VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT

Publié le par N.L. Taram

Voyage au bout de la nuit 

Louis-Ferdinand Céline (Auteur)- Jacques Tardi (Dessinateur)

 

Celine-Le-voyage.jpgPrésentation de l'éditeur

Peu de livres ont une aussi grande puissance de vision que Voyage au bout de la nuit. Vision intense : celle de la révélation de la misère, de la guerre, de la maladie sans fin, de la mort. La phrase se concentre, repère tout, ne pardonne rien. Vision itinérante et prodigieusement variée ensuite : on part de la place de Clichy, on se retrouve dans divers massacres à cheval, puis dans une Afrique écrasante, puis noyé à New York, à Détroit, puis de nouveau dans la banlieue de Paris (la banlieue de Céline, cercle minutieux de l'enfer !), puis dans les environs de Toulouse, et enfin dans un asile psychiatrique pas comme les autres. La mort au départ et à l'arrivée. La symphonie agitée de la nuit infinie pour rien. Le héros métaphysique de Céline est ce petit homme toujours en route, entre Chaplin et Kafka, mais plus coriace qu'eux, vous le redécouvrez ici, perplexe, rusé, perdu, ahuri, agressé de partout, bien réveillé quand même, vérifiant sans cesse l'absurdité, la bêtise, la méchanceté universelles dans un monde de cauchemar terrible et drôle. Céline lui-même a comparé son style aux bandes dessinées, aux " comics ". C'était pour dire qu'il allait toujours au vif du sujet, au nerf de la moindre aventure. Ce Tardi-Céline l'aurait ravi. L'œil traverse le récit comme une plume hallucinée, on voit le déplacement sans espoir mais plus fort, dans son rythme de mots et d'images, que tout désespoir. Il faut relire Céline en le voyant. Tardi lui rouvre l'espace. Le grouillement et la simplicité des épisodes et du jugement qu'il porte se redéployent. Céline a dit la vérité du siècle : ce qui est là est là, irréfutable, débile, monstrueux, rarement dansant ou vivable. Le Voyage recommence. Les éclairs dans la nuit aussi.

 

Commentaire sur amazon.fr :celine.jpg

 

Un vrai plus grâce au dessin, 14 décembre 2007 Par zigwen (BZH, France)

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Les illustrations de Tardi, loin de nous fixer sur des images, permettent au lecteur de se maintenir dans cette noirceur glauque écrite par Céline. Là où au fil des pages, on pourrait finir par minimiser cette misère en se concentrant sur l'histoire, le dessin noir et blanc nous replonge dans cette ambiance sordide et maintient l'atmosphère sans nuire à notre imagination. Le dessin est suffisamment simple pour ne pas entrer en contradiction avec le texte mais juste y ajouter une vision magnifiquement sombre. Un superbe cadeau pour les amateurs de Céline qui reliront avec un œil nouveau cet ouvrage.

Publié dans Littérature

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christian Penilla y Perella 08/07/2011 20:48



Taram


 


A propos de livres qui choquent ; je devais avoir autour de 17 ans quand j'ai lu le roman de Mary Jane Ward : La fosse aux serpents.


A l'époque j'en ai fait des cauchemars. Plus tard j'ai vu le film, l'effet a été moins violent. Avec le temps on se durcit, c'est évident.


Il est préférable de lire le roman avant de voir le film. La lecture a la particularité de laisser vagabonder l'imagination. La lecture laisse un temps de
construction. 



christian Penilla y Perella 06/07/2011 12:52



Taram


 


Le premier livre que j'ai lu de Louis-Ferdinand Céline est, Voyage au bout de la nuit.


J'étais jeune et il m'a à l'époque,  profondément marqué. Plus que ses autres livres que j'ai lu par la suite. Pour lire  ce livre, comme ceux de Kafka , il ne faut pas
être dépréssif



sylvie anne Gougeon 06/07/2011 12:27



Ecriture exceptionnellle mais livre insupportabe de grisaille.Les poètes fous ne peuvent pas écrire des mots simples et cool !   Autre chose dê plus gai et de plus tahitien STP mon
ami. Merci.


Je me régale avec le dernier livre de PHILIPPE Prudhomme " ON RIT JAUNE A
TAHITI"*



N.L. Taram 06/07/2011 12:33



Bonsoir Sylvie-Anne,


Je crois que mon livre colle bien avec la série de photos que tu m'envoies en ce moment...


J'ai lu ce livre à 18 ans, ma chère belle-soeur me l'avait prété (format poche), il m'avait profondement marqué... Trente ans plus tard, ma fille chérie m'a offert cette superbe version avec les
dessins de Tardi. Elle avait deviné que ce livre me plairait (faut dire que j'avais jamais rendu le livre de poche à ma belle-soeur et je l'avais toujours avec moi).