SOUVENIRS CHAMPÊTRES

Publié le par N.L. Taram

Je viens d'avoir un échange de correspondance avec mon cousin du Lot, mon ainé d'un an. Il me rappelle quelques souvenirs de vacances passées ensemble ; en particulier, mes deuxièmes vacances seul, sans mes parents, en 1956 (15 ans) ;  les précédentes, c'était à Paladru dans l'Isére. Les visites à mes grands-parents ressemblaient au "Château de ma mère" de Marcel Pagnol : prendre le train à la gare de Montpellier, changer de train à Narbonne, à partir de Cahors, prendre la micheline jusqu'à Castelfranc, ensuite l'autobus jusqu'aux Junies, enfin le grand-père qui venait nous chercher avec la charrette pour monter jusqu'à la ferme. Pour moi cela a été plus simple, les parents du cousin sont venus me chercher à Cahors pour m'amener dans leur maison de Rostassac, situé à 18 km.

 

 

 

Pour visionner la vidéo en plein écran, il suffit de cliquer sur le sigle YouTube en bas à droite ou sur le lien ci-dessous. Une fois sur You Tube, vous cliquez sur l'icone "écran" en bas à l'extrême droite de la vidéo.

Ou aller directement sur You Tube >>> 

http://youtu.be/4hlmje2cLJk

 

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Bonjour Pierre, .....Tomate Marmande

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Je me souviens du bon goût des tomates (espèce Marmande) de Pinel qu'il fallait cueillir dans de lourds cageots, pas écrasées, qu'avec Tienou nous apportions en tracteur chez un autre cultivateur qui lui même les portait à  la coopérative.

(moi, je me souviens du champ de haricots, au ras du sol, avec des rangées qui allaient jusqu'au haut de la colline, je terminais la rangée à plat ventre).

 

Lorsqu'arrivait l'heure du repas, je n'avais plus faim et Marthe me disait:

- "Mange Claude, je ne veux pas que Marcel dise que tu as maigri chez moi"

Le père Restes " « Taï té ché té plaïe, Claude es oun maïnage"*.

(*Tais-toi s'il te plaît, Claude est un jeune)

 

Le-ChabrotBien sûr je me rabattais sur le coq grillé qui suivait la soupe, le chabrot et les entrées.

 

Volets tirés, suivait une sieste dans le lit (de coin) avec une paillasse fraîche en "limbes" (j'ai oublié le nom) de maïs. Il fallait "plonger" au milieu pour éviter de rouler dans son sommeil, (et tomber de haut) ; je dormais car c'était un travail épuisant. L'après-midi, c'était le tri des prunes, goûtées elles aussi, et la nuit leur séchage en 2 à 3 étapes suivant la chaleur du four, qu'il fallait goûter chaudes obligatoirement pour décider de la suite. Je ne me souviens pas de coliques !

 

 

Champ de tabac

Le lendemain, je suivais Tienou avec le "mini arrosoir à pointe" pour verser deux gouttes d'un produit dans le gourmand à  la naissance des feuilles de tabac (comptées souvent au coup d'œil  après estimation de la position de la première et de la dernière, 9 ou 13). Et là, il n'y avait rien pour le ventre mais tout dans les habits et l'odeur.

Les vaches étaient en liberté dans l'enclos sous les chênes et tondaient les branches basses, de l'art de "tailler à  l'horizontale".

Le séjour terminé, je rentrais en vélo à  Rostassac, via Monflanquin où le séjour avec Robert, et les filles de Jeannot, était plus reposant avec au menu d'Uranie "champignon au jus".

 

Quelle jeunesse! Avec des contes du terroir aussi, surtout par la grand-mère de Sals avec les brebis, les coins du feu dans la cheminée de Rostassac avec le grand père et le voisin blagueur Firmin Borderie.

 

L'un de ces voyages a été fait avec Pierre de Montpellier : aller en micheline Castelfranc>Penne d'Agenais, les vélos (dont le noir, celui de Papa) de Penne à  Ste Livrade, là  étape haricots verts. Puis Pinel. Retour par la route.

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Rostassac 1

Maison de Claude à Rostassac, Lot

 

Bonjour Claude,

Touché ! Ton texte m'a beaucoup plu et m'a rappelé de bons souvenirs.

Pourrais-je le publier dans ma rubrique "Souvenirs" ?

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et de plus, nos tomates sont pleines de flotte...

 

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Pourquoi pas!

 

Cependant, il y a des détails précis sur Pinel que mes sœurs ont vécu et toi aussi que nous comprenons très bien mais qui doivent être du latin pour la génération Serge & Nathalie (mes enfants, la quarantaine), certainement pire  pour leur progéniture.

 

4CVRostassac

Ma soeur Christiane a pour souvenir la dégustation des frottes *, le matin, grillées dans le four à  prunes encore en feu (permanent) et d'un parfum à jouir. Peu de souvenir de l'agriculture.

(* Le pain frotté d'ail est un plat traditionnel de plusieurs régions de France)

 

C'était un voyage en 4 CV*.

(* Ci-contre, toujours la même 4CV en 2001)

 

 

Quant aux contes de la Mémé de Sals en gardant les moutons : le petit Chaperon Rouge (j'avais 5 ans), ils étaient d'un autre genre que celui de la tomate de Lavelanet. Il ne fallait pas qu'elle en oublie ou qu'elle apporte des modifications.

 

Et les bavardages au coin du feu de Rostassac, assis sur la salière à  jambon, en compagnie de ton grand oncle Antoine, il faut avoir vécu la coutume pour réagir agréablement à la citation. Il y avait aussi (4 places en tout) Émilien du Cevenou, celui qui passait au bas des escaliers pour ranger sa mule. Les auditeurs assis sur les chaises contre la table, le couvert pas encore sorti.

 

A Woman Drawing Wine From A Barrel

 

Je me souviens d'une de ses histoires. Dans le village, en nommant une famille, il racontait que le grand père ayant la charge d'aller remplir la marie-jeanne (3litres) de vin vieux (cela veut dire vieillir : 6 ans) à la cave (le plus souvent par tuyau rigide en siphon**, le robinet buis étant trop couteux ou utilisé) ou par un douzil (petit bouchon de bois conique facile à sortir, au débit sobre qui ne manquait pas le goulot et qu'il suffisait de remettre en place et sécuriser avec un coup de maillet (en buis). Tu devines les éclaboussures mais ça ne comptait pas. Ce pépé était revenu avec un douzil de rechange, avait mis son fils en colère (Ce personnage était connu pour son caractère "soupe au lait").

 

(** à Montpellier, nous remplissions les bouteilles de vin de la même façon à parti du tonneau se trouvant à la cave, mon père étant propriétaire de vignes. C'était plus agréable de siphonner le vin que l'essence dans le réservoir des voitures...  quand nous étions à panne avec le scooter  )

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Bonjour Claude,

merci pour ce complément de détails intéressants.

Ce que tu écris est passionnant. J'hésite entre le reprendre tel quel ou plutôt m'inspirer de tes écrits et de quelques renseignements sur la région pour improviser un texte de souvenirs de vacances.

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Ne fais pas trop chauffer les méninges, mes textes sont proches de la philosophie paysanne (le bien et le mal - pas de tordu)

 

"La philosophie paysanne (le bien et le mal - pas de tordu)"

Publié dans Souvenirs, FRANCE

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Jean-Paul 11/12/2013 15:03


Bonjour, en fait c'était un peut du Zola a la maison. J'ai queques photos qui me reste. Ce sont les girolles, mon pére et moi 1968.. 





C'était il y à 3 ans. J'habitait ici.. Un super coin à champignons.. Girolles, têtes de négre, c'est le vrai nom. ceppes de bordeaux aussi, les plus clairs.. 





Ma mére et sa noria.. C'était aussi la douche d'été.. J'adorais ça..


J'ai mis des photos un peut grosses.. nana


 


 

Claude de Rostassac 11/12/2013 00:26


Bonjour Pierre,


merci pour tous ces commentaires. La fin de mon année de Tech-Math (1° BAC), je l'ai passée en faisant matin et soir le déplacement
Rostassac>Cahors en vélo (rouge 3 vitesses - 18 Km). Ma satisfaction était de remonter la Côte d'Espère accroché à l'arrière droit d'un poids lourd (sans rétro de ce côté).


J'ai apprécié la petite vidéo de la traversée de Rostassac : au time 0:30 apparaît un chemin blanc sur la droite, c'est le parking de
touristes ou visiteurs qui se rafraîchissent à l'ombre de la "grotte". Peut-être avons nous pénétré les premiers mètres ensemble avec le casque (14/18) de mon grand père? Je joins une vue
d'entrée de cette source qui coule l'hiver. Elle draine le plateau du Cluzel et peut-être au delà (En 1959, après le franchissement d'un goulet à la masse, il a été trouvé un os de mouton,
certainement tombé dans un trou (un aven) sur le plateau, il y a plusieurs années).





Quelques clichés de notre culture (notre palais)... cèpes, girolles.



Jean-Paul 10/12/2013 13:04


Le chabrot, de sacré souvenirs comme tant d'autres. J'ai été élevé depuis l'age de 11 ans en pleine fôret. Nous vivions au milieu de nulle part. La premiére ferme était à 1,5km. J'allais chercher
le lait tout les soirs. Même le boulanger et le facteur "sauf mandat" ne passaient pas.. Notre boite à pain et à lettre était au bout de l'allée...


Une époque formidable. Nous vivions sans contraintes. L'hiver il faisait froid, nous n'avions pas de toilettes, pas de salle de bain..


Une simple tonne à eau, nous servait pour tout. Un bain par semaine dans une grande bassinne. Les enfants en premier, puis le pére et maman. La pudeur n'était pas de régle. Je faiasait 27 km par
jour aller retour pour aller à l'école..


Au début j'avais un vieux vélo, mais je m'en suis payé un neuf avec la vente des girolles..


Vu le bouleau de mon pére nous avons déménagé 5 fois, de maisons de maîtres en chateaux..


Mais nous habitions toujours dans un endroit isolé, et on ne s'en portait pas plus mal pour autant..


J'ai beaucoup appris de mon enfance.. Vivre dans la nature c'est plus qu'enrichissant.. Il faut dire que ce n'était pas tout les jours la fête. On manquait d'argent, mais il y avait toujours un
bon repas. C'était aussi l'époque d'une paire de chaussures par an, et des fringues neuves pour la rentrée........ Merci pour cet article.


Salut GG et Claude.. 

N.L. Taram 10/12/2013 19:30



Bonjour Jean-Paul,


ayant passé ma jeunesse à Montpellier, je n'ai pas connu tout ces problèmes de la vie à la campagne, surtout en hiver ; pendant les vacances, c'était extraordinaire...


Ce que tu racontes, c'était la vie de ma mère, mes oncles et tantes, mes cousins et cousines.



Gérard JOYON 10/12/2013 11:11


Je viens de découvrir ce merveilleux texte.


Je te remercie de faire passer   tous ces  souvenirs.


C'est avec plaisir que je lis ces écrits.


C'est du bio c'est du vrai. 


GG

N.L. Taram 10/12/2013 19:25



Bonjour GG,


tout le plaisir a été pour moi...


Nous avons tant de choses à raconter. Ne partons pas sans laisser une trace...



SAINT ETIENNE Claude 10/12/2013 10:45


Bonjour Taram,


Belle narration beaux souvenirs communs. Un peu comme pour le pain à l'ail, quoique pas ici en Normandie (tout au moins aussi couramment que chez vous dans le sud), je me reconnais dans ces
descriptions.


Bien sur les travaux n'étaient pas identiques, les patates remplaçaient le raisin, les pommes les pruneaux, le glanage du blé le tabac, le nettoyage des betteraves la cueillette des haricots
autrement les moutons, les vaches, le cochon que je suppose était aussi de la partie dans tous ces états, le cidre bouché, ici substitut du vin, et pire, la goutte...


Tu vois, les mêmes adorateurs de vie et de la bonne vie, celle remplie de courage, de travail et de sommeil bien mérité mais aussi d'amusements sains, gamins c'étaient des fripons, jeunes des
coureurs de jupons et vieux des as du tire bouchon(entendu au hasard des conversations).


 


Ici, j'ai échappé à ces actes de barbarie, parce que je me débattait et ne le voulait absolument pas, mais mes frères eux ont eu moins de chance, à période régulière ils avalaient leur cuillère
d'huile de foie de morue et la gousse d'ail crue pour tuer les vers, d'ailleurs ma tante disait souvent à mon oncle que lui aussi aurait besoin de manger de l'ail pour tuer les vers,,, Ce n'est
que maintenant que je comprends l'allusion cachée à une autre sorte de « verres ».

N.L. Taram 10/12/2013 19:24



Bonjour Claude,


j'étais sur que ce texte te plairait. Je ne rajoute rien tout est dit...