JOHN COLTRANE

Publié le par N.L. Taram

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coltrane john

COLTRANE John (J. William C.), saxophone-tenor, soprano (Hamlet, N. Car., 23-9-1926 - New-York, 17-7-1967). Ayant étudié la clarinette et le saxophone à l'école il débute prof. en 1945. Instrumentiste possédant une maîtrise technique étonnante, aussi bien au ténor qu'au soprano qu'il a remis en honneur dans le jazz moderne, J. C., par un débit torrentiel, une véhémence exacerbée, recherche, et trouve, un style incantatoire qui s'exprime en des improvisations d'une longueur inhabituelle. Enregistrements avec D. Gillespie, J. Hodges, Gene Ammons, Tadd Dameron, H. Garland, Johnny Griffin, George Russell (New York N. Y.), T. Mont (Monk’s Mood), Cecil Taylor, Mal Waldron, M. Davis (Round About Midnight, Cookin', Milestones, Kind Of Blue), S. Rollins (Tenor Madness), Cannonball Adderley, Duke Ellington, Johnny Hartman, et sous son nom (Blue Train, Soultrane, Giant Steps, Coltrane Jazz, My Favourite Things, Africa Brass, Ole, Live At The Village Vanguard, Impressions, Live At The Birdland, Ballads, Crescent, A Love Supreme).

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(Extraits du livre « Coltrane » de Pascal Bussy)

Commando pour l’improvisation

« Je pars d’un point et je vais le plus loin possible » John Coltrane

 

Depuis l'extrême fin des années cinquante, le jazz a commencé de s'ouvrir. Une nouvelle génération de musiciens est apparue sur le devant de la scène, prête à en découdre avec les règles de leurs aînés. Cette jeune garde est souvent considérée par les puristes comme une bande de dangereux agitateurs, accusés d'entraîner le jazz vers de profonds précipices. Adeptes du slogan « Black is beautiful », ils sont souvent extrémistes et revendiquent « le pouvoir pour le peuple » (« Power to the people »).

Pour comprendre les motivations de ces « allumés » géniaux, il faut se replacer dans le contexte politico-social de l'époque aux Etats-Unis, la discrimination raciale et la recherche de l'identité noire, sans oublier la guerre du Viêtnam. Et puis, il faut savoir que l'affirmation de la « négritude » a toujours existé dans le jazz : dans les textes des vieux blues, dans des œuvres comme le Black, Brown and Beige d'un Ellington, à travers les surnoms d'aristos que se sont inventés certains grands créateurs (« Duke », « Count ») pour mieux s'inviter sur les tourne-disques et dans les salles de concerts des Blancs….........................

coltrane kind-of-blue

De gauche à droite : John Coltrane, Cannonball Adderley, Miles Davis, Bill Evans

John Coltrane est loin d'être le dernier à tendre l'oreille à ce que l'on appellera aussi bientôt la « New Thing », autrement dit « la nouvelle chose ». Il en est même l'un des chefs de file.

En pleine ébullition, son style s'est épanoui. Tout en voulant préserver la spécificité de la « great black music », il a intégré successivement le bop, le grand orchestre, les nouveaux rythmes, il est en train d'enrichir les formes du jazz après en avoir maîtrisé son vocabulaire. Comme Mingus et Dolphy, il veut faire crier la musique, il vit une rupture qui l'éloigne du monde du divertissement (le « beau » jazz de salon) et le dirige vers autre chose, cette « New Thing » justement où l'intégrité artistique est l'une des règles de base. Une musique où on ne triche pas, et qui incarne mieux que toute autre l'éternelle dualité entre l'ordre et la révolte.……………..

Au fil des concerts, plusieurs compositions de Coltrane évoluent. Giant Steps s'avère un formidable canevas pour l'improvisation, Naïma se libère de ses accords de base pour monter encore plus haut, My Favorite Things atteint de nouvelles dimensions en étant haché, déstructuré, reconstruit, donnant naissance les meilleurs soirs à de véritables orgasmes sonores.………………

john coltrane-a love supreme

Ascension pour un sax

« La musique est un reflet de l'univers » John COLTRANE

 

Deux albums phares du quartette, qui brillent d'une même sérénité, éclairent l'année 1964. Crescent, d'abord, est un disque méditatif, une sorte d'auto-exploration de Coltrane. Dans les notes de pochette, le saxophoniste explique le pourquoi de cette introspection. Il veut « donner à l'auditeur une image des nombreuses choses qu'il connaît et qu'il sent intuitivement dans l'univers ».……………..

Avec A Love Suprême, enregistré le 9 décembre, la quête folle de Coltrane pour une musique universelle prend une nouvelle dimension. Ce disque lumineux, un de ses plus grands chefs-d'œuvre, est l'un de ses albums les plus connus, et aussi les plus accessibles. Conçu comme une offrande, il expose plus que tout autre le profond mysticisme qui anime depuis toujours l'œuvre du saxophoniste, au point de se confondre avec elle. Sans doute prédisposé par une famille très pieuse, fortement marqué par sa crise mystique, John Coltrane a toujours été quelqu'un de « religieux ». Il s'est d'ailleurs intéressé à la religion, ou plutôt à toutes les religions, et il croit en ce Dieu unique, cet « Amour Suprême » à qui il dédie cet hymne fluide et d'une incroyable sagesse. Cette prière musicale, très émotionnelle, se présente comme un hymne divisé en quatre thèmes : Acknowledgement, Resolution, Pursuance, Psalm. Elle possède sa dramaturgie, qui se joue entre un long crescendo et une phase d'apaisement.……………

Album fétiche dans la discographie de Coltrane, A Love Suprême est un succès qui conforte encore sa popularité. Il se vendra à plus d'un million d'exemplaires dans le monde en trente ans. Et ça n'est pas fini car ce disque a un secret : un amour peut en cacher un autre, et cet « amour suprême », c'est aussi l'amour de la musique, omniprésent chez le saxophoniste.

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Le 20ème siècle aura donné trois musiciens, trois morceaux de musique, trois dates :

- Louis Armstrong, "Wild man blues", le 7 mai 1927

- John Coltrane, "Love supreme", le 9 décembre 1964

- Keith Jarrett, "Köln concert", le 24 janvier 1975.

Publié dans Musique

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christian Penilla y Perella 24/04/2010 22:33



Taram ,


 Encore que celà concerne une époque récente .



christian Penilla y Perella 24/04/2010 22:32



Taram ,


 Merci pour ton érudition , tu nous fais découvrir un monde que certains d'entre nous connaîssent que superficiellement .


     Ha , c'est de lui ? .......................Cela m'arrive souvent en découvrant le nom de l'auteur . Quand à l'époque nous écoutions cette musique par la radio américaine
, autaut on retenait souvent cette musique par coeur , autant on n'en connaîssait pas les auteurs . Rien ne vaut le disque ou les supports modernes pour faire le lien .