1879. Il était alors roi depuis deux ans et ne marquait guère plus d'intérêt
pour le gouvernement de ses États, multipliant les dettes de jeu, les fêtes et les beuveries. Lorsqu'on 1880 le commandant Isidore Chessé lui proposa de réunir ses États à la France, donc
d'abdiquer, Pomare accepta à condition de bénéficier des règles de l'ancienne étiquette et d'une pension équivalente à la liste civile qu'on lui attribuait jusque-là." J'ai publié ce texte, sur le
forum que tu sais...
Par contre, je n'ai rien lu sur l'abandon des enfants, au contraire, le taux de mortalité infantile étant élevé, les couples qui avaient plusieurs enfants en donnaient à ceux qui n'avaient pas
enfants afin de leur garantir leur vieillesse. Ce cas est très fréquent dans ma famille, d'où les problèmes de succession...
Mais je confirme qu'en 1918, je n'étais pas en Polynésie, alors ????


corre alain 07/01/2010 06:13


dans le livre  de bjarne kroepelien  TUIMATA ecrit en 1918 tu as la photo de l'hôtel    Tiare au coin des rues de la petite pologne et de rivoli, aujourd'hui rues gauguin
et du general de gaulle (mémorial polynesien tome 5 p 87) avec 4 autres photos


Taram 07/01/2010 06:45


Salut Alain,
Exact, je viens de vérifier, la mienne je l'ai piquée directement sur le Mémorial tome 5.
Intéressant et amausant le livre de Bjarne Kroepelien (et hyper émouvant lors de la grippe espagnole)


SAINT ETIENNE Claude 05/01/2010 11:00



Somerset Maugham était également un humoriste de la classe des Satie et Alphonse Allais (tous deux normands). J'aime bien entendre prononcer son nom
avec l'accent Anglais.....