LES PROMESSES DE L’ÉTAT

Publié le par N.L. Taram

Pompidou 1964Visite de Georges POMPIDOU, premier ministre, en juillet 1964.

Il déclare :

 « J'ai déjà parcouru quelques provinces françaises et quelques territoires. Le général de Gaulle, comme président de la République, a parcouru à peu près toutes nos provinces et nous savons, lui, encore plus que moi, que ces visites consistent souvent à entendre une série de demandes et de souhaits ; je dirai même que c'est comme dans les familles : on a l'impression, quelquefois, que, dans les demandes de tous les enfants, ce sont les enfants gâtés qui demandent le plus. La Poly­nésie, sur ce point, par votre bouche, n'a pas manqué à cette bonne tradition. »

 

 

Photo du livre « De l’atome à l’autonomie » Philippe Mazellier

  

Discours du Premier ministre Georges Pompidou

devant l'Assemblée territoriale le 25 juillet 1964

 

J'examinerai d'abord, si vous le voulez bien, le premier, pour vous dira ceci : Il est bien, entendu que la France n'entreprendra jamais, nulle part, et notamment pas dans ses territoires de Polynésie, la moindre expérience nucléaire si elle devait présenter un danger quelconque pour la santé des populations de ces territoires, pas plus d'ailleurs que pour la santé des populations voisines n'appartenant pas au Territoire de la Polynésie.

Nous avons, sur ce point, des savants en mesure d'étudier et de préparer les conditions de nos expériences. Nous avons les leçons des expériences d'autrui, qui ont été faites souvent, croyez-le, avec beaucoup plus de désinvolture que nous n’en mettons aux nôtres. Nous avons décidé, par exemple, de faire venir ici (il y en a déjà) un certain nombre de savants pour étudier toutes les conséquences ; de façon que le problème de la sécurité soit envisagé, non pas seulement sous l'angle des effets immédiats d'une explosion sur les populations (ceci, c'est relativement simple et facile), mais aussi, en ce qui concerne les conséquences ultérieures, et je pense, par exemple, à l'action que pourraient avoir les radiations radioactives sur la faune ou la flore, et je pense en particulier à la pêche et aux poissons. Eh bien, nous enverrons des missions spécialisées pour étudier ces questions et ces problèmes ; mais d'ores et déjà, je puis vous dire que nous savons, par l'expérience des autres, par nos études préliminaires que nous seront en mesure de procéder, le jour venu, à nos expériences sans qu'il en résulte, je le répète, le moindre inconvénient.

La France, en tout cas, vous garantit que s'il devait en être autrement, les expériences seraient remises. Il ne peut être question de mettre en danger la vie des populations française, ou non françaises, je l'ajoute, d'ailleurs, bien entendu. C'est conforme à notre tradition, c'est conforme à notre morale et c'est compatible avec les exigences de nos expériences et de notre Défense nationale.

 

(Texte communiqué par M. Gérald Coppenrath)

 

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Publié dans Histoire, Armes nucléaires

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